Mercredi 8 juin

La convergence

Le rapport de la BCE sur les pays candidats à l’entrée dans la zone euro : la Bulgarie respecte les critères comptables mais n’est pas prête

La Banque Centrale Européenne a établi son rapport biannuel sur l’état et les évolutions des économies des sept pays européens qui cherchent à intégrer la zone euro. L’entrée dans la zone euro étant conditionnée pour chaque pays au strict respect des critères de convergences (dits « critères de Maastricht ») sur une durée de deux ans une fois que la Bulgarie aura rejoint du mécanisme de change européen (MCE II), la remise de ce rapport sonne comme un test pour la candidature bulgare. La presse bulgare met l’accent sur le fait que même si la BCE salue des résultats techniquement satisfaisants, elle pointe néanmoins l’inertie de la situation politique et la lenteur des réformes nécessaires.

Du point de vue rigoureusement économique, la Bulgarie s’insère globalement dans les clous de Maastricht : certes les taux d’inflation de long terme et les taux d’intérêts apparaissent comme inférieurs aux critères imposés par l’Union européenne, mais la fixité du taux de change par rapport à l’euro permet d’éviter les fluctuations, bien que la Bulgarie ne soit pas membre du MCE II. C’est en particulier sur la question de la situation des finances publiques que la Bulgarie obtient ses meilleurs résultats. Alors que les critères de Maastricht autorisent un volume de dettes publiques jusqu’à 60% du PIB et un déficit de 3% du PIB au maximum, les dettes publiques atteignent un ratio de 28,1% par rapport au PIB, et le niveau de déficit s’établit à 2%. La convergence de l’économie bulgare avec les standards européens, sans être totalement hors de portée, n’est cependant pas encore acquise.

La presse bulgare préfère s’attacher non aux résultats économiques, mais plutôt aux recommandations politiques et aux critiques émises par Francfort. La plupart des remontrances européennes s’attachent, sans grande surprise, à l’absence de réformes audacieuses quant à la lutte contre la corruption et l’économie souterraine, ainsi qu’à l’impuissance du système judiciaire et au manque de transparence dans l’absorption des fonds européens. La BCE souligne le manque de réformes et de législation appropriée, commente capital Daily.

Comme l’indique la BCE, « les réformes structurelles pour améliorer le commerce et l’environnement institutionnel sont cruciales pour attirer des investisseurs étrangers et maximiser la croissance. Cela inclut de réduire significativement la corruption et d’assurer l’indépendance et l’effectivité du pouvoir judiciaire ». Par ailleurs, la BCE exprime son inquiétude quant au manque d’anticipation des responsables politiques bulgares sur les conséquences de long terme des dysfonctionnements inhérents à l’économie du pays : fort taux de chômage, vulnérabilité aux déséquilibres macroéconomiques, vieillissement de la population non pris en compte dans les perspectives budgétaires des prochaines années ; autant de raisons qui poussent à émettre des doutes sur la viabilité de long terme de l’économie bulgare et sur la convergence avec les critères européens (voir notre revue du 28 avril).

Une deuxième série de critiques concerne plus particulièrement l’inadéquation et l’incompatibilité de la législation bulgare avec les traités européens, notamment en ce qui concerne l’indépendance de la Banque nationale bulgare. L’absence d’une véritable législation, à la fois effective et efficace, sur la prévention des conflits d’intérêts entrave sérieusement les perspectives du pays de rapprochement des standards européens en matière de politique économique et de transparence, et compromet ainsi à terme ses perspectives d’intégrer la zone euro. (ecb.europa.eu, tous journaux)

La restructuration

Selon Capital, Delian Peevski met de l’ordre dans ses affaires

Le processus de restructuration de la propriété de Delian Peevski, député MDL, se poursuit par de nouvelles opérations de cession. Le modus operandi de toutes les transactions est le même : un contrat type ne mentionnant pas le prix, authentifié par le même notaire (qui mentionne avoir reçu l’acte en dehors de son étude), inscrit par le même avocat et signé par la même personne, Alexandre Gueorguiev, 74 ans, en sa qualité de vendeur et d’acheteur à la fois. Celui-ci remplace Irena Krasteva (mère de M. Peevski) en tant que gérant des sociétés cédées.

Un premier lot comprenant les sociétés de diffusion Prestrafic, Presmarket 1 et Dam est vendu par la Compagnie de médias des Balkans (CMB) le 26 mai. Le deuxième lot incluant Telegraf, Monitor, Politika, Compact Meridian et Presmarket, relevant du Nouveau groupe de médias bulgare (NGMB, filiale de CMB) – le 31 mai. Cette séparation en deux lots serait due à l’attente de voir le vendeur/acheteur Anguel Gueorguiev inscrit dans le registre du commerce et des sociétés (RCS) en tant que directeur exécutif du NGMB, chose faite le 30 mai. Capital Daily rappelle que M. Gueorguiev est directeur exécutif du CMB depuis mars 2016 et qu’il est président du Conseil d’administration des deux groupes depuis leur création. Après la session de ces sociétés, toutes juridiquement à responsabilité limitée, seules quelques sociétés anonymes restent au sein du NGMB.

