Mardi 16 décembre

LA VISITE
UNE CELEBRATION DE L’AMITIE GERMANO-BULGARE

« L’Allemagne est prête à assurer une sérieuse aide à la Bulgarie », « La Bulgarie a besoin d’aide, l’Allemagne va l’aider », « Merkel nous aide pour les pourparlers avec Moscou sur South Stream », « Merkel envoie en Bulgarie des experts pour South Stream », « Les Allemands, un allié de toujours et des partenaires importants », titrent aujourd’hui les médias bulgares. La visite officielle du premier ministre Boïko Borissov à Berlin a débuté hier avec un entretien avec la chancelière Angela Merkel, « la personnalité politique la plus admirée par M. Borissov » (Pressa). Après, les deux chefs de gouvernement ont donné une conférence de presse qui a cerné les grandes lignes des propos échangés.
Des experts allemands seront détachés auprès du gouvernement bulgare pour conseiller les ministres sur les réformes à accomplir en matière de justice, énergie, absorption des fonds européens, ainsi que pour assurer un suivi sur le système financier.
Concernant l’espace Schengen, Mme Merkel n’a pas déclaré de soutien formel à la candidature bulgare. La position de son pays sera formulée après la sortie du rapport MCV de la Commission européenne, a-t-elle souligné. « La Bulgarie se trouve dans une situation économique qui n’est pas facile et il est très important de coopérer étroitement. Au cours des prochains mois, notre coopération va être particulièrement intense quand il sera question de projets d’investissement, d’utilisation de fonds européens, de fonds structurels », a déclaré la chancelière allemande.
Au sujet de South Stream, l’un des principaux thèmes de l’entretien, Mme Merkel a relevé que l’UE n’y a pas encore renoncé et que le dialogue devrait être maintenu avec Moscou. Des experts allemands vont venir en Bulgarie pour prendre connaissance du dossier juridique.
Remerciant Mme Merkel pour son engagement, le chef du gouvernement bulgare a relevé qu’au Conseil européen, fixée pour cette semaine à Bruxelles, il va présenter son idée de la construction sur le territoire bulgare d’un centre de dispatching de gaz russe. « C’est une proposition qui est dans le droit fil de l’union européenne de l’énergie : le gaz, qui sera propriété européenne, sera distribué via des réseaux d’interconnexion dans tous les sens », a souligné M. Borissov.
Parmi les autres thèmes abordés figuraient également la demande bulgare le proroger d’un an le délai d’absorption des fonds européens relevant de la période de programmation précédente (2007-2013) et les problèmes engendrés par la vague de réfugiés.
La délégation bulgare accompagnant M. Borissov compte trois vice-premiers ministres – Meglena Kouneva, Tomislav Dontchev et Ivaïlo Kalfine, et les députés Tsvetan Tsvetanov (GERB), Radan Kanev (BR) et Delian Dobrev (GERB, président de la commission parlementaire de l’énergie). Des entretiens sont prévus avec le président du Bundestag Norbert Lammert et des députés allemands, ainsi qu’avec le président de la fondation Konrad Adenauer, Hans-Gert Pöttering. (tous journaux, mediapool.bg, dnevnik.bg)

