Mercredi 23 avril

LE PROJET

MINISTRE VIGUENINE : LA BULGARIE FERA TOUT CE QUI DEPEND D’ELLE POUR LA MISE EN ŒUVRE DE SOUTH STREAM

Dans un entretien accordé hier à l’agence russe ITAR-TASS et cité par les sites de Sega et mediapool.bg, le ministre des Affaires étrangères Kristian Viguenine déclare que la Bulgarie ne renoncera pas à la réalisation du projet de gazoduc South Stream. L’unanimité règne sur cette question en Bulgarie, assure-t-il, non seulement au sein du gouvernement et des partis au pouvoir, mais aussi au sein de l’opposition.
« Notre désir est d’aider l’Ukraine à se stabiliser, mais nous voyons que la situation dans ce pays a peu de chances de se calmer dans une perspective suffisamment longue. Il ne faut pas que la Bulgarie et plusieurs autres Etats membres de l’Union européenne deviennent des otages de cette instabilité politique, économique et financière. Voilà pourquoi nous mettons d’abord les intérêts des citoyens européens, y compris bulgares, et nous ferons tout ce qui dépend de nous pour la mise en œuvre de South Stream ».
Plus loin, M. Viguenine souligne qu’un grand problème pour la Bulgarie et certains autres Etats membres de l’Union européenne reste le fait qu’ils sont presque entièrement dépendants du gaz russe et il est important, pour ces pays, d’avoir accès à d’autres sources d’approvisionnement. South Stream, relève M. Viguenine, revêt une autre importance : sans diversifier la source d’approvisionnement, il offre un trajet alternatif.
« Voilà pourquoi, lorsque nous parlons de sécurité énergétique, il est important que l’arrivée du gaz russe en Bulgarie ne dépende pas de pays transitaires. C’est ce qui rend le projet particulièrement appréciable pour la Bulgarie et nous ferons tout ce qui est possible pour qu’il voie le jour », conclut le ministre. (Sega, mediapool.bg)

LES ELECTIONS

15 PARTIS, 6 COALITIONS ET 6 CANIDATS INDEPENDANTS EN LICE

A l’issue de l’expiration, hier, des délais d’enregistrement des partis, des coalitions et des comités d’initiative, ainsi que de leurs listes, la presse rend compte des concurrents qui mesureront leurs forces aux élections européennes, le 25 mai prochain.
Les 15 partis ayant enregistrés des listes et leurs têtes de liste sont comme suit (par ordre d’inscription auprès de la Commission électorale centrale) :
- le GERB : Tomislav Dontchev
- l’Unité bleue : Nadejda Neïnski
- « Bulgares pour une alternative à la peur, au totalitarisme et à l’apathie » (BASTA) : Miroslav Naïdenov
- le Parti communiste bulgare : Vassil Kolarov
- Ataka : Volen Siderov
- la Gauche bulgare : Margarita Mileva
- le Mouvement pour les droits et libertés (MDL) : Filiz Hiousmenova
- le Front national pour le Salut de la Bulgarie : Valeri Simeonov
- la Voix du peuple : Hristo Laftchiev
- Les Verts : Atanas Tchobanov
- l’Union des communistes en Bulgarie : Tsvetomir Stoyanov
- le Parti vert : Mintcho Hristov
- le Parti chrétien-démocrate de Bulgarie : Irina Abadjieva-Reputz
- le Parti des Verts : Valentin Simov
- le Parti national patriotique bulgare : Peter Manolov
Les six coalitions qui prendront part aux élections et leurs têtes de liste sont comme suit :
- le Bloc réformateur : Meglena Kouneva
- la Coalition de « Bulgarie sans censure » : Nikolaï Barekov
- la Coalition KOD : Antonia Parvanova
- la Coalition pour la Bulgarie (PSB eu autres partis) : Sergueï Stanichev
- la Coalition ABC : Ivaïlo Kalfine
- la Coalition des partis nationalistes en Bulgarie : Simeon Kostadinov
Les candidats indépendants, dont les candidatures sont soutenues par des comités d’initiatives, sont au nombre de six :
- Victor Papazov (économiste et financier, un des fondateurs de la bourse des valeurs en Bulgarie) ;
- Roumiana Valtcheva Ougartchinska-Vincenti (journaliste établie en France)
- Alexander Alexiev (analyste politique, établi pendant de longues années aux Etats-Unis)
- Nikolaï Yovev (24 ans, se définit comme « nationaliste »)
- Evguenia Baneva (femme d’affaires)
- Yanaki Gantchev (participant aux manifestations contre les monopoles en février 2013).
Sega relève l’absence de représentants de la société civile en tête des listes des partis politiques. A quelques exceptions près, on n’y voit que les chefs des formations respectives. Par ailleurs, souligne ce journal, un examen de leurs plateformes électorales montre des paroles creuses et des promesses banales, l’absence d’engagements concrets quant à l’activité future des candidats et un débat orienté vers l’actualité nationale et non européenne.
Ainsi par exemple, la plateforme électorale du GERB montre que toute sa campagne sera construite sur son opposition au PSB. Le parti brigue six mandats.
La plateforme de la Coalition pour la Bulgarie, intitulée « Pour une Europe sociale », revendique une vie dans la dignité pour chaque citoyen et une économie réelle encourageant la croissance et la création d’emplois. L’ambition des socialistes est d’obtenir six mandats.
Les messages « européens » de l’ABC parlent d’entente nationale, de renouveau de l’Etat bulgare, de restructuration de l’économie bulgare, etc.
Le MDL, pour sa part, a mis toute son énergie à argumenter l’inscription sur la liste de Delian Peevski au lieu de développer des idées européennes, observe Sega. L’ambition du parti est d’avoir au moins trois sièges au PE.
Ataka annonce sa détermination de travailler en faveur d’une « Europe des nations souveraines ».
Le populisme atteint son apogée dans les messages électoraux de la coalition structurée autour du parti « Bulgarie sans censure ». Toute la campagne de son leader Nikolaï Barekov repose sur des thèmes de politique intérieure et sur la nostalgie du socialisme. L’ancien journaliste promet, s’il est élu au Parlement européen, de rétablir l’ancien nom de la Bulgarie (République populaire de Bulgarie), faire ressusciter les anciennes coopératives agricoles (TKZS), soumettre à un contrôle total les opérateurs de services publics (appelés « monopoles »), etc.
La seule formation qui présente des engagements concrets, directement liés à l’activité du Parlement européen et des institutions européennes, est le Bloc réformateur, observe Sega. Les réformateurs ont l’ambition de travailler activement en vue de la création d’une union européenne de l’énergie et pour une négociation centralisée des prix du gaz entre l’UE et le fournisseur russe. Le Bloc se pose également pour tâche de travailler en faveur de l’adhésion de la Bulgarie à l’espace Schengen et à la zone euro, ainsi que de soutenir la mise en place d’une union bancaire européenne. (24 Tchassa, Sega)

