Mardi 23 janvier

Politique

Parvan Simeonov, politologue et directeur de Gallup International, analyse dans une interview, accordée à l’agence Focus et reprise par Stantard et mediapool.bg, la première année du mandat du président de la République, laquelle, selon M. Simeonov, « n’a pas été marquée par de graves fautes concernant les questions sérieuses mais par de petites erreurs de communication ». Il considère que le président Radev est « de ce genre d’hommes politiques comme Borissov qui plaisent aux Bulgares » et précise que « trois centres importants sont en train de se constituer dans l’espace gauche autour de grandes figures comme notamment Roumen Radev, Kornelia Ninova et Maya Manolova. L’éventuel alignement de ces trois centres représenterait une menace pour le GuERB ». (mediapool.bg, Standart, focus.bg)

La motion de censure introduite par le PSB contre le gouvernement sera soumise aujourd’hui [23 janvier 2018] au vote à l’Assemblée nationale. Il est attendu qu’elle soit soutenue par le PSB et le MDL. Le GuERB et les Patriotes unis dont Ataka (qui a pu négocier lundi l’obtention de l’argent pour la réhabilitation du barrage dont la gestion a été transférée à l’un des gouverneurs du quota d’Ataka) s’y opposeront. Le parti « Volonté » voterait contre la motion de censure. (tous media)

Le ministre des finances, Vladislav Goranov, le Chef de l’Agence des Douanes, Gueorgui Kostov, le chef de l’Agence d’Etat de sécurité nationale (DANS), Dimitar Gueorguiev, et le procureur général, Sotir Tsatsarov, ont été auditionnés hier par les commissions parlementaires du budget et des finances et de la sécurité intérieure et de l’ordre public, sur le rapport de la DANS de 2016 révélant la vulnérabilité du système d’information des Douanes auquel le PSB se réfère dans les motifs de la motion de censure. En dépit des statistiques fournies par Vladislav Goranov pour démontrer que le recouvrement des accises et des autres impôts s’est amélioré à la suite de la mise en place de ce système informatique, les représentants du GuERB n’ont pas pu démontrer de manière convaincante que toutes les mesures ont été prises pour remédier au problème et garantir la sécurité du système. De manière inattendue, Sotir Tsatsarov et Dimitar Gueorguiev ont réaffirmé les constatations du rapport de la DANS rendu public vendredi dernier [19 janvier 2017]. Le procureur général a confirmé ses propos tenus en novembre 2017 selon lesquels « le système permet des manipulations sans que des traces soient laissées ». Cependant, l’information ouverte par le parquet n’a pas abouti à identifier les coupables. Il a reproché aux membres de l’Association bulgare des producteurs et des importateurs de pétrole et de gaz de n’avoir pas reconnu lors de leur interrogatoire par le parquet l’existence du problème dont le président de cette association, Andrey Deltchev, avait fait état hier dans l’émission nationale de la bTV. M. Deltchev avait déclaré que « 300 000 transactions s’élevant à des millions de leva ont disparu du système pendant les six derniers mois ». (tous media)

Slavi Anguelov, journaliste d’investigation et rédacteur en chef de 168 heures, analyse dans 24 tchassa les motifs de la motion de censure introduite par le PSB contre le gouvernement et salue les porteurs de cette motion de censure de s’être référé à la vulnérabilité du système informatique de gestion des accises de l’Agence des Douanes en supposant que « c’est en raison de ce système qu’a été assassiné [en décembre dernier et en plein centre-ville ] Ivo Stamenov, directeur du département du contrôle fiscal, chargé du contrôle physique sur la circulation de marchandises à haut risque fiscal (dont les fruits, les légumes, d’autres aliments et les carburants). (24 tchassa)

Dans une interview accordée à Sega, Tatiana Dontcheva, avocate et leader du Mouvement 21, considère que « la vie sociale et économique bulgare est imprégnée de corruption. Les principes même de l’économie de marché mis en place conformément aux recommandations européennes ont été dénaturés comme par exemple les marchés publics. Les Européens font semblant de ne rien voir dans la mesure où une partie de l’argent leur revient. Ainsi de l’argent européen est investi dans des bêtises absolues comme la construction de stades dans les villages dépeuplés. Le système mis en place est très ordonné dans la mesure où il s’appuie à l’Europe. Notre espoir que l’UE imposera des règles et nous obligera de les respecter s’est avéré illusoire ». (Sega)

