Mercredi 13 mai

LA REACTION

LA SITUATION EN MACEDOINE, UN DANGER POUR LA SECURITE DE LA BULGARIE

Des agents de l’Agence d’Etat de sécurité nationale (DANS) surveillent la frontière avec l’ARYM ; le gouvernement est prêt à garantir la sécurité nationale et suit de près les risques terroristes potentiels et l’éventualité de venue de réfugiés, a déclaré la ministre de l’interieur Roumiana Batchvarova après la réunion extraordinaire du Conseil de sécurité auprès du gouvernement, consacré à la situation en ARYM. Le premier ministre Boïko Borissov a de son côté affirmé aujourd’hui devant le parlement que l’armée est prête à agir en cas d’urgence.
L’OTAN et l’UE ont appelé à la retenue en Macédoine après des affrontements entre la police et des dizaines de membres d’un groupe armé d’origine albanaise, qui ont fait ce weekend 22 morts à Kumanovo, dans le nord du pays. Ces affrontements ont réveillé la crainte d’un conflit similaire à celui de 2001 lorsque les forces armées de l’ARYM avaient affronté des rebelles albanais réclamant davantage de droits au sein de la société. Ils surviennent aussi quelques semaines après qu’un groupe armé d’Albanais venus du Kosovo a brièvement pris possession, le 21 avril, d’un petit commissariat de police à la frontière nord de la Macédoine, réclamant la création d’un État albanais sur le territoire du pays. Skopje est par ailleurs en proie à une grave crise politique - qui oppose depuis des mois les principales formations défendant la majorité slavophone - l’opposition de gauche accusant le pouvoir conservateur de corruption et de la mise sur écoute de 20 000 personnes, dont des hommes politiques, des journalistes et des chefs religieux.
Le gouvernement bulgare a appelé le cabinet du premier ministre macédonien Nikola Gruevski à assumer sa responsabilité. Sofia déclare que l’intégrité territoriale et la stabilité politique de la Macédoine sont d’une extrême importance pour la Bulgarie. Il va de même pour la sauvegarde de la paix entre les communautés dans le pays, a précisé le ministre des affaires étrangères Daniel Mitov. Le manque de stabilité dans le pays peut avoir des conséquences en Bulgarie, a ajouté M. Mitov.
L’instabilité de l’ARYM pose un problème pour Sofia et sa sécurité, est également convaincu Antonii Galabov. Dans une analyse pour Sega, le sociologue explique que la Bulgarie et la Macédoine peuvent devenir des pays de transit et un territoire d’accueil pour l’organisation d’attaques terroristes. Selon lui, une partie des combattants du groupe armé qui a participé aux affrontements avec la police macédonienne ce weekend pourrait bien être liée à Daesh ou à Al-Qaïda, qui les ont recrutés pour déstabiliser le pays. Ce qui s’est passé à Kumanovo en est que le début d’un long processus de profondes secousses politiques et ethniques en Macédoine. Et la Bulgarie doit assumer sa responsabilité de ne pas avoir profité de la possibilité et de son rôle de pays membre de l’UE pour élargir la zone de sécurité sur dans Balkans par un partenariat effectif, selon l’analyste. (tous journaux)

