Mardi 6 mars

Politique

Inercom entamera des pourparlers avec le groupe ČEZ dès la seconde moitié de la semaine quant à la possibilité pour l’Etat bulgare de racheter des parts de l’opérateur en Bulgarie, a annoncé la compagnie dans un communiqué après l’entretien, jeudi dernier, du premier ministre Borissov avec Mme Guinka Varbakova et le désir exprimé par le gouvernement d’acquérir une participation de contrôle au sein de la société. Consciente du grand intérêt public vis-à-vis de cette transaction, Inercom s’engage à rendre publics les résultats des entretiens. (tous media)

Le MDL est contre l’entrée de l’Etat dans l’opérateur ČEZ, ainsi que dans tout autre distributeur d’énergie électrique, parce que cela signifierait une immixtion des institutions dans une transaction de droit privé, a déclaré pendant le week-end le président du MDL, Moustafa Karadaya. « Si l’Etat veut s’emparer, de quelque façon que ce soit, des processus, il ne sera pas loin de la dictature », a-t-il ajouté. (tous media)

Selon Vesselin Vatchkov, directeur du quotidien tchèque Lidové noviny, les entretiens avec le groupe ČEZ, visant à modifier un contrat de vente déjà signé et à permettre à l’Etat bulgare de s’assurer un meilleur contrôle sur l’acquéreur Inercom, ne seront pas faciles, le principal problème étant l’action en arbitrage introduite par ČEZ contre la Bulgarie. Le groupe chercherait plutôt à s’informer des événements en Bulgarie et à voir comment le prix de la vente serait payé. (24 Tchassa)

« De notre entretien avec Mme Guinka Varbakova, je sais déjà qu’Inercom a une vision très claire de la façon dont sera financée la transaction avec ČEZ », a souligné dans une interview sur Nova TV le vice-premier ministre Tomislav Dontchev tout en précisant que le financement, d’après Mme Varbakova, viendrait de banques internationales. Interrogé sur les possibilités pour l’Etat d’intervenir, M. Dontchev a souligné l’absence d’outils juridiques pour le moment. « A trop vouloir en faire, on risque de voir l’ardoise grimper à plus d’un milliard », a-t-il prévenu. (dnevnik.bg)

« Il n’est pas nécessaire que l’Etat acquière ČEZ » a estimé sur bTV le ministre des finances Vladislav Goranov en soulignant qu’il s’agit d’une mesure, examinée conformément à la volonté du premier ministre Borissov et visant à calmer l’opinion publique après « l’hystérie provoquée par l’opposition ». Indiquant que son opinion n’engageait que lui et, qu’en cas de décision collective du gouvernement, il s’y rangerait, M. Goranov a clarifié les options à la disposition de l’Etat : acquérir Inercom en sa totalité ou en partie, accepter le prix négocié ou entamer de nouvelles négociations, etc. (tous media)

Delian Dobrev, président de la commission parlementaire de l’énergie, interviewé par Nova TV : « Les services [du renseignement] ont régulièrement envoyé des rapports au Conseil des ministres et à la présidence de la République avec des informations sur la procédure et sur les candidats. Ils ont été même au courant des prix offerts par les candidats. Il s’est avéré que la transaction signée par Inercom n’est pas une fausse nouvelle ». Plus loin, M. Dobrev précise qu’il s’agit de ressources de l’ordre de 500 millions d’euros, dont 100 millions d’euros seront assurés par Inercom et le reste sera emprunté. Vu ce rapport entre financement propre et financement emprunté, il n’y a rien d’étrange que des banques soient prêtes à prêter à Mme Varbakova, a indiqué le député en donnant comme exemple le projet South Stream qui avait également commencé avec une société nouvellement immatriculée, assurant 30% du financement. (tous media)

