Mercredi 9 novembre

La campagne

Le PSB prend ses distances vis-à-vis du soutien accordé par le MDL à Roumen Radev pour le second tour

En pleine campagne avant le second tour de l’élection présidentielle ce dimanche, les médias suivent de près les propos, appels et différents pas des candidats et leaders politiques.

La question de l’éventuelle démission du gouvernement ressurgit sur la scène médiatique. Ce matin, dans une interview pour Nova TV, la vice première-ministre et ministre de l’intérieur a déclaré qu’elle ne voit aucune raison pour que le gouvernement ne démissionne pas en cas de défaite au ballottage. Roumiana Batchvarova a ajouté : « Il y a de mécontentement [de la part des gens] et il s’est révélé par le soutien pour le général Radev [candidat soutenu par le PSB]… Il est évident que c’est un vote protestataire contre la majorité au pouvoir. Nous verrons au second tour si ce vote a été juste une alerte où s’il démontre un processus plus profond et catégorique ».

La présidente du PSB a de son côté expliqué que son parti n’a pas renoncé à l’idée de demander la démission du gouvernement et que des élections législatives anticipées sont indispensables. La gauche est en bonne condition et prête à prendre le pouvoir, mais pour l’heure il faut se concentrer sur le second tour de l’élection, a ajouté Kornelia Ninova. Iliana Yotova, candidate socialiste pour le poste de vice-président aux côtés de Roumen Radev, a déclaré ce matin, lors d’une interview pour Nova TV, que le PSB se prononcera sur d’éventuelles élections législatives anticipées au vu des résultats de ce 13 novembre.

Le PSB montre une prudence marquée vis-à-vis du soutien de la part du MDL au second tour. Lors de la conférence de presse après la fin de la journée électorale, le président du MDL, Moustafa Karadaya, avait fait comprendre voir que son parti soutiendrait le candidat du PSB en arguant que l’électorat du MDL n’est pas en faveur de la concentration de tout le pouvoir entre les mains d’un seul parti politique et ferait l’indispensable pour voir le changement qu’il souhaite. Mme Ninova a déclaré que des tractations avec le MDL n’ont pas été menées avant le premier tour et ne le seront pas non plus avant le second. De cette manière, la présidente du PSB a pris ses distances du MDL, commente Capital Daily. Mme Yotova est restée sur la même ligne en déclarant que le PSB ne négocie avec aucun parti politique. « Ce qu’aura été le soutien du MDL, ce sera aux sociologues de le déterminer la nuit du second vote. La seule chose qui est sûre pour l’instant, c’est le soutien de Lioutvi Mestan et de son parti pour la candidature de Tsatcheva et Manouchev [les candidats du GERB] », a-t-elle déclaré pour Nova TV.

Le président de DOST avait déclaré son soutien à Mme Tsatcheva avant le premier tour. Hier, en arguant que ces élections ont une importance stratégique pour le pays, il a réitéré ce soutien pour le second tour. « Ce soutien n’est pas demandé, mais même s’il doit être refusé, nous allons accomplir notre devoir civique », a déclaré M. Mestan [Après l’annonce faite par M. Mestan avant le premier tour, le premier ministre avait déclaré : « Nous n’avons pas demandé son soutien, mais nous ne le refusons pas », voir notre revue du 21 octobre]

Quant à Mme Tsatcheva, elle a souligné qu’elle n’a pas rencontré de représentants du Front patriotique, ni l’homme d’affaires Vesselin Marechki, et qu’elle n’avait pas l’intention de le faire. Après sa rencontre avec les leaders du Bloc réformateur ce lundi, elle essaie d’attirer le soutien des électeurs de Traïtcho Traikov, commente Capital Daily. « Tsatcheva s’est orientée vers une réforme judiciaire pour obtenir le soutien de Traïkov », titre le journal. Mme Tsatcheva a déclaré qu’elle était prête à déposer un projet de loi d’amendement de la constitution prévoyant la diminution du quota parlementaire au sien du CSM. Elle a également déclaré son soutien au projet de loi de lutte contre la corruption de Meglena Kouneva, vice-première ministre et présidente d’un des partis composant le Bloc réformateur. Mme Tsatcheva a même laissé entendre qu’elle a tendance à soutenir la diminution du pouvoir du procureur général, écrit le journal, qui termine par une pique : « le paradoxe dans cette situation consiste dans le fait qu’il n’y a pas très longtemps, Mme Tsatcheva avait déclaré le système judiciaire complétement réformé ». (tous journaux, dnevnik.bg, nova.bg, mediapool.bg)

La controverse

Les initiateurs du référendum accusent la CEC de « manipulation monstrueuse » et affirment que le quorum pour valider la consultation a été atteint

La plupart des quotidiens (à l’exception de Capital Daily, de Monitor et de Douma) accordent leur une à la controverse relative à la validité du référendum tenu parallèlement à l’élection présidentielle dimanche dernier (voir notre revue du 7 novembre).

