Mercredi 19 novembre

L’ACTUALITE
LA DEMISSION IMMINENTE DU GOUVERNEUR DE LA BNB ET LES PRETENDANTS EVENTUELS A CE POSTE

Le gouverneur de la Banque nationale de Bulgarie (BNB), Ivan Iskrov, dont la démission est demandée par plusieurs forces politiques, y compris par la présidente de la commission provisoire du budget à l’Assemblée nationale et le ministre des finances, a rencontré hier le premier ministre Boïko Borissov, informe la presse d’aujourd’hui. Aucune information n’a été communiquée sur le contenu de l’entretien, qui a duré une demi-heure, par le service de presse gouvernemental.
L’objet de la rencontre aurait été la démission de M. Iskrov, estime Dnevnik qui rappelle que fin octobre celui-ci avait déclaré lui-même devant les députés de la commission du budget qu’il est prêt à démissionner dès qu’on trouve une solution pour la banque KTB.
Selon Menda Stoyanova (GERB), présidente de la commission provisoire du budget à l’Assemblée nationale, tout le conseil d’administration de la banque centrale doit assumer sa responsabilité pour la crise de la KTB. Comme la BNB est une institution indépendante, l’initiative de la démission doit venir des responsables de la banque. Une fois la démission votée, les députés disposeront de trois mois pour élire un nouveau gouverneur.
Elu gouverneur de la BNB en 2003, M. Iskrov a vu, en 2009, son mandat de six ans renouvelé avec le soutien du GERB. Se référant à des sources propres, Troud avance que d’ici une semaine il démissionnerait pour occuper le poste de représentant de la Bulgarie auprès d’une institution financière internationale.
La presse avance, en outre, les noms des potentiels candidats au poste de gouverneur de la banque centrale. Selon Troud, les candidatures étudiées seraient au nombre de cinq : Valeri Dimitrov, ancien président de la Cour des comptes ; Kalin Khristov, actuel gouverneur adjoint de la BNB et Stoyan Mavrodiev, actuel chef de la Commission de contrôle financier, ainsi que, d’autre part, celles moins probables de Roumen Porojanov, ministre des finances dans le gouvernement intérimaire de G. Bliznachki, et Svetoslav Gavriïski qui a déjà occupé ce poste de 1997 à 2003 et dirige actuellement la banque Allianz.
Parmi ces candidatures potentielles, la plus controversée serait celle de Stoyan Mavrodiev dont le nom s’était trouvé mêlé dans l’affaire de blanchiment d’argent contre Eveline Banev-Brendo, condamné à deux instances en Italie pour trafic de stupéfiants, souligne Capital Daily.
« Si le GERB veut dégoûter l’opinion publique, comme nous l’avons fait en nommant Delian Peevski à la tête de l’Agence de sécurité nationale (DANS), il peut nommer Stoyan Mavrodiev à la tête de la BNB », a estimé ce matin le député Gueorgi Kadiev (PSB) sur la Nova TV.
Par ailleurs, Dnevnik informe de la lettre de démission déposée par le chef du Fonds de garantie des dépôts bancaires, Rossen Nikolov. Aucuns motifs ne sont cités pour ce départ intempestif qui intervient au moment où le Fonds doit commencer, à partir du 4 décembre, à rembourser les comptes garantis aux déposants de la KTB, souligne l’agence. A la tête du Fonds a été nommé Radoslav Milenkov, actuellement directeur exécutif de la Banque municipale. (dnevnik.bg, Pressa, Troud, Capital Daily)

LE PARTAGE
LES GOUVERNANTS S’ENTENDENT SUR LA REPARTITION DES COMMISSIONS PARLEMENTAIRES ET DES FAUTEILS DES GOUVERNEURS REGIONAUX