« Les événements autour de la vente de ČEZ ne font que commencer. C’est la plus grande épreuve pour le troisième gouvernement de M. Borissov », a commenté Boriana Dimitrova d’Alpha Research sur la radio nationale (BNR). Face à la montée des mouvements sociaux, le gouvernement ne peut pas décliner sa responsabilité. Etant donné que la procédure de vente a duré plus d’un an, l’Etat a eu suffisamment de temps pour revoir ses régimes de régulation. Le gouvernement doit dire clairement s’il veut acquérir des actifs ou renforcer le rôle régulateur et de contrôle de l’Etat. « Le passage de la dimension purement économique de cette transaction à un repositionnement politique, à un reformatage, tel qu’on le voit maintenant, est l’autre leçon qu’il nous faut tirer : les enjeux économiques peuvent basculer vite dans le politique en alimentant des suspicions de faiblesse de l’Etat bulgare », a ajouté Mme Dimitrova. Dans beaucoup de cas de figure, « le gouvernement donne une impression d’impuissance institutionnelle compensée par une hyperactivité sur le plan personnel », a-t-elle conclu. (dnevnik.bg)

Les politologues Daniel Smilov et Parvan Simeonov considèrent que le premier ministre Borissov a raison de comparer la situation à laquelle a donné lieu la vente controversée de la société ČEZ Bulgarie aux évènements en 2013 (lorsqu’il a donné sa démission 2 mois avant la fin de son premier mandat). M. Smilov explique que « nous avons une tentative de reconfiguration de l’espace politique. Il y a des processus en cours chez les Patriotes unis, le PSB s’est largement patriotisé et le MDL commence à bouger. Les débats autour de la convention d’Istanbul ont prouvé qu’il est très facile de construire une autre majorité et cette majorité peut être celle de 2013 ». Pour sa part, M. Parvanov souligne que « lorsque les gens commencent à aspirer à quelque chose de nouveau, ils ont tendance à voir une alternative n’importe où : « ce n’est pas par hasard que commencent certains positionnements politiques comme le mouvement de Bojidar Dimitrov et tout ce qui se passe autour du « Show de Slavi » (le casting de nouveaux hommes et femmes politiques) ainsi que le renouveau dans le comportement de plusieurs acteurs politiques. Ainsi une tension invisible sous la surface de la présidence du Conseil de l’UE s’accumule qui diminue l’épaisseur de la banquise ». Selon M. Simeonov, « Boïko Borissov a sous-estimé sa capacité de gouverner l’Etat à distance par sa propre volonté et non pas par l’intermédiaire des institutions et des lois ». C’est une gouvernance du type « si nous voulons arrêter la transaction (la ČEZ Bulgarie), nous trouverons quelque chose pour le faire et si nous ne voulons pas, nous ferons le nécessaire pour ne pas le faire ». (btv.bg, Standart)

Un débat au parlement sur la politique en matière d’énergie nucléaire du gouvernement, initié par le groupe parlementaire du PSB, a eu lieu vendredi dernier. Les députés attendent du gouvernement, d’ici le 30 juin, une position claire sur le sort de l’équipement nucléaire, initialement prévu pour la construction d’une centrale nucléaire à Belene et fabriqué en Russie. « Le gouvernement de M. Borissov fait tout son possible pour protéger l’intérêt bulgare quand il est question d’énergie nucléaire ou du projet Belene », a assuré la ministre de l’énergie Temenoujka Petkova. « Il nous faut regarder de l’avant et marcher de l’avant. Nous avons un site agréé, un projet ratifié, de l’équipement stocké et remboursé. A partir de là, il faut voir comment continuer, dans quelle direction », a-t-elle expliqué tout en soulignant que le projet ne serait viable que dans certaines conditions. « Notre objectif est que le projet soit réalisé suivant le principe de marché », a conclu la ministre. (tous media)

