Mardi 2 juin

LE SCRUTIN

ROSSEN PLEVNELIEV PRESENTERA LES QUESTIONS POUR LE REFERENDUM SUR LES REGLES ELECTORALES D’ICI LA FIN DE LA SEMAINE

Le président de la République Rossen Plevneliev a annoncé hier que, d’ici à la fin de la semaine, il présentera ses arguments pour l’organisation d’un référendum et les questions qui seront posées simultanément avec les élections municipales (annoncées pour le 25 octobre). Les consultations avec les partis parlementaires ont été achevées hier soir. M. Plevneliev a refusé de dévoiler d’avance les questions exactes qui seront posées, mais elles portent sur ses trois idées principales concernant la réforme du code électoral : le scrutin majoritaire, le vote obligatoire et le vote à distance (aux élections et referendums).
Le vote à distance (vote électronique) concerne surtout les milliers de Bulgares vivant à l’étranger et facilitera énormément l’expression de leurs droits civiques. Mais c’est précisément ces 1,6 millions de Bulgares ayant quitté le pays depuis 1990 (selon l’Académie bulgare des sciences) qui se trouvent maintenant dans une situation délicate, car des sections de vote à l’étranger s’ouvrent en cas d’élections législative et présidentielle, mais pas pour des municipales. De sorte que, sans changement des règles, ils ne pourront pas voter lors du referendum qui sera organisé simultanément avec les élections municipales. Des représentants des organisations des Bulgares à l’étranger ont soulevé ce problème auprès du chef de la commission parlementaire des lois Danaïl Kirilov, qui s’est engagé à déposer les amendements nécessaires dès ce mois.
La persistance avec laquelle le président de la République défend ses idées sur la réforme des règles électorales montre qu’il est capable de mener à bout ses idées de long terme, selon Standart. M. Plevneliev avait déjà proposé l’organisation d’un referendum sur les mêmes sujets en 2014, mais, comme il l’a indiqué en début de cette année, « je veux que la voix du peuple soit entendue et non achetée. Plus de 570 000 citoyens ont soutenu cette pétition en quelques semaines… Malheureusement, la majorité à la 42e Assemblée nationale a fait fi de ce referendum et de ces citoyens. Je continuerai à travailler pour que cette initiative aboutisse » (revue de presse du 21 janvier).
Les derniers sondages sociologiques montrent qu’une grande partie des Bulgares sont favorables aux trois propositions. Presque deux sur trois sont en faveur d’un referendum et d’une réforme de la loi électorale. Se celle-ci n’est pas réalisée, les prochaines élections risquent à perdre leur crédibilité et devenir la source de futures tensions politiques et sociales, selon l’agence Exacta (revue de presse du 29 avril).
Pourtant ce referendum, qualifié par le journal de « jeu de dés », pose deux grands problèmes. Le premier est que d’habitude les campagnes électorales pour les élections municipales passent sous le signe des petits problèmes du quotidien, tandis que les questions du referendum concerneront des sujets de politique nationale. Les partis politiques seront alors obligés de trouver un moyen de mobiliser deux rhétoriques différentes et d’afficher des positions claires à l’égard de ces sujets.
Le deuxième problème concerne la proposition d’instaurer un vote obligatoire. L’un des buts principaux de cette proposition vise le poids du vote du MDL (qui a un noyau dur) et le vote acheté. Mais il ne faut pas oublier que ce ne sont pas seulement les Roms qui vendent leurs suffrages et que, même si le MDL obtient un résultat inferieur aux futures élections législatives, il ne sera pas tellement touché par ce changement, selon Standart. L’autre grande question, qui n’est jusqu’à présent abordée par personne concerne la sanction pour ceux qui n’ont pas voté. Quel sera l’organe responsable pour vérifier où se trouve chaque personne au jour du vote et quelles ont été les raisons pour lesquelles elle n’a pas voté (car dans beaucoup de cas elles peuvent être bien valables), demande le journal. (tous journaux)

LA HAUSSE

LA KEVR PROPOSE UNE AUGMENTATION DE 22% DU PRIX DE L’ELECTRICITE POUR LES CONSOMMATEURS INDUSTRIELS D’ELECTRICITE D’ICI LE 1ER JUILLET

