Mercredi 2 novembre

Le résumé

Les priorités en politique étrangère des candidats pour l’élection présidentielle

La section bulgare de la Deutsche Welle présente un résumé des positions des cinq principaux candidats à l’élection présidentielle en matière de politique étrangère : Tsetska Tsatcheva (GERB), Roumen Radev (soutenu par le PSB), Krassimir Karakatchanov (coalition nationaliste), Ivaïlo Kalfine (soutenu par ABC) et Traïtcho Traïkov (Bloc réformateur). Le résumé est basé sur les propos des candidats devant les médias et leurs discours tenus en public. Seulement deux des cinq candidats ont des positions bien affirmées en matière de politique étrangère : MM. Radev et Karakatchanov, souligne le site d’information. L’article porte principalement sur trois thèmes : la crise migratoire, la Russie et les sanctions européennes, et la Turquie.

Concernant les réfugiés, les cinq candidats considèrent unanimement qu’il est indispensable de prononcer des peines plus sévères contre les trafiquants d’êtres humains. Pour le reste, des divergences existent, commente la Deutsche Welle. Mme Tsatcheva se dit contre l’idée d’intégrer les réfugiés et se prononce plutôt en faveur de leur installation dans des quartiers distincts une fois qu’ils ont obtenu le statut. Mais, « malgré cette position non-européenne, la candidate insiste sur la nécessité d’une politique européenne commune sur la crise migratoire », commente la Deutsche Welle. M. Radev de son côté est contre la politique européenne de relocalisation des réfugiés. Il s’oppose également à ce que la Bulgarie reçoive des « financements européens destinés aux réfugiés ». M. Radev appelle au renvoi des migrants dans leurs pays d’origine et se prononce en faveur d’un seuil d’accueil au-delà duquel la Bulgarie devrait fermer ses frontières. Les positions de M. Karakatchanov sont encore plus claires, commente l’article : l’usage d’armes à la frontière devrait être autorisé et les réfugiés déjà entrés sur le territoire bulgare ne devront pas avoir le droit de sortir des centres d’accueil. M. Kalfine trouve acceptable que les migrants soient renvoyés non seulement en Afghanistan, mais également en Irak et en Syrie, « dans les régions de ces pays où il n’y a pas de combats ». M. Traïkov met l’accent sur la lutte contre le trafic de migrants et évite de se prononcer sur les autres aspects du dossier, commente la Deutsche Welle.

Au sujet de la Russie, seul un candidat a une opinion ferme qu’il soutien à chaque reprise. Il s’agit de M. Traïkov qui s’oppose à l’annexion de la Crimée et est le seul parmi tous les candidats à soutenir ouvertement les sanctions contre la Russie. Mme Tsatcheva et M. Radev ont défendu à l’unanimité la nécessité d’une levée des sanctions contre la Russie, écrit le site [Ndr Mme Tsatcheva a fait ces propos lors de son premier débat télévisé avec M. Radev à la bTV, voir notre revue du 21 octobre]. Mais le 27 octobre, lors d’une autre interview pour la BTV elle a précisé qu’elle ne s’était pas prononcée pour la levée, mais pour un réexamen des sanctions]. M. Radev « a pratiquement défendu l’adhésion de la Crimée à la Russie dans le cadre du droit à l’autodétermination ». M. Karakatchanov est sur la même ligne et fait même une comparaison entre le droit d’adhésion de la Crimée et le droit à l’indépendance du Kosovo, ajoute le site. Selon M. Kalfine, de jure la Crimée fait partie de l’Ukraine mais les sanctions doivent néanmoins être levées.

Concernant les relations avec Ankara, Mme Tsatcheva a soutenu la décision de la Bulgarie d’expulser de nouveaux membres présumés de l’organisation de Fethullah Gülen en Turquie (voir notre revue du 19 octobre). C’est un des rares sujets où on peut observer une divergence entre sa position et celle de M. Radev, commente la Deutsche Welle. Le candidat soutenu par le PSB s’oppose à cette décision du gouvernement, non pas pour respecter les droits de l’homme mais plutôt en raison de son opposition à « l’entente entre [Sofia] et Ankara ». M. Karakatchanov est sur la même ligne. M. Traïkov s’oppose aussi à ce type de renvois. (dw.com, dnevnik.bg)

La communication

La Bulgarie tarde à communiquer sur sa Présidence de l’Union européenne

« Personne ne veut élaborer la stratégie de communication de la Présidence bulgare de l’Union européenne », titre Sega et précise en se référant à des sources gouvernementales que toutes les institutions impliquées dans la préparation de la Présidence bulgare qui se tiendra pendant le premier semestre de 2018 ont refusé d’assumer la responsabilité relative à la communication de cet évènement.

La stratégie de communication à laquelle la Bulgarie envisage d’affecter quelques millions de leva est importante pour la promotion de la Présidence et constitue à la fois un sujet sensible dans la mesure où une pression risque d’être exercée sur les auteurs afin que les marchés publics soient « correctement » adjugés. C’est la raison pour laquelle aucune institution n’ose assumer cette responsabilité, souligne Sega.

L’équipe de Meglena Kouneva, vice-première ministre en charge de la coordination des politiques européennes et ministre de l’éducation, est également réticente à l’élaboration de ce document après les scandales liés à la conclusion de contrats (s’élevant à moins de 20 000 leva) par le ministère de la culture avec certains médias sans concours, l’année dernière. Mme Kouneva était coordinatrice nationale de la préparation et de la tenue de la Présidence bulgare de l’UE jusqu’à l’adoption en août dernier d’un nouveau dispositif relatif à l’organisation de la présidence qui a attribué ce rôle de coordonnateur national à Boïko Borissov, Premier ministre.

