Mardi 20 mai

LA PROCEDURE

LA COMMISSION EUROPEENNE OUVRE DEUX PROCEDURES PILOTES CONTRE LA BULGARIE

La Commission européenne a ouvert deux procédures à l’encontre de la Bulgarie portant sur les amendements dans la législation bulgare à propos de South Stream et les démarches liées au retrait des licences des trois compagnies de distribution d’électricité dans le pays. Il s’agit de procédures « pilotes » qui ont pour but de résoudre les problèmes liés à l’application du droit européen et d’améliorer la communication entre la Commission et les Etats membres, informe dnevnik.bg.
D’après des informations en provenance de la Commission, la procédure concernant le gazoduc South Stream aurait été provoquée par les efforts des autorités bulgares pour faire sortir une partie du futur gazoduc South Stream du champ d’application de la législation européenne en matière d’énergie. De l’avis de Bruxelles, de telles tentatives constituent un « sérieux problème ». Une lettre « EUpilot », aurait été officiellement envoyée au gouvernement en mi-avril. Un délai de dix semaines aurait été accordé à la Bulgarie pour présenter ses positions et ce n’est qu’après un nouveau délai de dix semaines que la Commission déciderait des mesures à prendre.
Comme la Commission n’a pas la pratique de fournir des détails au préalable, Sabine Berger, porte-parole du commissaire à l’énergie Günther Oettinger, s’est contentée de confirmer devant la radio nationale bulgare qu’une telle procédure a été mise en route et que, pour l’instant, elle ne vise pas une infraction.
La deuxième procédure pilote lancée contre la Bulgarie concerne les intentions des autorités bulgares de retirer les licences aux distributeurs d’énergie. Elle est analogue à celle décrite ci-haut et les délais prévus sont les mêmes.
Selon mediapool.bg, le ministre de l’économie et de l’énergie Dragomir Stoïnev continue à ne voir aucun problème dans les amendements concernant le statut du gazoduc South Stream en mer territoriale bulgare. En outre, il affirme que l’autorité régulatrice en matière d’énergie est indépendante et que les tarifs de l’énergie sont des tarifs de marché.
« De telles procédures, il y en a des dizaines », a commenté le ministre devant la radio nationale à propos des procédures engagées, cité par mediapool.bg. « Il faut nous débarrasser de ce complexe qu’ont les citoyens et les hommes politiques bulgares de droite devant la Commission européenne. Nous devons être membres à part entière de l’UE et défendre nos intérêts nationaux. Bruxelles doit respecter nos intérêts nationaux ».
La position du M. Stoïnev est que les amendements à la Loi sur l’énergie, adoptés en première lecture par l’Assemblée nationale, ne font que combler une lacune dans le droit bulgare et que la procédure mise en place par Bruxelles n’est en fait qu’une demande d’informations sur ces amendements.
En outre, selon lui, le secteur de l’énergie, fortement déséquilibré au moment de la venue au pouvoir de ce gouvernement, est en train de reprendre du poil de la bête. « Nous avons déjà une production record de charbon, les exportations d’électricité ont augmenté de 100% et […] d’ici la fin de l’année nous aurons une bourse de l’énergie », a-t-il conclu. (tous journaux, dnevnik.bg, mediapool.bg)

