Mardi-mercredi, 15 et 16 octobre

Politique

La position bulgare sur l’opération militaire turque en Syrie

La position de la Bulgarie est catégorique : l’opération militaire de la Turquie en Syrie doit être arrêtée. Dans le même temps, le gouvernement bulgare considère que d’éventuelles sanctions européennes seront inappropriées, du fait du très grand risque de crise humanitaire et, par conséquent, du risque de vague migratoire. La solution de ce nouveau conflit doit être recherchée uniquement par voie diplomatique, et avec le concours de tous. Ce sont les conclusions, annoncées par le premier ministre Boïko Borissov, auxquelles a abouti le Conseil de sécurité, rattaché au Conseil des ministres, convoqué hier sur le thème de l’offensive turque en Syrie du Nord. « Les échanges commerciaux de la Bulgarie avec la Turquie sont de l’ordre de 5 milliards de dollars. Vous avez vu où nous ont conduit les sanctions contre la Russie : une perte de plus d’un demi-milliard, pour un chiffre d’affaires beaucoup plus petit. Des sanctions contre la Turquie coûteront des milliards à la Bulgarie », a souligné M. Borissov.

En réponse aux questions de la presse sur ses propos récents concernant la Turquie, M. Borissov a souligné qu’il n’a jamais soutenu l’opération turque en Syrie, mais bien l’accord avec la Turquie et le fait que la Turquie respecte à 100% cet accord avec la Bulgarie. Grâce à cela, a-t-il indiqué, « il n’y a pas de pression migratoire sur la frontière bulgaro-turque ». Quelques heures auparavant, l’agence de presse nationale BTA avait cité les remerciements, adressés dans un entretien téléphonique par le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, à M. Borissov, « pour le soutien exprimé ces derniers jours à propos de l’opération ‘Source de paix’, menée par l’armée turque en Syrie ». Selon M. Çavuşoğlu, le soutien catégorique exprimé par MM. Borissov et Orban était très important, à un moment où d’autres Etats membres et alliés critiquaient la Turquie.

Un peu plus tard dans la journée, M. Borissov, accompagné par les ministres des affaires étrangères et de l’intérieur, s’est rendu à la présidence de la République où les chefs des services de sécurité et de renseignement ont présenté les risques découlant de la situation en Syrie. Il a été constaté que les mesures mises en place par la Bulgarie fonctionnent bien et qu’il n’y a pas de pression migratoire sur la frontière bulgaro-turque. Une légère hausse de la pression n’a été constatée que sur la frontière avec la Grèce. Le président de la République Roumen Radev, pour sa part, a appelé le chef du gouvernement à soulever, au prochain Conseil de l’UE, la question de l’adoption d’un plan d’action européen en cas de montée brusque de la pression migratoire sur les frontières extérieures de l’UE. Une telle demande a déjà été formulée par le président Radev, lors du Conseil de l’UE en 2017, et a été récemment examinée par le sommet des présidents de républiques parlementaires dans l’UE. (tous media)

Affaire Palfreeman : les autorités bulgares laissent sortir l’Australien du centre d’hébergement de Bousmantsi

Hier, l’Australien Jock Palfreeman, mis en liberté anticipée le 19 septembre dernier sur décision définitive de la Cour d’appel de Sofia, mais toujours détenu, a pu quitter le centre d’hébergement de la police aux frontières à Bousmantsi (Sofia) où il était placé en attente d’extradition vers l’Australie. Son passeport australien et son portable ont été saisis. Selon l’interprétation donnée à cette saga juridique par le directeur de la migration au ministère de l’Intérieur, Nikolaï Nikolov, l’Australien ne peut pas quitter le territoire national avant que la Cour suprême de cassation ne se prononce sur la demande de réouverture de l’affaire de sa mise en liberté, formulée par le procureur général. (tous media)

Réaction du président de la Cour suprême de cassation Lozan Panov sur l’affaire Palfreeman

Dans une déclaration, rendue publique lundi, le président de la Cour suprême de cassation Lozan Panov a appelé les juges de cette institution à se prononcer dans les meilleurs délais sur la demande de réouverture de l’affaire de la mise en liberté anticipée conditionnelle de Palfreeman, « un cas élémentaire du point de vue juridique », afin de mettre fin à « l’illégalité et à l’arbitraire qui portent un coup grave sur l’image de la Bulgarie ». Considérant qu’un président de la juridiction suprême d’un pays ne doit pas se taire lorsque « la question de l’exécution d’une décision de justice est devenue une question politique par excellence », M. Panov appelle le ministre de l’intérieur à exécuter immédiatement l’ordonnance de la Cour d’appel de Sofia est à mettre fin à la « violation brutale du droit à la libre circulation d’un citoyen australien ».

Dnevnik cite la position exprimée par le premier ministre Borissov à propos de l’appel adressée aux autorités par le président de la Cour suprême de cassation de libérer Jock Palfreeman : « Si c’est un juge suprême qui le dit, je suis d’accord. On m’a formé comme ça, être d’accord avec ce que dit un juge suprême et ne pas commenter ».

Enfin, 10 des 14 membres du collège des juges ont signé une déclaration accusant Lozan Panov d’avoir violé les normes de déontologie avec ses commentaires sur une affaire pendante devant la Cour suprême de cassation. (tous media)

Soutien à l’indépendance des juges

Une déclaration, publiée par les « Magistrats européens pour la démocratie et les libertés » exprime le soutien plein et entier de cette association de juges européens à tous les juges bulgares qui se trouvent menacés et victimes de diffamations dans les media ou d’accusations politiques. (https://medelnet.eu/index.php/news/europe/555-medel-statement-on-the-attacks-against-bulgarian-judges)

Sport

Bulgarie – Grande-Bretagne, 0:6 et insultes racistes

Aujourd’hui, les évènements survenus à Sofia lors du match de qualification pour l’Euro 2020 entre la Bulgarie et l’Angleterre ont fait la une des journaux. En effet, lundi soir, le match entre les deux équipes a été interrompu à deux reprises pour cris racistes. Les journaux commentent largement ce scandale, notamment Capital qui explique que ces évènements ne sont que le résultat de l’inaction de longue date de la Fédération bulgare de football et de l’État face à l’hooliganisme dans le football.

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. En effet, mardi, le président de l’Union bulgare de football, Borislav Mihaïlov, a démissionné sous la pression du premier ministre Boïko Borissov pendant que les forces de l’ordre faisaient une descente dans les bureaux de l’UBF. Standardnews.com cite Borissov qui souligne que le raid dans les quartiers généraux de l’UBF avait été planifié bien avant les évènements lors du match contre l’Angleterre et que celui-ci a été accompagné de plusieurs arrestations dont celle de Yordan Stalev qui est à la tête des arbitres de football bulgares. 24 Tchassa commente l’affaire en soulignant que si l’immixtion des politiques dans le football n’est pas souhaitable, des changements au sein de l’UBF sont nécessaires.

De son côté, la Fédération anglaise de football a dénoncé l’ensemble des évènements et les a qualifié d’inacceptables. Elle a également souligné que ce n’était pas la première fois et a alors demandé à l’Union des associations européennes de football (UEFA) d’enquêter sur ces évènements de la façon la plus urgente possible. (tous media)

Dernière modification : 16/10/2019

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