Mercredi 04 juin

LE TUYAU

MALGRE LA PROCEDURE POUR INFRACTION LANCEE PAR LA COMMISSION, LES PARTIS AU POUVOIR DEFENDENT LE PROJET SOUTH STREAM

Alors que la Commission accuse la Bulgarie de manquer à ses obligations réglementaires sur le projet South Stream (voir notre revue du 4 juin dernier), la direction du PSB campe sur ses positions : la Bulgarie construira le gazoduc, indépendamment de la demande de la Commission européenne de suspendre toute démarche dans ce sens et la menace de sanctions. South Stream ne doit pas devenir l’otage du conflit entre la Russie et l’Ukraine, a de son côté déclaré le ministre de l’économie et de l’énergie, Dragomir Stoïnev. Dimitar Dubov, vice-président des socialistes, a souligné que la Bulgarie devait faire preuve de détermination à ce propos, comme ce fut le cas de la Hongrie et de la Pologne. Il a déploré la pression politique dont la Bulgarie faisait l’objet du côté de la Commission européenne, étant donné que, selon lui, le gouvernement bulgare avait dûment respecté toutes les procédures requises relatives à ce projet controversé. Intervenant à la radio nationale, le président de la commission parlementaire de l’énergie, Ramadan Atalaï (MDL), a pour sa part invité des représentants européens à se rendre en Bulgarie pour vérifier de la façon dont les paramètres du projet en question avaient été remplis. Au cas où des infractions seraient constatées, elles seraient réparées, a assuré le député. « Nous ne bloquons pas la mise en place du projet South Stream mais tenons uniquement à ce qu’elle se fasse en conformité avec la législation européenne », ont précisé hier des sources bruxelloises. Elles ont aussi déclaré que, si besoin est, des mesures similaires seraient également prises à l’encontre des autres Etats européens que traversera le gazoduc. (Troud, Mediapool, Capital Daily)

LE BILAN

LE PSB ANALYSE SA DEFAITE AUX ELECTIONS EUROPEENNES : LA FAUTE AU GOUVERNEMENT

Les remaniements au sein du PSB qui s’imposent en raison de l’échec électoral ont été reportés à la semaine prochaine. Le bureau exécutif du parti s’est réuni hier pour prononcer « l’innocence » de la direction et de son leader, Sergueï Stanichev, qui ne devrait en aucun cas donner sa démission. Les militants du parti ont unanimement conclu que le seul « coupable » ne pouvait que le gouvernement, qui n’avait pas réussi à se faire identifier comme socialiste par les électeurs. Le vice-président du PSB, Dimitar Dubov, a précisé les trois principales raisons pour lesquelles les socialistes n’avaient pas réussi à mobiliser l’électorat : a) la présence de deux partis dans l’espace de la gauche (PSB, ABC), qui avait perturbé les électeurs ; b) la crise en Ukraine et plus particulièrement les propos antirusses et pro-ukrainiens tenus par certains ministres du cabinet Orecharski, alors que l’électorat des socialistes serait principalement russophile ; c) la politique générale du gouvernement, qui ne serait pas de gauche. Un consensus est apparu parmi les dirigeants socialistes pour estimer que le parti, qui avait donné mandat au gouvernement lors de la formation de celui-ci, devait dorénavant définir des exigences plus fermes à l’encontre des différents ministres. Ces propos interviennent alors que le GERB annonce qu’il déposera demain au Parlement sa cinquième motion de censure à l’encontre du gouvernement, dirigée cette fois-ci contre la politique financière de celui-ci. Boïko Borissov a notamment estimé hier dans les couloirs de l’Assemblée nationale que de sérieux problèmes se posaient quant à l’absorption des fonds européens, au gel de la réforme des retraites et à l’énorme déficit dans le domaine de la santé. (24 Heures, Capital Daily, Pressa)

L’OPINION

LES CONDITIONS D’UNE RECOMPOSITION POLITIQUE AUTOUR DU GERB, DES REFORMATEURS ET DU MDL

Le politologue Dimitar Ganev analyse dans le quotidien Troud la situation politique à l’issue du scrutin européen, qui s’est conclu selon lui par une égalité de force entre les partis au pouvoir (PSB et MDL) et ceux de l’opposition (GERB et BR). Il défend la formation, à l’issue de législatives anticipées, d’un gouvernement formé autour du GERB et du Bloc réformateur, avec le soutien du MDL. Pour le GERB, les défis résident dans sa capacité à trouver des alliés. Le parti de M. Borissov est conscient du fait que, bien que vainqueur le 25 mai, il demeure dans l’isolement, faute de partenaires, même si les résultats du scrutin européen désigneraient le Bloc réformateur comme partenaire potentiel. Selon M. Ganev, le MDL hypothèquerait ses perspectives de développement en demeurant dans les bras du PSB et aurait donc intérêt à revenir à son rôle préféré à la charnière du système partisan. L’analyste prône le rapprochement des différents sujets politiques au sein du Bloc réformateur, comme condition sine qua non pour la survie de cette formation. Pour ce faire, il est impératif que le Bloc réformateur se dote d’un seul président, d’une direction unique et de structures locales uniques. Il doit s’inspirer de l’exemple de l’Union des forces démocratiques du début des années 1990, lorsque cette fragile coalition avait réussi à se constituer en parti politique unifié. En outre, la plate-forme politique des réformateurs doit se différencier du programme des autres partis, faute de quoi le Bloc risquerait d’être perçu uniquement comme le partenaire junior de GERB. Enfin, Bulgarie sans censure se veut centriste et demeure pour l’instant à mi-distance des deux blocs PSB-MDL et GERB-BR identifiés par l’auteur. Reste à voir de quel côté ce parti voudra pencher. (Troud)

Dernière modification : 04/06/2014

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