Mercredi 15 janvier 2014

L’événement

La relance d’ABV par Guéorgui Parvanov accroît la discorde au sein du PSB

Hier, Parvanov a officiellement « dégelé » son projet d’initiative nationale civile ABV. L’ancien Président de la République (2002 – 2012) a déclaré que le mouvement ABV se présentera aux élections européennes, mais a démenti les rumeurs selon lesquelles il envisagerait de quitter le PSB, ou bien essaierait de provoquer sa scission.

Dans un appel aux membres et sympathisants du PSB, Guéorgui Parvanov a rappelé avoir à maintes reprises déclaré qu’il ne fallait pas « alarmer » le parti socialiste, mais que le moment était venu pour ce faire. Il a aussi fait comprendre qu’un vote en soutien d’ABV constituerait une chance pour la consolidation de la gauche, car offrant une liberté d’expression à ceux qui pensent autrement que le leader. Sans évoquer le nom de Stanichev, l’ex-leader des socialistes l’a fermement attaqué en demandant notamment « qui déployait le parapluie médiatique sur le président du parti socialiste ? La réponse à cette question vous donnera aussi la réponse à la question de savoir qui a nommé Péevski, devenue slogan des protestations ». L’ex-Président de la République a déploré la forte dépendance politique du PSB et le fait que ses actuels chefs ne soient que de simples exécuteurs d’une volonté étrangère.

« Les traitres sont ceux qui ne remplissent pas leurs promesses », a de son côté déclaré Ivaïlo Kalfine, allié de M. Parvanov dans une allusion à la rhétorique du PSB contre cette dissidence. Il a mis en parallèle l’absence de réaction de la direction du PSB après l’incident impliquant Volen Sidérov lors du vol Sofia-Varna et sa promptitude à condamner une initiative dissidente encore en germe.

« Les belles paroles sont peu convaincantes. Je connais bien mon parti et je suis sûr qu’à des moments difficiles, le PSB se mobilise pour obtenir des résultats meilleurs. Je ne permettrai pas que soit détruite la maison pour construire la baraque », a riposté hier le leader des socialistes bulgares et du PSE, Sergueï Stanichev.
Beaucoup d’observateurs estiment que ces développements servent surtout les intérêts de GERB. Yourii Aslanov, directeur de l’agence sociologique Aphis, croit savoir que le motif pour la réaction de Parvanov résiderait principalement dans des prétentions de leader insatisfaites et envie d’exister en dehors du PSB. « Le résultat : le PSB est déjà scindé, ce qui ne profite qu’à GERB ».

Une nouvelle gauche ne peut venir que des jeunes, indique dans Troud le politologue Andreï Raïtchev. D’après lui, il s’agit d’un litige entre leaders mais pas vraiment d’une scission au sein de la gauche. Raïtchev pense qu’il est inutile de faire quelconque prévision avant les européennes. Si Kalfine franchit le seuil requis de 6% en tant que tête de cette liste dissidente, il sera le grand gagnant. Le contraire signerait la fin de sa carrière politique. (Troud, Sega, Mediapool, Standart, BNT, bTV)

La polémique

Publication d’une liste de personnalités mises illégalement sous écoute lors du gouvernement de Borissov

Au cours de trois ans, lors du gouvernement de Borissov, des écoutes illégales des téléphones de 10 000 citoyens ont été effectuées, annoncent les médias d’hier.
Une longue liste de journalistes, hommes politiques et hommes d’affaires vient d’être publiée. Y figurent notamment :
Rossen Plevnéliev – ancien ministre du développement régional et de l’aménagement du territoire, Président de la République ;
Margarita Popva – vice-Présidente de la République ;
Guéorgui Parvanov – ancien Président de la République ;
Maya Manolova – députée PSB, actuel vice-président du parlement ;
Anguel Naïdénov, député PSB, actuel ministre de la Défense ;
Atanas Sémov – ancien député Ordre, loi et justice ;
Mégléna Kounéva – leader du parti Mouvement Bulgarie des citoyens ;
Ivan Kostov – ancien leader du DBF (Démocrates pour une Bulgarie forte) ;
Boris Veltchev – ancien Procureur général de la République ;
Iordanka Fandakova – maire de Sofia ;
Nikolaï Barékov – leader du Mouvement Bulgarie sans censure ;
Viara Ankova – directeur général de la BNT ;
Ivo Indjev – journaliste, entre autres.

« Je ne suis guère surprise d’avoir fait l’objet d’écoutes illégales sur ordre de l’ancien ministre de l’Intérieur, Tsvetan Tsvetanov », s’est exclamée hier la vice-Présidente de la République, Margarita Popova, interrogée par « Glassové ». « C’est un acte ignoble et j’y avais réagi quand j’étais ministre de la Justice ». (Agences d’information en ligne)

L’analyse

Publication de l’indice 2014 de liberté économique ; la Bulgarie progresse

La Bulgarie se range en 61ème position dans le monde et à la 21ème position au sein de l’UE pour ce qui est de la liberté économique. C’est ce que montrent les résultats d’une évaluation annuelle effectuée par la Fondation Heritage et le Wallstreet Journal, dont les critères sont regroupés autour de 4 thèmes : Etat de droit, efficacité réglementaire, administration restreinte, marchés ouverts. La Bulgarie y bénéficie de 65,7 sur 100, ce qui est son meilleur résultat depuis la création de l’indice. Elle figure dans le groupe des pays « modérément libres ».

Hong Kong demeure toujours en première position suivi du Singapour, de l’Australie, de la Suisse, de la Nouvelle Zélande et du Canada, seuls pays classés comme « libres » (note supérieure à 80/100).

Les meilleurs élèves de l’UE sont l’Irlande et le Danemark (9ème et 10ème). La France est 70ème. (source : site de la fondation Heritage, Pressa, Troud)

Dernière modification : 20/12/2016

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