Mardi 25 mars 2014

LA POSITION

REFERENDUM EN CRIMEE : LES PARTIS POLITIQUES BULGARES ADOPTENT UNE POSITION SANS MENTIONNER LA RUSSIE

Le Conseil consultatif de sécurité nationale (CCSN), convoqué hier par le président de la République au sujet de la crise en Ukraine et des risques qui en découlent pour la Bulgarie, s’est terminé par l’adoption d’un avis commun des forces parlementaires, reflet d’un large consensus, sur le referendum en Crimée. Seul Ataka s’y est opposé.
On y lit que la Bulgarie soutient la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine, que le referendum, tenu le 16 mars dernier en Crimée, enfreint les règles du droit international et que la Bulgarie ne reconnaît pas ses résultats. Dans le même temps, la Bulgarie salue la signature du volet politique de l’accord d’association entre l’Union européenne et l’Ukraine, ainsi que la future signature du volet économique après la tenue d’élections législatives libres et démocratiques en Ukraine.
Le Conseil consultatif appelle l’Ukraine à respecter les droits et les libertés de tous les citoyens ukrainiens, y compris des 300 000 Bulgares vivant sur son territoire.
La crise dans les relations russo-ukrainiennes a mis à l’épreuve une fois encore la sécurité énergétique de la Bulgarie, lit-on plus loin dans la position commune. Le CCSN estime que la diversification des livraisons de gaz, l’accélération des travaux de construction des interconnexions gazières avec les pays voisins et l’exploration des gisements de gaz en mer Noire n’ont pas d’alternative et doivent être considérées comme prioritaires pour la sécurité nationale.
En outre, le CCNS recommande au conseil des ministres de continuer à suivre la situation en Ukraine afin de pouvoir réagir en temps utile aux risques menaçant la sécurité nationale de la Bulgarie, à prendre les mesures nécessaires pour garantir le maintien des livraisons énergétiques et à défendre la position bulgare, en tenant compte de tous les risques pour la Bulgarie, y compris économiques, dans le cadre de prochains débats au sein de l’UE.
Capital Daily, relève l’absence dans ce document du moindre jugement sur les évènements ayant déclenché la crise dans les relations entre la Russie, d’une part, et l’UE et les Etats-Unis de l’autre. On n’y mentionne guère le rattachement de la Crimée à la Russie ou les sanctions imposées à celle-ci.
Passant en revue les positions des décideurs politiques bulgares à propos de la crise en Ukraine, Capital Daily constate un rapprochement de la position du GERB à celle des gouvernants. Selon Boïko Borissov, les sanctions contre la Russie seraient des demi-mesures et il serait mieux pour la Bulgarie d’agir en tant qu’intermédiaire en vue du règlement de la crise.
La position de l’ancien président de la République Gueorgui Parvanov et de sa formation ABC, exprimée devant la radio nationale, est que la Bulgarie devrait revendiquer son droit à une position particulière et s’opposer aux sanctions, étant donné ses liens proches, économiques ou autres, avec la Russie.
Sur ce fond-là, conclut Capital Daily, seul le Bloc réformateur semble rester ferme dans sa condamnation de l’agression et de l’annexion. (tous journaux)

