Poésie et photographie en mémoire des attentats de Paris

Visitez l’exposition sur les grilles de l’ambassade

Le 13 novembre 2015, une série d’attentats terroristes faisait 130 morts et 413 blessés à Paris et en banlieue parisienne. L’élan d’indignation et de solidarité qui a suivi ces meurtres aveugles a été universel.

L’exposition sur les grilles revient sur le recueillement des habitants de Sofia et de Paris, à partir d’un poème composé par une riveraine de l’ambassade.

Photographies

Les photographies de cette exposition ont été réunies avec l’aimable soutien de bTV Media Group dont les équipes ont couvert les événements et les récits liés aux attentats de Paris. Crédits : Boris Pintev (Paris) ; Ladislav Tsvetkov (Sofia)

Tanka

Miwako Note, auteur du tanka (forme poétique japonaise) a été primée au 8e concours international de tanka (Karuizawa, Japon, 2016)


散歩路と
わが巡りゆく
大使館

今朝置きゆける
小菊の供花

Chemin quotidien
Promenade de quartier
Devant l’ambassade

Ce matin j’ai déposé
De blancs petits chrysanthèmes

Entretien avec Mme Note

Madame Note, vous avez quitté votre pays, le Japon, pour vous installer en Bulgarie il y a sept ans. Que pouvez-vous nous dire sur ce choix de vie ? Est-ce que la Bulgarie inspire votre création artistique ?

Rien ne semblait me destiner à venir un jour dans ce pays, moi ancienne institutrice de province japonaise. Mais des circonstances et des rencontres m’ont fait prendre ce virage, et je suis partie à la découverte de la Bulgarie. Et rapidement je m’y suis fait de nombreux amis, alors je me suis fixée à Sofia, et je m’y sens très bien.

En Bulgarie, j’apprécie particulièrement la nature, les gens. Cela m’inspire, j’écris beaucoup sur le pays, surtout à partir de ces deux thèmes. La poésie et la calligraphie sont aussi un moyen de se rapprocher des autres et de partager des moments vécus et des émotions. En enseignant la calligraphie et d’autres arts traditionnels japonais dans des écoles bulgares, j’ai fait des rencontres étonnantes : des Bulgares passionnés de calligraphie japonaise, et même un Bulgare qui écrit des tanka dans sa langue maternelle !

Vous avez écrit un tanka qui évoque l’ambassade de France en Bulgarie. Pouvez-vous commenter ce choix a priori étonnant ?

C’est très simple. J’habite dans le quartier et je passe souvent devant les murs de l’ambassade. Au début de l’année, les grilles de votre ambassade étaient remplies de témoignages anonymes de gens qui voulaient simplement exprimer leur compassion après les horribles attentats commis à Paris. Ce tanka, c’est ma façon de me joindre à eux.

Mon père est mort pendant la guerre, loin de chez lui aux Philippines, alors que ma mère était enceinte de moi. C’est probablement ce qui me rend très sensible à des thèmes comme la violence, la guerre, le terrorisme.

A présent, ce tanka vit sa vie. Il a obtenu une récompense dans un concours international au Japon. J’ai des amis un peu partout, amateurs de poésie, qui se sont mis à le traduire en anglais, en allemand, en arabe, en slovaque, et cetera. Je vous remercie de l’avoir traduit en français et en bulgare et de l’afficher à l’endroit où il m’est venu à l’esprit.

Connaissez-vous la France ? Est-ce que vous avez une relation particulière à ce pays ?

Je suis allée deux fois en France, une première fois en voyage organisé. La deuxième fois, c’était il y a trois ans, et j’en ai gardé un souvenir très vif. J’étais dans un petit hôtel à Paris, près du Musée Rodin, et j’ai visité un peu plus en profondeur votre capitale. Le Louvre et le château de Versailles m’ont particulièrement impressionnée. Mais il me reste encore beaucoup à découvrir ! J’apprécie l’accueil des Français, leur ouverture à d’autres cultures. La façon dont ils ont réagi à la violence qu’ils ont subie est une leçon d’humanité.

Découvrez le reportage

Dernière modification : 28/06/2016

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