A l’occasion du séminaire sur le thème de « la participation des citoyens au processus de prise de décisions concernant l’Etat », auquel ont participé le bureau opérationnel du MDL, le groupe parlementaire du parti, les maires de communes et Sir Graham Watson, ancien président du groupe de l’ALDE au Parlement européen, Moustafa Karadaïa, président du mouvement, a déclaré que « le MDL est prêt à participer à des élections bien que sa demande de reconfiguration du pouvoir ne passe pas forcément par des élections ». Selon M. Karadaïa, « les citoyens libres et actifs peuvent devenir avec l’aide des technologies d’information et de communication un catalyseur puissant des changements sociaux nécessaires ». Selon le journaliste Ilhan Andaï, ce séminaire est consacré à l’aspiration du MDL au retour au pouvoir ». (tous media)

Bojidar Dimitrov, ancien directeur du Musée d’histoire nationale, a fondé le mouvement « Khan Koubrat » qui œuvrera pour la transformation du régime parlementaire en régime présidentiel. M. Dimitrov espère y parvenir par la convocation d’une Assemblée nationale constituante. (tous media)

Sous l’intitulé « un bulgare sur 70 a commis une infraction », Sega rend compte des données statistiques fournies dans le rapport d’activité du ministère de l’intérieur pour 2017. Selon cette statistique, sur les 100 000 auteurs d’infractions, seule la moitié a été identifiée et seules 47 373 (45%) des 104 237 infractions commises ont été élucidées. 95 homicides ont été commis en 2017, soit 20% de plus qu’en 2016 et tous ont été élucidés à l’exception d’un. Les vols enregistrés sont en baisse de 7% par rapport à 2016 (42 888) mais seuls 33% ont été élucidés. (Sega)

Des centaines de personnes à Sofia, Plovdiv, Varna et Stara Zagora ont manifesté pour soutenir Ivan Dimitov, médecin de Plovdiv, qui a tué par balle Gueorgui Djevisov, dit « le Rat », condamné 9 fois pour vols, lors d’une tentative de vol dans cour de l’immeuble où habite le médecin. Libéré sous contrôle judiciaire (assignation), ce dernier est accusé d’avoir tué M. Djevisov en allant au-delà des limites de la légitime défense, avec un pistolet qu’il possédait de manière illégale. (tous médias)

Lors d’un entretien téléphonique, Vladimir Poutine a félicité Boïko Borissov pour la fête nationale bulgare. Le président russe et le premier ministre bulgare ont également évoqué des projets dans le domaine de l’énergie. M. Borissov a proposé que la centrale nucléaire de Belene soit un projet pour l’ensemble de la région des Balkans. M. Poutine aurait fait part de la volonté de la Russie de participer aux négociations. La possibilité d’alimenter le hub gazier Balkan, après son éventuelle construction, par le gazoduc Turkish Stream a été également abordée. MM. Poutine et Borissov ont discuté de la possibilité d’une visite du président russe en Bulgarie d’ici la fin du mois de juin (avant l’achèvement de la présidence bulgare du Conseil de l’UE). (tous media)

L’interview accordée par le ministre des Affaires étrangères russe pour le magazine bulgare Affaires internationales est largement reprise par les media bulgares. Sergeï Lavrov exprime son « regret » quant à « l’intensification des efforts visant à la détérioration des relations, datant de plusieurs siècles, de la Russie avec les pays des Balkans ». Selon M. Lavrov, un ultimatum aurait été imposé aux pays des Balkans « avec ou contre nous » qui les inciterait à « choisir entre Moscou et Washington et Bruxelles ». (tous media)

Europe

A la fin de sa tournée balkanique, le président de la Commission européenne a accordé une interview à Euronews, largement couverte par les media bulgares. Concernant l’adhésion à l’UE des pays des Balkans occidentaux, Jean-Claude Juncker a rappelé que 2025 ne constituait pas une date butoir ni un objectif. Il a souligné que toutes les conditions pour l’adhésion devraient être accomplies pour que celle-ci puisse avoir lieu. (tous media)

Dernière modification : 06/03/2018

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