La Commission de régulation dans le domaine de l’énergie et de l’eau (KEVR) propose dans un rapport une augmentation de 22% du prix de l’électricité pour les entreprises à partir du 1er juillet. Cette hausse devrait permettre à la Compagnie nationale d’électricité (NEK), fortement endettée, d’augmenter ses recettes de 346 millions de leva pour la période juillet 2015 – juillet 2016.
La proposition vise à augmenter la contribution des entreprises au soutien de l’énergie renouvelable, de la production des deux centrales thermiques (américaines) Maritsa I et Maritsa II et d’une partie de la production des entreprises de chauffage urbain. Le montant de cette composante du prix de l’électricité passera ainsi de 18,93 leva MWh à 40, 21 leva MWh et se rapprochera du surcoût payé à ce titre par les particuliers qui est de 50 leva M/Wh. Les taxes d’accès au réseau augmenteront de 7,98 à 8,86 leva MW/h. Par conséquent, le prix final du MWh atteindra les 122 leva. La facture des entreprises fortement consommatrices d’électricité deviendra ainsi de 30% à 40% plus élevée que celle des autres entreprises de taille comparable dans la région. Cette hausse pourrait s’avérer fatale pour certains consommateurs industriels.
Des amendements législatifs adoptés en mars derniers prévoient des mécanismes d’exonération et de dérogation pour les très gros consommateurs industriels (comme Lukoil et les entreprises de la métallurgie). Cependant, ces amendements impliquent que les ministères de l’énergie et des finances élaborent une ordonnance devant permettre de dispenser certains des plus gros consommateurs du paiement d’une partie de ce surcoût afin de préserver leur compétitivité. Konstantin Stamenov, président de la Fédération bulgare des consommateurs industriels d’énergie, a averti que « si l’ordonnance n’entrait pas en vigueur, certaines entreprises fermeront ».
Le rapport de la KEVR sera soumis à une consultation publique le 4 juin et le régulateur devrait se prononcer d’ici le 1er juillet, date à laquelle les nouveaux prix entreront en vigueur. (Capital Daily)

LA BOURSE

LE FAIBLE TAUX DE LIQUIDITE ET LE RISQUE POLITIQUE ETOUFFENT LA BOURSE BULGARE DES VALEURS

Dans ses colonnes, Capital Daily fait place à une interview accordée par Nadia Nedeltcheva, directrice de portefeuille dans une des grandes compagnies d’investissement, Karoll Capital Management.
Le marasme complet immobilisant depuis deux ans le marché des capitaux en Bulgarie ne présage rien de bon. Alors que d’autres marchés à l’étranger ont réussi à rattraper les retards dus à la crise, la Bourse bulgare des valeurs (BBV) n’arrive pas à décoller. On compte sur les doigts les introductions en bourse et les levées de capitaux.
Selon Mme Nedeltcheva, plusieurs facteurs sont à pointer du doigt, qu’ils soient inhérents au marché ou dus à des actes indirects, comme le risque politique par exemple. A en juger par les statistiques de la banque centrale, il existe une tendance nette à la diminution de la participation d’investisseurs étrangers sur le marché des capitaux bulgare. Ainsi par exemple, fin 2014, le taux de la participation étrangère à la capitalisation de marché de la BBV s’élevait à 3,7% à peine. A titre de comparaison, en 2011, ce taux dépassait 7%.
Deux problèmes cardinaux asphyxient le marché des capitaux en Bulgarie, souligne Mme Nedeltcheva, à savoir le faible taux de liquidité et le risque politique. Les chiffres d’affaires du jour réalisés sur la bourse bulgare sont de l’ordre de 1,5 million de leva, donc trop petits pour attirer des investisseurs étrangers. Par ailleurs, les marchés périphériques (Bulgarie, Roumanie,…) qui, pendant la période 2005-2007 attiraient l’attention, ne semblent plus intéresser les investisseurs. La BBV n’a participé qu’à quelques grandes opérations de privatisation, mais même des entreprises introduites en bourse à cette occasion sont en train de la quitter. « En fait, le marché bulgare n’est pas un reflet réel de l’économie », déclare-t-elle.
Le deuxième problème majeur est lié au risque politique. Les dirigeants bulgares font preuve d’une méconnaissance totale du marché des capitaux. Et le marché n’arrive pas à jouer son rôle de redistributeur de capitaux et de source réelle de financement pour les entreprises. « En Bulgarie, il n’y a pas de concepts nets quant au développement du marché et les politiciens, dans le meilleur des cas, ne s’en mêlent pas. Dans le pire, ils prennent des décisions qui peuvent nuire gravement au marché comme cela s’est passé il y a quelques mois [Ndr : en février dernier, le parlement avait voté des sanctions pour les fonds de terres agricoles cotées en bourse et ayant parmi leurs actionnaires des ressortissants ou des entités non-bulgares, voir notre revue du 17 février]. Cela augmente encore plus la prime de risque de la Bulgarie et étouffe le faible intérêt des investisseurs étrangers à l’égard du marché bulgare ».
Quel avenir pour la BBV ? Mme Nedeltcheva apprécie comme positive l’union constituée l’année dernière entre les bourses en ARYM, Croatie et Bulgarie. Toutefois, cette union ne sera pas en mesure d’infléchir la tendance négative. La meilleure solution serait de vendre la BBV à un investisseur stratégique du type de Deutsche Börse, capable d’assurer savoir-faire, soutien financier et promotion du marché bulgare des capitaux. (Capital Daily)

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Dernière modification : 02/06/2015

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