Mardi 28 avril

LA DEFENSE

LA BULGARIE SE HATE LENTEMENT DE METTRE SES FORCES ARMEES EN ADEQUATION AVEC SES ENGAGEMENTS ENVERS L’OTAN

L’état inquiétant de l’armement et des capacités de combat de l’armée bulgare a été soumis à l’attention du Conseil consultatif de sécurité nationale auprès du président de la République qui s’est réuni hier. A l’issue de trois heures de discussions, toutes les forces politiques parlementaires, à l’exception du PSB et d’Ataka, ont adhéré à la position de ne pas augmenter le budget pour la défense en 2015, diminué de 75 millions de leva par le gouvernement et réduit à 1,19% du PIB (1,33% en 2014). Ce n’est qu’en 2016 qu’on pourra revenir au montant de 2014 à cause d’autres dépenses plus urgentes comme « les infrastructures, les pensions de retraite et l’éducation », a précisé Boïko Borissov, premier ministre. D’ici 2024, la dépense publique pour la défense devrait atteindre les 2% du PIB. Pressa rappelle que Rossen Plevneliev, président de la République, s’était engagé lors du sommet de l’OTAN aux Pays de Galles à ce que ce seuil soit atteint dès 2020.
Les leaders du GERB, du Bloc réformateur, d’ABC, du Front patriotique, du MDL et du Centre démocratique bulgare se sont réunis lors de ce conseil consultatif autour de l’idée que « les futurs investissements dans les capacités de combat de l’armée bulgare doivent satisfaire aux normes de l’OTAN et contribuer au renforcement de l’interopérabilité avec les alliés dans la mesure du possible ».
Selon Sega et Capital Daily, cette décision, quoique sans force contraignante, indique clairement l’engagement de la Bulgarie à mettre fin à sa dépendance en matière d’armement vis-à-vis de la Russie. Dans ce sens, Sega rappelle le refus déclaré par Nikolaï Nentchev, ministre de la défense de signer la nouvelle offre russe pour l’entretien des avions de chasse MIG 29 à partir du 9 septembre 2015, lorsque la convention cadre signé avec le producteur russe de ces avions arrivera à échéance. M. Nentchev avait justifié ce refus par le prix majoré de cette offre s’élevant à 80 millions de leva.
Capital Daily se demande comment la Bulgarie va assurer la défense de son espace aérien après ladite date et rappelle que les chasseurs russes dont dispose l’armée bulgare ne sont pas conformes aux normes de l’OTAN, à la différence des MIG 29 de l’armée polonaise qui ont été modernisés et adaptés. L’idée que la Bulgarie recourt à l’aide des alliés pour la défense de son espace aérien, à l’instar des pays baltes bénéficiant d’une protection (dans le cadre de la missionAir Policing) contre le paiement d’une taxe, pourrait être retenue. Selon les sources de Capital Daily, la Belgique aurait déclaré son intention d’effectuer cette mission de protection.
Le Conseil de consultation d’hier a préconisé que le ministère de la défense accélère son travail sur le nouveau programme de développement de l’armée et des forces armées bulgares d’ici 2020, en cours d’élaboration. (Tous journaux)

LE HIC

DE PLUS EN PLUS D’HOPITAUX, DONC DE PLUS EN PLUS DE MALADES ?

