Lundi 13 janvier 2014

L’ANNONCE

UNE SECONDE LISTE SOCIALISTE AUX EUROPEENNES ?

Quelques mois avant les élections européennes, la gauche semble sur le point de se diviser. Selon Capital Daily, des socialistes, mécontents du leader Sergueï Stanichev s’apprêteraient à soutenir une liste européenne dissidente conduite par l’eurodéputé Ivaïlo Kalfine. Lors des dernières élections présidentielles celui-ci s’était porté candidat et avait collecté plus d’un million de voix. Se référant à une source anonyme, le journal écrit que la politique menée par M. Stanichev et la direction du PSB aurait dégoûté nombre de sympathisants de la gauche, à la recherche d’une alternative.
Ce projet serait construit autour de la formation ABV de l’ancien président de la République Gueorgui Parvanov (2002-2012) qui serait, annonce-t-on, relancée officiellement demain. Créée au début de 2011, cette plate-forme projet idéologique, orientée vers un renouveau au sein du parti socialiste, avait été rapidement mise en sommeil à la veille des élections locales 2011.
Des contacts seraient aussi cherchés avec des partis sociaux-démocrates en cours de regroupement, souligne Capital Daily. On compterait également sur le « Mouvement 21 », le nouveau parti qui serait très prochainement immatriculé par l’ancienne députée PSB Tatiana Dontcheva (qui vient de quitter avec le parti fracas), ainsi que sur des économistes de renom, des associations féministes, voire sur des participants actifs aux protestations contre le gouvernement.
Selon Pressa, si une seconde liste de gauche voit le jour, elle chercherait des appuis plutôt au sein de la société civile, quitte à s’éloigner du noyau dur du PSB. Mais elle poserait de vrais problèmes à S. Stanichev qui, en tant que chef des socialistes européens, se devrait d’assurer une victoire sans appel aux socialistes bulgares. Tout échec aux européennes serait un vrai camouflet pour S. Stanichev, estime le journal.
Standart croit savoir que la seconde liste dissidente serait déjà « concoctée ». Après Ivaïlo Kalfine en première position y figureraient l’ancien ministre de la santé Evgueniï Jelev du gouvernement Stanichev et l’ancien recteur de l’Université de l’économie nationale et mondiale Borislav Borissov. Si la scission au sein du parti socialiste se réalise, Sergueï Stanichev n’aurait pas d’autre choix que de se mettre à la tête de « sa » liste en dépit de ses réticences à le faire, écrit le même journal.
« Beaucoup de gens ne croient pas du tout que M. Parvanov ferait quoi que ce soit parce qu’il a engagé plusieurs projets dont aucun n’a abouti », considère Yuriï Aslanov, sociologue, dans les pages de Pressa. « Même si le projet ABV est mené à bon port, ce ne serait pas un projet de constitution d’un nouveau parti, mais un outil d’incitation ou de pression à l’égard du PSB afin que celui-ci change quelque chose que M. Parvanov désapprouve dans sa politique ou dans son comportement. […] M. Parvanov n’aurait pas été l’homme politique bulgare le plus accompli des années de la transition s’il ne maîtrisait pas en détail l’intrigue politique et s’il n’excellait pas dans les techniques de la manipulation de masse. Des politiciens de son rang non seulement en Bulgarie, mais partout dans le monde ont toujours réussi à atteindre leurs buts en induisant tout d’abord en erreur de larges groupes de personnes », résume-t-il. (tous journaux)

LA POLEMIQUE

LE BUDGET REAJUSTÉ DÈS JANVIER

Les premiers ajustements à la loi de finances 2014 interviendraient quelques jours à peine après sa mise en exécution, annonce Capital Daily. Des fonds supplémentaires, provenant du budget national et se chiffrant à 76 millions de leva au total, seraient alloués à sept ministères, deux commissions et à la commune de Kardjali. Bien que débattus au moment de l’adoption de la loi de finances au Parlement en décembre dernier, ces financements n’avaient pas été finalement pris en compte. Maintenant cela serait réalisé aux termes du projet de règlement relatif à l’exécution du budget, publié sur le site du ministère des Finances.
Interrogé, le ministère des Finances n’a pas précisé pourquoi les ministères reçoivent des fonds supplémentaires un mois à peine après l’adoption de la loi de finances 2014, affirme le journal. Celui-ci cite aussi les plus gros bénéficiaires : le ministère des Affaires étrangères, 22 millions de leva ; le ministère de la programmation des investissements, 15 millions de leva ; le ministère de la Santé, 7 millions de leva ; le ministère de l’Intérieur, 6 millions de leva ; le ministère de la Justice, 6,5 millions de leva, etc.
Capital Daily rappelle qu’à la fin de l’année dernière, le gouvernement avait réduit les enveloppes mêmes de ces institutions avec l’argument qu’il fallait mettre fin à la pratique traditionnelle d’augmenter tous les ans les budgets sans tenir compte de la performance réelle. La mesure qui intervient maintenant, souligne le journal, va à l’encontre de cette volonté.
Après l’entrée en vigueur à partir de 2014 de la Loi sur les finances publiques, adoptée à l’initiative du GERB sous la législature précédente, résume Capital Daily, le Conseil des ministres (et non plus le ministre des Finances) est la seule autorité compétente pour procéder à des ajustements dans le budget national, ce qui garantit leur publicité. (Capital Daily)

L’ANALYSE

LA PROPRIETE DES MEDIAS BULGARES

L’hebdomadaire Capital énumère les maux des médias en Bulgarie : concentration de médias, propriété occulte, absence de critères régulant l’accès à des fonds publics ou européens, instrumentalisation, régulation et autorégulation déficientes, manque de volonté civique et politique de faire évoluer le marché distordu.
Une bonne part des médias, écrit le journal, préfèrent passer sous silence le thème de leur propriété. Autre sujet tabou, leur financement. Très peu restent fidèles à leur mission première : fournir à l’opinion des informations exactes et véridiques, sans occulter ou dénaturer les faits.
D’après les données, citées par Capital, en 2012 la Bulgarie a compté 354 journaux, dont 57 quotidiens. Mais à la fin de 2013 seulement 150 éditeurs bulgares ont déclaré la propriété de 223 journaux et magazines devant le ministère de la Culture, comme le requiert la loi depuis la fin de 2010.
Peut-être la raison en est, estime l’hebdomadaire, que personne ne contrôle l’application de cette règle et qu’aucune sanction n’est appliquée depuis son entrée en vigueur il y a bientôt quatre ans. Capital relève quelques pas positifs vers une plus grande transparence. Par exemple, pour la première fois depuis l’adoption de l’exigence de déclaration d’informations permettant l’identification des propriétaires réels d’un média (« les personnes physiques qui sont les bénéficiaires finaux des participations détenues par la personne morale dans le média », lit-on dans la loi), Irena Krasteva a annoncé être propriétaire et éditeur de Monitor, Télégraphe, Politika, Borba, Meridian Match, Europost.
Mais les mauvais exemples demeurent. Troud et 24 Tchassa n’ont pas déclaré les changements intervenus au niveau de leurs propriétaires en 2011 et 2012.
Le registre, tenu par le ministère de la culture, montre que des journaux de grand tirage ne font rien pour déclarer leur propriété bien qu’en 2010 la règle ait été positivement accueillie par tous les éditeurs de journaux. Et, finalement, même si tous les médias déclarent leurs propriétaires réels, la question de leur financement, beaucoup plus importante, restera non résolue, souligne Capital qui affiche son pessimisme : rien ne devrait changer en 2014. (Capital)

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Dernière modification : 02/05/2014

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