L’ANNONCE

LES PARTIS PROPOSENT DE NOUVELLES RESTRICTIONS POUR LES ETRANGERS SOUHAITANT ACQUERIR DES TERRES AGRICOLES EN BULGARIE

A la veille du second examen en commission parlementaire du projet d’amendement de la Loi sur la propriété et la protection des terres agricoles, on assiste à une multiplication des propositions visant à limiter les possibilités d’achat de terres par des sociétés ou des ressortissants étrangers.
La première proposition en ce sens était venue, il y a deux mois, de la part des socialistes. Adoptée en première lecture par la Commission de l’agriculture, elle prévoyait que les futurs acquéreurs aient résidé au moins trois ans de façon ininterrompue en Bulgarie avant l’achat des terres.
Aujourd’hui, le PSB a atténué sa position et propose que la phrase « de façon ininterrompue » soit rayée. Ce changement, écrit Capital Daily, peut s’expliquer par les nombreuses critiques selon lesquelles une telle restriction porterait atteinte aux intérêts des citoyens bulgares résidant à l’étranger.
Les députés du GERB proposent que le critère de résidence obligatoire soit porté à cinq ans et que les acheteurs de terres soient enregistrés comme exploitants agricoles.
Ataka, pour sa part, monte encore d’un cran les exigences. Les étrangers voulant acquérir de la terre bulgare doivent faire preuve non seulement d’une résidence prolongée dans le pays, mais aussi avoir acquitté 300 000 leva au moins à titre d’impôts.
L’idée de restreindre les possibilités d’acquisition de terres agricoles par des étrangers est née en compensation du moratoire adopté par le Parlement à l’initiative d’Ataka et par la suite rejeté comme anticonstitutionnel par la Cour constitutionnelle, souligne Capital Daily. Des acteurs importants dans le secteur estiment que les restrictions projetées enfreignent les règles de marché, mais qu’elles seront faciles à contourner et ne changeront donc en rien la situation actuelle. (Capital Daily)

LA POLEMIQUE

DU BETON SUR LES DUNES

La décision d’autoriser la construction d’un nouvel ensemble hôtelier à Karadere, a été adoptée à l’unanimité par le Conseil des ministres le 19 mars dernier, écrit Sega en se référant au sténogramme de la séance.
Le lieu-dit Karadere, situé au sud de Varna, abrite deux zones protégées classées Natura 2000. Il est prévu que la construction du mégaprojet « Black Sea Gardens Eco Resort » démarre dès septembre. Le projet sera financé et réalisé par la société offshore Madara Europe AD. Le sténogramme laisse entendre, souligne ce journal, que le cabinet nourrit des espoirs quant à l’activité économique qui sera développée sur l’une des dernières plages vierges de Bulgarie et encourage la création de groupes de travail susceptibles d’assurer un soutien institutionnel au projet.
Un mémorandum, adopté à la même occasion, indique que la construction du futur complexe hôtelier doit être considérée comme prioritaire. Elle doit être achevée en trois ans, d’ici septembre 2017. L’investisseur, Madara Europe AD, a déjà reçu un certificat classe A, délivré par l’Agence bulgare des investissements et censé récompenser les investissements importants dans l’économie bulgare.
Selon le parti des Verts, le capital de la société Madara Europe serait de quelque 50 millions d’euros à peine (d’après ses comptes annuels pour 2012), très en-dessous du montant du projet de construction : plus de 270 millions d’euros selon les prévisions. Les Verts soupçonnent un nouveau schéma spéculatif.
Par ailleurs, le ministre de la programmation des investissements Ivan Danov vient d’annoncer que son ministère prépare des amendements à la Loi sur l’aménagement du territoire. Selon les modifications proposées, une étude d’impact ne sera plus demandée pour les constructions de catégories 4, 5 et 6, dans les agglomérations et en dehors des zones protégées. Il est prévu que les amendements soient approuvés d’ici la fin du mois par le gouvernement et soumis pour adoption au Parlement.
Cette nouvelle, souligne Mediapool.bg, a été annoncée un jour après le feu vert donné par le gouvernement au projet d’investissement de Karadere. Comme l’ensemble hôtelier sera constitué de villas, une étude de son impact sur l’environnement ne serait plus exigée une fois la réforme législative faite, note Mediapool.bg.
Sur TV7, Iskra Mikhaïlova, ministre de l’environnement et des eaux, a au contraire souligné sa volonté de procéder à une étude d’impact avant toute mise en œuvre du projet. Elle a affirmé ne savoir à peu près rien de l’identité des investisseurs. (Sega, mediapool.bg)

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Dernière modification : 25/11/2016

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