Mercredi 26 octobre

L’interview

L’activité électorale des Bulgares à l’étranger est en hausse

L’Assemblée nationale a adopté aujourd’hui en deuxième lecture les amendements de deux dispositions au Code électoral concernant le plafonnement du nombre de bureaux de vote à l’étranger et le mode de prise en compte de la case « je ne soutiens personne » dans le calcul des résultats électoraux [Comme convenu et selon les modifications agréées entre les partenaires de la majorité, le plafonnement à 35 par pays du nombre des bureaux de vote à l’étranger sera supprimé dans les Etats membres de l’UE. La restriction devrait en revanche rester en vigueur pour la Turquie et l’Amérique du Nord. Concernant la case, elle sera prise en considération uniquement au décompte des voix dans le résultat électoral pour les élections à mode de scrutin majoritaire. En revanche, pour les scrutins de liste, tels que les élections législatives, les dispositions adoptées en mai resteraient inchangées : les bulletins cochés avec la case « je ne soutiens personne » seraient donc décomptés comme valides pour déterminer le taux de participation mais exclus du décompte des voix] ( voir les revues de 14, 17et 18octobre).

Selon certains mathématiciens l’introduction de la case « je ne soutiens personne » est une catastrophe, car elle impose le changement du logiciel de décompte au dernier moment. Mais selon le porte-parole de la Commission centrale électorale, ce problème pourrait être résolu. Dans une interview pour 24 tchassa il revient sur l’organisation du jour du vote et du débat suscité par les amendements au Code électoral au dernier moment. Malgré les nombreuses critiques envers l’introduction de la case « je ne soutiens personne », c’est une décision qui pourrait être justifiée par l’introduction du vote obligatoire. On ne peut pas obliger les gens à choisir un candidat parmi ceux qui sont désignés s’ils ne le souhaitent pas, explique l’expert. Et il précise qu’il ne faudrait pas mettre un signe d’égalité entre le choix de cocher cette case et le vote protestataire. Un électeur pourrait voter pour un certain candidat comme un signe de protestation ou voter blanc, tandis que cocher cette pourrait signifier qu’il n’est convaincu par aucun des candidats se présentant à l’élection.

Le manque de confiance dans les institutions est l’un des problèmes largement connu de la vie politique bulgare. Et ceci n’a pas besoin d’être prouvé par une procédure électorale, tranche M. Tomov. Plutôt que de spéculer sur les modalités de décompte de cette case, il propose d’analyser la signification du choix « je ne soutiens personne » comme un révélateur du degré de manque de confiance dans le système politique.

Quant au deuxième amendement concernant le plafonnement du nombre de bureaux de vote à l’étranger, M. Tomov qualifie d’infondés les propos de certains hommes politiques et politologues selon lequel le vote des Bulgares à l’étranger est si faible en terme de voix qu’il peut ne pas être pris en compte. Lors des dernières élections, plus de 140 000 Bulgares à l’étranger ont exercé leur droit de vote, soit bien plus que dans beaucoup de circonscriptions du pays, précise l’expert. En plus, la moyenne des gens qui exercent leur droit de vote dans les bureaux à l’étranger est traditionnellement plus élevée que la moyenne relevée dans les bureaux à l’intérieur de la Bulgarie.

Selon M. Tomov, une hausse de l’activité électorale des Bulgares à l’étranger peut être observée lors de ces dernières années et il convient donc de ne pas sous-estimer ce vote. Il s’inscrit aussi en faux contre l’idée largement répandue selon laquelle les électeurs les plus actifs sont en Turquie. La participation des Bulgares vivant en Europe Occidentale et en Amérique du Nord a été en hausse constante ces dernières années, tandis que celle des Bulgares de Turquie a atteint son point culminant et est plutôt en baisse depuis 6 ou 7 ans, précise l’expert. (24 tchassa, dnevnik.bg, focus-news.bg)

L’intégration

Lе maintien des Roms à l’école reste un sujet de préoccupation pour les autorités bulgares

