Mercredi 20 mai

L’ANNONCE

LE GOUVERNEMENT CREE UNE STRUCTURE UNIQUE DE GESTION DES FONDS EUROPEENS
Hier, dans le cadre d’un débat public, consacré à l’approche bulgare des fonds européens pour la période 2014-2020, le ministre des finances, Vladislav Goranov, a annoncé la création d’une nouvelle structure de gestion des instruments financiers dont la Bulgarie bénéficiera au titre des nouveaux programmes opérationnels. Ce « fonds des fonds » comme il a été appelé par M. Goranov, assurera la gestion de financements s’élevant à 1,5 milliard de leva, octroyés à la Bulgarie sous forme de différents instruments financiers comme les facilités, les garanties ou les financements au titre de différents projets. Juridiquement, une société par actions simplifiée (SAS) sera créée auprès du ministère des finances. Ses règles de fonctionnement seront définies conformément à la législation européenne », a précisé le ministre. La mission du directeur de cette société consistera à élaborer les accords financiers avec les autorités de gestion des différents programmes opérationnels. Des intermédiaires financiers spécialisés dans la gestion des fonds réunis au sein de la nouvelle structure seront désignés en toute transparence, dans le respect des règles régissant les conflits d’intérêt.
M. Goranov a déclaré avoir obtenu l’accord de la Banque européenne d’investissement (BEI), de la Banque mondiale et de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) afin que celles-ci apportent leur soutien au gouvernement en vue de la création de la future structure ainsi que pour participer ensuite à son conseil d’administration. Or, des représentants du Fonds européen d’investissement, filiale de la BEI, ont précisé avoir été juste invités à cette étape à conseiller le gouvernement bulgare en vue de la création de cette structure sans que des informations plus approfondies leur aient été fournies. Mediapool.bg rappelle que Victoria Aliata di Falca, directrice chargée du renforcement de la capacité administrative à la direction générale de la politique régionale de la Commission européenne, avait récemment évoqué la possibilité que la Bulgarie crée une structure permettant de réunir tous les instruments financiers à condition que celle-ci soit gérée par une banque possédant l’expérience requise. M. Goranov a évoqué la possibilité que la gestion du trésor soit confiée à la Banque nationale de Bulgarie, sans marché public.
Enfin, selon M. Goranov, ce « fonds des fonds » permettrait de dégager des économies d’échelle et d’acquérir de l’expérience dans la gestion d’instruments financiers. Toutefois, selon des banquiers, cités par mediapool.bg, son objectif serait tout autre : « confier l’argent européen aux banques favorites des gouvernants » sans que celles-ci aient passé les « stress tests » de la Banque centrale européenne, une procédure que le gouvernement prévoit pour 2016 au lieu de fin 2015 comme le requiert la Commission européenne. (Tous journaux, mediapool.bg)

L’ÉTUDE

LA BULGARIE EST LE PAYS D’EUROPE QUI COMPTE LE PLUS DE JEUNES DÉSCOLARISES, AU CHÔMAGE OU INACTIFS

Un sondage sociologique sur le phénomène des NEETs (acronyme de Not in Education, Employment or Training), désignant en général un concept regroupant tous les jeunes de 15 à 24 ans qui ne sont engagés ni dans un emploi, ni dans des études, ni dans une formation, a été réalisé en Bulgarie à la demande de l’UNICEF. La Bulgarie compte 22% (170 000 des 750 000 jeunes entre 15 et 24 ans) de jeunes déscolarisés, au chômage ou inactifs contre une moyenne de 12,9% pour l’Union européenne, selon les résultats de cette étude, présentés dans le cadre d’une conférence en la présence du vice-premier ministre et ministre du travail et de la politique sociale, Ivaïlo Kalfin.
47% des NEETs bulgares ont abandonné l’école, 64% habitent la campagne ou une petite ville et 51% appartiennent aux minorités rom et turc. 55,4% sont au chômage alors que 44,6% sont considérés comme n’étant pas actifs économiquement dans la mesure où ils ne sont pas inscrits aux bureaux de l’Agence pour l’emploi. 44% des jeunes Bulgares déscolarisés, au chômage ou inactifs sont dans cette situation depuis plus d’un an, essentiellement à cause de l’absence d’expérience sur le marché du travail. 67% n’ont aucune expérience alors que 69% des NEETs ne sont pas qualifiés. L’étude démontre également que ces jeunes ne savent pas comment et où chercher du travail : 84% considèrent les contacts personnels comme étant le seul moyen d’y accéder ; 14% ont entendu parler des programmes de l’Agence pour l’emploi et 4% en ont profité. L’absence de motivation demeure le problème le plus important : 16% seulement souhaitent poursuivre leurs études par rapport à 66% des jeunes scolarisés et actifs.
La famille et le milieu de vie sont mentionnés par l’étude comme des facteurs déterminants pour qu’un jeune se retrouve dans le groupe des NEETs. Les jeunes issus de familles défavorisés (risque de violence, d’addiction à l’alcool ou aux stupéfiants) ou grandissant sans parents sont particulièrement vulnérables. Le bas niveau de vie, la monotonie de la vie dans les petites localités, le manque de loisirs et la peur de la grande ville sont également des facteurs à l’origine de ce phénomène, souligne Natalia Gueorguieva, conseil à UNICEF. La représentante de l’UNICEF en Bulgarie, Tania Radocai, a précisé que ce phénomène ne concerne que la Bulgarie et la Roumanie mais se généralise à cause des conflits militaires comme celui dans le Proche-Orient. Près de 7,5 millions de jeunes entre 15 et 24 ans sont en situation de NEET en Europe. (Capital Daily, Standart)

