Mercredi 28 février

Politique

Après avoir affirmé plusieurs jours durant que le rachat de ČEZ était une affaire privée et que l’Etat ne pouvait pas intervenir, le premier ministre Borissov y a vu hier une brillante « opération d’orfèvre » visant son renversement du pouvoir. Après avoir demandé le matin à son homologue tchèque Andrej Babiš de l’information précise au sujet de la vente de ČEZ Bulgarie, M. Borissov s’est rendu l’après-midi au parlement avec les documents reçus. (tous media)

Lors d’une conférence de presse improvisée, il a regretté d’avoir « sous-estimé la situation » en pensant qu’il s’agissait d’un marché conclu dans un autre pays, entre deux entreprises privées. « Quelle était ma surprise en ouvrant le dossier envoyé par le premier ministre tchèque : sociétés offshore russo-géorgiennes, banques russes, banques bulgares qui, avant, pour une certaine raison, avaient connu des problèmes… ». M. Borissov en a conclu que quelqu’un voulait reproduire les événements de février 2013, date de la démission du premier gouvernement Borissov, avec les mêmes éléments (ČEZ, l’électricité, les propos populistes), mais inscrits dans un nouveau scénario : « On laisse entendre que, moi et le gouvernement, nous participons, dans les coulisses, dans une affaire ténébreuse. Non seulement nous ne participons pas, mais nous n’avons aucune influence sur et aucun lien avec ce sujet », a indiqué M. Borissov. (vesti.bg)

Répondant plus loin aux attaques du PSB quant à l’implication de la Banque bulgare de développement, M. Borissov a indiqué qu’il avait demandé des explications au directeur de cet établissement public, Stoyan Mavrodiev : « Il m’a dit qu’il y a quelques mois, quelqu’un lui avait demandé si la banque pouvait, au cas où, éventuellement, financer ou refinancer. Mais [cette banque] n’a pas envoyé de lettres, ni assumé d’engagements ». (vesti.bg)

« Non, cette fois-ci, il n’y aura pas de démissions et je vous promets de mettre à nu tout ça ! […] C’est tout ce que je peux vous dire, nous ne sommes impliqués d’aucune manière. Une brillante opération d’orfèvre, un coup monté contre nous au bon moment, quand ils savaient que nous étions à l’étranger pour plusieurs jours, que notre esprit était tellement occupé [avec d’autres sujets]… Agissons avec toute la force de l’Etat, admettons que notre opposition a donné un signal d’alerte que nous avons sous-estimé, faisons tout ce qui est nécessaire ! Je ne leur permettrai pas de noircir notre réputation ! Ces gens-là m’ont fait tomber une fois du pouvoir, je ne marcherai plus ! », a conclu le chef du gouvernement sans indiquer à aucun moment qui il visait par ses propos. (vesti.bg)

Une nouvelle publication dans le quotidien tchèque Lidové noviny, appartenant au groupe de presse du premier ministre Andrej Babiš, donne le montage de financement de l’opération d’acquisition des actifs bulgares de ČEZ : Unicredit Bulbank 180 millions d’euros et First Investment Bank 80 millions d’euros. Plus un financement de la part de deux sociétés offshore : Score Trade Global et Victory Trust, 187 millions d’euros. La publication signale également l’implication comme intermédiaire d’une troisième compagnie, Euro Star OOD. Immatriculée en Bulgarie en 2009, cette dernière a pour associés deux Géorgiens, Paata Gamgoneishvili et David Koblianidze. (tous media)

« Je suis choqué de ce qui se passe en Bulgarie », déclare le premier ministre tchèque dans une interview accordée à Lidové noviny. Rappelant les critiques de son gouvernement contre le groupe ČEZ (« un Etat dans l’Etat »), il indique qu’un de ses vice-ministres des finances avait exprimé son mécontentement de la procédure de vente. « Mais la direction de ČEZ nous a assurés que tout était bien. […] Je ne peux pas intervenir parce que ČEZ n’appartient pas à 100% à l’Etat », observe-t-il. (Standart)