Le Centre pour l’intégration éducative d’enfants et élèves issus des minorités ethniques (CIEEEME, agence nationale sous l’autorité du ministre de l’éducation, créée en 2005) a entamé la mise en œuvre d’un projet pilote d’octroi de bourses aux lycéens d’origine rom en Bulgarie. Le budget prévu d’un million de leva sur deux années scolaires (2016-2018) sera financé par le ministère de l’éducation et de la science (40%) et le Fonds éducatif rom (60% ; Ndr : fonds international basé à Budapest, soutenu par plusieurs pays, la BCE et la Banque mondiale).

L’idée du projet est d’octroyer des bourses de 60 leva par mois à des lycéens roms en vue d’assurer leur maintien à l’école et l’achèvement du cycle secondaire. Parmi les critères d’éligibilité figurent une déclaration d’autodétermination comme Rom, une attestation de revenu des parents et une moyenne de 3,50 au moins de résultat scolaire (sur un barème allant de 2 à 6). On estime que le projet couvrira, en deux ans, quelque 700 élèves roms (moitié garçons, moitié filles).

Des parents de Dobritch ont vu tout de suite dans la nouvelle initiative une « tentative de discrimination selon l’origine ». Il n’est pas juste que les élèves d’origine ethnique bulgare touchent des bourses de 35 à 50 leva uniquement en cas d’un excellent résultat à l’école (une moyenne d’au moins 5,50) et que les Roms soient gratifiés d’un montant supérieur (60 leva) pour une performance inférieure.

Hier, en écho à ces accusations, la ministre de l’éducation et de la science, Meglena Kouneva, s’est expliquée sur bTV. « En 2020, les Roms représenteront 25% du marché du travail en Bulgarie. Les personnes sans instruction et sans soutien deviendront un fardeau insoutenable pour le système social. Demain, ils pèseront sur vos enfants ». Les élèves roms et bulgares ne bénéficient pas de chances égales. Par exemple, les enfants issus de familles roms ne parlent pas le bulgare. Par conséquent, l’objectif de ce projet est de tenter d’ajuster ce départ inégal, a indiqué Mme Kouneva. Les investissements qu’on fait aujourd’hui dans l’éducation des adolescents roms réduiront demain les allocations de chômage et les pensions de retraite minimum garanties, a-t-elle argué.

Sega indique qu’un projet similaire a été récemment réalisé par l’association Amalipé – Centre pour le dialogue interethnique. A cette différence près que les bourses octroyées, 60 leva par personne, étaient versées en nature (cartes de transport et manuels scolaires). Sur les 150 lycéens couverts par le programme dans tout le pays, seuls deux n’ont pas réussi à terminer leurs études secondaires.

Un rapport récent de la Cour des comptes (19 octobre 2016) fait état des résultats de l’audit sur la mise en œuvre des politiques nationales en matière d’intégration éducative des enfants et élèves issus des minorités ethniques. Couvrant une période de trois ans, 2012-2014, ce rapport constate l’absence d’efficacité des actions entreprises à l’égard de la communauté rom (la troisième plus grande minorité ethnique en Bulgarie : 4,9% de la population du pays ou 325 343 personnes selon le recensement national de 2011).

Les auditeurs indiquent que 26 M de leva ont été utilisés pour le financement de la mise en œuvre de la Stratégie nationale d’intégration éducative des enfants et des élèves issus des minorités ethniques, dont 21,4 M de leva assurés par le programme opérationnel « Développement des ressources humaines », 1,2 M de leva en provenance d’autres sources européennes et 3,4 M de leva en provenance du budget du CIEEEME. A côté des lacunes constatées au niveau du cadre juridique (absence d’une norme éducative nationale et de règles d’intégration), ils pointent du doigt le manque de coordination entre les différents acteurs (institutions publiques, collectivités locales, ordonnateurs secondaires, etc.), le faible contrôle réalisé par les inspections régionales du ministère de l’éducation et de la science, l’absence d’un système adéquat d’évaluation des projets financés par le CIEEEME, l’absence de critères rigoureux susceptibles de prévenir les pratiques de corruption et l’octroi de fonds à des initiatives orientées vers un nombre minime d’enfants et adolescents des minorités ethniques, etc. (http://www.bulnao.government.bg, Sega, Douma)

