Mardi 13 mai

L’OUTRAGE

UN DRAPEAU EUROPEEN BRÛLÉ DEVANT LE MONUMENT A L’ARMEE ROUGE LORS D’UNE REUNION ELECTORALE DU PSB

Un drapeau européen a été brûlé le 9 mai dernier, à Sofia, lors d’un événement, organisé par le PSB dans le cadre de la campagne électorale et à l’occasion de la Journée de l’Europe et de la victoire contre le nazisme. Sur des photos, prises par des reporters de l’AFP et de Reuters et par la suite diffusées sur Facebook, on voit deux sympathisants de la gauche mettre le feu au drapeau de l’Europe avec en toile de fond le monument à l’armée russe.
Lors du même événement des députés socialistes avec en tête leur leader Sergueï Stanichev avaient déposé des fleurs devant ce monument. Il n’est pas certain que l’acte incendiaire ait eu lieu en présence de M. Stanichev, souligne dnevnik.bg.
Dans une déclaration spéciale, les candidats du GERB au Parlement européen condamnent cet « acte de provocation orienté contre l’appartenance et le futur européens de la Bulgarie » et appellent tous les partis participant aux élections européennes à se démarquer de cet acte vandalisme.
« Aucun drapeau n’a été brûlé pendant que le PSB déposait des fleurs au monument. C’est une basse insinuation électorale qui déshonore le GERB », a riposté le chef de l’organisation socialiste à Sofia, Kaloyan Pargov, cité par Pressa.
Par ailleurs, la presse d’aujourd’hui mentionne également le nom de M. Stanichev à l’occasion de la procédure pénale engagée il y a quatre ans contre lui pour la perte de sept dossiers confidentiels, à l’époque lorsqu’il était Premier ministre. Le Tribunal de grande instance de Sofia a reporté pour la deuxième fois l’examen de l’affaire parce qu’une copie de l’acte d’accusation du Parquet n’a pas été remise à M. Stanichev. L’acte étant classé « confidentiel », le greffe du tribunal et le secrétariat de l’Assemblée nationale refusent de délivrer une copie au leader socialiste.
Comme la disposition du Code de procédure pénale est formelle (une copie de l’acte d’accusation est obligatoirement remise à l’accusé), le Parquet refusant de déclassifier le dossier, l’affaire a abouti à l’impasse, observe Troud.
Une nouvelle audience est fixée pour le mois de juin. (Pressa, Troud, Capital Daily, dnevnik.bg)

LE FEUILLETON

LES SOCIETES DE DISTRIBUTION D’ELECTRICITE OTAGES DE LA CAMPAGNE ELECTORALE

Au lieu de retirer les licences de distribution d’énergie électrique (voir nos revues des 18 et 23 mars et des 7 et 8 avril), l’Etat envisagerait d’infliger des amendes sévères aux trois opérateurs ČEZ, EVN et Energo Pro, annonce Capital Daily en se référant à plusieurs sources du secteur énergétique. Les sanctions seraient basées sur le rapport de l’audit couvrant l’année 2008, ordonné par le régulateur au début de cette année. La mesure serait annoncée très probablement d’ici la fin de la semaine sans que le rapport ait été préalablement soumis aux intéressés comme l’exige la loi, souligne ce journal.
Parmi les infractions administratives reprochées aux distributeurs d’électricité figureraient l’absence de signatures des abonnés lors de la campagne de remplacement des compteurs électriques ; l’absence d’appels d’offres pour certains achats faits par ces sociétés ; la mauvaise qualité de l’électricité fournie, etc.
Comme les intéressés peuvent contester ce type de sanctions administratives, la saga se poursuivra à coup sûr encore longtemps, alimenté par des slogans électoraux de « lutte contre les monopoles », prédit Capital Daily.
Dans les pages du même journal, Hans ten Berge, secrétaire général d’Eurelectric, l’association qui regroupe les principaux acteurs de l’industrie électrique au niveau européen, estime que la situation actuelle en Bulgarie se caractérise par une grande dose d’élément politique. Si l’on regarde de près les mutations fréquentes à la tête du régulateur, les nominations de directeurs à la tête de la Compagnie nationale d’électricité (NEK), les déclarations faites à ce sujet, l’intérêt exacerbé des médias, on constate que la question est très politisée, qu’il est grand temps que les passions se calment et que les parties cherchent à trouver une solution d’affaires. « Il faut du courage de la part du gouvernement pour prendre du recul vis-à-vis du régulateur, pour le respecter. Si le gouvernement ne veut pas le faire, on ne peut pas blâmer le régulateur pour cela. Je pense que le gouvernement doit assumer sa responsabilité et arrêter de prendre la parole en lieu et place du régulateur, parce qu’il prouve ainsi que celui-ci n’est pas indépendant et cela sape la confiance dans le système », conclut M. Berge. (Capital Daily, Pressa, 24 Tchassa)

L’ENJEU

UNION EUROPEENNE OU UNION EURASIATIQUE : QUE CHOISIR ?