Il est difficile de dire ce qui motive la décision de vider de son contenu la holding NGMB, souligne Capital, mais il se confirme la tendance que de plus en plus d’actifs se concentrent au sein de la NSN Investment (cédée par don par Irena Krasteva à son fils et vendue il y a tout juste quelques jours par celui-ci à sa société offshore à Dubaï, Intrust Limited, pour un montant qui reste inconnu). La recherche dans le registre des biens immobiliers démontre que la CMB a cédé à la NSN Investment, en mars, avril et mai, tous ses biens immobiliers en Bulgarie. Le prix des transactions n’est pas disponible mais l’intérêt matériel déclaré est de 45 millions de leva. Parmi les biens immobiliers vendus figurent le bâtiment de la bTV, acquis par la CBM à la fin de 2015, le restaurant Riverside, une partie de l’hôtel Berlin, des maisons et des appartements ainsi que du foncier dans différentes parties du pays.

A l’issue de ces transactions, la CMB et la NGMB sont en réalité privées de toute activité, leurs seuls actifs étant les recettes des ventes, alors que les médias, les biens immobiliers et une part majoritaire de Technomarket Bulgaria se concentrent au sein de la NCN Investment contrôlée par Intrust Limited à Dubaï. D’autres grosses entreprises comme Iouriï Gagarine et Bulgartbatac, ainsi que d’autres sociétés dans le domaine des médias et de la diffusion, seraient également contrôlés par Peevski, derrière des sociétés offshores. Récemment, A.E. Best Success Services Bulgaria, également contrôlé par l’oligarque, a acheté l’imprimerie Sofia, appartenant à l’éditrice de 24 tchassa, Venelina Gotcheva.
Selon les sources de Capital, la NCN Investment avait déclaré à la fin de 2015 des actifs d’un montant de près de 74 millions de leva avant l’acquisition des actifs précités et de ceux de Technomarket. (Capital Daily)

La brouille

Les relations germano-turques après la reconnaissance du génocide arménien par le Bundestag : un regard bulgare

BTA publie l’analyse de Nahide Deniz, correspondante de la BNT et de la BNR à Istanbul, sur les relations entre l’Allemagne et la Turquie après l’adoption par les députés allemands de la résolution reconnaissante le génocide arménien. Le texte est repris par Troud.

Il a fallu presque dix ans pour que les relations entre la France et l’Allemagne se normalisent après une décision similaire du parlement français en 2001, rappelle Mme Deniz. Ankara a boycotté les marchandises françaises, des appels d’offres ont été abrogés. Maintenant la question qui se pose : la même histoire se répéter-t-ellea avec l’Allemagne ? Comme on pouvait s’y attendre, Ankara a montré explicitement sa colère et a rappelé son ambassadeur en Allemagne. Recep Tayyip Erdoğan a réitéré les menaces qu’il avait déjà prononcées la veille du vote : Cette résolution va sérieusement affecter les relations turco-allemandes.

Ce qui est surprenant, c’est que cette décision a été prise dans un moment où les relations entre ces deux pays suivaient un très bon développement, commente la journaliste. En quatre mois, Angela Merkel a visité la Turquie cinq fois ; l’accord UE-Turquie sur le contrôle de la crise migratoire a été signé ; Ankara et Berlin sont alliés dans la lutte contre Daech.

C’est pourquoi la question de savoir comment la déclaration des députés allemands va se refléter sur les relations des deux pays est très logique. Les relations bilatérales sont très profondes et ne cèderont pas aux divergences, avait déclaré le porte-parole de Mme Merkel. Le nouveau premier ministre turc Binali Yıldırım avait souligné de son côté que le vote de la déclaration aurait un « impact défavorable » sur les relations entre les deux pays, mais que les dégâts seraient limités.

Il ne serait pas réaliste de s’attendre à ce que la Turquie impose un embargo sur les marchandises allemandes. En effet, il n’existe presque pas de secteur de l’économie turque qui ne soit étroitement lié à des sociétés allemandes. Plus de 6 000 sociétés allemandes sont enregistrées en Turquie et une détérioration des relations serait également très néfaste pour l’économie allemande. En tenant compte cette interdépendance des deux pays, il est probable qu’Ankara optera pour des réponses plus diplomatiques qu’économiques.

La résolution reconnaissant le génocide arménien est considérée par la Turquie comme un acte politique. L’Allemagne s’est abstenue pendant des années de se prononcer sur cette question délicate et a soudain adopté cette résolution. Pour la journaliste, il est évident qu’au fond se cache une série de facteurs déclenchants, liés à des crises cachées du grand public. On pourrait faire un rapport avec la crise migratoire ou même voir dans cette déclaration un avertissement adressé à M. Erdoğan. La question du génocide arménien a toujours été le talon d’Achille de la Turquie et cela va continuer. Le pays a besoin d’une approche plus moderne, d’un débat international sur ce sujet au lieu de la réponse émotionnelle du passé. Mais, pour l’Allemagne également on peut affirmer que les émotions ont prévalu dans cette décision. Reste à voir si l’approche rationnelle ou émotionnelle va guider finalement dans les relations entre les deux pays, conclut Mme Deniz. (bta.bg, Troud)

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Dernière modification : 08/06/2016

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