Mardi 27 février

Politique

Hier, après s’être entretenu avec le président de la Commission pour la régulation de l’eau et de l’électricité, le président de la République Roumen Radev a exprimé à son tour ses préoccupations et a appelé à plus de transparence sur la vente de ČEZ Bulgarie et le repreneur Inercom. « Les institutions bulgares sont tenues de garantir que les intérêts de l’Etat et de la société sont protégés », a relevé M. Radev. (tous media)

Il serait pratiquement impossible d’arrêter la vente des actifs bulgares de l’opérateur ČEZ à Inercom, écrit à sa une Sega. Malgré certains propos et vœux pieux exprimés par les gouvernants, la Commission pour la régulation de l’eau et de l’énergie n’a pas la compétence d’approuver une vente financée par un emprunt garanti avec les parts du propriétaire unique et non avec les actifs de la compagnie. La Commission pour la protection de la concurrence, quant à elle, n’aura pas de motifs à s’opposer puisque la part de marché détenue par ČEZ restera inchangée. Et la Commission pour le contrôle financier ne pourra intervenir que si le nouveau propriétaire n’adresse pas de manière honnête et transparente, comme il s’est engagé à le faire, une offre publique d’achat aux petits actionnaires. (tous media)

« En 2016, ČEZ a décidé de quitter la Bulgarie à la suite de conflits avec ses gouvernements et en raison du mauvais environnement économique », indique Peter Baran, ancien directeur général de l’opérateur bulgare de 2011 à 2015. Selon lui, le problème principal réside dans la politisation du thème des tarifs de l’électricité de la part des partis politiques. Par ailleurs, il ne voit rien d’irrégulier dans l’opération de cession des actifs de ČEZ Bulgarie au repreneur Inercom. (dnevnik.bg)

Le quotidien tchèque Lidové noviny établit un lien entre la société Inercom et le milliardaire géorgien Paata (Pato) Gamgoneshvili, détenteur de biens en Bulgarie (le centre commercial d’Ilientsi à Sofia, le Paradise Mall récemment revendu...) et figurant dans l’enquête internationale Paradise Papers. (tous media)

Interview de Guinka Varbakova dans 24 Tchassa : « Il n’y a pas de compagnies offshore dans la transaction avec ČEZ ». Le nouveau nom de l’opérateur qui desservira 3 millions de clients à Sofia et dans l’Ouest du pays sera INERCOM : « un beau nom qui signifie compagnie énergétique innovante ». (24 Tchassa)

« Si le repreneur [de ČEZ] s’appelait Gruthen et non Guinka, personne ne se serait posé de questions » : la position du politologue Antoniï Galabov qui estime que le thème est une nouvelle fois détourné. « La grande question est de savoir pourquoi tous ces gens-là, qui se disent maintenant très préoccupés, n’ont rien fait, pendant des mois, pour attirer l’attention du public sur la procédure de vente de ČEZ ? Pourquoi n’ont-ils pas formulé dès le début la position de l’Etat bulgare en cas de dérive de la procédure ? Et si l’acheteur retenu était une société chinoise ou arabe ? Le thème n’est pas Guinka Varbakova, mais bien la qualité de l’élite politique bulgare et, notamment du PSB », indique-t-il. (Standart)

Selon Radan Kanev, président des Démocrates pour une Bulgarie forte, « la grande question concernant la vente de Cez ne consiste pas à savoir qui est derrière Mme Varbakova dans la mesure où c’est une transaction de droit privé mais pourquoi aucun grand acteur sur le marché de l’énergie n’est intéressé d’obtenir le monopole sur presque 60% de la distribution de l’électricité en Bulgarie. La réponse est simple et malheureusement triste : le climat d’affaires est mauvais et la régulation de l’Etat dans le secteur de l’énergie rime avec la corruption et le populisme. Quel que soit l’acquéreur de la distribution de l’électricité, il deviendrait l’otage des intérêts de quelques mafias politico-énergétiques, des grands voleurs de l’électricité (ie de grandes entreprises) et de la peur des réformes de la part tant des gouvernants que de l’opposition ». (Facebook, mediapool.bg)

A l’issue de la première discussion organisée par 24 tchassa et le ministère du développement régional et de l’aménagement du territoire sur la reconfiguration de la carte des régions de Bulgarie, deux scénarios prévoyant la réduction des six régions actuelles à quatre ont été le plus appréciés par les élus locaux et les gouverneurs ayant assisté à la discussion. La différence entre ces deux scénarios réside dans l’inclusion des régions les plus pauvres de Vidin, Montana et Vratsa, soit dans la région de planification du Danube (scénario du ministère du développement régional), soit dans la région de planification de l’Ouest, comprenant également les régions de Sofia, de Pernik, de Kustendil et de Blagoevgrad (scénario de l’Institut pour l’économie de marché). Les deux autres régions de planification seront celles de la mer Noire et de la Thrace-Rhodopes. (24 tchassa)

