Mardi 21 juin

Le nucléaire

Le démantèlement nucléaire des quatre tranches les plus anciennes de la centrale de Kozlodouï a coûté 200 M€ jusqu’à présent

Le démantèlement des quatre premières unités de la centrale nucléaire de Kozlodouï, dont l’exploitation avait été arrêtée sur demande de Bruxelles au moment de l’adhésion de la Bulgarie à l’UE, a coûté jusqu’à présent 200 M€, a informé hier le chef de l’entreprise publique des déchets nucléaires, Delian Petrov.

La dépense a été couverte par le Fonds international de Kozlodouï, géré par la Banque européenne de reconstruction et développement (BERD), et fait partie du dédommagement de 500 M€ que la Bulgarie est censée obtenir à titre de compensation. Selon les nouvelles règles de ce Fonds, à partir de 2017 les projets soutenus devront être cofinancés par la partie bulgare.

Le processus de démantèlement n’est pas encore achevé, a indiqué M. Petrov. Il reste à découper les réacteurs démontés, ce qui coûtera encore quelque 100 000 M€.

Une partie de l’équipement démantelé a été revendue. Par exemple, les groupes de secours sont installés et fonctionnent actuellement à la centrale nucléaire de Paks, en Hongrie. Les constructions métalliques découpées ont été écoulées sous forme de ferraille via la bourse des marchandises de Sofia pour 15 M de leva.

Un des projets importants que le Fonds international de Kozlodouï aura à financer d’ici 2021 concerne la construction d’un site national de stockage des déchets nucléaires à activité faible ou moyenne. Estimé au départ à 65 M€, son prix risque de grimper de 5 à 6 % avec le retard accusé par le projet du fait des nombreuses protestations à travers le pays organisées par des associations environnementales. La maîtrise d’œuvre sera confiée à un consortium germano-bulgare dirigée par la société allemande Nukem Technologies.

Par ailleurs, en ce qui concerne le projet abandonné de centrale nucléaire à Belene (Nord), le sort de l’équipement fabriqué par la Russie, dont la Bulgarie a été récemment condamnée en arbitrage à payer le coût de construction (voir nos revues du 17et du 20 juin), continue à faire l’objet de nombreuses spéculations. Ainsi, le premier ministre a fait part hier, devant des journalistes, de son intention d’aborder ce thème lors de sa visite officielle en Iran, prévue pour le 11 juillet prochain. (tous journaux)

La continuation

Flottille dans un verre d’eau

Le sujet d’une éventuelle flotte commune en mer Noire, avec la participation de la Roumanie, de la Bulgarie et de la Turquie, et surtout la réaction négative du premier ministre bulgare (voir les revues des 16 et 17 juin) continuent de nourrir l’intérêt des médias.

« Borissov a dévoilé qu’il y a avait un accord derrière son dos sur la flottille » titre Sega. Le journal cite Boïko Borissov qui a tranché que les tonnes d’analyses et des commentaires sur la flotte prouvent qu’il avait raison de s’inquiéter à l’égard de ce sujet. Selon lui, à la surface « surgissent des choses qui ont été l’objet à des pourparlers et des accords, mais nous n’avions pas tous été informés sur les engagements qui ont été pris ». Le premier ministre a refusé de nommer ceux qui ont fait des accords derrière son dos, mais Sega souligne que la semaine dernière il avait prévenu les ministres des affaires étrangères et de la défense Daniel Mitov et Nikolaï Nentchev qu’ils subiront un préjudice au cas où il s’avèrerait qu’ils se sont engagés sur une telle voie sans qu’il ne soit informé.

L’histoire commence à ressembler à une « flottille dans un verre d’eau » commente Daniel Smilov dans son article pour le journal Kultura, repris par Dnevnik. Selon le politologue, le sens politique de cette histoire « de téléphone cassé » dévoile un message clair destiné à la consommation intérieure : « nous sommes des euro-atlantiques, mais pas à un tel point ». Selon M. Smilov il s’agit de « fantasmes d’une grande armada » qui ont pour but « d’alimenter les peurs des russophiles » et qui sont utilisés pour des fins électoraux. De cette manière, les « choses font semblant d’être de l’ordre de la politique étrangère et maritime, mais en réalité elles concernent l’élection présidentielle en Bulgarie ».

M. Smilov souligne que l’histoire avec la flotte conjointe a démontré que quel que soit le candidat du GERB pour l’élection présidentielle, il fera des « révérences rhétoriques » à Moscou et cherchera l’équilibre entre les vents pro-russes et pro-atlantiques ». De plus, ce candidat « construira des ponts vers l’électorat « patriotique » et comptera sur [ces voix] ». Dans ce contexte l’incident maritime pourrait être lu comme un accord électoral, souligne M. Smilov.

