Mercredi 13 juillet

Le brocanteur

Pas de signe clair de la part des Iraniens en vue d’une reprise du réacteur construit pour la centrale nucléaire de Belene

La suite de la visite de la délégation bulgare à Téhéran conduite par le premier ministre Boïko Borissov continue d’intéresser les journaux.

Aujourd’hui, l’attention se pose sur l’ambition affichée par M. Borissov de vendre le réacteur fabriqué pour la centrale nucléaire de Belene et resté non utilisé, pour lequel la Bulgarie doit au fabriquant russe plus de 600 millions d’euros (voir nos revues du 17 et 21 juin). Après son entretien avec le président Rouhani, M. Borissov avait déclaré que celui-ci avait donné sa « bénédiction » à l’examen de la proposition bulgare (voir la revue d’hier). Mais, selon Sega, « la vente des réacteurs de Belene s’est réduite à un échange d’expériences ».

Temenoujka Petkova, ministre de l’énergie et Tomislav Dontchev, vice-premier ministre responsable des fonds européens et de la politique économique, se sont entretenus avec Ali Akbar Salehi, vice-président et dirigeant de l’Organisation de l’énergie atomique d’Iran (OEAI).

Dans un communiqué, le service de presse du Conseil des ministres a annoncé que lors de cet entretien, les deux délégations se sont mises d’accord sur l’approfondissement de la coopération entre les deux pays dans le secteur énergétique et sur l’échange d’expériences entre experts bulgares et iraniens dans le domaine de l’énergie nucléaire. Mme Petkova a souligné que lors d’entretiens aussi courts, il est impossible d’entrer dans les détails et que pour cette raison M. Salehi a été invité à Sofia pour détailler certains aspects techniques de la future coopération énergétique entre les deux pays, écrit la presse.

Selon M. Dontchev, la Bulgarie fait face à trois scénarios concernant la centrale de Belene : le renouvellement de la construction de la centrale avec des investissements partiels de l’Etat, la vente du réacteur et… faire du réacteur une pièce de musée. De ces trois options, seule la dernière est exclue, affirme-t-il, cité par Capital Daily. Concernant un éventuel redémarrage du projet Belene, M. Dontchev a précisé que tout dépend du financement et des comptes financiers.

Le manque de résultats clairs de l’ambition déclarée par M. Borissov est illustré par le dessinateur de presse Hristo Komarnitski dans son dessin du jour à la dernière page de Sega. Il représente deux hauts responsables iraniens devant une boite en carton, lisant une liste d’instruction tandis qu’à l’arrière-plan s’éloigne Boïko Borissov, vêtu à l’orientale. L’un d’eux demande : je n’ai pas compris, m’a-t-il vendu un réacteur nucléaire ou une ruche pleine de miel ? Le deuxième répond : nous lirons ça demain dans la presse bulgare. (tous journaux)

Le stress

Les tests de résistance pour le secteur non-bancaire suscitent des inquiétudes

Quelques jours avant le lancement prévu des tests de résistance (stress tests) pour les compagnies d’assurance et les fonds de retraite en Bulgarie, une lettre envoyée par l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (EIOPA) a dévoilé des tensions entre le président de la Commission du contrôle financier (CCF), Stoyan Mavrodiev, et le ministre des finances, Vladislav Goranov.

En Iran, où il accompagne le premier ministre, M. Goranov a parlé devant des journalistes bulgares d’une lettre adressée au premier ministre dans laquelle l’EIOPA exprimait des inquiétudes quant à la capacité de la CCF de bien organiser le déroulement des tests et, notamment, de trouver un nombre suffisant d’auditeurs.

Les tests de résistance du secteur non bancaire consisteront en un examen des bilans des assureurs et de la qualité des actifs des fonds de retraite afin d’apprécier leur capacité à assumer leurs obligations auprès des clients en cas de crise financière. Initialement prévus pour le 1er avril, ils ont été ajournés pour le 15 juillet faute d’un nombre suffisant d’auditeurs agréés par la CCF, l’autorité prudentielle bulgare pour ce secteur. Début juillet, il s’est avéré que la CCF n’avait pas encore résolu ce problème : sur les 50 compagnies d’assurance à vérifier, il en restait cinq pour lesquelles il n’y avait toujours pas d’auditeurs nommés. Devant la perspective d’un nouvel ajournement, la CCF, incapable de trouver une solution, a décidé de regrouper les assureurs et qu’un même auditeur examinera plusieurs compagnies, contrairement aux consignes explicites de l’EIOPA.

C’est alors que la lettre de l’EIOPA, datée du 7 juillet, est parvenue au premier ministre. Et le jour suivant, M. Borissov donnait carte blanche à ses députés pour procéder au choix d’un nouveau chef de la CCF. Mediapool rappelle à ce titre que le président actuel, M. Mavrodiev, est à la fois une personne très contestée dans les milieux professionnels et de l’opposition et très aimée par le parti au pouvoir et le MDL. Malgré les multiples scandales auxquels son nom était lié pendant son mandat, il est toujours arrivé à sauvegarder son poste, commente cette agence en ligne en énumérant ses déboires avec la justice (en 2013, dans le cadre de l’affaire contre Evelin Banev dit Brendo, accusé de trafic de stupéfiants, des documents de sociétés offshore portaient la signature de M. Mavrodiev), des manquements professionnels dans l’affaire KTB, ses tentatives de museler la presse (des actions en justice contre des journalistes qui se sont terminées par des acquittements), etc. En tant que chef de l’autorité prudentielle, il est entré dans de sérieux conflits avec trois de ses adjoints qui ont fini par quitter leurs postes.