LE SONDAGE

LE MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES MESURE SA PERFORMANCE AUPRES DU PUBLIC

Une étude d’opinion, commandée par le ministère des affaires étrangères et réalisée par Gallup auprès de 1004 citoyens, du 11 au 22 avril dernier, essai de mesurer la manière dont cette institution est perçue auprès du public.
« Au moment de la réalisation de cette étude, nous enregistrons des attitudes pessimistes prédominantes en ce qui concerne le développement du pays et de la société, ce qui n’est pas nouveau », déclarent les auteurs du sondage à titre d’introduction. « Le pessimisme social est restée une caractéristique durable du psychisme de masse pendant les vingt dernières années ; légèrement secoué à la veille et tout de suite après l’adhésion de la Bulgarie à l’UE, il a repris le dessus avec la venue de la crise économique en 2008 », déclarent-ils.
Selon les experts, les principales raisons alimentant le pessimisme social sont d’ordre interne (contrairement à la situation il y a cinq mois, où le flux de réfugiés était cité parmi les facteurs de pessimisme).
Sur ce fond de pessimisme, les auteurs examinent les attitudes géopolitiques des Bulgares. Selon la majorité des sondés, les menaces les plus probables, susceptibles de les déstabiliser sur le plan personnel, sont notamment une nouvelle crise économique (37%), les effets de la dépendance de la Bulgarie en matière d’énergie (31%), une nouvelle vague migratoire en direction du pays (21%), le réchauffement de la planète et les changements climatiques (19%), une nouvelle guerre froide entre l’Occident et la Russie (14%). Les craintes d’actes de terrorisme international ou d’opérations militaires à proximité des frontières nationales restent limitées (7% et 6%).
Quel est l’attitude des Bulgares vis-à-vis des autres ? Seuls quatre pays recueillent des jugements nettement positifs : l’Allemagne (74%, contre 5% d’opinions négatives), la France (61% contre 6% d’opinions négatives), la Russie (61% contre 10%), la Grande-Bretagne (59% contre 14%). Les attitudes à l’égard de l’UE et de l’OTAN restent également positives (55% et 39% de réponses positives contre 17% et 23% de réponses négatives). 38% des sondés n’ont pas de position ou hésitent dans leur jugement.
Selon les personnes interrogées, le ministère des affaires étrangères devraient concentrer son activité sur les priorités suivantes : prêter assistance aux citoyens bulgares à l’étranger (80%), soutenir les communautés bulgares et promouvoir l’identité nationale bulgare à l’étranger (75%), donner une orientation économique à la diplomatie bulgare et encourager les investissements étrangers dans le pays (72%). Un grand nombre des sondés estiment que l’accessibilité et la qualité des services consulaires doit devenir une priorité (63%) et que la Bulgarie doit jouer un plus grand rôle dans la coopération en Europe du sud-est et la région de la mer Noire (62%).
L’opinion publique apprécie positivement l’action de l’équipe actuelle de ce ministère, souligne les auteurs du sondage et notamment son action en faveur de la communauté bulgare en Ukraine (61%), les pourparlers avec la Turquie pour un meilleur contrôle du flux migratoire à la frontière (58%), le financement international assuré pour maîtriser la pression des réfugiés (58%), la visite du ministre Viguenine en Grande-Bretagne à la veille de l’ouverture du marché de travail aux Bulgares et son action contre la discrimination sur ce plan-là.
La promotion à des postes de responsabilité d’anciens membres des services secrets communistes ne fait pas polémique : 29% des sondés se disent contre cette pratique, alors que 31% l’approuvent à condition que les diplomates en question aient les qualités professionnelles requises. 18% s’opposent uniquement à leur nomination au poste d’ambassadeur. (http://www.mfa.bg/bg/events/6/1/2921/index.html)

LA PREVISION

LA BULGARIE VA SE REMETTRE A CREER DES EMPLOIS, MAIS SUR FOND DE PROFONDES INEGALITES ENTRE CATEGORIES DE LA POPULATION ET ENTRE REGIONS

L’Académie bulgare des sciences a présenté hier lundi son rapport annuel sur le développement et les politiques économiques lors d’une conférence de presse accueillie dans les locaux de l’agence de presse BTA, annonce Daily News, la revue de presse anglophone de cette agence.
Le chômage aurait atteint son pic : le nombre de personnes disposant d’un emploi est aujourd’hui (chiffres 2013) de 3 421 000, soit 393 000 (10,5 %) de moins qu’en 2008, selon l’Institut statistique national. Les économistes de l’Académie des sciences prévoient une augmentation graduelle de l’emploi dès cette année (création de 100 000 emplois d’ici 2016), ainsi qu’une légère baisse du chômage (12,9 % en 2013, 12,0 % attendu en 2016).
Le ralentissement de la croissance des salaires nominaux, observé en 2013 et expliqué par le niveau très bas d’inflation, l’instabilité politique du pays et la restructuration de l’emploi, a contribué à maintenir la Bulgarie à la dernière place des économies au sein de l’UE, avec un salaire annuel moyen de 9 690 leva (10 073 dans le secteur public, 9 555 leva dans le secteur privé).
La Bulgarie demeure également le pays de l’UE qui connaît les inégalités entre régions les plus criantes. Selon le professeur Stoyan Totev, si l’intégration européenne joue généralement en faveur de la différentiation entre régions, cette dynamique affecte la Bulgarie de façon bien plus radicale que partout ailleurs et y crée des problèmes d’une ampleur spécifique. Les différences entre régions y ont augmenté de 45 % en dix ans, beaucoup plus que dans le deuxième pays concerné par ce phénomène, la Roumanie (+ 10 %). Cette situation appellerait des politiques publiques intégrées et à la hauteur de l’enjeu.
On assiste depuis 2003 en Bulgarie à une aggravation sensible des inégalités de revenu. Ces dernières années, le pourcentage de la population exposée au risque de pauvreté s’est situé autour de 20 à 22 %, soit plus que la moyenne européenne (16 à 17 %) : une vulnérabilité qui concerne au premier chef les enfants et les personnes âgées, mais aussi les personnes sans diplôme ou qualification, les familles monoparentales, les personnes vivant seules et les chômeurs. Au cours de la période 2005-2011, entre 1,3 et 1,7 million de gens étaient pauvres. Les disparités de revenu proviennent principalement des écarts considérables entre les salaires, les pensions de retraite et les aides sociales. De ce fait, la meilleure option consisterait à sortir de la logique de subvention pour favoriser la création d’emplois résultants de la croissance. Au sein de la population active, les écarts de revenu sont également significatifs entre les secteurs les plus lucratifs (technologies de l’information, services financiers, énergie) et les plus ingrats (tourisme, administration). (Daily News)

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Dernière modification : 20/05/2014

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