Mardi 13 septembre

L’ultimatum

Le gouvernement bulgare réaffirme à la candidature de Mme Bokova un soutien plein d’arrière-pensées

« Le gouvernement continue à soutenir la candidature d’Irina Bokova au secrétariat général de l’ONU. Et ce soutien continuera au moins jusqu’au 26 septembre. Elle devra alors être l’un des deux premiers candidats [lors du cinquième vote indicatif] », a déclaré Boïko Borissov aujourd’hui lors de la réunion extraordinaire du Conseil des ministres, tenue mardi au lieu de mercredi en raison de la visite de son homologue hongrois, Victor Orbán. La semaine dernière, il y a quelques jours, la presse avait supposé que cette réunion verrait le gouvernement changer de candidat au profit de Kristalina Gueorguieva.

Le premier ministre bulgare a observé que « beaucoup de passions se sont déchaînées ces dernières jours, beaucoup de commentaires, d’analyses y compris [des affirmations relatives à] ce que je vais décider et ce que nous tous allons décider sur des sujets qui n’ont pas été à l’ordre du jour jusqu’à maintenant. J’ai invité Mme Bokova à venir assister à la réunion du Conseil des ministres mais elle a décliné l’offre en prétextant un travail plus important à l’Unesco. Cela ne m’a pas fait bonne impression [surtout] lorsqu’on est candidat au secrétariat général de l’ONU, désigné par un Etat et qu’un gouvernement donné t’a désigné et je tenais à parler en sa présence. Moi aussi, j’ai des missions importantes, aujourd’hui, demain, vendredi (sic) on a notre Conseil (Ndr. allusion au Conseil européen extraordinaire du 16 septembre) à Bratislava. Le précédent gouvernement [Borissov I] a consenti beaucoup d’efforts et a œuvré, Vejdi Rachidov en particulier, pour l’élection de Mme Bokova à l’Unesco. Nous consentons d’énormes efforts pour la candidature de Mme Bokova et je n’admettrais pas que quelqu’un joue avec notre souveraineté et nos décisions”.

Il a précisé que le gouvernement « a fait des démarches auprès de tous ceux dont nous sommes proches, leur avons demandé de coopérer et de nous soutenir. Ensemble avec l’institution du président, nous avons été très actifs. Il y a eu jusqu’à maintenant quatre auditions, notre candidat est malheureusement troisième, cinquième, septième, troisième. Avec tout mon respect, mais même la Macédoine nous devance et il y a quelqu’un qui veut que j’assume, moi, vous, la Bulgarie, la responsabilité pour ses mauvais résultats », a observé Borissov au sujet des résultats des votes indicatifs au Conseil de sécurité de l’ONU.

« Si un tel candidat avait été désigné par le GERB, je l’aurais rappelé il y a longtemps. Comme j’ai fait avec Roumiana Jeleva, lorsqu’elle ne s’est pas bien présentée lors de l’audition au Parlement européen (allusion à la candidature avortée de Mme Jeleva à un poste de commissaire européen en 2010) », a-t-il conclu en appelant à ce que tous consentent des efforts pour que le candidat bulgare soit l’un des deux premiers dans le classement lors du vote du 26 septembre. Selon la presse, lors de ce vote, les représentants des membres permanents du Conseil de sécurité utiliseront des bulletins rouges afin qu’on sache combien d’eux ont soutenu les candidats.

Selon Mediapool, la raison pour laquelle M. Borissov continue à soutenir la candidature de Mme Bokova serait le scandale diplomatique entre Berlin et Moscou à ce sujet. Le ministère des affaires étrangères allemand a démenti sévèrement les déclarations de la porte-parole du ministère russe des affaires étrangères, Maria Zakharova, selon lesquelles la chancelière Merkel aurait fait du lobbying auprès du président Poutine pour que la Russie soutienne la candidature de Kristalina Gueorguieva (voir la revue du 12 septembre).

Hier, le ministère russe des affaires étrangères a informé de la convocation de Boïko Kotsev, ambassadeur de Bulgarie en Russie, par Sergueï Lavrov, ministre russe des affaires étrangères. Lors de cet entretien les deux diplomates « ont évoqué différents aspects du fonctionnement de l’ONU ». (mediapool.bg, dnevnik.bg, tous journaux)

L’entretien

Les contrôles systématiques n’ont pas révélé jusqu’à présent l’existence de cellules ou de réseaux d’organisations terroristes en Bulgarie, déclare le vice-président de la DANS

Oleg Petkov, vice-président de l’Agence d’Etat de la sécurité nationale (DANS), répond aux questions de 24 Tchassa sur la façon dont cette institution appréhende les problèmes de la lutte contre le terrorisme.

Comme le prévoit le projet de loi sur la lutte contre le terrorisme, encore à l’examen au parlement, le Centre national antiterroriste (CNAT, créé en 2014 auprès de la DANS) continuera à collecter de l’information et à recevoir des signalements relatifs à la présence éventuelle de membres, sympathisants ou soutiens d’organisations terroristes. Et pour lutter efficacement contre le terrorisme, la vigilance des citoyens reste particulièrement importante, souligne M. Petkov. Des indices de radicalisation peuvent être, par exemple, des changements dans les habitudes vestimentaires ou comportementales. Mais les signalements doivent contenir des informations exhaustives et précises pour qu’ils puissent ensuite être contrôlés par le CNAT et les experts des services de sécurité.

Le CNAT est un service d’information et d’analyse qui assure la coordination entre les autorités compétentes chargées de la mise en œuvre des mesures de lutte contre le terrorisme, l’extrémisme violent et la radicalisation, précise M. Petkov. Ses agents n’ont pas de compétences en matière d’arrestation, filature de suspects ou désamorçage d’engins explosifs. Leur mission est de trouver les éléments d’information importants et de les transmettre en temps utile et 24/24h aux autorités.

