Mercredi 2 septembre

La transaction

La Bulgarie met fin à une longue dépendance vis-à-vis de la Russie : les chasseurs MiG-29 seront réparés dans des usines polonaises

Les avions de chasse de fabrication russe MiG-29, en service dans l’armée bulgare, seront remis en état en Pologne et le coût de leur réparation sera deux fois moindre que le prix exigé par le fabricant russe [le groupe RSK MiG dont le contrat de maintenance expire ce mois], a déclaré le ministre de la défense Nikolaï Nentchev hier devant des journalistes (cité par Capital Daily). Le prix de la réparation sera de 25 à 30% inférieur par rapport à l’offre russe et la transaction sera exonérée de 20% de TVA, la Pologne étant un pays communautaire, a-t-il précisé.
Vendredi dernier, le ministre Nentchev et son homologue polonais Tomasz Siemoniak, en visite en Bulgarie, ont signé un accord de coopération bilatérale dans le domaine de la défense qui rend possible, entre autres, la signature d’une convention de maintenance des chasseurs bulgares et, le cas échéant, de leur modernisation dans les usines militaires polonaises WZL-2 et WZL-4. Pour aboutir, l’accord bilatéral doit être ratifié par les parlements des deux pays.
Les fonds nécessaires pour la maintenance des avions de chasse MiG-29 seront assurés, avait déclaré à plusieurs reprises le premier ministre Boïko Borissov. Pour l’instant, indique Capital Daily, le prix demandé par la Pologne n’est pas révélé. Selon les plans initiaux des militaires bulgares, d’ici la fin 2016, la Pologne devrait réparer six avions de chasse, ce qui permettrait à la Bulgarie d’assumer seule, à partir de 2017, la protection de son espace aérien.
Selon Capital Daily, la question de la modernisation des MiG bulgares ou de l’achat de nouveaux appareils n’est pas encore résolue. Opter pour la modernisation signifierait que le gouvernement reporte sine die l’acquisition de nouveaux chasseurs.
Le refus il y a quelques mois du ministre Nentchev de reconduire la convention-cadre bulgaro-russe de maintenance des MiG-29 a mis fin à une longue dépendance vis-à-vis de la Russie (voir notre revue du 5 maiMardi 5 mai). Le motif officiellement avancé était le prix majoré dans la nouvelle offre russe. Mais il serait plus juste d’y voir des considérations politiques, juge Capital Daily. Fin avril, lors d’une réunion du Conseil consultatif de sécurité nationale, les forces parlementaires (à l’exception du PSB et d’Ataka) avaient convenu que la Bulgarie devrait chercher à réduire sa dépendance vis-à-vis des fabricants d’armement russes. Telles étaient aussi les recommandations adressées au pays lors du sommet de l’OTAN au Pays de Galle l’automne dernier (sur l’historique du sujet, voir nos revues du 7 marsMercredi 5 mars 2014 et du 31 marsLundi 31 mars 2014 2014, du 3 avrilJeudi 03 avril et du 11 avrilVendredi 11 avril 2014, du 9 septembre5406 2014, du 26Lundi 26 janvier et 27Mardi 27 janvier janvier 2015). (Capital Daily, Sega)

