Mercredi 18 février

LE BILAN

100 JOURS PREMIERS JOURS DE LA POLITIQUE EXTERIEURE DU GOUVERNEMENT BORISSOV II

Le ministre des affaires étrangères Daniel Mitov a présenté hier le bilan des cent premiers jours de son mandat. Les efforts de l’équipe du ministère pendant ces trois mois, a-t-il souligné, étaient orientés vers le respect des engagements internationaux assumés par la Bulgarie et l’affermissement du pays en tant que partenaire constructif et fiable au sein de l’UE et de l’OTAN dans le contexte de la situation fortement bouleversée dans la région.
M. Mitov a mis en avant les visites récentes à Sofia du secrétaire d’Etat américain John Kerry, du secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg et de son homologue britannique Philip Hammond, « témoignage de l’importance croissante de notre pays et éminent signe de reconnaissance quant à l’orientation actuelle de notre politique étrangère ».
Il a en outre souligné l’importance de sa propre visite et de celle du premier ministre Boïko Borissov en Allemagne, mais également de celles à Sofia des ministres des affaires étrangères d’Autriche et d’Ukraine.
Parmi les réussites des cent premiers jours de son mandat, M. Mitov a cité le récent rétablissement des garanties d’Etat allemandes pour les investissements allemands en Bulgarie.
La lutte contre le terrorisme international, un des grands défis pesant sur la sécurité de l’Europe et de la Bulgarie, reste une priorité. A ce titre, le ministre a rappelé que la Bulgarie prépare des amendements législatifs visant l’érection en infraction pénale de la participation de ressortissants bulgares à Daech. Le dossier sera bientôt soumis au Conseil des ministres. Seul le ministère de la justice continue à nourrir certaines réserves quant au degré de refonte des dispositions concernées du Code pénal. Pour l’instant, il n’y a pas de données concernant des Bulgares combattant dans les rangs de Daech, a précisé le ministre.
Sur le plan européen, la Bulgarie essaie de profiter au maximum de son adhésion à l’UE tout en tenant compte de et en défendant activement ses intérêts nationaux. La Bulgarie soutient l’intégration européenne des Balkans occidentaux sous réserve de la protection claire des droits et des intérêts légitimes des minorités bulgares qui y vivent. D’ici la fin de la semaine, M. Mitov se rendra à Skopje pour examiner avec son homologue macédonien le projet d’accord de bon voisinage entre les deux pays.
Concernant la lutte contre l’immigration irrégulière, M. Mitov a indiqué que Sofia insiste pour qu’il y ait davantage de solidarité au sein de l’UE afin que la Bulgarie puisse faire face à ses obligations en tant que frontière extérieure.
La Bulgarie continuera à œuvrer en faveur du maintien des relations politiques, économiques et culturelles avec la Russie dans le respect total de la position commune de l’UE et des restrictions (sic) adoptées. « Les relations bulgaro-russes doivent être préservées et développées. La situation est compliquée et, si le cessez-le-feu est respecté, j’espère qu’on arrivera à une détente. La Bulgarie, en tant qu’Etat membre, défend un certain niveau de normes dans les relations internationales. Nous ne pouvons pas nous permettre d’ignorer le fait qu’un territoire appartenant à un pays voisin a été annexé de façon illégitime et que l’Ukraine a été délibérément déstabilisée », a relevé M. Mitov qui entend se rendre très prochainement en Ukraine. (Pressa, dnevnik.bg)

