Mercredi 26 novembre

LA DETTE
LA BULGARIE CHOISIT QUATRE BANQUES POUR LA SOUSCRIPTION D’UN CREDIT-RELAIS

La Bulgarie a choisi quatre banques, à savoir Citi, HSBC et les filiales bulgares de Société Générale et d’Unicredit, pour obtenir un crédit-relais d’ici la fin de l’année, a annoncé l’agence Reuters, se référant à deux sources participant aux négociations. Les banques retenues devront assurer 1,3 milliards d’euros au pays.
Récemment, l’Assemblée nationale avait donné son autorisation au gouvernement d’augmenter la dette publique de 4,5 milliards de leva pour combler le déficit budgétaire de cette année et soutenir le système bancaire après l’effondrement de la banque KTB (voir notre revue du 18 novembre).
Pour couvrir les dépôts garantis à la KTB, l’Etat devra allouer au Fonds de garantie des dépôts bancaires 2 milliards de leva, rappelle l’agence. Un milliard de leva sera affecté au refinancement de l’aide d’Etat consentie en juin dernier à la First Investment Bank (Fibank) sous forme d’un dépôt d’Etat de 1,2 milliard de leva. A cette époque, la Fibank, victime d’un retrait massif de dépôts à la suite des événements autour de la KTB, avait manqué de liquidité. Hier, la Commission européenne a confirmé la conformité de cette aide d’Etat aux règles européennes et a autorisé la Bulgarie à prolonger l’échéance du dépôt d’Etat pour une durée maximale de 18 mois.
Le ministère des finances a refusé de commenter l’information de Reuters en déclarant que les noms des banques prêteuses ne seront rendus publics qu’après leur validation par le gouvernement.
Selon Reuters, quelque 19 établissements de crédit ont témoigné de l’intérêt à l’égard de l’octroi de fonds à la Bulgarie qui seront refinancés en février-mars 2015, en fonction de la situation sur les marchés, par une émission d’euro-obligations. Le ministre des finances Vladislav Goranov soumettra au gouvernement dès aujourd’hui un plan des emprunts d’investissement et des garanties d’Etat pour 2015. L’agence rappelle également les propos du ministre qu’en 2015 le déficit budgétaire ne dépassera pas 3% du PIB et qu’il restera conforme aux règles européennes. (dnevnik.bg, http://www.reuters.com/article/2014/11/25/bulgaria-debt-idUSL6N0TF2P320141125)

LE COMMENTAIRE
LE SPECIALISTE DU MONDE ARABE BOYAN TCHOUKOV COMMENTE L’OPERATION DES FORCES DE L’ORDRE CONTRE L’ISLAM RADICAL

Interrogé par Club Z au sujet de l’opération de police, entreprise hier contre l’islam radical en Bulgarie (voir notre revue de presse du 25 novembre), Boyan Tchoukov, spécialiste du monde arabe, a appelé à « ce que cela ne choque pas et ne provoque pas d’hystéries ». Il a souligné que « des opérations similaires sont mises en place tous les six mois en France » et que « la situation en Grande Bretagne est encore plus tendue, la ministre de l’intérieur britannique, Theresa May, ayant récemment qualifié la situation comme la plus grave depuis le 11 septembre 2011 ».
Selon M. Tchoukov « l’apparition de la Daech a impliqué que des contrôles de ce genre fassent partie intégrante de l’ordre du jour des sociétés européennes ». En revanche, « la pratique européenne est celle de la transparence et de la communication à l’égard de la société civile. Le ministre de l’intérieur, les chefs des différents services participant aux opérations ou les procureurs rendent compte à la société ». Les autorités bulgares devraient tout simplement adopter une pareille approche bien que leurs omissions s’expliquent par le fait qu’il y a beaucoup de djihadistes en Europe tandis que leur nombre en Bulgarie est de zéro selon les données officielles. Cette constatation implique qu’on s’interroge pourquoi il y a plus de 3000 djihadistes en Europe occidentale ainsi que dans certains pays des Balkans alors qu’il n’y en a pas dans les pays de l’Europe orientale, ainsi qu’en Roumanie, en République tchèque et en Pologne et en Hongrie. L’une des explications parmi d’autres serait selon M. Tchoukov le fait que dans les pays postcommunistes, avant la chute du régime, les musulmans avaient été encadrés par les forces de l’ordre.
« La situation à Pazardjik demeure cependant très curieuse. Elle porte les traits caractéristiques de certains pays des Balkans comme le Kosovo, l’Albanie et la Macédoine. Depuis les années 1990, les roms de Pazardjik sont enrôlés par des fondations iraniennes et saoudiennes sans que l’Etat bulgare ait su trouver les moyens appropriés pour y faire face. », a-t-il conclu.
La presse bulgare informe qu’il est attendu que le parquet et l’Agence d’Etat de sécurité nationale (DANS) rendent compte de ladite opération de police du 25 novembre plus tard dans l’après-midi. (clubz.bg)

LA POLEMIQUE
LE RESEAU DE PROTESTATION SAISIT LA JUSTICE CONTRE LE GOUVERNEUR DE LA BNB

Un groupe de protestataires de l’organisation « Réseau de protestation » a saisi le procureur général Sotir Tsatsarov d’une demande d’enquête à l’encontre du gouverneur de la Banque nationale de Bulgarie (BNB) Ivan Iskrov pour manquement à ses obligations dans l’affaire KTB. Les auteurs de la demande ont remis à M. Tsatsarov une analyse détaillée du droit national et européen en la matière. Selon le « Réseau de protestation », c’est unе absurdité juridique que d’affirmer que le seul responsable de la situation avec la banque en faillite soit le gouverneur adjoint de la BNB chargé du contrôle prudentiel. « Le gouverneur de la banque centrale porte une responsabilité politique. Il répond de la stabilité bancaire », a déclaré le représentant de cette organisation Nikolaï Staïkov (cité d’après Dnevnik).
En juin dernier, sur un signalement déposé par le Réseau de protestation, le parquet avait ouvert une enquête contre le sous-gouverneur aux missions prudentielles, Tsvetan Gounev, mis en examen depuis pour infractions pénales commises dans l’exercice de ses fonctions.
Fin octobre, le parquet a auditionné dans le cadre de cette procédure une vingtaine d’agents du département de contrôle prudentiel de la BNB, mais le gouverneur Ivan Iskrov n’a jamais été convoqué.
Par ailleurs, une cinquantaine de personnes ont protesté lundi soir devant les bureaux du procureur général en criant « démission » et « mafia ». La raison de leur mécontentement était le scandale déclenché par la disparition des carnets de l’ancien président de la commission pour la prévention des conflits d’intérêt, Filip Zlatanov, receuillis comme preuves dans le cadre de l’affaire pénale engagée contre lui pour abus de pouvoir. Comme les derniers rebondissements de cette affaire avaient laissé planer des doutes selon lesquels le parquet aurait falsifié certaines pages de ces carnets (par exemple les initiales DP auraient été présentées comme le chiffre 10), de multiples critiques ont été adressées à l’égard du parquet.
« On veut me mettre au pied du mur, mais je ne brandirai pas le drapeau blanc », a lâché M. Tsatsarov. A la demande des journalistes d’être plus précis, le procureur général a souligné que la pression vient de la part de personnes « qui exercent en ce moment le pouvoir ou l’ont exercé ». « Mais je ne me sens pas seul. Si un jour je me sens seul, je ferai mes bagages et je quitterai le parquet, a-t-il conclu (cité d’après Pressa). (dnevnik.bg, Pressa)

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Dernière modification : 26/11/2014

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