Mercredi 18 mai

L’annonce

Le gouvernement veut affermer l’aéroport de Sofia pour renflouer les chemins de fer

Le Conseil des ministres a décidé hier d’ouvrir une procédure de concession de l’aéroport de Sofia. Selon le ministre des transports, Ivaïlo Moskovski, qui en a fait l’annonce, « l’actif le plus cher et attractif de l’Etat » devrait rapporter à celui-ci en 35 ans la somme de 1,2 milliard de leva dont la moitié en versement initial.

Le ministre a refusé de fournir davantage de détails, au motif que la loi sur les concessions en vigueur requiert que les conditions de l’appel d’offres soient rendues publiques au niveau national au moment de la publication de l’avis de concession dans le Journal officiel de l’Union européenne. Ainsi les candidats pourront dans sept ou huit jours prendre connaissance des devoirs du futur opérateur de l’aéroport, des chiffres exacts du versement initial (devant être affectée à l’assainissement du budget de la société des chemins de fer bulgares) et de la taxe annuelle versée au budget de l’Etat, ainsi que du programme d’investissement que s’engagera à réaliser le concessionnaire. Il a tout de même révélé que les candidats sont appelés à déposer leurs offres jusqu’à la fin de septembre en assurant que « d’ici-là la Commission européenne aura approuvé l’affectation du versement initial à la société des chemins de fer ». Selon de précédentes déclarations du ministre, cette somme initiale d’environ 600 millions permettra de payer les dettes de la société des chemins de fer bulgares qui s’élèvent à environ 500 millions de leva et d’acheter de nouvelles locomotives à condition que la Commission européenne l’autorise. Le gouvernement s’attend à ce que le futur concessionnaire soit retenu d’ici la fin de 2016 et compte tenu d’éventuels recours il est prêt à prévoir dans le budget 2017 que les recettes de la concession seront affectées à la société des chemins de fer.

Le ministre a également annoncé que la plupart des opérateurs des grands aéroports européens étaient intéressés par la concession de celui de Sofia.

Selon la presse, Fraport AG Frankfurt Airport Services Worldwide, opérateur de l’aéroport de Francfort et détenteur de 60% de la concession des aéroports de Varna et de Bourgas, serait parmi les candidats. En effet, selon des sources bien renseignées du domaine de la navigation aérienne, la concession de l’aéroport de Sofia « est faite » pour la société bulgare BM Star (relevant du groupe Chimimport dont fait également partie la compagnie Bulgaria Air) qui détient les 40 % de la concession des aéroports de Varna et de Bourgas. Les deux partenaires sont censés remporter de nouveau ensemble la concession de l’aéroport de Sofia.

La société espagnole Ferrovial Airports qui gère quatre aéroports au Royaume-Uni dont Heathrow et la turque Limak (participant au groupe qui construit le nouvel aéroport géant d’Istanbul) seraient des candidats sûrs. La société française Vinci Airports, opérateur de 34 aéroports est citée par la presse bulgare parmi les candidats moins sûrs, ainsi que les opérateurs des aéroports de Munich et de Zurich.

Capital Daily tire la sonnette d’alarme sur les embûches de la procédure de concession. La première concerne le prix trop élevé de la concession pour un aéroport dont la marge nette est de 5% (5,3 millions de leva en 2014 et 5,6 millions pour 2015). Selon certains analystes, ce faible profit résulte de la mauvaise gestion actuelle de l’aéroport et de son siphonage. Par conséquent, le retour sur investissement du futur opérateur pourrait être beaucoup plus important, ce qui explique le prix élevé de la concession. En revanche, ce prix élevé en inquiète certains à cause de l’augmentation des taxes d’aéroport à laquelle il pourrait donner lieu. Ce scénario a déjà été évoqué par David O’Brien, directeur commercial de la compagnie Ryanair, qui se prépare à s’installer sur le marché bulgare. M. O’Brien a également saisi le ministère des transports du fait que Bulgaria Air (détenu par le concessionnaire bulgare des aéroports de Bourgas et de Varna) n’avait pas payé les taxes d’aéroport dues à l’aéroport de Sofia pour deux ans et neuf mois. Cette pratique constituerait une aide d’Etat illégale de 30 millions d’euros qui fausserait le jeu de la concurrence. « Au lieu de payer des dividendes aux actionnaires de Chimimport, Bulgaria Air aurait pu payer ses taxes d’aéroport », a-t-il lancé en menaçant de saisir la Commission européenne.

La concession de l’aéroport de Sofia constitue tout de même un avantage pour les 4 millions de passagers annuels dans la mesure où ceux-ci pourront compter sur un service de meilleure qualité, conclut sur une note positive Capital Daily. (tous journaux, mediapol.bg)

Le retour

Les ambitions d’Alexandar Velev, nouveau directeur de la Radio nationale bulgare

Hier le Conseil des médias électroniques (SEM) a élu le nouveau directeur général de la Radio nationale bulgare (BNR) et cette nouvelle est dans tous les journaux aujourd’hui. La candidature d’Alexandar Velev a été approuvée à l’unanimité par les cinq membres du Conseil. M. Velev assumera ses fonctions à la fin du mois, à l’issue du mandat de l’actuel directeur Radoslav Yankoulov.

