Mardi 18 décembre

Politique

Le monde glissant de la glisse

L’histoire du contrat de concession de la zone de ski de Bansko, qui fait l’objet d’une polémique exacerbée depuis des années entre mouvements écologistes, d’une part, et, de l’autre, la commune de Bansko et le gouvernement, a connu un développement inattendu. Hier, lors d’une rencontre avec les ministres de l’environnement, du tourisme et de l’économie, l’ancien champion de ski Marc Girardelli a déclaré être le propriétaire du concessionnaire Yulen AD. L’Autrichien a même demandé une entrevue dans les meilleurs délais avec le premier ministre Borissov afin de lui présenter les plans de développement de la station d’hiver et plaider la construction d’un deuxième téléphérique. Des justificatifs à l’appui, M. Girardeli a expliqué détenir à 100% la société T.A.K. Services Ltd., immatriculée aux Iles vierges et propriétaire majoritaire de Yulen AD. Jusqu’à présent, Tseko Minev, un des principaux actionnaires à First Investment Bank et président de la Fédération bulgare du ski depuis 2003, était considérée comme le propriétaire réel du concessionnaire Yulen AD. Au début de l’année, rappelle Dnevnik, même le premier ministre Borissov avait indiqué : « Tout le monde le sait, bien qu’on ne le dise pas : il s’agit de Tseko Minev ». (tous media)

Le nom de Marc Girardelli, quatre fois champion du monde, est intimement lié à la station de ski de Bansko depuis 2004, lorsqu’il devient consultant de la Fédération bulgare du ski et promoteur de l’image de marque de Bansko. Après la signature du contrat de concession de la zone de ski en 2001, le concessionnaire Yulen AD investit, durant la période 2004-2005, plus de 10 millions d’euros dans de nouveaux équipements. En 2005, Girardelli investit lui-même plus de 18 millions de leva dans la création d’un centre sportif, à réaliser conjointement avec la municipalité de Bansko (85% des parts sont détenues par l’ancien champion ; la ville participe avec un apport en nature : un immeuble de 6 000 m2). En 2014, l’Autrichien devient premier conseiller de la ministre du tourisme Nikolina Anguelkova. Ce matin, dans une interview sur Nova TV, il a expliqué que les négociations sur la reprise du propriétaire de Yulen AD dataient depuis 2012 et qu’il avait acquis la société offshore en 2016. (dnevnik.bg)

Nouvel amendement à la loi de répression de la corruption et de confiscation des avoirs acquis de manière illégale

Le président de la Commission des lois, Danaïl Kirilov (GuERB), et son vice-président, Hamid Hamid (MDL), ont déposé, lundi, un nouveau projet de loi d’amendement à la loi de répression de la corruption et de confiscation des avoirs acquis de manière illégale (loi de 2018). Cet amendement vise à exonérer les conseillers municipaux de l’obligation de déclarer leur patrimoine, des incompatibilités et des conflits d’intérêts. En mars dernier, la loi avait déjà été amendée afin que cette obligation ne soit applicable qu’aux conseillers municipaux élus en 2019. Si le présent amendement était adopté, lesdits élus locaux ne relèveront pas de cette loi. (capital.bg, dnevnik.bg)

Alpha Research : l’optimisme individuel des Bulgares contraste avec l’anxiété sociale relative au développement économique du pays

Selon une étude d’Alpha Research, l’optimisme individuel des Bulgares contraste avec l’anxiété sociale relative au développement économique du pays. Sur le plan personnel, 35% (10% de plus qu’en 2017) évaluent positivement l’année 2018, alors que 57% s’attendent à ce que 2019 soit meilleure que 2018. Cependant, 37% estiment que la situation économique s’aggrave et 40% restent optimistes quant à son amélioration en 2019. Selon cette étude, les Bulgares sont unanimes : les résultats individuels et les relations familiales sont le plus souvent à l’origine de cet optimisme. Les personnes interrogées considèrent que les évènements les plus importants pour le pays en 2019 sont : les manifestations qui ont eu lieu pendant les derniers mois (37%), les prochaines élections locales (32%), le Brexit (26%), l’augmentation des salaires financés par le budget et des pensions de retraite (23%), les élections européennes et le retrait d’Angela Merkel de la scène politique (16%), le conflit en mer d’Azov et les conflits au sein des Patriotes unis (12%). (mediapool.bg)

Énergie

La Commission européenne inflige une amende de 77 millions d’euros au Bulgarian Energy Holding

La Commission européenne (CE) a décidé d’infliger une amende d’un montant de 77 068 000 euros au Bulgarian Energy Holding (BEH), ainsi qu’à ses filiales d’approvisionnement en gaz naturel, Bulgargaz, et d’infrastructures gazières, Bulgartransgaz, pour avoir bloqué l’accès aux dites infrastructures par leurs concurrents, en violation des dispositions communautaires en matière d’abus de position dominante. L’amende devra être payée d’ici trois mois, indépendamment de la décision des autorités bulgares de faire appel. Le directeur exécutif du BEH, Pétio Ivanov, a expliqué que les trois entreprises avaient prévu ces coûts lors de l’émission d’obligations en 2018. Le premier ministre, Boïko Borissov, et la ministre de l’Énergie, Téménoujka Petkova, ont justifié la position du gouvernement par l’intérêt national, puisque la CE aurait proposé de ne pas infliger d’amende à condition que Bulgartransgaz soit privatisé, ce qui était inacceptable pour la Bulgarie. (tous media)

Défense

L’entreprise bulgare Avionams dissuadée de participer à la procédure de réparation des Su-25, suggère Dnevnik

La réparation des avions d’assaut Su-25 aurait pu être réalisée par l’entreprise bulgare Avionams et non par le prestataire biélorusse « Usine de réparation d’avions 558 » choisi par le ministère de la défense, affirme Dnevnik en publiant des documents à l’appui. Selon le ministre de la défense Krassimir Karakatchanov, la commande publique ne pouvait pas être confiée à Avionams faute d’une licence. Toutefois, l’enquête menée par les journalistes montre qu’Avionams avait projeté de soumettre une offre conjointe avec l’exportateur russe d’armes Rossoboronexport, détenteur d’une licence sur les avions Su-25. C’est ce qui ressort de l’abondant courrier échangé entre l’entreprise bulgare, son partenaire russe, les ministres bulgares de l’économie et de la défense, et le vice-premier ministre Tomislav Dontchev. Dnevnik cite aussi le député Nikolaï Tsonkov (PSB) de la commission parlementaire de la défense selon lequel le montant de 99 millions de leva, alloué par le Conseil des ministres, correspond à l’enveloppe maximale que le gouvernement peut débourser sans la sanction du parlement. Mais comme il s’agit d’un contrat-cadre, signé avec l’entreprise biélorusse sur quatre ans, ce montant pourrait augmenter sensiblement avec le temps. « La clause [du contrat] prévoyant la présence d’un intermédiaire soulève également des doutes. D’habitude, il y a un intermédiaire lorsqu’on cherche à détourner de l’argent » », commente le député. (dnevnik.bg)

Dernière modification : 18/12/2018

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