Mardi 9 avril

Politique

Lutte contre la corruption : la réunion initiée par le président de la République se termine en queue de poisson

« Echec complet du Conseil consultatif pour la sécurité nationale », titre Troud à la une, avant de résumer les positions des différentes parties. Pour Douma, « La puissance publique est en crise », alors que selon Sega, les appels à la répression de la corruption n’ont pas réussi à cacher les luttes de pouvoir entre acteurs politiques et institutionnels. A la réunion du CCSN, convoquée par le président sur le thème de la corruption aux niveaux élevés du pouvoir, ont assisté le premier ministre Borissov, les ministres des Affaires étrangères, de l’Intérieur et des Finances, le vice-président du parlement Emil Gueorguiev (GERB), les chefs de groupes parlementaires Daniela Daritkova (GERB), Kornelia Ninova (PSB), Moustafa Karadaya (MDL), Volen Siderov (Patriotes unis) et Vesselin Marechki (Volonté), le procureur général Sotir Tsatsarov, le président de la DANS Dimiter Gueorguiev, le président de de l’Agence d’Etat du renseignement Atanas Atanassov, le chef de la défense gén. Andreï Botsev et la directrice du cabinet du premier ministre Roumiana Batchvarova. Parmi les absents étaient les deux entités ayant comme principale compétence la corruption : l’autorité indépendante Commission de lutte contre la corruption (qui avait envoyé un rapport) et la commission parlementaire anti-corruption.

Aucun des membres présents au CCSN n’a signé le projet de déclaration préparé par l’administration du Président et proposant des mesures concrètes : adopter une nouvelle loi de lutte contre la corruption susceptible de garantir les mécanismes d’enquête sur les faits de corruption, de vérification de la conformité des revenus au patrimoine déclaré, de confiscation des biens mal acquis, de poursuites pénales et de condamnations réelles ; assurer un contrôle réel sur la Commission de lutte contre la corruption en corrigeant le déséquilibre institutionnel actuel (la commission est nommée et contrôlée par le parlement) ; créer une commission parlementaire ad hoc chargée de vérifier l’activité de la Commission, rendre publics les résultats des vérifications qui concernent des personnalités publiques haut placées, etc.

La réunion terminée, seul le Président de la République Roumen Radev a fait une déclaration aux media. Appelant les Bulgares à faire preuve d’intolérance et d’intransigeance face à la corruption et l’inaction des institutions, M. Radev a remercié, sans les nommer, les media qui ont commencé le processus de dénonciation et qui n’arrêtent pas de chercher la vérité. « Il y a une crise de confiance. Si les autorités n’arrivent pas à la maîtriser avec des mesures énergiques, en devançant les publications médiatiques, cette crise s’approfondira pour aboutir à la délégitimation du pouvoir et à des conséquences imprévisibles. Nous n’avons pas de temps ! Il faut prendre des mesures adéquates pour démontrer que la puissance publique n’a pas abdiqué », a indiqué le chef de l’Etat.

Depuis le Conseil des ministres, le premier ministre Borissov a voulu expliquer à son tour l’échec du CCSN. « Le projet de déclaration proposé par la présidence de la République est un cadeau électoral pour Kornelia Ninova », a souligné M. Borissov. Selon lui, le président de la République y a reproduit fidèlement les thèses du PSB, sans cacher sa propre ambition de nommer le chef de la Commission de lutte contre la corruption, d’où son appel d’amendement de la loi. A propos du scandale immobilier, M. Borissov a déclaré qu’il soutient l’idée de créer une commission parlementaire d’enquête. « Le scandale dit « Appartmentgate », c’est du matin au soir. Je remercie tous ceux qui l’ont provoqué. La meilleure preuve que nous avons des media libres. Rien n’est resté caché », a conclu M. Borissov. (tous media)

Ivan Krastev : « Ce qui fait surtout enrager les gens, c’est la corruption qu’ils arrivent à saisir par l’imagination »

Interview du politologue Ivan Krastev pour Deutsche Welle. Selon lui, le scandale « Appartmentgate » est le point de croisement entre petite et grande corruption, le point de non-retour à partir duquel les citoyens ne seraient plus enclins à tolérer des choses qu’ils ont toléré jusqu’à présent. Et il sera de plus en plus difficile de trouver des candidats aux postes de ministres, députés… Les explications de l’ampleur de ce scandale ? D’abord, l’épuisement du GERB, qui est au pouvoir depuis dix ans (« c’est long en politique »). Mais aussi l’appréhension de la notion de corruption par le public (« Les gens n’arrivent pas à imaginer ce que c’est d’avoir volé 10 millions. Mais voler un appartement, une voiture, beaucoup de gens arrivent à l’imaginer »), estime le politologue. (dw.com)

Absente du CCSN, la Commission anti-corruption publie un communiqué

Avant le début du Conseil consultatif de sécurité nationale (CCSN), la Commission de prévention de la corruption et de confiscation des biens acquis de façon illégale, grande absente de ce CCSN en raison notamment de l’implication du président Plamen Gueorguiev et de son adjoint Anton Slavtchev dans le scandale AppartementGate, a publié un communiqué de presse. Elle y souligne avoir déposé à l’attention du président de la République son rapport d’activité, d’ores et déjà adopté par l’Assemblée nationale. En outre, le communiqué explique que deux oligarques et un parti politique sont à l’origine de l’attaque contre la Commission et qu’il y a 2, 2 milliards de raisons pouvant motiver un parti politique de le faire. A cet égard, la Commission informe avoir ouvert une vérification contre un haut fonctionnaire proche d’un leader politique et organisant la campagne électorale d’un parti politique pour avoir abusé de sa fonction et avoir ainsi obtenu de manière irrégulière d’importants sommes d’argent. Un agent de la Commission ayant transmis des informations à ce haut fonctionnaire fait l’objet d’une deuxième vérification, précise le communiqué en indiquant que ce dossier est transmis au Parquet. (tous media)

Nikolina Anguleokova et Valeri Jablianov dans le collimateur de la commission anti-corruption

Le Parquet suprême de cassation a informé avoir requis la Commission anti-corruption pour procéder à des vérifications de l’origine des fonds ayant permis à la ministre du tourisme Nikolina Anguelkova d’acquérir son appartement à Sofia et au député du PSB Valeri Jablianov de faire construire un villa. (tous media)

Le comité d’initiative Losenets a obtenu gain de cause à l’issue d’une rencontre avec le premier ministre

A l’issue d’une réunion du premier ministre avec des représentants du comité d’initiative s’opposant à la construction du building de 34 étages « Siècle d’or », à laquelle ont également assisté la maire de Sofia Yordanka Fandakova et l’architecte en chef Zdravko Zdravkov, la ministre du développement régional Petya Avramova a annoncé la décision de suspendre la construction de ce building dans la mesure où le permis de construire est expiré et que des irrégularités en matière de construction sont constatées. L’investisseur Artex proekt dispose d’une semaine pour faire appel de cette décision d’arrêt des travaux de construction. Ce dernier a d’ores et déjà exprimé son indignation de cette décision prise à l’insu de la société dans une lettre ouverte adressée au premier ministre. Le gérant d’Artex Plamen Mirianov y expose des arguments permettant de conclure que le permis de construire est valable jusqu’au 11 janvier 2020. (tous media)

Dernière modification : 09/04/2019

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