Mercredi 08 octobre

LE REMUE-MENAGE

GERB ANNONCE DES CONSULTATIONS POLITIQUES AVEC LES NOUVELLES FORCES PARLEMENTAIRES

Lundi, 13 octobre, GERB ouvrira des consultations avec les partis qui siègeront dans la prochaine législature en vue de s’assurer un soutien parlementaire pour le gouvernement minoritaire que ce parti entend constituer. C’est la décision prise hier par la commission exécutive du parti.
Une équipe de trois dames sera chargée des négociations. Pressa en dresse le profil : Tsetska Tsatcheva, ancienne présidente de l’Assemblée nationale, juriste chevronnée, respectée par les dirigeants des autres formations politiques, centristes ou de gauche ; Roumiana Batchvarova, sociologue et ancienne directrice de cabinet de Boïko Borissov (à l’époque où il était premier ministre), habile négociatrice, relais d’influence dans la partie droite du spectre politique ; Menda Stoyanova, économiste et ancienne députée, respectée par nombre d’adversaires politiques du GERB, créditée d’un « esprit positif ».
Les consultations avec les sept forces parlementaires seront organisées à tour de rôle, suivant l’ordre de grandeur des partis au parlement, à commencer par le PSB. Dans un deuxième temps, à partir du 20 octobre, les négociations seront menées par le leader du GERB, Boïko Borissov. Les réunions se tiendront à l’Assemblée nationale, en toute transparence ; elles seront sténographiées et des conférences de presse seront données à leur issue par les partis.
Le parti de M. Borissov dispose d’un mois tout au plus pour trouver un consensus, étant donné que la nouvelle législature doit être convoquée dans un délai d’un mois à compter de la date des élections (c’est-à-dire d’ici le 5 novembre) et qu’ensuite le président de la République doit charger le candidat au poste de premier ministre, désigné par le groupe parlementaire le plus nombreux, en l’occurrence le GERB, de former un gouvernement (art. 99 de la Constitution).
Récemment, M. Borissov s’est dit prêt à offrir des postes ministériels aux partenaires politiques qui se rangeraient derrière lui et qui partageraient avec lui la responsabilité sur des politiques publiques particulières. Une ouverture, jugent plusieurs journaux, qui semble avoir eu un effet adoucissant sur les adversaires les plus intransigeants. Pressa note à ce sujet la déclaration du porte-parole du PSB, Atanas Merdjanov, faisant savoir que si la gauche est invitée, elle participera aux consultations avec le GERB. Gueorgui Kadiev, pour sa part, estime que la décision de savoir si le PSB soutiendra ou non un gouvernement GERB devrait être prise non par l’appareil, mais par voie de referendum au sein du parti.
Le Bloc réformateur, de son côté, commence à donner des signes de division sur la question de ses relations avec le GERB et de sa participation au pouvoir. Une enquête, menée par 24 Tchassa parmi les 23 députés fraîchement élus de cette coalition de cinq partis de droite, montre que 13 d’entre eux sont convaincus qu’ils doivent tendre la main au GERB. Parmi eux, Meglena Kouneva (Bulgarie aux citoyens) et Bojidar Loukarski (Union des forces démocratiques). Du côté des plus intransigeants on trouve les représentants de Démocrates pour une Bulgarie forte (Radan Kanev, Peter Moskov, etc.), Korman Ismaïlov (Parti populaire Liberté et dignité) et Nikolaï Nentchev (Parti agrarien, BZNS).
Le Front patriotique et ABC ont déjà formé des équipes pour les consultations avec le GERB. Ils accorderont leur soutien à des projets prioritaires pour le pays sans exiger en contrepartie des postes, affirment-ils.
Par ailleurs, dans une intervention hier, le président de la République Rossen Plevneliev a appelé les politiciens à faire preuve de courage et de responsabilité et à trouver les mécanismes nécessaires pour gouverner le pays. « Des élections après des élections, ce n’est pas une solution. […] Ce n’est pas le peuple qui a besoin d’un rattrapage, mais les politiciens », a souligné le président (cité d’après Monitor). (tous journaux)