Les commissions les plus importantes au parlement seront réparties entre les partenaires de coalition GERB et Bloc réformateur, annonce en avant-première Mediapool en se référant à un accord atteint hier entre ces deux forces politiques.
Selon le principe de partage retenu, quand un ministre relève du GERB, la commission parlementaire assurant le contrôle sur ce ministère sera présidée par un député du BR.
Ainsi, d’après la version non encore officielle, le GERB recevrait la présidence de la commission juridique qui gère la plupart des projets de loi, de la commission des affaires étrangères, de celles du budget, de l’éducation, de la santé, de l’économie.
Le BR recevrait le contrôle sur les commissions des affaires intérieures, de l’agriculture, des transports, du développement régional.
Il n’y aura qu’une seule exception à cette règle – la commission de l’environnement serait attribuée au GERB bien que le ministre de l’environnement et de l’eau affiche les mêmes couleurs politiques.
La commission de l’énergie, très convoitée par de différentes forces parlementaires, notamment ABC et le Front patriotique (voir notre revue du 17 novembre), serait proposée au BR.
Pour préserver la paix avec le Front patriotique, souligne Mediapool, les partenaires de coalition seraient prêts à proposer une nouvelle commission, chargée du contrôle des monopoles, à Valéri Simeonov, co-président de cette formation.
Au total, la 43e Assemblée nationale sera structurée en 22 commissions permanentes (à titre de comparaison, elles étaient 17 pendant les deux dernières législatures). Leurs présidents seront officiellement nommés d’ici la fin de la semaine.
Les gouvernants ont également convenu de la répartition des gouverneurs régionaux. D’après l’information disponible, le BR recevrait cinq régions : Sofia-ville, Bourgas (les communes de Sofia et de Bourgas sont dirigées par deux élus GERB jouissant d’une grande popularité), Stara Zagora, Targovichté et Razgrad.
Selon Mediapool, en accordant ces deux dernières régions au BR, Boïko Borissov se serait opposé aux prétentions du Front patriotique et à l’ultimatum donné par son leader Valeri Simeonov de ne plus soutenir le gouvernement si celui-ci ne retire de ses rangs le vice-ministre de la défense Orhan Ismaïlov, membre du Parti populaire Dignité et Liberté (représentant la minorité turque).
Des postes de gouverneurs régionaux adjoints seraient proposés à ABV.
Selon Dnevnik, la présidence de certaines commissions serait proposée même aux partis d’opposition. Ainsi, la commission du tourisme serait présidée par un député PSB, la commission du travail et de la politique sociale par le MDL, la commission de la jeunesse et des sports par le Centre démocratique bulgare, la commission de la défense par ABC. (mediapool.bg, dnevnik.bg)

LA DETTE
LA BULGARIE, ENCOURT- ELLE UN RISQUE EN EMPRUNTANT UN NOUVEAU PRET RECORD EN SI PEU DE TEMPS ?

La conclusion d’un nouveau prêt de 4,5 milliards de leva, prévue par le projet rectificatif de la loi de finances suscite beaucoup de polémiques.
Christina Voutcheva, professeur des universités et ancienne ministre des finances (1994-1995), tire la sonnette d’alarme : « Assumer une nouvelle dette d’un montant de 4,5 milliards de leva en 45 jours constitue un record pour la Bulgarie dans son histoire moderne depuis l’an 2000 ». Selon Madame Voutcheva, la réserve budgétaire serait suffisante pour faire face au déficit dans les finances publiques même si celui-ci atteignait les 2,4 milliards. Le Fonds de garantie des dépôts a disposé, depuis juin dernier, de suffisamment de temps pour trouver les 2 milliards de leva nécessaires en contractant un emprunt. Or, actuellement, comme c’est devenu trop tard, tous soutiennent l’idée que le Fonds emprunte au budget de l’Etat ce montant « qu’il ne pourra jamais rembourser », considère l’experte. Celle-ci est d’avis qu’il serait suffisant que l’émission de la nouvelle dette se limite à 3,5 milliards de leva.
Aliosman Imamov, vice-président de l’Assemblée nationale, explique dans une interview, accordée à Troud, pourquoi le MDL ne soutiendra pas la rectification de la loi de finances.
« Le principe que suivra le MDL est très claire : tout gonflement de la dette publique n’entraînant pas de croissance économique, est nuisible pour l’Etat. Alors que dans le cas d’espèce nous sommes témoins d’une augmentation de la dette publique dans l’objectif de couvrir des dépenses courantes. Cette rectification budgétaire ne respecte donc pas les dispositions de la loi relative aux finances publiques, modifiée au début de cette année, qui stipulent que la diminution des recettes implique une « réduction automatique » des dépenses. Or, c’est exactement le contraire que nous observons. Augmenter les dépenses constitue une faute grave. Il aurait fallu restructurer les dépenses et trouver des réserves budgétaires. C’est la raison pour laquelle le MDL ne soutiendra pas la rectification du budget. », a-t-il conclu.
Ce matin, commentant le projet de rectification de la loi de finances dans une émission à la BNT, Yordan Tsonev, député du MDL, a précisé que « le MDL ne s’oppose pas à la rectification du budget en soi mais n’accepte pas ses paramètres ». (Sega, Capital Daily, Troud, blitz.bg)

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Dernière modification : 19/11/2014

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