M. Velev a déjà été à la tête de la BNR de 1998 à 2001. Il a travaillé également en tant que journaliste à la radio, directeur du programme Horizont et correspondent de la BNR à Skopje et à Berlin. M. Velev a travaillé pendant cinq ans au ministère des affaires étrangères et a été consul général à Istanbul.

Ses idées principales qui lui ont valu d’être élu par le SEM prévoient une réforme profonde de la radio nationale. Il prévoit d’inclure dans le Conseil de programmation de la radio des experts extérieurs et des sociologues pour optimiser son travail. Une étude approfondie de l’auditoire de la radio est prévue dans le but de mieux cibler les différentes émissions et de préciser leur profil, car selon le nouveau directeur il y a beaucoup de doublons dans le programme.

Renforcer les actualités et le réseau des correspondants figure également dans le plan. M. Velev prévoit de multiplier le travail sur le terrain, les reportages et le travail analytique et d’investigation. Quant à l’idée, lancée par certains experts médiatiques et parlementaires, de fusionner la BNT et la BNR, M. Velev s’y oppose avec l’argument qu’une telle démarche va tuer le statut d’égalité entre les deux médias publics et mettre la radio en position mineure et subordonnée.

Dans une interview pour 24 tchassa, M. Velev affirme être celui qui pourra finalement réformer la BNR. Il explique qu’il veut « rajeunir » l’équipe de la radio, dont grande partie atteint l’âge de la retraite, et attirer de jeunes journalistes connus et doués. Le travail des équipes sera reformé. Un système d’information interne sera élaboré pour assurer la transparence de la gouvernance de la radio. Le but est que toute l’équipe soit informée des décisions prises par le conseil d’administration et des arguments qui les fondent, explique le nouveau directeur général. (tous journaux)

La candidature

Selon le site Politico, la Bulgare Kristalina Gueorguieva aurait de fortes chances d’accéder à la tête des Nations unies si sa candidature est promue

Politico, média américain basé depuis l’année dernière à Bruxelles, remet en circulation, dans un long article, le nom de Kristalina Gueorguieva, vice-présidente et membre de la Commission européenne, comme un candidat potentiel dans la course au poste de secrétaire général des Nations unies.

L’Europe de l’Est peut perdre ses chances d’occuper les plus hautes fonctions à la tête des Nations unies après les premières auditions d’avril dernier lors desquelles les candidats émanant de cette partie du continent n’ont pas réussi à impressionner, écrit ce site en ligne en se référant à des diplomates et observateurs auprès de l’ONU.

Une deuxième série d’auditions est fixée pour le 7 juin et un candidat de l’Est y aurait de fortes chances, vu la volonté de la Russie de voir cette partie de l’Europe représentée pour la première fois au plus haut niveau de l’organisation mondiale.

Selon deux diplomates européens dont l’identité n’est pas révélée, fin avril a eu lieu une réunion privée des représentants des Etats membres de l’UE accrédités auprès des Nations unies, lors de laquelle l’ambassadeur britannique, Matthew Rycroft, a souligné que si les pays d’Europe orientale souhaitent sérieusement obtenir le poste, ils devraient réfléchir à désigner de nouveaux candidats.

Les sources de Politico voient dans ce commentaire émanant du représentant d’un pays membre du Conseil de sécurité, qui peut donc opposer son veto à toute candidature, et de l’UE, un sérieux avertissement. Mais selon Richard Gowan, chercheur au Conseil européen des relations internationales, les pays de l’Europe orientale ne sont malheureusement pas assez coordonnés pour réexaminer les chances de leurs propres candidatures et sacrifier les candidats les moins forts.

Politico indique également que les groupes de pression œuvrant pour l’élection d’une femme à la tête de l’ONU restent influents. Ce qui donne des chances à Helen Clarke, candidate de la Nouvelle-Zélande. Sa prestation aux auditions, ainsi que celle d’António Guterres du Portugal, ont surpassé celles des sept candidats de l’Europe orientale selon plusieurs diplomates basés à New York et à Washington.

Les règles régissant l’élection du secrétaire général des Nations unies permettent la désignation en cours de route de nouveaux candidats. D’où les chances de la Bulgare Kristalina Gueorguieva, bien connue à Londres, à Bruxelles et à Washington, qui pourrait être proposée par un autre pays ou un groupe de pays, voire par la Bulgarie qui pourrait revenir sur la candidature d’Irina Bokova, juge Politico. Le site souligne, en se référant à des sources non révélées, qu’il existe déjà des pays prêts à soutenir Mme Gueorguieva, notamment la République tchèque, la Hongrie, la Roumanie et l’Albanie. Sa candidature, qui est celle d’une Est-européenne ayant acquis une bonne expérience au sein de la Banque mondiale, de la Commission européenne et comme présidente d’une commission des Nations unies chargée du financement d’opérations humanitaires, serait favorablement accueillie également par la Grande-Bretagne. (politico.eu, Capital Daily, Standart)

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Dernière modification : 24/11/2016

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