LE GAGNANT

LE MDL, QUOI QU’IL ARRIVE, DANS LA FORMULE DE GOUVERNEMENT

Dans un article intitulé « Le MDL s’est emparé des rênes du pouvoir », la journaliste Galia Goranova soutient que le véritable vainqueur des élections législatives de dimanche dernier serait le Mouvement pour les droits et les libertés (MDL).
Boïko Borissov aurait interdit les applaudissements dans la nuit électorale. Et il a bien fait car ce n’est pas le GERB qui a remporté la victoire mais le MDL, dont le résultat lui réserve le rôle non seulement de parti incontournable mais de gouvernant. Un résultat qui lui permettra de tirer les rênes du pouvoir, sans pour autant y participer formellement.
Selon la journaliste, « les contours de la future coalition au pouvoir se dessinent déjà à l’horizon ». Celle-ci se situerait au centre-droit et comprendrait probablement le GERB, le Bloc réformateur (ou du moins une partie de celui-ci), siégeant tous deux au sein du Parti populaire européen, et le MDL qui leur assurera les voix nécessaires pour avoir la majorité au Parlement. C’est « la coalition de valeur » qui, selon Mestan, permettrait de mettre fin à la présence de nationalistes au sein du pouvoir. Même si deux des partenaires auront du mal à expliquer à leurs électeurs pourquoi ils ont manifesté pendant un an contre le « modèle Peevski ». Est-il possible que Borissov décline cette invitation à l’exécution ? Non, s’il veut gouverner, compte tenu du fait que l’union avec les réformateurs ne suffira pas pour lui garantir la majorité au parlement et que la large coalition avec le PSB paraît de moins en moins probable après la décision des socialistes de laisser Borissov se débrouiller seul avec la KTB et les prix de l’électricité. En outre, collaborer avec le GERB après l’échec de la coalition Orecharski équivaudrait au suicide politique de la gauche en Bulgarie. Il ne reste plus que l’hypothèse d’une large coalition avec la participation de tous les partis, qui relèverait de l’utopie politique.
Les réformateurs, quant à eux, ne disposent pas non plus de beaucoup de marge de manœuvre. Il est clair qu’ils se pressent de recycler leur succès électoral en postes au pouvoir. Voilà déjà treize ans qu’ils ne vivent que de souvenirs de leur festin éphémère lors du gouvernement de Kostov (1997 – 2001). Que Borissov soit ou non premier-ministre ne constituerait qu’une condition secondaire. Refuser une coalition avec le GERB reviendrait à céder ce second rôle à leur ennemi éternel, « les communistes ». Accepter l’offre du GERB leur réserverait une fonction purement décorative au sein du pouvoir. Toute prétention de la part des « réformateurs » serait aussitôt parée par le MDL, telle une force de contre-pouvoir dont les sièges seraient suffisants pour garantir la majorité sans avoir recours au Bloc.
Ce futur cabinet du centre-droit serait, selon la journaliste, « sous le patronage géopolitique » des Etats-Unis. « Washington ne cache pas ses sentiments de tuteur à l’égard de Borissov et « les beaux et intelligents réformateurs sont depuis longtemps sous l’emprise des fondations américaines ». Enfin le MDL a déclaré son appartenance à ladite « entente de Washington » en mettant l’accent sur son « orientation euro-atlantique ». (Sega)

L’ANNIVERSAIRE

25 ANS DE BULGARIE LIBRE : LE PRESIDENT PLEVNELIEV APPELLE A UNE RELECTURE DU COMMUNISME

Le président de la République Rossen Plevneliev a solennellement lancé hier l’initiative « 25 ans de Bulgarie libre », organisée sous ses auspices et consacrée à la transition effectuée depuis la chute du communisme le 10 novembre 1989. Un riche programme inclut plus de 120 événements orientés avant tout vers la jeune génération née après 1989 : leçons publiques dans des écoles, débats, réalisation de sondages d’opinion sur le thème de la transition, conférence internationale les 11 et 12 novembre à Sofia, projection gratuite de courts et longs métrages, expositions, inauguration d’un monument à Gueorgui Markov (écrivain dissident assassiné à Londres), etc. Le comité d’initiative, présidé par Jeliou Jelev, le premier chef d’Etat élu librement, réunit une brochette de juristes, économistes, intellectuels, hommes publics.
Les Bulgares doivent donner une appréciation morale du communisme, en laissant de côté la dimension du quotidien, a déclaré M. Plevneliev. Rappeler combien d’usines fonctionnaient à l’époque, quels étaient les prix, quels étaient les privilèges et pour qui est une approche erronée, parce qu’elle ne permet pas de voir l’essence du communisme et peut donc en donner une image très biaisée. Le passé communiste doit entrer dans les livres scolaires pour qu’on n’essaie pas de jeter de faux ponts vers l’avenir, a souligné le chef de l’Etat.
« La transition n’est pas infinie et la démocratie est un processus, un processus au quotidien pour la défense de valeurs, de droits, de libertés, pour l’humanisme et le respect des institutions et des règles. Du point de vue de l’irréversibilité des processus démocratiques en Bulgarie, la transition s’est achevée, mais d’un autre point de vue la transition est une réforme et les réformes continuent ».
L’ambition de l’initiative « 25 ans de Bulgarie libre » est de faire un pas en direction du rétablissement de la confiance de la nation en elle-même et en sa classe politique parce que les citoyens croiront ceux qui parlent ouvertement du communisme et de la transition dans tous leurs aspects, a précisé M. Plevneliev. (mediapool.bg)

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Dernière modification : 08/10/2014

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