Le président de la République Roumen Radev est revenu hier de nouveau sur l’affaire ČEZ. Soulignant l’absence d’informations transparentes sur la vente, il a soupçonné un acte d’« acquisition dissimulée » des actifs de la compagnie en Bulgarie. Selon lui, ČEZ fait partie de cette infrastructure nationale et européenne qui est directement concernée par les questions de la sécurité nationale. « Nous devons savoir qui est celui qui cache ses intentions et pourquoi. Comment est-il arrivé qu’une société sans historique, sans expérience, sans capacités et sans ressources ait obtenu d’énormes garanties bancaires ? Et pourquoi nous cache-t-on les noms des banques ? Nous devons savoir aussi si cette société bénéficie d’une garantie politique », a souligné le chef de l’Etat. (dnevnik.bg)

Ce matin, le parlement a rejeté avec 98 voix la demande du PSB d’auditionner le premier ministre sur l’affaire ČEZ (82 députés étaient pour l’audition et 10 se sont abstenus). Considérant toujours M. Borissov comme personnellement responsable de la vente des actifs du plus grand opérateur à une petite société inconnue, les socialistes ont de nouveau souligné l’ampleur du scandale et le besoin pour les députés d’entendre les explications du chef du gouvernement. Le PSB propose la formation d’une commission parlementaire d’enquête et la nationalisation de l’opérateur ČEZ. Par ailleurs, le parti a annoncé son intention de saisir le Parquet du dossier de la privatisation des entreprises publiques de distribution d’énergie électrique acquises par ČEZ en 2004 (67%) et 2011 (33%). (dnevnik.bg, mediapool.bg)

L’examen par les députés de la démission de la ministre de l’énergie Temenoujka Petkova, initialement prévu pour jeudi, a été reporté pour la semaine prochaine. Et demain, un débat sur le thème ČEZ devrait réunir les députés de la commission parlementaire de l’énergie avec les différents protagonistes, y compris avec l’acquéreur Inercom en la personne de Guinka Varbakova. Le PSB attend également qu’y soit invité le chef de la Banque bulgare de développement, Stoyan Mavrodiev. (dnevnik.bg)

Le président Roumen Radev a participé, aux côtés du ministre de la défense Krassimir Karakatchanov et de généraux, à l’analyse annuelle de la défense. Le général Andreï Botsev, chef de la défense, a exprimé le souhait que le gouvernement autorise le ministère de la défense à réaffecter les fonds prévus pour l’achat de nouveaux chasseurs et des blindés à la réalisation d’autres projets de modernisation si ces deux projets ne pouvaient pas aboutir d’ici la fin de l’année. En outre, il a précisé que 300 millions supplémentaires sont nécessaires pour l’achat des nouveaux chasseurs (dont le prix TTC s’élève à 1,8 milliards de leva) et 240 millions de leva pour couvrir la TVA sur le prix des blindés (qui s’élève à 1,2 milliards HT) afin de pouvoir acheter 195 nouveaux blindés, au lieu de réduire ce nombre à 160 en cas d’impossibilité de cet octroi supplémentaire de fonds. (24 tchassa)

A l’issue de la réunion de la direction du MDL, des députés du groupe parlementaire avec le leader d’honneur du mouvement Ahmed Dogan qui a duré cinq heures, Moustafa Karadaïa, président du MDL, interrogé au sujet des thèmes abordés lors de cette réunion, a déclaré : « Nous observons ces deux derniers mois que les gouvernants génèrent incessamment des scandales voire des conflits qui créent une tension sociale. Le deuxième thème qui est important pour nous, c’est notre séminaire du 5 mars sur la gouvernance ouverte. Vu l’importance de ce thème, vous pouvez l’analyser comme une préparation à la gouvernance de l’Etat de notre part ». Cependant, il a précisé que le MDL ne parle pas d’élections anticipées et qu’il ne contribue qu’à la stabilité de l’Etat bien que certains puissent l’entendre comme une contribution à la stabilité du pouvoir. Or, quoi que la stabilité du pouvoir fasse partie de la stabilité de l’Etat, ces deux notions ne peuvent pas être traitées sur un pied d’égalité. (dps.bg, Sega)

L’ordre des médecins a exprimé son inquiétude d’un éventuel refus de la part de la Caisse d’assurance-maladie de signer les contrats-cadres nationaux avec les médecins et les dentistes pour 2018 qui avaient fait cependant l’objet de négociations de deux mois devant permettre d’assurer la stabilité du système de santé et de garantir la continuité de la prise en charge des Bulgares. « Il n’est pas sérieux d’affirmer que les dettes à l’égard des systèmes d’assurance-maladie étrangers étaient inconnues compte tenu du fait que l’actuel ministre de la santé a présidé le conseil de surveillance de la Caisse ». Le premier ministre Borissov a convoqué aujourd’hui les organisations professionnelles des médecins et des dentistes et les représentants du ministère de la santé. (tous media)