Kalin Slavov, directeur de « Transparence sans frontières », analyse dans une interview accordée à la journaliste Anna Zarkova, le phénomène de la corruption en Bulgarie, les indices de mesure de la corruption pendant les années, les mesures de lutte contre la corruption dont la nouvelle loi pour conclure que « la lutte contre la corruption est une question de volonté politique afin que le cadre institutionnel mis en place pendant les 15 dernières années se mette à fonctionner ». (Troud)

Un débat public, organisé aujourd’hui à l’Université de Sofia, sous la houlette de la présidente de l’Assemblée nationale, Tsveta Karayantcheva, devrait éclaircir les positions en faveur ou contre la ratification de la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, dite Convention d’Istanbul. Entretemps, lors de son entrevue d’hier avec le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, le premier ministre Borissov a réitéré son engagement à ce que la convention soit ratifiée par le parlement bulgare. (tous media)

En se fondant sur ses propres sources, 24 Tchassa calcule les chances de ratification de la convention. A part les voix dissidentes de Vejdi Rachidov et Gueorgui Markov, le GERB semble inébranlable dans sa décision de soutenir la ratification. Malgré l’absence de position officielle du MDL, le journal suppose que son groupe parlementaire voterait en faveur de la convention, à l’exception des députés Yordan Tsonev et Delian Peevski. Le PSB et les Patriotes unis étant résolument contre la ratification, les voix des députés de Volonté de Vesselin Marechki pourraient décider de l’issue du vote de ratification. (24 Tchassa)

24 Tchassa publie une longue tribune d’une jeune bulgare de 25 ans, Elena Dotcheva, « une voix raisonnable qu’il nous faut entendre dans la querelle enflammée pour ou contre la ratification ». En Bulgarie, où un million de femmes sont victimes de violences, la convention créera l’obligation pour les médecins de rapporter de tels cas, pour la police d’agir et pour l’Etat de mettre en place des centres de protection. La convention n’impose pas de « troisième genre », souligne la jeune auteur (24 Tchassa)

Hier, le Saint-Synode de l’Eglise orthodoxe bulgare a diffusé à son tour une position officielle appelant à la non-ratification de la Convention d’Istanbul. « La convention d’Istanbul suscite de la préoccupation pour l’avenir de la civilisation chrétienne européenne parce qu’elle introduit une nouvelle conception de l’homme accréditant ce dernier comme un maître absolu, comme un être sans Dieu qui suit à tel point ses propres désirs et passions qu’il pense pouvoir définir son sexe », estime le Saint-Synode. (tous media)

Les prochaines élections européennes en 2019 offriront la meilleure chance aux forces non parlementaires de la droite de se consolider. C’est la thèse autour de laquelle se sont réunis les sociologues et les politologues qui ont pris part à la table ronde organisée par la fondation Konrad Adenauer sous l’intitulé « La communauté démocratique : ce qui s’est passé en 2017 et ce qu’il faut prévoir ». Selon l’institut Market Links, le potentiel électoral de la droite extra-parlementaire dépasse les chiffres souvent cités de 300 000 voix et atteint 6% des intentions de vote, en ce qui concerne le noyau dur, et 16% pour la périphérie. Selon Boriana Dimitrova d’Alpha Research, les élections européennes de 2019 seront également l’occasion pour le PSB de tester sa stratégie visant à « discréditer l’Europe par une propagande hybride s’inspirant des thèses d’islamisation de l’Europe, de diktat de la part de Bruxelles, d’extinction démographique et de perte d’identité ». (Sega)

Energie

Une étude commandée par le Forum atomique bulgare (Bulatom), association regroupant des sociétés d’ingénierie et de travaux publics, des fournisseurs de matériel et des experts dans le domaine du nucléaire, indique que l’Etat bulgare pourrait prendre en charge la construction d’une deuxième centrale nucléaire à Belene. Selon les quatre scénarios étudiés, la pire solution serait de liquider le projet et de vendre le matériel déjà disponible pour de la ferraille. Selon les experts, du point de vue stratégique, le mieux serait que l’Etat réalise le projet pour son compte, ce qui coûterait au budget 2 milliards de leva par an. (Troud)

