Mardi 19 mai

LA CAMPAGNE

SERGUEI STANICHEV BRIGUE UN DEUXIEME MANDAT A LA TETE DU PARTI DES SOCIALISTES EUROPEENS

Sergueï Stanichev, député européen et président du Parti des socialistes européens (PSE), vient de lancer officiellement sa campagne pour la réélection à la tête de ce parti. Sur son profil sur Facebook, il rappelle que l’élection aura lieu les 12 et 13 juin à Budapest, lors du congrès du PSE, et se dit ouvert à tous les commentaires, critiques ou propositions qui lui seraient envoyés. Son objectif politique sera la victoire des socialistes aux prochaines élections européennes en 2019 et l’élection d’une candidature socialiste à la présidence du Parlement européen.
Faisant le bilan de son mandat actuel, M. Stanichev estime qu’au cours des quatre dernières années, le PSE a atteint de bons résultats. « Le PSE est la raison pour laquelle l’Europe est aujourd’hui dotée d’un Plan d’investissement à hauteur de 315 milliards d’euros. A l’initiative des jeunes socialistes, le PSE a lancé la campagne de Garantie pour la jeunesse et une enveloppe de 6 milliards d’euros permettra aujourd’hui à des milliers de jeunes de trouver un emploi. C’est également à l’initiative du PSE que les citoyens européens ont pu voter directement pour un président de la Commission européenne », proclame-t-il sur Facebook.
La candidature de M. Stanichev au poste de président du PSE, publiquement annoncée et soutenue par le PSB au congrès de ce parti en juillet 2014, n’est pas unique. Début mai, le dernier jour de l’appel à des candidatures, Enrique Barón Crespo (71 ans) du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) s’était porté candidat à son tour. Ancien député européen (1987-2009), président du Parlement européen (1989-1992) et président du groupe du PSE au Parlement européen (1999-2004), il met en avant sa riche carrière politique.
M. Stanichev avait assumé la présidence du PSE en 2011, au moment du départ anticipé de Poul Nyrup Rasmussen. Un an plus tard, il était régulièrement élu pour un mandat complet de quatre ans. (novinite.com, frognews.bg)

LE VOISIN

L’ARYM : SIMPLE CRISE POLITIQUE OU RISQUE DE DESINTEGRATION ?

Quel sort pour l’ARYM ? Est-ce que le pays frôle la désintégration ? Comment évoluera la crise dans ce pays voisin ? La sécurité nationale de la Bulgarie est-elle menacée ? A toutes ces questions répondent le député FP et leader du parti ORIM/Mouvement national bulgare Krassimir Karakatchanov et le président de la commission de la défense au parlement et ancien ambassadeur à Skopje Mikho Mikhov (ABC).
Selon M. Karakatchanov, « la menace de désintégration de la Macédoine est tout à fait réelle depuis l’accord d’Ohrid, signé en 2001, et la séparation de régions entières du pays. Là où la population albanaise prédomine, le pouvoir central n’a aucun contrôle et, comme au Kosovo, l’idée de la réunification de toutes les terres albanaises au sein d’un seul Etat, la Grande Albanie, est très prégnante. Il n’y avait rien de nouveau dans les événements à Kumanovo [démantèlement d’un réseau terroriste, selon les sources officielles macédoniennes], mais le gouvernement macédonien avait visiblement décidé de faire une démonstration de force à un moment de contestations et de mécontentement dirigés contre les gouvernants. D’où le soupçon qu’on essaie de détourner l’attention des problèmes politiques intérieurs ».
La Bulgarie n’a pas intérêt à voir l’ARYM disloquée ou déstabilisée et doit rentrer dans son rôle de facteur stabilisateur dans les Balkans en vue de protéger la population bulgare dans l’ARYM, ajoute-t-il. Sofia peut initier, par exemple, une rencontre des ministres des affaires étrangères des pays balkaniques lors de laquelle soient évoqués tous les problèmes et des gages soient donnés contre les prétentions territoriales ou ethniques. « La Bulgarie n’a jamais eu de prétentions territoriales. Notre intérêt est de voir la Macédoine se développer comme un pays indépendant, mais aussi normal et démocratique afin que les Bulgares puissent y vivre normalement. A l’instar de ce qui se passe entre la Grèce et Chypre, la Roumanie et la Moldavie, l’Allemagne et l’Autriche. Si la situation ne s’apaise pas et si le pays n’arrive pas à adhérer à l’UE et l’OTAN, il y a peu de chances que la Macédoine survive. Les gouvernants à Skopje doivent en être pleinement conscients, ainsi que du fait que la route vers l’UE passe par Sofia », conclut M. Karakatchanov.
Selon M. Mikho Mikhov, la situation actuelle en ARYM est extrêmement compliquée et tendue. Le parlement est pratiquement rendu inopérant par les sérieuses contradictions intestines au sein de la coalition au pouvoir. Toutefois, la grave crise politique que traverse le pays n’aboutit pas pour l’instant à l’émergence d’une alternative nette parmi les forces d’opposition.
« Le premier ministre Gruevski se sent fort et il est peu probable qu’il se soumette à la pression […]. Dans le même temps, il n’est pas exclu que certains traits caractériels ou une lubie [de M. Gruevski] le poussent à aller vers des élections. Le pire des scénarios possibles pour la Macédoine serait l’apparition d’un facteur déstabilisateur et l’éclatement d’une guerre civile. Voilà pourquoi la Bulgarie, qui assumera très prochainement la présidence de la coopération régionale, devrait être particulièrement vigilante », conclut-il. (Pressa, bnr.bg)

