Mercredi 14 mai

L’ANNONCE

LES DEBOIRES DU SECTEUR ENERGETIQUE BULGARE OBJET D’UNE NOUVELLE MOTION DE CENSURE DU GERB

Le GERB déposera une nouvelle motion de censure contre le gouvernement Orecharski ce vendredi à propos de l’échec de la politique gouvernementale en matière d’énergie, a annoncé le leader de ce parti, Boïko Borissov, cité par Mediapool.bg, à l’issue de consultations, tenues aujourd’hui avec le Bloc réformateur. « Depuis vingt jours nous attendons qu’on nous communique les bilans des compagnies énergétiques. Hier, une lettre est arrivée en catimini de M. Stoïnev [le ministre de l’Economie et de l’Energie] qui nous dit que les bilans ne sont pas encore prêts et qu’on ne peut pas nous fournir cette information », a ajouté le leader du GERB.
Capital Daily informe pour sa part que les ambassadeurs de six pays européens accréditées à Sofia, l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la Finlande, la France et la République tchèque, avaient envoyé, dès le 14 avril dernier, une lettre au Premier ministre Plamen Orecharski, à la vice-Premier ministre Daniela Bobeva et au ministre de l’Economie et de l’Energie Dragomir Stoïnev exprimant leur très grande préoccupation. Selon les ambassadeurs, qu’un retrait éventuel des licences des trois entreprises (voir notre revue d’hier) de distribution d’énergie électrique enverrait un signal négatif très fort à tous les investisseurs présents et futurs en Bulgarie. Ils invitent le gouvernement à arrêter d’exercer une pression politique sur l’autorité indépendante, à savoir la Commission d’Etat pour la régulation de l’énergie et de l’eau, et à rechercher une solution conforme à la loi. La lettre a reçu également le soutien de la présidence grecque de l’Union européenne ce qui veut dire que la situation est suivie de près par toute l’UE, souligne le même journal.
Par ailleurs, des représentants du secteur énergétique bulgare (y compris des représentants des trois distributeurs d’électricité) se sont rendus hier à Bruxelles où ils se sont entretenus avec des collaborateurs du commissaire européen à l’énergie, Günther Oettinger. A l’issue de l’entretien, Krassen Stantchev, de l’Institut pour l’économie du marché, a annoncé que la Commission attend d’ici la fin juin une réponse du gouvernement bulgare au sujet des questions posées sur le projet de gazoduc South Stream et la procédure de retrait de licence engagée contre les trois compagnies de distribution d’électricité.
« Nous n’avons pas examiné de différentes branches ou entreprises parce que celles-ci doivent défendre elles-mêmes leurs propres intérêts », a précisé M. Stantchev devant des journalistes. « Nous avons déclaré que tout le secteur [de l’énergie] a besoin d’un audit, une ‘photo’ qui permettra de voir les défauts et les causes de la situation actuelle et de pouvoir chercher une issue ». Une des solutions possibles d’assainissement du secteur pourrait être la création d’un « conseil énergétique », une sorte de médiateur dans le domaine de l’énergie qui assurerait aussi une veille sur les problèmes du système et leur répercussion négative sur les autres secteurs de l’économie, a estimé M. Stantchev.
Parallèlement aux reportages sur les déboires qu’éprouve le secteur, les médias rendent compte de l’entrevue qui a eu lieu hier entre le Premier ministre Orecharski et le ministre D. Stoïnev, d’une part, et le PDG du groupe américain Westinghouse, Danny Roderick, de l’autre. Les deux parties ont relevé un progrès dans les négociations sur la construction d’une 7e tranche à la centrale nucléaire de Kozlodouï avec un réacteur américain à eau pressurisée de type AP1000. Les discussions au niveau d’expert se poursuivent. (Capital Daily, mediapool.bg, bulgariaonair.bg)