Media

Une protestation en soutien de la liberté de la presse et de l’émission « La journée commence par la culture » s’est tenue hier devant la BNT. Les journalistes de l’émission ont rejoint les manifestants. Le weekend dernier, ils avaient signalé que le nouveau directeur de programmation de BNT1 Emil Kochloukov, qui aurait été lié, selon certains media, avec les intérêts de MM Delian Peevski et Tsvetan Vassilev, aurait exercé une pression sur leur choix de sujets, d’invités et des questions prévues et aurait proposé un changement « radical » du programme. L’équipe des producteurs de la BNT s’est également opposé à la politique menée par M. Kochloukov. Le directeur général de la BNT Konstantin Kamenarov a qualifié les événements comme étant un « conflit interpersonnel ». Selon Nelly Ognianova, professeur de droit des media, de telles propositions seraient en conflit avec les principes des media publiques, qui devraient assurer un espace de débats culturels de valeur pour la société. Dans un article, Sega exprime son inquiétude que d’autres émissions de la BNT pourraient « suivre le destin » de l’émission culturelle de la télévision. (BNT, Sega, Mediapool, Capital, Dnevnik)

Europe

La première réunion de la dimension parlementaire de la présidence bulgare de l’UE a rassemblé hier à Sofia les présidents des commissions des affaires européennes des parlements des Etats membres de l’UE (COSAC). « La façon dont l’Europe fonctionne ne satisfait pas nos citoyens. Nous n’arrivons pas à entraîner les citoyens européens à débattre et à chercher comment l’Europe devrait se développer au 21e siècle », a déclaré devant les participants la vice-présidente de la République Iliana Yotova. Selon elle, les problèmes viennent de la bureaucratie qui a pris la place de la vision de l’Europe. Beaucoup de gens sont convaincus que c’est Bruxelles qui prend les décisions, sans ses citoyens, a-t-elle relevé. (Douma, Standart)

La réunion de la COSAC s’est également penchée sur l’intégration des Balkans occidentaux. Le président de la commission des affaires européennes et du contrôle des fonds européens au parlement bulgare, Kristian Viguenine, a exprimé la position bulgare selon laquelle l’élargissement de l’UE dans les Balkans est sans alternative et susceptible de garantir la sécurité, la stabilité et la prospérité de la région, mais aussi de toute l’Europe. M. Viguenine a en outre assuré les participants que la présidence bulgare œuvrerait à la meilleure visibilité de la région du Danube et de la mer Noire. (Douma, Standart)

Un porte-parole de la Commission européenne a confirmé la tenue d’une rencontre UE-Turquie dans le cadre de la présidence bulgare de l’UE, dont la date reste encore inconnue. « C’est une rencontre qui pourrait avoir lieu à un moment donné, lorsque les conditions seront remplies et que nous serons prêts », a indiqué le porte-parole. Selon l’information actuellement disponible, à la réunion prendront part le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, le président du Parlement européen Antonio Tajani, le président du Conseil européen Donald Tusk, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le premier ministre bulgare Boïko Borissov. Selon ce dernier, la rencontre pourrait se dérouler à Varna. Toutefois, le correspondant de l’agence BTA à Bruxelles informe que le forum aurait lieu très probablement à Sofia, à la veille du sommet de l’UE pour les Balkans occidentaux, prévu pour le 17 mai prochain. (mediapool.bg, Standart)

Les fonds européens finançant des projets dans les Etats membres de l’UE devraient être gardés dans le nouveau cadre budgétaire de l’Union et les règles de leur gestion devraient être réformées afin de donner un plus grand contrôle aux gouvernements nationaux concernant les domaines d’investissement. Cette position a été soutenue hier par les premiers ministres bulgare et tchèque lors de leur entretien à Sofia. Lors de sa rencontre avec Andrej Babis, le président de la République Roumen Radev a remercié la République Tchèque pour son soutien à l’adhésion de la Bulgarie à l’espace Schengen. (tout media)

Il n’y a aucune raison objectivement valable qui justifierait le fait que la Bulgarie et la Roumanie ne soient toujours pas admises à l’espace Schengen, a déclaré dans une interview pour la BNR le porte-parole de la Commission européenne. Margaritis Shinas a souligné que Sofia devrait profiter de la présidence bulgare du Conseil de l’UE pour « dissiper les doutes » de certains Etats membres par rapport à son adhésion à Schengen. (BNR)

Standart et Sega reprennent une analyse de la section bulgare de la Deutsche Welle sur l’éventuelle adhésion de la Bulgarie à la zone euro. Selon l’auteur, les craintes d’une forte inflation seraient exagérées, tandis que les effets positifs, notamment une réforme dans plusieurs secteurs de l’économie, pourraient être ressentis dès l’adhésion du pays à l’antichambre de la zone euro. (dw.com, Standart, Sega)

Dernière modification : 23/01/2018

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