Les statistiques

Un rapport de la Sécurité sociale constate une légère amélioration en 2014

En 2014, 100 personnes actives entretenaient presque 85 non-actifs (retraités et chômeurs), informe 24-Tchassa dans son numéro d’hier en se référant au Rapport annuel 2014 de la sécurité sociale que vient de publier l’Institut national de sécurité sociale (INSS).
Selon les statistiques, l’année dernière, 100 personnes actives entretenaient 78 retraités (coefficient de dépendance 77,7%). Une légère embellie malgré toutes les prévisions sinistres quant au budget de la sécurité sociale puisque la tendance de cet indicateur reste stable depuis quelques années. Ainsi par exemple en 2013, 100 travailleurs assuraient les pensions à 78,3 de personnes âgées.
Cette amélioration relative n’arrive pas pour autant à remplir les caisses de la sécurité sociale. Le déficit important y persiste : en 2014, plus de 52% des charges ont dues être couvertes par l’Etat. Toutefois, là encore, on peut parler d’un renversement stable de la tendance négative, entamé en 2004, puisqu’au tout début de la réforme des retraites (2000), l’Etat participait à hauteur de 103% au financement des pensions, le nombre des retraités ayant été supérieur à ce moment à celui des cotisants à la sécurité sociale.
Selon Sega, l’année 2014 a également marqué une troisième tendance positive, à savoir une légère hausse du nombre des cotisants. D’après les statistiques de l’INSS, l’année dernière, 8 600 nouveaux cotisants se sont ajoutés aux 2 735 101 déjà inscrits. Dans le même temps, le nombre des retraités a diminué de plus de 6 500 (0,3%) pour atteindre 2 179 989. Cette situation explique l’augmentation de 20 millions de leva des recettes de la sécurité sociale par rapport à 2013 (4 423 milliards de leva au total). Les charges de l’INSS ont été de l’ordre de 9 milliards de leva, dont 8,1 milliards versés à titre de pensions de retraite. Ainsi, en 2014, les dépenses nettes pour les pensions ont représenté 9,9% du PIB et les dépenses globales de la sécurité sociale 11,4% du PIB.
En 2014, la pension moyenne s’élevait à 310 leva. Toutefois, près de 450 000 retraités, soit un sur quatre, n’ont touché que la pension minimum (156,40 leva).
Selon l’INSS, le ratio entre le revenu disponible à la retraite et le revenu à la fin de la vie active (coefficient de remplacement) ne s’est pas amélioré depuis 2011. Toutefois, la situation est nettement meilleure qu’il y a dix ans. En 2004, le coefficient de remplacement était de 51% avant d’atteindre 57,3% en 2011 et 57,9% en 2014.
L’année dernière, la Bulgarie comptait 366 470 chômeurs enregistrés auprès des bureaux de travail, soit 4 910 de moins (1,3%) qu’un an plus tôt. Parmi eux, 100 806 personnes en moyenne ont eu droit chaque mois à des allocations de chômage, soit 13,5% de moins qu’en 2013. A en juger par les statistiques de l’Agence de l’emploi, les tendances négatives sont au ralenti malgré la stagnation persistante sur le marché du travail. Une des raisons de cette légère embellie statistique se trouverait dans les programmes subventionnés d’emploi temporaire assurant du travail aux personnes éligibles pour une durée limitée (de 6 à 12 mois).
La part relative des femmes sans emploi était relativement plus élevée que celle des hommes : 54,4% contre 45,6%. Le taux de chômage moyen s’est maintenu à 11,2%. Les pourcentages les plus importants ont été relevés dans certains groupes à risque, notamment les chômeurs de longue durée, ceux de plus de 50 ans et les handicapés sans emploi. Concernant le chômage des jeunes (âgés de moins de 29 ans et touchant des indemnités de chômage), sa part relative a diminué de 16,2% en 2013 à 15,4% en 2014.
La répartition des taux de chômage par régions atteste d’un creusement des déséquilibres régionaux et d’une polarisation en fonction de la situation économique et géographique de la région, de ses richesses naturelles, etc. En 2014, le plus grand nombre de chômeurs percevant des allocations de chômage étaient concentrés dans les régions de Sofia-ville (12 759), Plovdiv (8 646), Blagoevgrad (6 430) et Bourgas (6 364). A l’inverse, le nombre des personnes sans emploi enregistrées était le plus petit dans les régions de Vidin (1 362) et Gabrovo (1 557). (Sega, 24 Tchassa, http://www.nssi.bg/images/bg/about/statisticsandanalysis/analysis/DOO_prez_2014.pdf?bcsi_scan_96404f7f6439614d=0&bcsi_scan_filename=DOO_prez_2014.pdf)

L’étude

Une enquête sur les SDF en Bulgarie va au-delà des idées reçues

Un sondage de l’ONG Nomades urbains sur la période mai-juin 2015, réalisé à Sofia auprès de 50 SDF bulgares par voie d’entretiens individuels, cherche à éclairer cette catégorie de la population oubliée par les médias. Alors que les chiffres officiels avancent le nombre de 1 370 sans-logis en Bulgarie, l’association Nomades urbains affirme qu’ils seraient en réalité 500 000. L’erreur viendrait de l’approche des services bulgares qui ne prennent en compte que ceux possédant une carte d’identité, qui sont en réalité une minorité.
Presque la moitié des SDF (46%) vit de la récupération informelle des déchets, 28% travaillent à titre temporaire comme gardiens, balayeurs ou manœuvres de chantier et 2% (soit un seul SDF sur les cinquante interviewés) obtiennent des allocations sociales de l’Etat.
Parallèlement, une autre étude a été menée auprès du grand public (700 enquêtés), à propos des SDF. Mettre en relation ces deux enquêtes permet de voir les inadéquations entre les représentations de l’imaginaire collectif et la réalité vécue par ceux qui n’ont plus de toit. Pour la grande majorité des 700 sondés (70%), les sans-logis ont avant tout besoin de l’aide de l’Etat, alors que 4% seulement des SDF sont du même avis, les autres déclarant avoir un besoin urgent de travail et de logement. 30% des participants au sondage « grand public » pensent que les SDF vivent surtout de la mendicité. En réalité, à en juger des réponses des SDF interviewés, ils ne sont que 16% à en vivre.
Actuellement, treize centres à travers le pays hébergent des SDF. D’une capacité de 600 lits au total, ils ne peuvent accueillir une personne que pendant trois mois par an. En hiver, la mairie de Sofia finance 170 lits à titre supplémentaire. (Daily News, 24 Tchassa)

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Dernière modification : 09/09/2015

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