Capital Daily fait place aux réflexions de la sociologue Boriana Dimitrova d’Alpha Research à propos d’un clivage devenant de plus en plus prégnant au sein de la société bulgare, celui de savoir si l’on est pour ou contre l’Europe.
Toute élection a un but : élire un maire, un président, des députés… Ce but est important, mais plus important encore est l’enjeu car il nous fait aller aux urnes, écrit la sociologue.
Alors, quel est l’enjeu qui nous fera voter le 25 mai prochain ?
Voter pour une Europe de la gauche ou de la droite, comme nous dit le leader des socialistes bulgares et européens, Sergueï Stanichev ? Non, le Parlement européen, qu’il soit de gauche ou de droite, semble très loin et n’est pas assez motivant comme enjeu pour faire voter les gens.
Soutenir le gouvernement Orecharski ou, au contraire, montrer que celui-ci a perdu toute notre confiance et doit s’en aller ? Oui, l’enjeu national de ces élections domine nettement l’enjeu européen. Pourtant, malgré les efforts de l’opposition pour mobiliser l’électorat sur cette question, on ne constate pas d’enthousiasme dans les rangs des électeurs de la droite. Une bonne partie d’entre eux se posent plutôt la question : à quoi bon voter ? La perspective de remplacer un parti démagogique par un autre n’est pas très motivante.
Si l’on regarde vers l’Europe, un sujet semble s’imposer : la crise ukrainienne menace l’avenir de l’Europe et ces européennes seront les plus décisives depuis la chute du mur de Berlin.
Seulement en Bulgarie, on n’agite pas cette question-là. En ce qui concerne la gauche, c’est compréhensible. Mais est-ce que la droite proeuropéenne se rend compte du risque d’un changement rampant dans les attitudes sociales et, corrélativement, d’une future réorientation de la Bulgarie, ou habite-t-elle encore dans une Europe léthargique de l’avant-Crimée ?
Selon Mme Dimitrova, il y a un sujet sérieux d’inquiétude. Le mois dernier, au tout début de la campagne européenne, Alpha Research avait enregistré les attitudes suivantes dans son sondage mensuel national représentatif (voir notre revue du 30 avril) : à la question « S’il y avait un referendum pour choisir entre l’adhésion à l’UE ou à l’Union eurasiatique (autour de la Russie), comment voteriez-vous ? » les réponses se répartissent comme suit :
- 40% : en faveur de l’adhésion de la Bulgarie à l’UE ;
- 22% : en faveur de l’adhésion de la Bulgarie à l’Union eurasiatique ;
- Je ne sais pas / je ne voterais pas : 28%.
La lecture optimiste de ces chiffres montre que la Bulgarie conserve quand même sa majorité proeuropéenne.
Mais le pessimisme nous gagne dès qu’on analyse les réponses en fonction des sympathies politiques. La cause européenne est soutenue sans équivoque uniquement par les électeurs du GERB (65%) et du Bloc réformateur (60%). Parmi les soutiens de l’Union eurasiatique, 38% partagent les positions d’Ataka. Les sympathisants du PSB et d’ABC se déchirent entre leur appartenance européenne (respectivement 33% et 34%) et leur amour pour la Russie (34% et 34%). Les sympathisants du MDL s’abstiennent (65%).
Il ne faut pas se faire d’illusions, déclare Mme Dimitrova. « Il ne s’agit pas simplement d’attitudes russophiles d’amour pour la culture, la nature ou la langue russes, qui sont tout à fait dans l’ordre des choses, mais de la naissance d’un bloc politique antieuropéen cohérent, qui n’est pas affiché officiellement, mais qui promet de grandir et de se consolider pendant les années à venir. Les sympathisants de trois formations politiques, Ataka, le PSB et ABC, prétendant jouer un rôle clé dans la vie politique bulgare, sont très près de faire ‘sortir’ la Bulgarie de l’UE et de la faire retourner ou de l’envoyer vers un autre modèle politique », souligne-t-elle. (Capital Daily)

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Dernière modification : 13/05/2014

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