LE SONDAGE

LES CENT JOURS DU GOUVERNEMENT BORISSOV : L’ACCALMIE

Le nouveau sondage « Index politique et économique » de Gallup International, réalisé du 30 janvier au 5 février 2015 auprès d’un échantillon représentatif de 1010 personnes majeures, mesure les attitudes des citoyens vis-à-vis des cent premiers jours du gouvernement de Boïko Borissov.
Le nouveau gouvernement a apporté le calme au sein de la société. Mais ce calme ressemble plutôt à une accalmie entre les années de crise politique et les élections municipales cet automne, estiment les auteurs du sondage.
32% (contre 56% d’opinion contraire) des personnes interrogées se disent confiantes dans le gouvernement, confirmant ainsi la tendance positive d’augmentation de la confiance relevée pour le troisième mois de suite. A la veille de la création de ce gouvernement, le taux de confiance était de 15%, alors que le taux de méfiance dépassait 70%. Les sociologues de Gallup y déchiffrent le « redémarrage » typique pour chaque nouveau gouvernement tout en rappelant que le premier cabinet de M. Borissov (2009) avait joui d’un taux de confiance initial de plus de 50%.
La confiance dans les institutions est traditionnellement basse en Bulgarie à de très rares exceptions, notamment en cas de venue au pouvoir de nouvelles figures politiques, indique Gallup. En règle générale, les gouvernements scellés par un compromis ou un accord de coalition sont les moins populaires auprès des citoyens.
En février, 21% des sondés ont déclaré leur confiance dans le parlement contre 67% qui ont exprimé de la défiance. Un tiers des enquêtés sont confiants dans l’institution du président de la République, alors que plus de la moitié s’en méfient. Toutefois, le président Rossen Plevneliev reste une des figures les plus populaires.
Les partis au pouvoir jouissent d’un soutien stable. S’il y avait des élections maintenant, 26% des personnes interrogées voteraient GERB, 6% environ Bloc réformateur, plus de 3% Front patriotique et presque 3% ABC. Parmi les autres partis, seuls le PSB (15%), le MDL (7%) et Ataka (3% environ) parviendraient à l’Assemblée nationale.
Les auteurs du sondage constatent également que les seules personnalités publiques qui jouissent d’un taux de popularité supérieur à leur taux d’impopularité sont Kristalina Gueorguieva (55% de confiance) et la maire de Sofia Yordanka Fandakova (44%). La popularité du ministre de la santé Peter Moskov est en nette progression (33%, soit 6% de plus par rapport à janvier). Boïko Borissov, le médiateur Konstantin Pentchev et la ministre du développement régional et des travaux publics Liliana Pavlova recueillent des taux de popularité identiques.
L’optimisme vis-à-vis de l’économie croît lui aussi depuis trois mois. En février, les optimistes étaient 23% et les pessimistes 62%. Il est à signaler également que la confiance dans les banques reprend des couleurs : 30% (contre 50%) des personnes interrogées se disent confiantes (respectivement 20% et 60% au début de l’automne dernier). Le désir de se rendre aux urnes reste relativement bas, ainsi que celui de participer à des protestations (un an plus tôt, les taux recueillis étaient deux fois plus élevés). Les experts de Gallup en tirent la conclusion d’un niveau élevé de fatigue sociale et d’un certain épuisement de l’énergie de protestation. (http://www.gallup-international.bg, tous journaux)

LA TRIBUNE

L’APPEL DE SEPT AMBASSADEURS EUROPEENS A CONCRETISER LA REFORME JUDICIAIRE

Les ambassadeurs de sept pays européens, France, Pays-Bas, Belgique, Autriche, Danemark, Finlande, Royaume-Uni, ont publié une lettre ouverte dans laquelle ils renouvellent leur appel à des réformes dans la justice.
« En tant que groupe d’Etats membres de l’Union européenne partageant le même avis, nous avons attentivement suivi les progrès réalisés par la Bulgarie pour atteindre les objectifs de référence fixés dans le mécanisme de coopération et de vérification (MCV).
Comme indiqué dans notre lettre de décembre 2014, nous considérons notre soutien actif à des efforts de réforme bulgares comme un élément intrinsèque de notre partenariat au sein de l’UE.
A la suite du rapport établi au titre du MCV de janvier 2015, nous souhaitons à nouveau souligner le consensus politique démontré par le parlement bulgare lors de son approbation de la stratégie actualisée de réforme judiciaire.
Nous nous attendons maintenant à ce que ce consensus se traduise par des mesures législatives concrètes en vue d’assurer la mise en œuvre de la stratégie, en particulier en ce qui concerne la structure et le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) et l’intensification de la lutte contre la corruption au plus haut niveau.
II est urgent d’améliorer la gouvernance du pouvoir judiciaire. En ce qui le concerne, le CSM peut démontrer qu’il s’approprie la réforme en s’attachant à résoudre efficacement les problèmes liés à la répartition des affaires, aux manquements au principe d’intégrité et à l’influence indue, d’origine politique ou autre, exercée sur les magistrats.
Les intentions de réorganiser le ministère public sont bienvenues et doivent être mises en œuvre. Le début de réorganisation du secteur de la sécurité et les engagements pris pour éviter un déficit opérationnel à cet égard constituent un signe positif. Nous nous attendons à ce que ces éléments apportent bientôt des résultats visibles et concrets en permettant de poursuivre des affaires nouvelles ou en cours jusqu’à leur conclusion définitive et à des condamnations. Des actions spécifiques des institutions concernées sont nécessaires dans les affaires de haut niveau, comme par exemple l’affaire KTB. Un saut qualitatif dans la lutte contre la corruption est crucial. Un nouveau cadre institutionnel solide et efficace est nécessaire. Tout nouveau cadre doit comporter des éléments de contrôle de l’intégrité substantiels et axés sur les résultats ainsi que des capacités d’enquête et de poursuite judiciaire suffisamment autonomes.
La mise en œuvre de la réforme judiciaire est une priorité nationale, reconnue par les hommes et femmes politiques bulgares, les professionnels du droit et les parties prenantes de la société civile.
L’exemple d’autres pays de la région montrent qu’un changement réel et durable est possible.
Nous considérons, en tant que partenaires et amis, que nous devons partager notre espérance de voir, au vu des ambitions réformistes du gouvernement actuel, la Bulgarie réaliser des progrès substantiels d’ici l’été 2015. »
Ce texte est repris, partiellement ou intégralement par Capital Daily, Sega, Pressa et par plusieurs agences en ligne. (tous journaux)

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Dernière modification : 07/08/2015

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