Le mandat de M. Mavrodiev ayant expiré le 16 juin dernier, le chef du groupe parlementaire du GERB, Tsvetan Tsvetanov, a annoncé fin juin que le parlement repoussait à l’automne la procédure de nomination d’un nouveau président de la CCF, vu le programme chargé des députés. Presqu’au même moment, le MDL a fait savoir que M. Mavrodiev avait toutes les chances d’être reconduit à son poste.

De Téhéran, le ministre des finances a commenté que son ministère n’avait pas de craintes quant au déroulement des stress tests et que, de toute façon, le secteur des assurances et des fonds de retraite était exposé à moins de risques que celui des banques. Quant à M. Mavrodiev, il a indiqué que la procédure de nomination d’un nouveau chef de la CCF était déjà ouverte et que le parlement adopterait dès cette semaine les règles selon lesquelles elle se déroulerait. « Tout dépend des consultations politiques. Si ce doit être Mavrodiev à ce poste ou un autre, tout dépend des consultations politiques. D’aucuns proposent une autre candidature », a-t-il souligné. Selon plusieurs médias, cet outsider qu’il évoque serait la vice-ministre des finances, Karina Karaïvanova. (Capital Daily, mediapool.bg, ikonomist.bg)

La concession

Rattrapé par les faits le procureur général reconnaît qu’une station balnéaire bulgare est une zone de non-droit

« Côte du Soleil est un Etat dans l’Etat », « Côte du Soleil conquise et les dîners du Parquet là-bas », « Tsatsarov s’est rangé parmi les défenseurs de Rachidov » : tels sont les titres qu’affichent les médias bulgares pour rendre compte de l’interview de vingt minutes de Sotir Tsatsarov, procureur général, dans le bloc matinal de la chaîne Nova, mardi matin. Ces titres font allusion à deux des questions les plus sensibles auxquels le procureur général a tenté de répondre lors de cette interview.

Interrogé sur les suites données par le Parquet à l’affrontement entre deux bandes de criminels armées jusqu’aux dents, à Slantchev Briag [Côte du soleil] (voir notre rubrique Duel au soleil, ou l’envers du décor des plages de la mer Noire dans la revue du 13 juin) qui avait révélé des liens entre la police et les principaux acteurs du conflit ainsi que l’implication d’un magistrat-enquêteur, M. Tsatsarov a reconnu que « le fonctionnement même de la station créé des conditions propices à la criminalité. « Côte du Soleil » est un soi-disant Etat économique et administratif dans l’Etat et devient un morceau appétissant. C’est pourquoi une guerre pour obtenir le contrôle par la force du territoire et de l’activité commerciale s’y déroule. En d’autres mots, l’Etat est absent de la Côte du soleil »

Selon Capital, cet aveu fait par le plus haut représentant du ministère public, chargé de défendre les intérêts de la collectivité nationale, vient quelques semaines après la publication par le site Bivol d’un article qui témoigne de la tenue, quelques jours avant la tuerie, d’un dîner dans un restaurant contrôlé par le leader de l’une des deux bandes en question à laquelle ont participé Gueorgui Kostov, secrétaire général du ministère de l’intérieur, Yassen Tododrov, président de la Commission de déontologie du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), à l’occasion de la nomination de Radost Bochnakova au poste de procureure de Nessebar (ville voisine). Ce dîner de la procureure dirigeant la structure compétente sur le territoire de ce morceau appétissant conquis avec le président de la commission de déontologie et main droite du procureur général depuis quatre ans au CSM et le plus haut fonctionnaire du ministère de l’intérieur est passé sous silence. Seuls deux membres du CSM, Kalin Kalpaktchiev et Sonia Naïdenova, ont proposé l’ouverture d’une vérification.

Lors de cet entretien à Nova le procureur général a dû également reconnaître les liens entre un magistrat-enquêteur, Ivan Christov, et le leader de l’une des deux bandes criminelles, Dimitar Jeliazkov dit Mitio les Yeux, grièvement blessé lors de l’affrontement. En effet, ce magistrat est devenu propriétaire d’un grand hôtel juste en face du commissariat de police à la Côte du Soleil après avoir contribué à la condamnation à la perpétuité de l’organisateur présumé d’un attentat contre Mitio les Yeux dont l’épouse a été la victime. Ce n’est qu’après l’affrontement que le Parquet a décidé d’ouvrir une procédure à son encontre et de le muter à Bourgas, observe le site ForgNews.

En revanche, le procureur général a refusé de reconnaître la moindre responsabilité du Parquet pour l’acquittement controversé de Christo Bisserov, ancien vice-président (MDL) de l’Assemblée nationale. Il a également qualifié de « fruit d’une imagination malade » les révélations du magistrat du Service de l’Instruction nationale, Boïko Atanassov, au sujet de la « technologie de fonctionnement d’un parquet-massue », sous le contrôle personnel de Sotir Tsatsarov, que celui-ci exerce avec l’aide d’une « unité spéciale », dite « escadron de la mort », de cinq-six enquêteurs du département de l’instruction du parquet de Sofia (voir notre revue du 23 février).

Enfin, il a pris la défense de Vejdi Rachidov, ministre de la culture, dont la démission est demandée à cause de ses propos vexants à l’égard du journaliste Gueorgui Anguelov en traitant les signataires de « personnes qui ont l’habitude de demander des démissions et qui n’ont jamais fait un dixième de ce que Rachidov a fait dans sa vie ». (Standart, Capital, mediapool.bg, frognews.bg, bivol.bg)

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Dernière modification : 25/11/2016

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