L’ANALYSE

UNE OLIGARCHIE DEMOCRATIQUE ENVAHIT L’EUROPE CENTRALE ET DE L’EST

Dans les pages de Sega, le politologue Antoniï Todorov se livre à une analyse du projet européen et des modèles de démocratie.
Après le Traité de Maastricht (1992), écrit-il, le projet européen est devenu un projet de démocratie, celle-ci étant conçue à la fois comme locale, nationale et supranationale. Il était évident que le marché unique, soutenu par des forces assez importantes (groupes économiques, banques, élites politiques et autres acteurs orientés vers le marché) n’arrivait plus à passionner les citoyens et à combler le déficit d’équité sociale.
Vingt ans après, ce projet de démocratie est encore loin d’être réalisé : l’Union européenne n’a pas encore atteint le niveau d’une gouvernance démocratique supranationale, transparente et équitable. Le plus souvent les gouvernements des « nouvelles démocraties » en Europe centrale et de l’Est, y compris en Bulgarie, sont dépendants d’intérêts économiques puissants qui arrivent, via les médias qu’ils contrôlent, à créer une opinion qui leur est favorable. Ce modèle de gouvernance est en train de se généraliser et l’Occident n’est pas immunisé contre lui.
Après la longue hégémonie de l’idéologie économique néo-libérale, selon laquelle les marchés libres sont les seuls à pouvoir aboutir à un équilibre d’équité au sein des sociétés, celles-ci sont devenues les otages de l’idée que l’argent est tout puissant et qu’il peut même faire régner la démocratie.
C’est ainsi que dans quelques pays, de façon tout à fait démocratique, sont venus au pouvoir des leaders particulièrement nantis : en Géorgie, en Slovaquie, en Lettonie. Ce modèle existait également en Ukraine et s’y reproduira très probablement, puisque le favori de l’opinion publique pour les élections présidentielles est un oligarque.
Dans d’autres pays, des leaders très conservateurs ont été portés au pouvoir, propulsés par des médias puissants et une démagogie populiste. Ils prônent le retour aux valeurs traditionnelles (nationales) et une main de fer à la barre de l’Etat. Pour ce type de leaders, l’ordre et la sécurité priment sur les droits et les libertés, la matraque est plus efficace que la prévention. Eux aussi, ils arrivent au pouvoir à l’issue d’élections pluripartites, libres et démocratiques. Tel est le cas de la Hongrie.
Loin d’être des cas isolés, ces modèles annoncent l’avènement de quelque chose de particulièrement dangereux, notamment la mise en place de formes durables de démocratie oligarchique. Il s’agit d’une gouvernance ancrée sur la main de fer, la richesse et le contrôle des médias. Dans un tel système, les citoyens deviennent des spectateurs. Ils ont le droit d’élire, mais jamais de participer à la prise de décisions. Du point de vue formel, la démocratie fonctionne : le pouvoir appartient à la majorité bien qu’il ne soit ni au profit de la majorité, ni réalisée par celle-ci. Certains parlent de « démocratie de façade », mais il s’agit en fait d’un lien plus tenace entre gouvernance oligarchique et procédures démocratiques. Pourtant, il n’existe pas de démocratie réelle sans la participation directe et efficace des citoyens, conclut M. Todorov. (Sega)

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Dernière modification : 23/04/2014

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