Vendredi 16 mai

LE REFERENDUM

APRES DES ERREURS CONSTATEES DANS LA PETITION DE REFERENDUM, LE COMITE D’INITIATIVE DISPOSE D’UN MOIS POUR LES CORRIGER

Le président de la République avait proposé au début de l’année la tenue d’un referendum sur divers aspects du mode de scrutin (voir notamment nos revues du 30 et 31 janvier 2014). Portant notamment sur l’introduction de scrutin uninominal, le vote obligatoire et le vote en ligne, cette idée avait été reprise par un comité d’initiative, chargé de collecter des signatures de citoyens.
Celui-ci, présidé par le juriste Gueorgui Bliznachki et profitant d’un soutien massif de militants du GERB, a réussi à recueillir 571 612 signatures. Après la vérification obligatoire de leur authenticité, effectuée par les services des registres civils, 108 286 signatures ont été déclarées invalides. Les erreurs les plus fréquentes concernent des numéros d’identité inexacts, des adresses incorrectes et une répétition de signatures. Au total, il manque 36 674 signatures sur les 500 000 exigées par la loi pour que le referendum se tienne.
La loi prévoit que le Parlement informe le comité d’initiative des erreurs constatées en lui donnant un mois pour les corriger. Si les initiateurs du referendum arrivent à présenter 500 000 signatures valides, la tenue du referendum sera obligatoire, le Parlement ne pouvant que retoucher la forme des questions. Sinon, l’Assemblée sera libre de choisir si elle doit ou non organiser le referendum. (Troud)

LA POLEMIQUE

LA CAMPAGNE ELECTORALE S’EMPARE DU LITIGE AVEC LES COMPAGNIES DE DISTRIBUTION D’ELECTRICITE : LE RETOUR DE LA RHETORIQUE DU COMPLOT

Mercredi dernier, le site blitz.bg a publié un courrier personnel du propriétaire du groupe Economedia, éditeur des journaux Capital Daily et Capital, adressé le 6 mai à des journalistes de ces deux médias : il y déclare que d’après deux sources fiables, l’Etat s’apprête à retirer les licences des trois sociétés de distribution d’énergie électrique avant le 15 mai. Suivent ses « quelques réflexions sur ce thème » dans lesquelles il donne sa grille de lecture de la situation avec les compagnies incriminées.
La publication dans blitz.bg a aussitôt été commentée par le leader socialiste Sergueï Stanichev lors de sa tournée électorale. Accusant M. Prokopiev d’« intérêts économiques », il a dénoncé une tentative visant à « jeter le discrédit sur le gouvernement bulgare qui s’efforce de mettre de l’ordre et de contraindre les distributeurs d’électricité à respecter la loi et les citoyens bulgares » (cité d’après l’encart électoral du PSB dans Troud).
Le lendemain, ce message était déjà repris par certains journaux. Des personnages éminents du parti socialiste dont la vice-présidente de l’Assemblée nationale Maya Manolova et le ministre de l’Economie et de l’Energie Dragomir Stoïnev, relayaient l’indignation de M. Stanichev. « Je suis écœuré de cette manifestation la plus hideuse de compénétration entre affaires et politique », déclarait le ministre Stoïnev, cité par toute la presse écrite. Le député socialiste Yavor Kouyoumdjiev (NDR : un des auteurs du projet d’amendement de la Loi sur l’énergie, visant à exclure le projet South Stream du champ d’application de la législation européenne) est intervenu à son tour devant la bTV : « C’est très brutal ce qui se passe ces jours-ci : le GERB, le Bloc réformateur, l’Institut de l’économie de marché, combinés avec deux commissaires européens, travaillant contre les intérêts bulgares et contre le fait qu’on défend finalement les intérêts des citoyens bulgares. Ceci [le courriel d’Ivo Prokopiev] est la casquette coordonnant tout le réseau… C’est justement la façon dont on manipule les choses ».
Ivo Prokopiev a réagi par une lettre diffusée hier : invoquant un viol du secret de la correspondance, il demande des excuses de la part de M. Stanichev pour cette « ingérence inadmissible, pour des raisons de parti étriquées, dans le terrain personnel des journalistes et éditeurs ». M. Prokopiev y proteste également contre les méthodes de « surveillance, écoutes et espionnage » utilisées contre des journalistes.
Mediapool.bg reprend une lettre, signée par le journaliste et éditeur Evgueni Petrov (initialement publiee sur son site vEvesti.bg), intitulée « Collègues, jusqu’à quand nous tairons-nous ? » : « Dix jours avant les élections européennes, un journaliste et éditeur, de façon tout à fait balkanique, fait l’objet d’attaques massives, organisées, coordonnées et programmées de la part des dirigeants d’un parti politique. […] On attaque un éditeur parce qu’il s’est permis de déterminer la politique de son propre journal. Et cela avec des arguments qu’il est difficile de réfuter. De plus, la position de M. Prokopiev sur le problème des distributeurs d’électricité n’est qu’un point de vue, d’ailleurs partagé par au moins la moitié des experts en énergie. Il est inconcevable de faire comme si de rien n’était lorsque des leaders politiques, de niveau national et international, pourfendent les médias avec des propos sortis droit des temps les plus lugubres du totalitarisme », déclare M. Petrov. « Chacun de nous doit exprimer sa position dans ce cas sans précédent. Condamner les actes des politiciens contre le collègue Prokopiev ou les défendre. […] Le silence signifierait l’absence de position. Et lorsqu’un éditeur n’a pas de position, cela veut dire que le véritable éditeur est un autre », conclut-il. (tous journaux, blitz.bg, médiapool.bg).