LA CAMPAGNE

16 PARTIS S’ENGAGENT PAR ECRIT A LUTTER CONTRE LA CORRUPTION – INQUIETUDES A PROPOS DES ONGs D’OBSERVATION ELECTORALE

A l’initiative de l’association Transparency International, 16 formations politiques et candidats indépendants (sur les 24 participants enregistrés aux élections européennes), ont signé un contrat de lutte contre la corruption. Par ce geste symbolique, les futurs eurodéputés s’engagent à œuvrer pour rendre la législation européenne un modèle de transparence, à respecter le Code de conduite des députés au Parlement européen et à publier un « dossier » contenant les noms des parties intéressées qu’ils auront à contacter dans leur mission législative.
Le but de cette initiative et d’arrêter la pratique vicieuse que des députés européens agissent au profit d’intérêts privés. Le texte signé est un contrat-type pour tous les Etats membres de l’UE et Transparency International veillera à son exécution, précise-t-on de cette organisation.
Parmi les signataires bulgares figurent le GERB, la Coalition pour la Bulgarie (PSB et alliés), le Bloc réformateur, ABC, etc. La cérémonie de signature a eu lieu en l’absence remarquée du MDL, d’Ataka, de « Bulgarie sans censure » et du Front national pour le salut de la Bulgarie, observe Sega. « Je n’ai pas signé, délibérément. Je ne veux pas me mettre côte à côte avec le PSB et le GERB », a déclaré pour Pressa Nikolaï Barekov, leader de « Bulgarie sans censure ».
Par ailleurs, de plus en plus d’ONGs et d’experts expriment des craintes devant l’avalanche de demandes, émanant des partis politiques, d’enregistrement d’observateurs aux élections (voir notre revue du 12 mai). Selon l’information officielle de la Commission électorale centrale, la fondation « Tolérance des jeunes », proche du MDL, a enregistré jusqu’à présent 7 500 observateurs, l’association DNES 1200, l’association « Bulgarie sans censure » (présidée par Nikolaï Barekov tout comme le parti éponyme) 300, etc. Les principales préoccupations sont liées au fait que les observateurs auront droit, d’après le nouveau Code électoral, à obtenir une copie du procès-verbal du bureau de vote, ce qui pourrait permettre aux « acheteurs de voix » de contrôler le nombre de voix réellement exprimées par rapport aux montants déboursés. D’autre part, les observateurs seraient en mesure, surtout dans les petites localités, de faire un lien entre les numéros des bulletins et l’identité des électeurs, ce qui compromettrait le secret du vote. (Sega, Pressa)

LA VISITE

NOUVELLE INITIATIVE DE LUTTE CONTRE LE CHOMAGE DES JEUNES

De bons mots pour la réforme administrative et des critiques pour le gel de la réforme des retraites, le chômage structurel, les réfugiés et les Roms : c’est en ces termes que mediapool.bg résume la visite à Sofia, en début de semaine, du commissaire européen à l’emploi, aux affaires sociales et à l’inclusion László Andor.
Le but de cette visite était le lancement de la nouvelle initiative de la Commission européenne de lutte contre le chômage des jeunes « Garantie pour la jeunesse ». Celle-ci prévoit que tous les jeunes de moins de 25 ans puissent recevoir, dans les quatre mois après leur sortie de l’école, une offre d’embauche, de stage ou de formation. Les fonds prévus pour la Bulgarie remontent à 100 millions d’euros environ. L’initiative sera officiellement lancée la semaine prochaine à Sofia, où, sous un chapiteau spécialement aménagé au centre-ville (devant la Galerie nationale des Beaux-Arts), des jeunes consulteront des experts sur les modalités d’accès au programme.
Selon Mediapool.bg, M. Andor aurait ouvertement critiqué la décision du gouvernement de geler la réforme des retraites et le manque de volonté du pays pour égaliser l’âge de départ à la retraite pour les hommes et les femmes et mettre fin aux départs à la retraite en âge actif. Le premier ministre Orecharski aurait assuré le commissaire que des experts travaillent intensivement sur le redémarrage de la réforme des retraites et que les paramètres retenus seraient connus dès cet automne.
Les thèmes du chômage des jeunes, du chômage structurel et de l’intégration des réfugiés et des Roms ont également été abordés par les deux interlocuteurs.
Le commissaire européen a hautement apprécié le plan de réforme de la fonction publique et en a souhaité une mise en œuvre rapide. (mediapool.bg, Capital Daily, Troud)

Word - 157.7 ko
(Word - 157.7 ko)

Dernière modification : 14/05/2014

Haut de page