Selon les derniers résultats intermédiaires annoncés par la Commission électorale centrale (CEC), 3 487 428 Bulgares ont participé au référendum sur la base des enveloppes dans les urnes et 3 485 775 sur celle des signatures dans les procès-verbaux. Par conséquent, environ 13 000 suffrages manquent pour atteindre le niveau de participation aux dernières élections législatives qui est de 3 500 585 suffrages afin que la volonté exprimée par les citoyens ait force de loi.

L’annonce de ces résultats et le décalage entre les deux modes de calcul a suscité la réaction de Stanislav Trifonov, initiateur du référendum, qui a publié une lettre ouverte accusant la CEC de n’avoir pas compté 13 792 suffrages invalidés afin de garantir l’invalidité du référendum, selon lui en violation de la loi. M. Trifonov affirme que 3 501 220 Bulgares ont participé au référendum. En outre, il accuse la CEC d’avoir mis fin à la journée électorale avant que toutes les personnes venues voter dans les bureaux aient pu le faire.

Sega rappelle que l’article 19, al.1 de la loi sur la participation directe des citoyens au gouvernement de l’Etat et à la démocratie locale prévoit la prise en compte des bulletins invalides (dont les bulletins trouvés sans enveloppes dans les urnes) dans le calcul du niveau de participation. Dans le même temps, le code électoral prévoit expressément que le niveau de la participation est défini sur la base du nombre d’enveloppes dans les urnes. C’est sur la base du Code électoral que la CEC a ordonné aux commissions électorales de section (CES) de traiter d’ « inexistants » les bulletins sans enveloppes dans les urnes, précise Sega.

Hier, interrogé par Standart, Tsvetozar Tomov, porte-parole de la CEC a expliqué qu’à l’origine de cette controverse il y a 40 procès-verbaux où des erreurs techniques ont été commises (le nombre des votants a été inscrit dans les colonnes des bulletins sans enveloppes). Ces procès-verbaux seront corrigés dans le délai légal imparti (NDR : cinq jours après la tenue du scrutin) avant de publier les résultats définitifs. Il a précisé qu’ « un bulletin peut se retrouver sans enveloppe dans l’urne s’il y a été déposé exprès (et cela constitue une violation de la loi) ou en cas de panne d’enveloppes ou bien s’il en est sortie en glissant lors du transport ». Il a assuré que la CEC était au courant des bureaux de vote qui étaient en panne d’enveloppes et qu’elle s’engageaient à étudier tous les cas et à publier sur le site de la CEC les copies de tous les procès-verbaux afin que les médias puissent comprendre s’il s’agit d’une « manipulation monstrueuse » comme le prétendent à présent les initiateurs du référendum.

Ce matin, confronté à deux représentants de l’équipe de l’initiateur du référendum dans le bloc matinal de la chaîne de télévision bTV, M. Tomov a affirmé que la CEC n’a encore pris aucune décision concernant le nombre des participants au référendum et qu’un nouveau décompte des suffrages sera fait après l’analyse des procès-verbaux et la définition des critères dans la mesure où l’on « ne peut pas compter pour deux suffrages un bulletin sans enveloppe et une enveloppe vide ». Plusieurs signalements dénonçant des irrégularités commises dans les bureaux de vote (manque d’enveloppes et de bulletins pour le référendum, procès-verbaux erronés, une urne scellée retrouvée dans une école deux jours après la fin de la journée électorale) ont été diffusés dans le cadre de cette émission de la bTV. M. Tomov a recommandé de ne pas « tirer de conclusions générales de ces quelques signalements », soulignant qu’il était normal que des erreurs soient commises lorsque 22 personnes (Ndr. le nombre des membres de la CEC) sont chargés du contrôle de 12 000 bureaux de vote.

Aujourd’hui, Tsvetan Tsvetanov, président du groupe parlementaire du GERB, a déclaré que son parti étudiait la possibilité de soutenir toutes les propositions du référendum. S’adressant au PSB, il a asséné : « on verra alors ce que vous allez expliquer aux citoyens bulgares lorsqu’on aura mis en œuvre intégralement le système majoritaire ». Yanaki Stoïlov du PSB a proposé d’organiser des débats urgents sur les questions. Radan Kanev a appelé les députés à faire droit aux résultats du référendum car « mépriser la volonté de trois millions de Bulgares risque de les effacer de la scène internationale. Tous les partis bulgares, du plus petit au plus grand, auront alors à se réformer ». (24 tchassa, Troud, Sega, Standart, btv.bg)

L’entretien

Vladislav Goranov : « Officiellement, je n’ai pas connaissance des entreprises de M. Peevski »

Mediapool publie un long entretien avec Vladislav Goranov, ministre des finances (GERB), sur la politique fiscale et les priorités budgétaires de l’Etat. A cette occasion, il s’exprime sur la situation politique du pays entre les deux tours du scrutin présidentiel et se défend des allégations le concernant sur ses liens supposés avec Delian Peevski.

