Mardi 24 mars

LE BARRAGE

DES MOIS APRES LA MISE SOUS TUTELLE DE LA KTB, LES ADMINISTRATEURS PROVISOIRES PASSENT A L’OFFENSIVE ET DEMANDENT LA MISE EN LIQUIDATION DE PLUSIEURS SOCIETES DEBITRICES

Les administrateurs provisoires de la banque KTB, nommés au moment de sa mise sous tutelle par la banque centrale, font preuve depuis peu d’une activité fiévreuse, informe Capital Daily en se référant à la base de données du ministère de la justice répertoriant les procédures de liquidation judiciaire. En moins d’un mois, ils ont demandé la liquidation judiciaire de 26 sociétés débitrices, alors que depuis la fermeture de la banque en juin 2014 ils n’avaient introduit que deux demandes d’ouverture d’une telle procédure.
Après la demande adressée le 11 mars dernier par le premier ministre aux députés en vue de procéder à des amendements législatifs pour sauver de spoliation les biens de la KTB, les deux administrateurs provisoires, Stanislav Lioutov et Elena Kostadintcheva, ont redoublé d’énergie. Du 16 au 21 mars dernier, ils ont demandé la liquidation de 16 sociétés dont les dettes envers la KTB s’élèvent au total à plus de 600 millions de leva. Cette offensive paraît d’autant plus importante, indique Capital Daily, que les 24 sociétés débitrices représentent 17,5% du portefeuille de crédit de la banque. Ce dernier, se chiffrant à plus de 5 milliards de leva, est concentré entre les mains d’à peine 137 emprunteurs à en juger des rapports d’audit réalisés par trois compagnies d’audit après la mise sous tutelle de la banque.
D’après les conclusions des administrateurs provisoires, des auditeurs et de la banque centrale quant aux garanties présentées par les débiteurs, il sera difficile de recouvrer une bonne part des prêts alloués. Dans beaucoup de cas, ces sociétés ont entretemps changé de direction ou leur propriété a été transférée à des hommes de paille.
En règle générale, les sociétés visées par les demandes de liquidation judiciaire sont liées avec le propriétaire majoritaire de la KTB, Tsvetan Vassilev, et ont servi pour financer l’acquisition de biens par celui-ci ou pour prêter à d’autres sociétés de son empire.
Capital Daily souligne tout spécialement l’attitude particulière des administrateurs vis-à-vis de la société Hedge Investment Bulgaria, qui vient de se rendre propriétaire des entreprises militaires Dunarit et Avionams. Après qu’en février dernier Tsvetan Vassilev avait réussi à reprendre le contrôle sur Hedge Investment Bulgaria, en y enregistrant un nouveau gérant (26 février), les administrateurs se sont hâtés à introduire une demande de liquidation judiciaire à l’encontre de celle-ci (27 février). (Capital Daily)

LA DERIVE

LES SOCIETES DE SECURITE PRIVEE : UN SECTEUR ECONOMIQUE FLORISSANT ET SANS CONTROLE

Une « armée » d’agents de sécurité privés assure la garde d’entreprises, institutions, manifestations, écrit 24 Tchassa. Les autorités ne semblent même pas au courant de leur nombre. D’après les données de l’Institut national de sécurité sociale, le secteur de gardiennage emploie de 52 000 à 57 000 personnes. Selon le ministère de l’intérieur, direction générale de la police nationale, le nombre de gardiens privés enregistrés est de l’ordre de 120 000.
En Bulgarie, de notoriété publique, il est particulièrement facile de devenir agent de sécurité. Le contrôle sur la façon dont les agents sont embauchés et sur leur aptitude mentale à effectuer ce travail est presque inexistant. A la date actuelle, le certificat médical ou la réussite au test psychotechnique ne sont plus un critère fiable de santé mentale.
Bien que l’activité soit règlementée par la loi, l’absence de contrôle mène à de nombreuses dérives. D’autant que la loi attribue aux agents de gardiennage quasiment les mêmes droits qu’aux agents de police – ils peuvent utiliser des matraques, menotter, faire usage de la force, interpeller. La pratique montre que des personnes en manque d’insertion professionnelle réussissent facilement à se faire embaucher par les agences de gardiennage à condition d’être plus ou moins en bonne santé et d’avoir le physique de l’emploi.
Il n’est pas rare que les sociétés de sécurité privée et leurs agents musclés soient utilisés pour le recouvrement de dettes. Ces dernières années, le nombre des victimes de ce type de racket grandit de plus en plus. En règle générale, les autorités n’y prêtent attention qu’en cas de crime grave. On compte sur les doigts les cas d’agréments retirés ou de sanctions infligées aux sociétés de gardiennage prises en flagrant délit.
Les dérapages peuvent aller jusqu’à l’homicide. Il y a quelques jours, un homme de 53 ans a été battu à mort par les agents de sécurité d’un grand centre commercial à Varna (le Grand Mall). Son crime ? Il ne payait pas de mine. Trois gardes l’avaient tabassé avant de le laisser dans une flaque de sang. L’agonisant avait réussi à se traîner jusqu’à la devanture brillante d’une parfumerie où il est décédé. La direction du centre commercial et la police avaient déjà reçu plusieurs plaintes de la part de clients battus. Personne n’avait réagi. Après l’incident, le Parquet a immédiatement ouvert une enquête mais sans pour autant retirer l’agrément de la société de gardiennage.
Il est grand temps, conclut 24 Tchassa, que la loi règlemente de façon stricte le contrôle de l’activité des sociétés de sécurité privée. Sinon, on continuera à compter les victimes de leur arbitraire et à se demander qui doit nous garder de nos gardiens. (24 Tchassa)