La vérification urgente relative à l’argent que la Caisse nationale d’assurance-maladie doit aux systèmes d’assurance-maladie des Etats membres de l’UE a abouti à la conclusion que le gouverneur de la Caisse nationale, Kamen Plotchev, [à qui le ministre de la santé avait demandé la démission en raison de l’actualisation du budget que M. Plotchev avait sollicité du fait de ces dettes accumulées] avait raison de prétendre que les dettes à l’égard des autres systèmes européens d’assurance-maladie s’élevait à 271 millions de leva. Cependant, le gouvernement refuse d’actualiser le budget de la Caisse et la Bulgarie ne pourra régler que 73 millions de leva d’ici la fin de l’année. (tous media)

Entre les deux lectures du projet d’amendement à la Loi sur la migration de travail et la mobilité, il sera proposé un amendement qui prévoit d’augmenter de 10 à 35% le seuil de la main d’œuvre en provenance de pays tiers importée dans des conditions allégées. Les organisations des employeurs ont salué ce texte alors que les deux syndicats ont considéré qu’il risque d’approfondir la crise démographique en diminuant le coût de la main d’œuvre et en provoquant ainsi de nouveaux départs à l’étranger. En outre, les syndicats précisent que dans la mesure où il y a 237 000 chômeurs à qui ne sont proposés que 15 000 emplois (non pourvus en raison des mauvaises conditions de travail) il n’existe pas de faits qui démontrent une grande pénurie de main d’œuvre. Dans Sega, Yavor Alexiev de l’Institut pour l’économie de marché, se référant aux chiffres de l’Institut national de la statistique, démontre que la Bulgarie a besoin de main d’œuvre étrangère et que les craintes de dumping social sont infondées. (tous media)

Standart annonce la tenue de la réunion hebdomadaire de mardi de l’élite du MDL à la résidence de son président d’honneur Ahmed Dogan à Boyana et rappelle que lors de la dernière réunion avec M. Dogan à la veille de Noël, des messages stratégiques avaient été adressés à l’attention du gouvernement et de la coalition. (tous media)

Lettre ouverte du président des socialistes européens Sergueï Stanichev aux socialistes bulgares à propos du débat autour de la ratification de la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique : « Les partis [bulgares] ont détourné le débat à cause de leurs petits calculs politiciens. Je suis inquiet de la réaction des institutions et des forces politiques dans ce débat. Tout a été réduit au calcul politicien de savoir combien d’électeurs on pourrait attirer ou perdre. […] Malheureusement, en combattant le ‘genre’, le PSB a parié son identité politique d’un parti européen moderne de gauche, défendeur des droits de l’homme. Un pari vain, puisque les propensions électorales, comme l’ont montré les sondages, n’ont pas bougé ». (Douma)

Economie

Après avoir réduit a minima sa production en Bulgarie, le groupe Bulgartabac, dont le nom est lié au député Delian Peevski, annonce qu’il va fermer son site à Banja Luka, en Bosnie-Herzégovine. Selon des publications dans la presse locale, la raison en est la vente en avril dernier, au profit de British American Tobacco, des principales marques de cigarettes de Bulgartabac. Conformément au contrat de vente, d’ici 2019, les marques doivent être produites uniquement par l’usine à Blagoevgrad. (capital.bg)

Europe

La commissaire européenne au commerce, en visite en Bulgarie pour la réunion informelle des ministres en charge de ce dossier, a participé hier à un dialogue citoyen consacré au commerce et au rôle de l’UE en tant que leader sur la scène internationale. Cecilia Malmström a souligné que les consommateurs européens devraient avoir exactement les mêmes droits quel que soit leur pays de résidence et qu’une discrimination concernant la qualité des produits était inadmissible. Mme Malmström a ajouté que la Commission européenne était en pleine préparation d’un rapport à ce sujet qui serait publiquement présenté prochainement. (Dnevnik)

Dnevnik et Standart reprennent une interview de la Deutsche Welle avec Werner Jostmeyer, ancien député et consul honoraire de Bulgarie en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. M. Jostmeyer scinde les migrants bulgares en Allemagne en deux groupes, en mettant l’accent sur « les migrants pauvres [… ], des turcophones de la minorité Rom » qui imposeraient une image erronée de la Bulgarie. Selon M. Jostmeyer, 80% des migrants Bulgares répondraient à ce profil : ils manquaient d’éducation et de volonté à s’intégrer dans la société allemande. (dw.com, Dnevnik, Standart)

Balkans

Le forum d’investissements aux Balkans occidentaux, qui a été organisé hier par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) à Londres, est largement couvert par les media. Le premier ministre bulgare a proposé que le projet de construction de la centrale nucléaire à Belene soit réalisé avec des financements européens en tant que « projet balkanique commun ». Boïko Borissov a souligné qu’un financement de la BERD pour la région était indispensable non seulement pour le développement des corridors de transport, mais également pour améliorer la connectivité énergétique des Balkans. (tous media)

Dernière modification : 27/02/2018

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