L’ANALYSE

LES NEGOCIATIONS ENTRE LES PARTENAIRES DE LA COALITION AU POUVOIR SE SONT LIMITEES AU PARTAGE DES POSTES ET N’ONT PAS PORTE SUR LES REFORMES

Dans une interview accordée à Troud, Dimitar Avramov, politologue et ancien président du quartier-général de campagne de l’Union des forces démocratiques (UFD) en 2007, analyse la situation politique en Bulgarie à quelques mois des élections locales.
Le fait que deux candidatures pour la mairie de Sofia émanent du Bloc réformateur n’est pas inquiétant en soi. Toutefois, il est annonciateur de l’approfondissement de l’instabilité du Bloc réformateur qui ne lui permettra sûrement pas de survivre à l’issue des prochaines législatives.
Les problèmes que le Bloc rencontre devraient conforter la gauche et plus particulièrement l’entourage de M. Parvanov, dans la mesure où des partis se déterminant comme pro-européens et farouchement de droite font actuellement partie d’une coalition (avec ABC) impossible à expliquer d’un point de vue géopolitique. Les électeurs de droite se demandent pourquoi le Bloc et même le GERB ont fait ce compromis politique. La seule réponse possible serait « à cause de la mathématique parlementaire et de l’aspiration au pouvoir ». Or, certains compromis tactiques peuvent s’avérer des erreurs stratégiques. Ainsi, changer les objectifs politiques afin de rester au pouvoir pourrait conduire à devoir quitter la vie politique. On observe actuellement une refonte conformiste de l’agenda politique initial des réformateurs dans le domaine de la santé, des retraites et de l’énergie. Aucun progrès n’a lieu dans les autres domaines, la coalition au pouvoir n’étant pas homogène et ne possédant pas de volonté commune de réforme indépendamment de la majorité au Parlement. Il aurait fallu qu’un consensus soit obtenu initialement par les partenaires de la coalition au pouvoir au sujet des réformes à porter. Il ne leur est plus possible de se plaindre auprès des électeurs qui leur ont fait confiance et de se dédouaner en stigmatisant le PSB et le MDL, dans la mesure où le gouvernement dispose de son propre budget et doit assumer ses responsabilités.
Les élections locales ne changeront pas trop la donne au sein de la coalition en dehors de quelques légers affrontements entre le GERB et le Bloc réformateur qui se transformeront en négociations et en ententes après le premier tour en vue d’un partage des postes.
Le GERB est actuellement le parti le plus représenté dans les collectivités territoriales et le restera probablement après les élections en octobre prochain, indépendamment des échecs dont certains de ces maires ont fait preuve (par exemple à Varna). Le PSB a l’air d’un parti dont la phase de destruction est toujours en cours. Et bien que l’analyste se garde de résonner par analogie, il constate une ressemblance entre le déclin de l’UDF et la situation au PSB dont l’ancien leader Gueorgui Parvanov fera tout pour hériter de l’influence du parti qu’il avait présidé. (Troud)

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Dernière modification : 19/05/2015

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