Mardi 22 avril

LE PROJET

LA BULGARIE ESSAIE DE MENAGER LA CHEVRE ET LE CHOU APRES L’ADOPTION PAR LE PARLEMENT EUROPEEN D’UNE RESOLUTION CONTRE LA CONSTRUCTION DE SOUTH STREAM

Le Parlement européen vient d’adopter, jeudi dernier, une résolution sur la pression exercée par la Russie sur l’Ukraine. Dans un paragraphe spécialement dédié au projet South Stream, les eurodéputés estiment que le « gazoduc South Stream ne devrait pas être construit et que l’Union devrait rechercher d’autres sources d’approvisionnement ».
Dans cette résolution, adoptée par 437 voix pour, 49 contre et 85 abstentions, le Parlement réaffirme son soutien à l’intégrité territoriale et à l’indépendance politique de l’Ukraine et de tous les pays du partenariat oriental. Les députés estiment que la situation actuelle requiert le lancement d’une troisième phase de sanctions (sanctions économiques) contre la Russie et demandent que des mesures soient prises contre les entreprises russes et leurs filiales, en particulier dans le secteur de l’énergie, et contre les investissements et les avoirs russes détenus dans l’UE, et invitent celle-ci à « revoir tous ses accords avec la Russie en vue de leur éventuelle suspension ».
Bien qu’à la rédaction de la résolution aient pris part tous les grands groupes politiques au Parlement, relève le site en ligne Euractiv.eu, les socialistes européens ont finalement retiré leur soutien en raison notamment du paragraphe sur le gazoduc South Stream.
Selon l’eurodéputé socialiste Ivaïlo Kalfine, la faiblesse majeure de cette résolution est qu’elle appelle au lancement de mesures qui sont irréalisables, ce qui rend futile la position de l’UE. (Troud)
La résolution a été soutenue par les eurodéputés bulgares du GERB. Mais dans une déclaration spéciale, citée par Troud, ils soulignent leur position favorable au projet South Stream à condition que celui-ci respecte le troisième paquet de l’énergie au cours de toutes les étapes de sa réalisation.
« Ce projet doit être réalisé. Le conflit entre la Russie et l’Ukraine prouve encore plus la nécessité de South Stream. La Bulgarie ne doit pas devenir l’otage de l’instabilité dans des pays transitaires », a déclaré, le ministre des Affaires étrangères Kristian Viguenine peu de temps avant l’adoption de la résolution (Troud).
A une conférence de presse, convoquée immédiatement après l’adoption de ce texte et consacrée à des sujets énergétiques, le ministre bulgare de l’Economie et de l’Energie, Dragomir Stoïnev, a expliqué en se contredisant que la Bulgarie respecterait la résolution contre la construction de South Stream, mais qu’elle poursuivrait ses engagements en vue de la réalisation du projet et procèderait aux travaux de construction sur son territoire dès cette année. Selon le ministre, le gouvernement ne serait pas prêt à se résigner à ce « sacrifice politique » puisque « la Russie reste un partenaire stratégique pour la Bulgarie (cité par Capital Daily).
S’il y a des sanctions économiques contre la Russie, a également estimé le ministre, il faut qu’elles soient accompagnées par un mécanisme de compensation pour les pays qui seront parmi les plus touchés. Le gel de l’approvisionnement en gaz par la Russie en 2009 a coûté 500 millions de leva à la Bulgarie, a-t-il rappelé. (tous journaux, euractiv.eu)

LA CANDIDATURE

« LAISSONS DELIAN PEEVSKI MONTRER SES QUALITES »

La candidature officielle de Delian Peevski aux élections européennes, inscrite en deuxième position sur la liste de son parti, le MDL, reste un des sujets les plus débattus dans les médias depuis la semaine dernière.
Selon Sega, la désignation d’un personnage aussi controversé n’est pas passée inaperçue au Parlement européen actuel. Après les propos du leader des socialistes et démocrates, Hannes Swoboda, qui l’avait qualifié de déconcertante (voir notre revue du 17 avril), le vice-président du Parti populaire européen, Manfred Weber, a réagi à son tour. D’après lui, c’est un signal inacceptable et son parti ne travaillerait jamais avec un tel député.
« Nous voudrions que l’Europe voie la différence entre le mythe et la réalité avant de rendre son verdict ». C’est par ces propos que le leader du MDL Lioutvi Mestan a expliqué l’inscription de M. Peevski sur la liste de ce parti tout en ajoutant qu’il avait « fortement recommandé » à celui-ci de se séparer de ses médias (NDR : officiellement, M. Delian Peevski n’a jamais détenu de parts dans des médias). « Il me semble que ma recommandation a été entendue puisque j’apprends de la presse qu’il n’est plus propriétaire de journaux », a-t-il déclaré en faisant référence à l’annonce, faite la semaine dernière par la mère du député D. Peevski, qu’elle était en train de céder ses journaux à une société irlandaise fraîchement créée (voir notre revue du 14 avril).
La candidature de M. Peevski a également reçu le soutien du leader des socialistes Sergueï Stanichev. « Je vois qu’on cherche de nouveau à provoquer l’hystérie, alors qu’il s’agit d’élections et tout est entre les mains des citoyens », a-t-il souligné.
Par ailleurs, vendredi dernier a été annoncée la vente du grand quotidien Troud à un nouveau propriétaire, Petio Blaskov. M. Blaskov est fondateur de plusieurs journaux, dont Monitor et Télégraphe. En 2007, il avait vendu ces derniers à la famille de M. Peevski, tout en restant très proche de celui-ci. Capital Daily cite ses commentaires récents sur la candidature de D. Peevski au Parlement européen : « Toute l’histoire autour de M. Peevski devient banale. Laissons-le montrer ses qualités. C’est un homme d’affaires, je le sais depuis la vente de mes journaux ». (tous journaux)

LE SONDAGE

UN TAUX D’ABSTENTION RECORD AUX ELECTIONS EUROPENNES, PREDIT L’AGENCE EXACTA

Un sondage national de l’agence Exacta, réalisé du 4 au 10 avril auprès d’un échantillon représentatif de 1 250 citoyens majeurs dans 86 localités, prédit un important taux d’abstention pour le scrutin du 25 mai prochain. Seulement 44% des personnes interrogées ont déclaré leur intention catégorique de se rendre aux urnes.
Même ce taux semble exagéré, estiment les auteurs du sondage, puisqu’aux dernières élections européennes, en 2009, les votes réels étaient nettement en-dessous des intentions de vote déclarées un mois auparavant. Si cette tendance se reproduit, le taux d’abstention serait de l’ordre de 65 à 70%. Ainsi, un mandat « pèserait » quelque 120 000 voix et la faible participation des électeurs ne servirait qu’aux grands partis.
Selon le sondage d’Exacta, le GERB réunit 22,5% des intentions de vote, la Coalition pour la Bulgarie » (PSB et autres) 18,9%, le MDL 6,00%, la « Bulgarie sans censure » 5,3%, le Bloc réformateur 5,2% et l’ABC 5,00%. Du côté des partis « nationalistes », le Front national pour le salut de la Bulgarie (3,4%) devance Ataka (1,9%).
Les auteurs du sondage constatent également un profond désenchantement des citoyens vis-à-vis des partis politiques. 57% des Bulgares considèrent qu’ils ne sont pas représentés au niveau politique national.
En ce qui concerne le vote préférentiel, récemment introduit par le nouveau Code électoral, seulement 38% des sondés se disent prêts à réarranger les candidats sur la liste en faveur de laquelle ils voteront. (tous journaux)

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Dernière modification : 22/04/2014

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