La Bulgarie est cinquième pays au monde pour le nombre d’établissements de santé (49) par million d’habitants. La moyenne est de 30 dans les pays développés. Boïko Penkov, vice-ministre de la santé, et ancien chef de la Caisse nationale Assurance maladie, a annoncé hier son idée de procéder à la fusion des administrations des neuf plus grands hôpitaux publics à Sofia au sein d’une SARL. Cette idée inspirée par l’expérience française vise à optimiser l’administration afin de réaliser des économies permettant d’améliorer les soins et la rémunération des médecins. La SARL assurera la gestion de la comptabilité, le montage de projets afin d’obtenir des marchés publics ou des fonds européens.
Dans ce contexte, Capital Daily publie un commentaire de Arkadi Chtarkov, intitulé « Le déficit [de la Caisse nationale d’assurance maladie] croît proportionnellement à l’augmentation du nombre d’hôpitaux ».
Le budget de la Caisse a augmenté plus de quatre fois depuis sa création en 2001 (629 millions) jusqu’en 2014 (2,8 milliards). L’inflation prise en compte, ces chiffres amènent à la conclusion que la qualité de la santé s’est améliorée. Or, ce n’est pas le cas. La Caisse est systématiquement déficitaire, son dernier exercice en 2014 s’étant conclu avec un déficit de 500 millions de leva. L’Assemblée nationale a voté une mise à jour du budget afin d’y remédier. En dépit de ces difficultés financières, le nombre d’hôpitaux ne cesse de croître. Il s’élève aujourd’hui à 5 pour 100 000 habitants contre une moyenne européenne de 2,6. La définition de maladies « prioritaires » par le ministère de la santé et la Caisse justifie facilement l’affectation de montants importants destinés soit à la création d’un hôpital, soit au financement de parcours cliniques. De manière elliptique, l’auteur suggère que le lobbying est à l’origine de ces décisions. Ainsi, la hausse attendue de la fréquence des maladies cardio-vasculaires l’année prochaine donnera lieu à l’augmentation du nombre d’hôpitaux assurant les soins nécessaires. Les ayant droits auront sur le papier bénéficié de soins relatifs à des maladies… dont ils n’ont pas été malades. (tous journaux)

L’ANALYSE

LA GAUCHE BULGARE EN DECOMPOSITION

Une journée après la réélection de Gueorgui Parvanov, leader d’ABC et ancien président de la République, à la tête de son parti et à la veille des élections municipales, la presse présente une série d’analyses sur la condition de la gauche en Bulgarie. Une gauche qui, selon Sega, est en décomposition, contrairement à la droite, qui réussit à surmonter sa décomposition de longue date et semble en cours de consolidation grâce à la coalition du GERB et du Bloc réformateur.
La décadence de la gauche est due principalement à la position fortement affaiblie du PSB, mais aussi à l’ambition et la participation au pouvoir d’ABC et, dans un certain sens, à la création d’un nouvel acteur – le mouvement Printemps bulgare, autoproclamé « Syriza bulgare ».
Aux élections législatives de 2014, le PSB avait réuni 506 000 voix, contre 943 000 l’année précédente. Une déroute que la scission d’ABC entre les deux scrutins est très loin d’expliquer à elle seule, puisque le nouveau parti n’avait attiré que 136 000 suffrages. Le PSB entre dans la campagne électorale avec un « noyau dur » de 500 000 électeurs, jugé insuffisant pour que le parti remporte un résultat important et sorte de la crise. Les problèmes intérieurs du parti, la démobilisation de son électorat, le décalage total des leaders des vrais problèmes des électeurs et surtout les scandales de corruption, qui pèsent sur les socialistes depuis leurs deux derniers gouvernements, n’augurent guère d’un rétablissement. Le vrai défi du PSB sera l’élection présidentielle de 2016, qui sera un test de la capacité du parti à revenir sur scène.
Quant au Printemps bulgare, qui a pour leader Velizar Entchev, ancien journaliste, souvent présent dans des émissions télévisées, député indépendant, entré au parlement sur la liste de la coalition nationaliste Front patriotique, ce mouvement n’a rien à perdre et tout à gagner, continue Sega. Il n’ambitionne pas d’obtenir un résultat sérieux aux élections mais cherchera à survivre comme un projet politique stable de gauche – une sorte de réplique d’ABC, mais en version nationaliste.
De son côté, ABC montre de plus en plus d’ambition dans la réalisation de sa stratégie – être un petit parti, mais incontournable, qui se donne la liberté d’osciller entre les différents pôles politiques. M. Parvanov compte visiblement sur ses amis fidèles à Moscou, selon Standard. Preuve en est les deux visites en Russie du leader d’ABC et de son représentant au sein du gouvernement, Ivaïlo Kalfin. Mais la visite du leader du PSB Mihail Mikov dans la capitale russe et les signaux de rapprochement qu’il a envoyé lors du dernier congrès du parti socialiste démontrent que les deux partis sont en rivalité non seulement pour le même profil d’électeurs, mais aussi pour le soutien russe. Les élections municipales seront cruciales non seulement pour chacun des partis, mais pour le sort de la gauche bulgare en général. (Sega, Troud, Standart)

Word - 196 ko
(Word - 196 ko)

Dernière modification : 28/04/2015

Haut de page