Sega rappelle que l’organisation opérationnelle de la présidence bulgare relève de la compétence d’un Centre national, dirigé par le diplomate Lioubomir Ivanov. Hier ce centre a publié un concours pour la conception du logo de la présidence. Les candidats intéressés, bulgares ou étrangers, sont invités à déposer un projet d’ici le 30 décembre. Les résultats seront annoncés fin janvier et le prix de 10 000 leva sera remis au vainqueur.

« Tout Etat membre qui préside l’UE aspire à ce que le logo de sa Présidence reflète ses particularités nationales et mette en valeur ses côtés forts », a observé Lioubomir Ivanov. Il a appelé tous les Bulgares ou des personnes qui se sentent bulgares où qu’ils résident actuellement, amateurs ou professionnels dans les domaines de la communication visuelle et de la conception graphique, à participer.

Des représentants de l’Académie nationale des Beaux-Arts, de l’Union des journalistes, de la Nouvelle université bulgare, de l’Association bulgare des relations publiques, de l’Association bulgare des agences de communication, du Conseil des ministres, du ministère des Affaires étrangères et du Centre national de préparation de la présidence bulgare de l’UE participeront au jury. Les projets anonymes seront publiés sur le site de la Présidence bulgare et les noms des auteurs ne seront annoncés qu’après la publication du classement définitif. (tous journaux)

L’analyse

Projet de loi de finances 2017 : recettes fiscales réalisables et augmentation non-argumentée des dépenses

Hristina Voutcheva, vice-premier ministre et ministre intérimaire des finances (octobre 1994 – janvier 1995) et universitaire (1996-2009), analyse dans les colonnes de Sega le projet de loi de finances 2017, approuvé par le gouvernement il y a deux jours (voir aussi notre rubrique du 28 octobre 2016).

Les députés n’aiment pas débattre longuement des projets de loi de finances. Chaque année, ce débat est réduit au strict nécessaire : examen par la commission du budget et par la commission économique, suivi par un vote en séance plénière. Cette année également, le budget de l’Etat sera adopté dans les délais fixés par la loi : avant la fin de novembre, relève Mme Voutcheva.

Le projet 2017 n’est pas très différent de la loi de finances 2016. Les recettes sont structurées de la même façon : 87,6% de recettes fiscales en 2016 sur l’ensemble des recettes contre 87,3% en 2017 ; 12,4% de recettes non-fiscales en 2016 contre 12,7% en 2017. Il est prévu en outre que les recettes des impôts indirects diminuent au profit de l’augmentation des recettes d’impôts directs. Cela est principalement dû à l’accroissement des recettes de l’impôt sur le revenu (+170 M de leva), mais comme le projet de loi n’est pas accompagné de motifs, il est difficile de dire si cet accroissement est le fruit de la réduction du chômage, de la hausse des salaires dans les principaux secteurs ou de l’amélioration du recouvrement.

Concernant les recettes de l’impôt sur les sociétés, il est prévu qu’elles augmentent de 240 M de leva par rapport à 2016. Un objectif qui paraît réaliste au vu des prévisions de croissance du PIB qui sont d’environ 3 Mrd de leva. Par conséquent, il y a tout lieu d’admettre que les recettes fiscales projetées (19,2 Mrd de leva) seront perçues.

Tel n’est pas le cas cependant avec les recettes d’origine non-fiscale. Il suffit de rappeler que le prix demandé pour la mise en concession de l’aéroport de Sofia (600 M de leva), prévu dans la loi de finances 2016, n’a pas été perçu [Ndr : la procédure, lancée en mars 2016, n’a pas encore aboutie et le délai de dépôt d’offres a été récemment prolongé jusqu’au 20 novembre prochain].

Si la partie « recettes » du projet de loi, dans son volet fiscal, peut être considérée comme fidèle au programme du gouvernement, il n’en est pas de même pour la partie « dépenses ». L’analyse détaillée montre que les mauvaises pratiques d’affectation arbitraire de fonds publics continuent, sans prendre suffisamment en compte les politiques sectorielles et sans réel souci d’efficacité ni de pertinence. Il est à noter par exemple que le montant des dépenses inscrites dans le projet de loi de finances est inférieur de 1,6 Mrd de leva à celui des dépenses approuvées. Il faut en conclure qu’il s’agit d’une « réserve » pour le gouvernement. Toutefois, de telles pratiques comportent des risques puisque l’utilisation de cette « réserve » sera entièrement à la discrétion du premier ministre ou du ministre des finances. Le projet 2017 prévoit en outre 2,3 Mrd de leva pour les dépenses en capital sans donner la moindre explication quant à la nature et au sens de ces dépenses.

Bien que les gouvernants répètent sans cesse que l’éducation est une priorité, on ne le voit pas dans le projet. Aucun effort n’est fait pour endiguer l’accroissement disproportionné du taux des personnes sans éducation. Les secteurs de la défense et de la sécurité se taillent la part du lion.

Enfin, le projet de loi de finances 2017 atteste qu’il y a du sens à parler de réformes. A la suite de la réforme des retraites, le transfert du budget de l’Etat au budget de la sécurité sociale a été réduit de 6,1 Mrd à 4,7 Mrd de leva. Là où les réformes n’ont pas eu lieu, dans la santé et la police, ces transferts augmentent en 2017, conclut Mme Voutcheva. (Sega)

Dernière modification : 02/11/2016

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