Les plans de l’OTAN de consolidation de son flanc sur la Mer Noire sont un message défensif mais ferme [envoyé à la Russie]. La Roumanie, qui se trouve en proximité de la Crimée et du conflit gelé en Moldavie a toutes les raisons « de demander un renforcement de la présence des forces alliées en mer Noire ». Vu le risque d’une « usurpation d’un tel projet par la Turquie qui est menée par ses propres ambition impériales et la tension dans ses relations avec la Russie », toute coopération régionale devrait être effectuée dans le cadre d’un mandat clair de l’OTAN. La proactivité de la Roumanie est raisonnable car le pays essaye de cadrer des initiatives régionales avant le sommet de l’Alliance à Varsovie pour augmenter ses chances de trouver le soutien de ses partenaires. « Il n’y a pas de raisons pour que la Bulgarie rejette une initiative de l’OTAN pour le renforcement de son flanc Est sur la Mer Noire et sans doute elle ne le fera pas ». Mais le comportement du pays crée des doutes quant au fait que « la Bulgarie se situerait à part au sein de l’OTAN et de l’UE : dans un groupe différent de celui des pays de Višegrad, mais qui n’est pas non plus celui des autres [Etats-membres] ». Reste l’espoir que « ceci ne s’avèrera pas le groupe de l’idiot du village », conclut Daniel Smilov. (Sega, Kultura, dnevnik.bg)

La com

Une promesse d’augmentation des salaires des enseignants qui déclenche des rivalités cachées

Un rassemblement géant a réuni ce week-end 12 000 enseignants de tout le pays à la salle omnisports Arena Armeets, à Sofia. Organisé à l’initiative de la nouvelle ministre de l’éducation et de la science, Meglena Kouneva, il a coûté au ministère la bagatelle de 100 000 leva et…. beaucoup de critiques sarcastiques et de plaisanteries ironiques sur les réseaux sociaux, écrit Mediapool.

Finalement, le forum a donné raison à tous ceux qui pressentaient un spectacle destiné uniquement à la communication et se déroulant suivant un scénario figé. Un petit débat rapidement expédié sur les enjeux de la réforme de l’éducation, des propos ronflants pour chauffer le public, un programme musical et la bonne nouvelle : 10% d’augmentation sur les salaires des enseignants à partir de 2017 ! Dans la mesure où l’on peut appeler « nouvelle » quelque chose qui avait déjà été annoncé à la veille du rassemblement par les syndicats.
Voilà pourquoi on peut dire que la véritable nouvelle est venue le jour suivant, mais cette fois-ci de la bouche du premier ministre Borissov. Feignant l’étonnement, il a expliqué aux journalistes que ni lui, ni le ministre des finances, n’étaient au courant de l’augmentation des salaires promise par Mme Kouneva.
Avant cela, M. Borissov avait pris ses distances vis-à-vis de l’événement. Déclinant l’invitation, il s’était borné à envoyer aux enseignants un petit message de salutations, souligne Mediapool, en rappelant le flair du premier ministre pour éviter les manifestations où il ne se sent pas maître du jeu. Et s’était justement le cas : un événement de communication coûteux et inutile organisé par une ministre qui est également chef de parti politique pour un public représentant un électorat de taille.
Aujourd’hui, M. Borissov, en déplacement dans le Nord, a voulu encore mettre les points sur les « i ». « On essaie de faire rivaliser des corps dont les professions sont particulièrement importantes au sein de la société », a-t-il expliqué. « L’année dernière, nous avons réservé 20M de leva sur l’argent de la contrebande recouvré par l’Etat et nous les avons donnés aux enseignants ». Avant de faire de promesses, il faut faire un bilan parce qu’il y a aussi les professionnels de la santé, les militaires, la police, les pompiers, a souligné le premier ministre avant de conclure : « Je pense que Mme Kouneva a voulu, en présence de tant de gens réunis, leur dire tout simplement qu’elle se sentait concernée. Et d’ailleurs, elle l’est. » Le gouvernement va faire de son mieux pour chercher de l’argent en réduisant les dépenses, a assuré le premier ministre.

Mediapool rappelle qu’en réalité, le gouvernement ne décide que des salaires de départ dans l’éducation. Comme les établissements scolaires disposent de budgets autonomes (budgets « délégués » par le ministère), toute direction d’école a parmi ses prérogatives de voter la masse salariale en fonction de ses propres possibilités. Ce qui rend encore plus dérisoire la concurrence entre le premier ministre et sa vice-premier ministre, qui a mis les enseignants dans une situation nullement méritée : faire de la figuration pendant que les deux protagonistes se disputent l’amour du peuple. (Mediapool)

Dernière modification : 21/06/2016

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