La DANS profite désormais de son accès aux bases de données de Schengen pour identifier les entrées et sorties du territoire de personnes soupçonnées d’appartenance à des organisations terroristes, l’objectif étant d’établir leur présence éventuelle en Bulgarie. Jusqu’à présent, les vérifications et les actions supplémentaires ont abouti à la mise en examen de trois personnes pour infraction au titre de l’art. 108а, alinéa 7 (déplacement à travers le territoire bulgare dans le but de mener une activité terroriste à l’étranger). En 2015, 29 ressortissants étrangers ont été expulsés vers leurs pays européens d’origine ou de séjour.

Toutefois, l’éventualité de la commission d’un acte terroriste en Bulgarie reste réelle, compte tenu du le niveau élevé d’activité terroriste à proximité immédiate du pays, de la situation de ce dernier à la frontière extérieure de l’UE, sur la route du Proche-Orient, du flux régulier de migrants qui permet l’entrée anonyme de membres d’organisations terroristes, etc.

Concernant le flux de migrants, on effectue un suivi des personnes qui entrent afin de minimiser les risques d’infiltration de membres d’organisations terroristes et d’identifier les sympathisants éventuels de mouvements extrémistes. En 2015, la DANS a conduit 17 130 entretiens avec des demandeurs d’asile et, dans 181 des cas, en a conclu que l’intéressé constituait une menace pour la sécurité nationale.

Par ailleurs, la DANS n’a pas établi jusqu’à présent l’appartenance confirmée de ressortissants bulgares à des structures extrémistes ou terroristes. On n’a pas établi non plus l’existence en Bulgarie de cellules ou de réseaux d’organisations à caractère terroriste, conclut M. Petkov. (24 Tchassa)

L’article

Politico : La Bulgarie coincée entre l’OTAN et le Kremlin

Le site Politico publie un article sur les enjeux de la prochaine élection présidentielle en Bulgarie le 6 novembre et la stratégie des socialistes et des russophiles pour ce scrutin. Selon les journalistes Harry Cooper et Christian Oliver, ces groupes vont essayer de profiter de l’élection pour réparer les liens anciens avec Moscou. Le texte est repris par Dnevnik.

Les journalistes déduisent des entretiens qu’ils ont conduits en Bulgarie que la décision de la gauche de nommer le général Roumen Radev comme candidat à la présidentielle pourrait avoir été dictée par Moscou. Les socialistes ont dénoncé les allégations selon lesquelles Moscou dictait leur choix, mais le calendrier et l’aspect théâtral de la nomination de M. Radev ont déclenché des soupçons en ce sens, écrivent les journalistes.

Quelques semaines après le discours du président de la République Rossen Plevneliev au Parlement européen (voir la revue du 9 juin), dont une part importante traitait des tensions et divergences entre l’UE et la Russie et qui a été mal pris par Kremlin, selon l’article, les présidents du PSB et d’ABC se sont rendus à Moscou. Kornelia Ninova et Gueorgui Parvanov ont participé au 15e congrès de Russie unie, le parti de Vladimir Poutine (voir la revue du 28 juin). Mme Ninova a profité de cette occasion pour confirmer le soutien de son parti à la levée des sanctions de l’UE contre la Russie. Lendemain de cette visite, elle a annoncé que le général Radev figurait parmi les six candidats possibles les mieux placés parmi les membres de son parti, continue l’article.

Le fait que Roumen Radev soit un pilote de MIG-29 prend toute son importance si l’on se rappelle que les questions de défense sont hautement sensibles en Bulgarie, pays membre de l’Alliance atlantique mais qui reste dépendent de la Russie pour les pièces de rechange et l’entretien de sa flotte aérienne et dont le lobby militaire est traditionnellement orienté vers Moscou. Cette candidature soulève les inquiétudes de Bruxelles et de Washington au sujet de la capacité de la Russie d’exercer son influence sur la politique énergétique et de défense de l’Europe orientale, écrit Politico.

L’article suggère également une source supplémentaire d’amélioration potentielle des relations avec la Russie : cette fois-ci de provenance du GERB. Le premier ministre Boïko Borissov déclare son allégeance vis-à-vis de l’OTAN et de l’UE, mais en même temps il est vu comme étant proche d’oligarques pro-russes (notamment le directeur de Lukoil). Selon Politico, l’une des explications du refus continu du GERB de nommer un candidat pourrait être une entente secrète au sujet de l’élection présidentielle qui aurait pour but de calmer les oligarques bulgares liés avec la Russie. Les auteurs relèvent que l’une des critiques adressées le plus souvent à M. Borissov est d’essayer « de servir un trop grand nombre de maîtres ». Mais au final, conclut l’article qui site notamment Ilian Vassilev, expert et ancien ambassadeur bulgare en Russie, l’intérêt principal de M. Borissov est de rester au pouvoir. Selon cette source, poussé à l’extrême, M. Borissov choisira sans doute de garder la ligne euroatlantique. (www.politico.eu, dnevnik.bg)

Word - 280.2 ko
(Word - 280.2 ko)

Cette revue de presse, qui ne prétend pas à l’exhaustivité, se limite à présenter des éléments publiés dans les médias bulgares. Elle ne reflète en aucun cas la position de l’ambassade ou du gouvernement français.
© Tous droits de diffusion et de reproduction de cette revue de presse sont réservés à l’Ambassade de France en Bulgarie

Vous vous êtes inscrit ou avez été inscrit à la liste de diffusion presse.sofia-amba. Si vous souhaitez ne plus recevoir de message, cliquez sur ce lien et envoyez le message tel quel.

Dernière modification : 13/09/2016

Haut de page