L’ETUDE
LE PARQUET FONCTIONNE MAL,
ESTIME LA MAJORITE DES PROCUREURS

Un sondage national représentatif, réalisé par l’agence sociologique Global Metrix à la demande de l’Institut bulgare d’études juridiques et présenté hier, pose le diagnostic d’un malaise au sein du Parquet bulgare et mesure les problèmes, la motivation, les attitudes de réforme au sein de l’institution. 450 procureurs, magistrats d’instruction et enquêteurs de la police de tous les échelons et de tout le pays ont participé au sondage, réalisé par des questionnaires et des entretiens en profondeur.
Il existe un consensus très clair parmi les procureurs bulgares quant au besoin de réformer efficacement et en profondeur le fonctionnement du Parquet : 82% des personnes interrogées se réunissent autour de ce constat. Un tiers estiment que depuis le début du mandat du nouveau procureur général, M. Tsatsarov, des changements significatifs ont commencés pour le mieux, 40% jugent ces changements insignifiants et loin des attentes de réforme et 23% trouvent que la situation au Parquet a empiré, les avis les plus critiques étant exprimés par des procureurs du bas de l’échelle.
Parmi les vingt-trois problèmes suggérés par les auteurs de l’étude, 83% des procureurs en identifient trois comme source de malaise quotidien : la charge au travail majoritairement due à des tâches non spécifiques perçues comme superflues (rédaction de rapports statistiques, travail analytique, etc.), les procédures trop formalisées et l’évaluation professionnelle.
Selon 50% des procureurs, l’évaluation est effectuée de façon formelle et produit un effet négatif sur la motivation au travail. 40% des enquêtés déclarent que l’évaluation ne reflète pas de façon correcte et adéquate leur travail contre 14% qui partagent l’avis inverse. Il n’existe pas de mécanismes incontestables et équitables en matière d’avancement ou de nomination. Comme la procédure d’évaluation est considérée comme ne reposant pas sur des normes de traitement égal, on estime que ceux qui avancent hiérarchiquement ou qui sont promus à des postes de chefs administratifs ne sont souvent pas les meilleurs.
En ce qui concerne les procédures disciplinaires, plus de deux tiers des procureurs dénoncent l’absence d’approche uniforme et conséquente et 16% sont persuadés que les sanctions sont appliquées de façon tendancieuse et qu’elles ne visent pas à améliorer le fonctionnement du service.
La répartition aléatoire des dossiers entre les procureurs reste également un problème difficile à résoudre. 41% des procureurs déclarent que dans leur service, il y des cas où ce principe n’est pas respecté.
Le Mécanisme de coopération est vérification (MCV), mis en place par la Commission européenne, est perçu comme un facteur essentiel de réforme au sein du Parquet et de la justice. 48% des procureurs estiment que le MCV devrait être maintenu. 27% y voit un bon outil, mais pensent que son effet peut être amélioré si les constatations et les recommandations y formulées sont plus concrètes et précises. 26% des magistrats du Parquet sont de l’avis que seule une pression de la part de la Commission sur la justice et, notamment, sur le Parquet pourrait mener à des réformes.
La part des critiques est importante aussi : 47% des enquêtés reprochent aux rapports MCV leurs messages politiques trop généraux et éloignés de la réalité bulgare. (http://www.bili-bg.org/581/news_item.html)

L’ECONOMIE
LES INVESTISSEMENTS ETRANGERS ONT CHUTE DE 39% EN DIX MOIS ; LES FORAGES ANNONCES DE PROSPECTION DE GAZ NATUREL EN MER NOIRE REPORTES D’UN AN

Un demi-milliard d’euros : Telle est la perte de la Bulgarie en investissements directs étrangers enregistrée depuis le début de l’année d’après les statistiques de la banque nationale. En dix mois (janvier-octobre 2014), la dégringolade est de 39% par rapport à la même période de l’année précédente.
Il n’y a que 804,9 millions d’euros qui sont entrés dans le pays contre 1,310 milliard en 2014. Les flux négatifs les plus importants ont été enregistrés vers l’Allemagne
(-214,7 millions d’euros).
Les Pays-Bas, traditionnellement en tête des statistiques en raison du nombre de sociétés bulgares enregistrées dans des zones offshore, mène le classement avec 225,8 millions d’euros investis. Parmi les autres grands pays investisseurs figurent l’Autriche (208,1 millions d’euros) et la Russie (172,2 millions d’euros).
Pressa annonce, par ailleurs, la décision du consortium international créé entre les groupes Total, OMV et Repsol pour rechercher des gisements de gaz naturel et de pétrole en mer Noire, de repousser à 2016 le début des forages, initialement prévu pour l’été 2015. Selon le communiqué officiel diffusé par le consortium, la raison de cette décision réside dans « la baisse significative et continue des prix du pétrole dans le monde » qui a eu un impact négatif sur les budgets des trois groupes.
En 2012, le consortium avait signé un contrat de cinq ans d’exploration avec la Bulgarie sur lequel le gouvernement avait touché une prime de 40 millions d’euros au titre des prospections (voir notre revue du 21 mars 2014). Celles-ci doivent se faire en eaux très profondes, à 128 km au large du port de Varna (bloc Khan Aspraoukh). (Capital Daily, Sega)

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Dernière modification : 16/12/2014

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