L’OPINION

LA BULGARIE A BESOIN D’UN SYSTEME DE L’ENERGIE PANEUROPEEN

Nul besoin d’être prophète pour dire que l’Europe aura un marché commun de l’énergie, déclare le financier Bisser Manolov, membre du Bloc réformateur, dans les pages de Pressa. Dans cette perspective, chaque pas de la Bulgarie pour réformer son secteur de l’énergie, doit s’inscrire dans ce contexte. Et tous ceux qui rêvent d’une « stratégie d’indépendance énergétique », en dehors du contexte du marché commun européen de l’énergie, adoptent une position irresponsable à l’égard de la nation, estime-t-il.
Cette année, treize Etats de l’UE et la Norvège mettront en place une plateforme de négoce d’énergie visant à intégrer les réseaux entre la partie septentrionale et la partie occidentale de l’Europe. Le marché fragmenté de l’énergie sur le continent ne sera bientôt plus qu’un souvenir. Comme il s’agit de pays qui consomment près de 75% de l’énergie dans l’UE, la Commission européenne s’attend à une réduction drastique des prix pour le consommateur final. N’était-ce cela le vrai sujet des protestations en Bulgarie en février 2013 ?
Les ministres de l’économie en Bulgarie parlent sans cesse de « restructurations » et « amendements législatifs », mais ne mentionnent jamais que, sur le long terme, le pays aura à adhérer au système paneuropéen de l’énergie.
L’idée même que certains gouvernants pensent à faire sortir « South Stream » du cadre des projets européens est très inquiétante. A contrario, les effets positifs pour la Bulgarie d’une adhésion à un système paneuropéen seraient très forts : 1. diversification énergétique ; 2. baisse des tarifs pour le consommateur final ; 3. réduction nette de la corruption dans le domaine de l’énergie (alors que les taux de corruption dans ce secteur sont très préoccupants) ; 4. rétablissement des échanges commerciaux normaux avec la Russie.
L’adhésion de la Bulgarie à un tel projet d’intégration de l’énergie en Europe résoudrait également les problèmes liés à l’énergie verte. Si les producteurs d’énergie pouvaient exporter, ils n’auraient pas besoin de subventions de la part de l’Etat.
La Commission européenne est en train de rédiger un mécanisme de régulation dont le but sera d’intégrer, dans un avenir prévisible, les systèmes énergétiques de tous les Etats membres. Et c’est la seule possibilité pour le secteur bulgare de sortir de l’ornière. Je ne sais pas si ceux qui nous gouvernent se rendent compte quels investissements colossaux cela épargnerait aux contribuables bulgares qui pourraient enfin se débarrasser du projet insensé de Belene, idée fixe d’un certain parti politique, conclut le financier. (Pressa)

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Dernière modification : 25/11/2016

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