Les généralistes manifesteront demain devant le ministère de la santé en raison de l’aggravation des conditions de travail ces derniers mois. (tous media)

Justice

L’ancien vice-premier ministre et ministre de la santé Ilko Semerdjiev (gouvernement intérimaire janvier-avril 2017) a été mis en examen pour avoir exercé une pression sur la directrice de l’Agence des médicaments en vue de faire nommer une personne nommément connue au sein de cette autorité. (tous media)

Le procès sur la faillite de la banque KTB a démarré hier au Tribunal spécialisé en dépit de l’absence de Tsvetan Vassilev, accusé d’avoir été à la tête d’une association de malfaiteurs en vue de détourner plus de 2 milliards de leva de la KTB et fugitif en Serbie depuis la faillite de la banque. (tous media)

Economie

Le centre de presse de la société ČEZ Distribution Bulgarie AD a communiqué son intention de déposer à la Commission de régulation dans le domaine de l’énergie et de l’eau (KEVR) d’ici le 31 mars une demande de modification des prix du service relatif à la distribution de l’énergie électrique à compter du 1er juillet. (Sega, 24 tchassa)

Ivan Ivanov, président de la KEVR, a assuré qu’un éventuel emprunt bancaire de la part du nouvel acquéreur de ČEZ Distribution Bulgarie AD, Inercom, « ne signifie pas que le prix du service presté va augmenter dans la mesure où le capital et les taux d’intérêts ne constituent pas un facteur déterminant du prix de l’électricité ». Il a précisé que la KEVR n’a pas de fondement légal pour vérifier la transaction de la vente de ČEZ avant qu’elle ne soit finalisée. (Standart)

Dans une interview, accordée au bloc matinal de la bTV, Elenko Bojkov, ancien président de la Commission de régulation dans le domaine de l’énergie et de l’eau, a observé que « la façon la plus simple et la moins douloureuse d’arrêter cette transaction [la vente de ČEZ à Inercom] serait le retrait des garanties ou des bonnes intentions de la part de l’une des banques. (btv.bg)

Roberto Azevedo, président de l’Organisation mondiale du commerce, qui est en Bulgarie à l’occasion de la réunion informelle des ministres chargés du commerce, a été reçu par le premier ministre Borissov et le président Radev. M. Borissov a déclaré que la Présidence bulgare du Conseil de l’UE s’est engagée à travailler pour le renforcement de la confiance en l’Organisation mondiale du commerce et pour l’affirmation du système commercial multilatéral. M. Radev a assuré M. Azevedo que la Bulgarie poursuit l’objectif relatif à la création d’un climat permettant d’attirer des projets stratégiques et des investisseurs étrangers. (tous media)

Migration

Troud publie un article sur la réforme indispensable du système européen de la migration et de l’asile et du manque de position claire de la part de la Bulgarie à ce sujet. Selon le journal, il n’existe toujours pas une institution ou un organe qui puisse être chargé de faire une analyse approfondie de la situation. Dans ce contexte, Troud conseille le gouvernement d’élaborer le plus rapidement possible une « diplomatie migratoire ». (Troud)

Europe

Les ministres de la culture des Etats membres de l’UE se sont réunis aujourd’hui à Sofia. Deux sujets principaux ont été discutés lors de ce forum : le rôle de la culture pour l’approfondissement du sentiment d’appartenance à l’Europe et la mobilisation des jeunes pour la sauvegarde des valeurs européennes grâce à la culture. (tous media)

Dans une interview pour Welt am Sonntag, reprise par la section bulgare de la Deutsche Welle et 24 tchassa, Ivan Krastev revient sur les conséquences de la crise migratoire, les différences entre l’Europe occidentale et orientale et « la panique démographique » de l’Europe orientale. Le politologue souligne que les Européens étaient habitués à vivre dans un monde où les frontières n’avaient plus d’importance mais que la crise migratoire a « prouvé que malgré tout celles-ci sont importantes ». Ceci pose trois questions, résume M. Krastev : quelles sont les frontières de l’Europe (car cette dernière est l’unique force mondiale qui a des frontières en élargissement constant) ; que représentent ces frontières et enfin, qui les protège ? (dw.com, 24 tchassa)

Dernière modification : 28/02/2018

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