LA LETTRE

DES JURISTES ET DES PROFESSEURS DE DROIT CONDAMNENT LE COMPORTEMENT HUMILIANT DU CSM A L’ENDROIT DE MAGISTRATS

Vingt-huit avocats, professeurs de droit et représentants émérites de la société civile ont adressé une lettre ouverte au Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour exprimer leur indignation devant la façon dont cette haute autorité judiciaire assume son rôle.
« Nous nous opposons formellement aux pratiques mises en œuvre pour faire échouer des concours devant permettre de nommer des magistrats ou d’élire des responsables administratifs sans que cela soit étayé par des motifs raisonnables », soulignent les auteurs du texte qui rappellent la vocation première du CSM qui consiste à « assurer une gestion du système judicaire conforme à la loi ».
« Les membres du CSM n’ont pas le droit de s’abstenir de la prise de décisions relevant de leurs obligations, ni de prendre des décisions pour des raisons personnelles ou politiques allant au-delà de ce qui est prévu par la loi y compris en contradiction avec les textes ».
Les juristes accusent les membres du CSM de faire ainsi preuve d’un irrespect à l’égard de la dignité de leurs collègues – juges, procureurs et instructeurs, ainsi que d’une violation de l’esprit de la Constitution.
Pour rappel, hier, l’Union des juges avait critiqué sévèrement dans une lettre ouverte le refus du CSM de retenir la candidature de Mme Nelly Koutskova au poste de président de la Cour d’appel et la tentative de sanctionner injustement (en le privant du statut mérité d’inamovibilité) le juge Krassimir Mazgalov qui avait participé à la révolte des juges contre la direction du TGI de Sofia à la fin de l’année dernière. La démarche décrite était qualifiée de « manifestation d’une politique de gestion des cadres, vicieuse et absolument inacceptable ». Selon l’Union des juges, le CSM avait ainsi démontré sa tendance à vouloir sanctionner les magistrats qui expriment ouvertement leurs positions sur des questions d’importance cruciale pour le système judiciaire.
Le premier ministre Borissov avait déclaré lundi que le collège actuel, ayant perdu sa réputation, devait être remplacé. (Capital Daily, mediapool.bg)

LE SUIVI

KTB : LE PARQUET VERIFIE LA CORRESPONDANCE DE LA BNB AVEC LES ADMINISTRATEURS DE LA BANQUE

Les médias continuent à traiter aujourd’hui le sujet des contrats préférentiels dans la KTB. Apres l’annonce du premier ministre Boïko Borissov selon laquelle les administrateurs de la KTB ont changé les paramètres d’environ 1000 contrats préférentiels en contrats-type, permettant ainsi aux propriétaires des dépôts de profiter de la procédure de remboursement des dépôts garantis à hauteur de 100 000 euros (revues de presse du 11 et 12 avril), le Parquet a ouvert une procédure pour mauvaise gestion délibérée contre les administrateurs de la KTB Stanislav Lioutov et Elena Kostadintcheva.
Le procureur général Sotir Tsatsarov a annoncé hier lors de sa visite à Bruxelles que le Parquet va également vérifier le travail de la BNB. Les deux administrateurs avaient souligné avoir agi sur instructions de la BNB et du Fonds de garantie des dépôts ; la banque a démenti ces propos. Selon Dessislava Atanassova, chef de la commission parlementaire chargée de l’enquête sur la KTB, la BNB a donné des réponses contradictoires aux questions des deux administrateurs et pour cette raison le Parquet devrait vérifier toute leur correspondance. Presque tous les propriétaires de dépôts, aux conditions initialement préférentielles, ont été remboursés rubis sur l’ongle par le Fonds de garantie à cause des instructions contradictoires de la BNB et du Fonds, a ajouté Mme Atanassova après la réunion de la commission.
Selon M. Tsatsarov, parmi les propriétaires de ces dépôts figurent des personnes connues du grand public. Ils ont bénéficié de taux d’intérêts trop élevés – environ de 9,8%. Selon la loi pour la garantie des dépôts bancaires, ce type de dépôts à des taux d’intérêts préférentiels ne peuvent être protégés et remboursés par le Fonds. L’Etat garantit tout autre type de dépôts, sauf cela. Au cas où les ces sommes ont été remboursées, les propriétaires doivent rendre cet argent, explique dans une interview pour Troud le financier et ancien membre du conseil d’administration de la BNB Emil Harsev.
M. Harsev affirme que cela vaut pour tout argent versé pour garantir ce type de dépôts, qui doit être rendu par les propriétaires au Fonds. Selon lui il s’agit d’une somme bien au-delà des 100 millions d’euros, mentionnés par le premier ministre. Aucun changement des paramètres des contrats après le 20 juin 2014 (date de mise sous surveillance spéciale de la KTB par la BNB) ne peut être pris en considération. (tous journaux)

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Dernière modification : 13/05/2015

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