LA DESINFORMATION

L’ACCROISSEMENT DE LA PRESENCE DE L’OTAN EN BULGARIE : MYTHES ET REALITES

« Les chars arrivent », « La Bulgarie se transforme en une place d’armes de l’OTAN », « Des chasseurs survolent Bourgas », « Une mobilisation de masse se met en place », « L’OTAN a validé le déploiement immédiat d’un centre de commandement multinational et d’un centre de contrôle en Bulgarie ».
Il ne faut pas, après avoir lu tout cela, craindre la mobilisation car il ne s’agit de rien d’autre que d’une guerre de l’information entre Moscou, Bruxelles et Washington, prévient Panayot Angarev dans Sega. Celui-ci s’interroge sur les raisons à l’origine de cette propagande en Bulgarie : la sympathie pour la Russie, la naïveté ou l’ignorance des Bulgares ou tout simplement l’incompétence des hommes politiques qui manquent de stratégie de communication et d’information (au sujet des exercices militaires qui se déroulent en Bulgarie et des différents centres qui se mettent en place) ou la font mal comme le ministre de la défense dont les interventions donnent souvent lieu à de nouveaux mythes.
Mythe N°1 : Depuis la visite du secrétaire d’Etat des Etats-Unis, John Karry, et de celle de l’ancien secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, on n’arrête pas de répéter que « trois centres de l’OTAN seront mis en place en Bulgarie qui se prépare à la guerre ». En fait, il s’agit de deux structures de l’OTAN dont la plupart des effectifs sera bulgare. La première structure, le Centre d’études, de formation et de renforcement des capacités de l’OTAN en matière de gestion de crises, a été mise en place par l’ancien gouvernement de la coalition PSB-MDL, soutenue par Ataka : « les mêmes qui sèment actuellement la panique de la préparation à la guerre », précise l’auteur. La seconde, le Centre de coordination entre les forces armées bulgares et celles de l’OTAN, a été créée à l’issue du sommet de l’OTAN au Pays de Galles en réponse à l’invasion de la Russie en Crimée. De telles structures ont été mises en place en Roumanie, en Pologne et dans les trois pays baltes.
Mythe N°2 : « Une base nucléaire de l’OTAN sera construite dans la région de Varna », a-t-on spéculé sur la base des informations relatives aux futures investissements de l’Alliance (s’élevant à 7 millions d’euro) dans la mise en place d’un centre de communication non pas de l’OTAN mais de la marine bulgare. Ces fonds otaniens longuement attendus permettront de moderniser les équipements de communication des forces armées bulgares. De même, « le déploiement d’un bataillon de l’OTAN » à Gorna Malina ne concerne qu’une compagnie bulgare de 55 personnes qui devrait bénéficier d’équipements modernes de communication grâce au programme d’investissement de l’OTAN. Cette compagnie existe déjà et a déjà assuré les communications dans le cadre de l’opération Active Fence de l’OTAN en Turquie, l’année dernière. Les décisions relatives à la création de ces deux structures ont été prises en 2008 sous le gouvernement Stanichev et l’accord sur l’équipement otanien de la compagnie de communication à Gorna Malina a été signé le 16 juillet 2014 au siège du commandement militaire des forces de l’OTAN en Europe à Mons, par le gouvernement Orecharski.
Mythe N°3 : « Les chars américains arrivent », disent les amateurs de conspiration en comptant sur l’oubli de la signature de l’accord entre la Bulgarie et les Etats-Unis en vue de la création d’installations communes en avril 2006 par l’ancien ministre des affaires étrangères Ivaïlo Kalfin et l’ancienne secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice. Cet accord prévoyait l’utilisation commune du site militaire de Novo selo, des aéroports de Graf Ignatievo et de Bezmer et les entrepôts militaires d’Aïtos. D’ailleurs, le site de Novo selo accueille depuis longtemps des exercices communs des alliés auxquels ont également participé en dehors des chars américains des unités de chars italiennes et françaises.
Le nombre de mythes va croître si l’Etat continue à n’entreprendre rien contre la guerre de l’information qui sévit en Bulgarie. Si le ministre de la défense et les militaires n’y parviennent pas, il reviendra à l’Agence d’Etat de Sécurité nationale de contrecarrer l’hystérie de masse et de dissiper ainsi le sentiment du début d’une troisième guerre mondiale, conclut l’auteur. (Sega)

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Dernière modification : 24/03/2015

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