S’étant publiquement opposé à une éventuelle démission du gouvernement en cas d’échec de la candidate du GERB à la présidentielle, M. Goranov s’explique. Selon lui, les élections anticipées, en tant que telles, ne sont pas un problème. Mais la véritable difficulté pour l’Etat et la société consistera en la suspension de toutes les réformes entreprises par le gouvernement actuel et, plus concrètement, de l’amendement de la législation portant sur la réforme judiciaire. En l’absence d’un pouvoir exécutif légitimé, capable de proposer des solutions à long terme et d’en assumer la responsabilité, le parlement restera otage de la Constitution et n’examinera que des sujets relevant de son propre agenda. D’autre part, il ne faut pas négliger ce que de telles élections peuvent apporter : une assemblée nationale fragmentée et reproduisant dans une grande mesure la configuration actuelle, avec des difficultés pour former un nouveau gouvernement sur la base de principes et un renforcement de l’instabilité politique. Sans oublier la qualité [que pourra offrir] un gouvernement de gauche, soutenu par le MDL et autres petites formations.

Commentant le fait que le débat sur le budget de l’Etat reste concentré sur le déficit et la dette et non sur les revenus et la pauvreté, le ministre y voit un reflet de la façon dont la société voit le rôle de l’Etat dans l’économie. Alors que dans l’UE, 44 ou 45% du PIB en moyenne sont redistribués via le budget, en Bulgarie cet indicateur reste en-dessous de 40%. Donc, il s’agit d’un débat qui n’a pas eu lieu dans le pays. Faut-il faire payer plus d’impôts aux riches ? La réponse ne va pas de soi. Fiscalité à taux unique ou progressive ? Si la Bulgarie retourne à son modèle d’imposition progressive d’avant 2008 [Ndr : date de la mise en place d’un taux unique de 10%], la charge fiscale de la classe moyenne et des riches s’accroîtra, mais on ne résoudra pas pour autant ainsi le problème de la pauvreté ni celle de l’inégalité sociale. C’est un débat à caractère philosophique, souligne M. Goranov.

Le projet de loi de finances n’est-t-il pas un peu frileux sur le plan social ? Un milliard de leva pour la rénovation énergétique des copropriétés, 825 millions de leva pour la défense et 230 millions de leva à peine pour les salaires des enseignants ? Le programme d’augmentation de l’efficacité énergétique des bâtiments, explique M. Goranov, est financé à travers la Banque bulgare de développement (BBD). Un montage financier qui permet à l’Etat d’échelonner sur plusieurs années les dépenses prévues. Cette initiative a été approuvée par l’Assemblée nationale, mais également par les citoyens qui avaient soutenu en 2014, aux législatives, le programme électoral du GERB. Quant aux enseignants, il s’agit d’une deuxième augmentation en deux ans de leurs salaires. Après avoir été négligé par le budget pendant les années fastes (2005-2008), l’enseignement est redevenu une priorité, estime le ministre.

Invité à commenter certaines allégations contenues dans l’interview donnée en septembre dernier depuis Belgrade par Tsvetan Vassilev, ancien propriétaire majoritaire de la KTB (voir notre revue du 12 septembre 2016), M. Goranov estime que ce dernier, s’il s’estime innocent, devrait retourner en Bulgarie et plaider sa cause devant un tribunal bulgare. Il existe suffisamment de garanties d’un procès équitable, affirme M. Goranov.

M. Vassilev vous appelle dans son interview « l’homme prêt à tout pour défendre les intérêts de Peevski ». Qu’en dites-vous ?, insiste Mediapool. En guise de réponse, le ministre défie ce média d’indiquer un seul acte de lui, en sa qualité de vice-ministre ou ministre des finances, par lequel il aurait agi en faveur des intérêts du député Peevski. La façon dont les services des impôts ont contrôlé les entreprises de M. Peevski ? « Ces contrôles ont été réalisés avant ma venue au ministère », affirme M. Goranov. Et les prêts octroyés à ces entreprises par la BBD ? « Ils sont antérieurs à ma nomination au ministère et datent de l’époque du gouvernement Orecharski », affirme encore le ministre. Donc, depuis que vous occupez le fauteuil de ministre, des entreprises de M. Peevski n’ont pas été financées par la BBD ? « Officiellement, je n’ai pas connaissance des entreprises de M. Peevski. Je sais des choses qui sont parues dans les médias. […] Mais Vodstroy par exemple, une entreprise financée par la BBD, n’appartient pas à M. Peevski. Il n’a aucun lien, qu’il soit direct ou indirect, avec cette société. Quant à KTB, à ce que je sache, M. Peevski a remboursé tous ses emprunts envers cette banque afin qu’on ne l’accuse pas d’avoir contribué à sa faillite », conclut le ministre. (mediapool.bg)

Rubrique France

Mediapool relate les réactions de dirigeants mondiaux après l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis et cite à ce titre la position du ministre français des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault.

Cette revue de presse, qui ne prétend pas à l’exhaustivité, se limite à présenter des éléments publiés dans les médias bulgares. Elle ne reflète en aucun cas la position de l’ambassade ou du gouvernement français.
© Tous droits de diffusion et de reproduction de cette revue de presse sont réservés à l’Ambassade de France en Bulgarie

Vous vous êtes inscrit ou avez été inscrit à la liste de diffusion presse.sofia-amba. Si vous souhaitez ne plus recevoir de message, cliquez sur ce lien et envoyez le message tel quel.

Dernière modification : 08/12/2016

Haut de page