L’INVESTISSEUR

LUKOIL INAUGURE UNE NOUVELLE INSTALLATION A LA RAFFINERIE DE BOURGAS POUR 1,5 MILLIARDS DE DOLLARS

L’entreprise Lukoil a inauguré aujourd’hui sa nouvelle installation de transformation de résidus pétroliers lourds, implantée sur le territoire de la raffinerie Lukoil-Neftochim à Bourgas. Selon la presse, cet investissement de 1,5 milliard de dollars est l’un des plus importants des investissements étrangers effectués en Bulgarie ces dernières années.
A cette occasion, Vagit Alekperov, président du groupe russe Lukoil pour l’Europe, s’est rendu en Bulgarie. Hier, il a rencontré tour à tour le président de la République Rossen Plevneliev et le premier ministre Boïko Borissov pour leur présenter le programme d’investissement de grande envergure du géant pétrolier russe en Bulgarie. « Je les ai assurés, souligne M. Alekperov dans une interview pour Standart, que grâce à nos investissements, le marché bulgare peut avoir la garantie de disposer de carburants de la plus haute qualité ».
Devant le premier ministre, M. Alekperov a soulevé la question de la concurrence déloyale sur le marché bulgare de la part de sociétés important de pays voisins des carburants de basse qualité où ceux-ci sont exonérés d’impôt. « J’étais vraiment surpris d’apprendre qu’en Bulgarie fonctionnent 30 000 stations-services pour une population de 7 millions d’habitants. A titre de comparaison, en Russie, il n’y a que 26 000 stations-services pour 140 millions d’habitants », indique le président de Lukoil tout en ajoutant qu’il avait insisté devant M. Borissov pour que l’Etat bulgare garantisse un traitement égal à l’égard de tous les acteurs opérant sur le marché de combustibles en Bulgarie. « Tous les entrepôts doivent être signalés par un marquage et dotés d’équipements de mesure. Le poids fiscal doit être uniforme pour tous ».
Grâce à la mise en exploitation de la nouvelle installation, explique plus loin M. Alekperov, la raffinerie de Bourgas, qui ne transforme à présent que du pétrole russe, commencera à transformer également du pétrole plus lourd en provenance des gisements de Lukoil à Kirkouk et Bassora, en Irak. Selon les plans du groupe, près de 50% et même plus de la production de Lukoil-Neftochim sera dédiée à l’exportation. Les carburants seront surtout écoulés vers les marchés des pays balkaniques sur lesquels Lukoil est activement présent. Rien qu’en Turquie, le groupe possède quelque 700 stations-services. [Ndr : en Bulgarie, Lukoil a implanté un réseau de 221 stations-service, dont la dernière a été inaugurée hier].
Interrogé sur l’impact des mesures occidentales contre la Russie, M. Alekperov souligne que les sanctions, mais aussi la chute des prix du pétrole, ont forcé Lukoil à mettre fin à certains projets d’infrastructure. Toutefois, l’investissement dans la nouvelle installation en Bulgarie avait été lancé bien avant. (Standart, Pressa, dariknews.bg)

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Dernière modification : 20/05/2015

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