Le commentaire

Tichomir Bezlov : Il est facile d’accuser mais difficile de condamner en Bulgarie

En pleine campagne électorale le parquet s’est activé autour du projet Belene : quatre mises en examens sont intervenues en moins d’une semaine, notamment celles de deux anciens directeurs de la NEK et de deux anciens ministres de l’économie et de l’énergie, Peter Dimitrov (2007-2009) dans le gouvernement de la coalition tripartite, membre du PSB à l’époque, et Delian Dobrev (2012-2013), dans le gouvernement Borissov I, membre du GuERB, actuellement président de la commission parlementaire de l’énergie. Beaucoup d’hommes politiques, d’analystes et de journalistes voient des objectifs électoralistes derrière ces pressions du parquet.

Or, selon Tichomir Bezlov du Centre d’études de la démocratie, il est légitime que des efforts soient consentis pour identifier les coupables d’un projet qui a englouti plus de 2 milliards de leva jusqu’à maintenant et continue de générer des dépenses (plus d’un 1,2 Mrds de leva après la condamnation de la Bulgarie par la Cour d’arbitrage de Genève en juin dernier). Une réaction du parquet, deux mois après le prononcé, si l’on considère juillet et août comme les vacances d’été, devenait inévitable et la longue procédure d’arbitrage aura permis d’identifier les acteurs impliqués dans ce projet ainsi que leur contribution aux pertes pour la Bulgarie.

On aurait pu croire un instant la thèse de la pression politique, au moment de la mise en cause de l’ancien ministre socialiste, Petar Dimitrov (voir la rubrique du 19 octobre), mais après celle de l’ancien ministre du GuERB, Delian Dobrev (voir la rubrique du 25 octobre), l’équilibre semble rétabli. L’intervention du parquet prend de plus en plus de sens, d’autant plus que les deux mises en examen ont l’air fondées et reposent sur des faits irréfutables. Le parquet devrait poursuivre dans cette direction, et la porte-parole du ministère public, Roumiana Arnaoudova, l’a déjà fait comprendre en déclarant l’imminence d’autres mises en cause, dans la mesure où les versements d’argent au titre du projet Belene se sont poursuivis pendant les mandats de deux gouvernements dont un intérimaire. Il devient donc évident qu’il est question de rendre une certaine justice.

Le grand problème de la Bulgarie c’est que depuis 26 ans aucun ministre n’a été condamné, quel que soit le montant de l’abus, en millions ou en milliards, quels que soient les magistrats en chargé de ces affaires et la personnalité du procureur général. Des affaires qui semblaient avoir toutes les chances d’aboutir à une condamnation, comme l’affaire contre Nikolaï Tsonev, ancien ministre de la défense (2008-2009, coalition tripartite) impliquant le secrétaire général du ministère des finances, Tentcho Popov, et le juge Petar Santirov, ou celle contre Tsvetan Tsvetanov, ancien vice-Premier ministre et ministre de l’intérieur (2009-2013) et actuel vice-président du GuERB, se sont résolues par des acquittements. Il est à espérer que l’élargissement du cercle des personnes accusées dans le cadre de l’affaire Belene permettra de rendre justice, conclut Tichomir Bezlov. (Standart)

Rubrique France

Standart et 24 Tchassa informent que des tisseuses de Kostandovo, région de Pazardjik, commencent à travailler sur un projet de deux tapis de l’artiste bulgare Nadia Parpoulova, destinés à décorer le palais de Versailles.

Monitor et Standart annoncent la participation de dix long-métrages français à la 30e édition de Kinomania du 17 novembre au 1er décembre prochains.

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Dernière modification : 24/11/2016

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