Rendez-vous avec un prêtre égyptien

Musée d’histoire de Sofia, 23 juillet – 12 septembre 2015

L’Ambassade de France en Bulgarie, le Ministère de la culture et la Mairie de Sofia sont ravis que l’exposition Rendez-vous avec un prêtre égyptien présentée par le musée du Louvre fasse étape à Sofia après avoir été accueillie à Plovdiv.

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C’est dans le tout nouveau Musée d’histoire de Sofia que va donc se clore symboliquement une séquence exceptionnelle pour les relations franco-bulgares : Rendez-vous avec un prêtre égyptien ouvre au moment même où à Paris, au Louvre, se termine l’exposition L’épopée des rois thraces – découvertes archéologiques en Bulgarie.

Voulue par Henri Loyrette, ancien président-directeur du Louvre et Vejdi Rashidov, à l’époque déjà ministre de la Culture, l’exposition a connu le jour grâce à l’insistance de Jean-Luc Martinez, directeur du département des Antiquités grecques, étrusques et romaines de l’époque et aujourd’hui président-directeur du Louvre.

Née sous de tels auspices, elle ne pouvait que rencontrer une adhésion massive. Elle a effectivement pu se réaliser grâce à la mobilisation de personnalités du monde des affaires réunies au sein du Comité de soutien de l’exposition des antiquités bulgares au Louvre qui ont su mobiliser les sponsors privés et la générosité populaire, indispensables pour soutenir l’engagement fort des Etats français et bulgares.

Le résultat est à la hauteur des espérances : plusieurs centaines de milliers de visiteurs ont visité l’exposition à Paris, Français mais également touristes du monde entier, la presse française a été unanime pour saluer une véritable découverte pour l’ensemble des journalistes, découverte d’une grande civilisation, découverte, plus largement, de tout un pays qui était loin de leur être familier. Pas une semaine ne s’est passée, durant les quatre mois qu’a duré l’exposition, sans un nouvel article ou un reportage télévisé ou radio : face à la concurrence de l’ensemble des événements culturels qui se déroulent à Paris, cet intérêt toujours renouvelé des médias est bien la preuve que l’exposition a marqué les esprits.

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A 94 (N 95)
Basse Époque, 26e dynastie, règne de Psammétique II (595-589 av. J.-C.)
Grès silicifié
H. 148,5 cm ; La. 54 cm ; pr. 70,3 cm.
Hermopolis-Baqlieh
Achat en 1816, collection François Sallier
©Musée du Louvre, dist. RMN-GP/Christian Décamps (Numéro d’inventaire : A94)

Rendez-vous avec un prêtre égyptien est un juste retour du musée du Louvre qui a bénéficié de la générosité de près de 20 musées bulgares et qui a souhaité montrer en Bulgarie quelques-uns de ses trésors.

C’est une exposition organisée par le département des Antiquités égyptiennes du musée du Louvre, sous le commissariat scientifique de Vincent Rondot, conservateur général, directeur de département des Antiquités égyptiennes, assisté de Sophie Labbé-Toutée, chargée d’études documentaires.

L’exposition est organisée autour de la remarquable statue d’un personnage de haut rang de la 26e dynastie égyptienne (664-525 av. J.-C.) : Nakhthorheb

Le comte-gouverneur, courtisan, administrateur du palais, chargé de la couronne, administrateur de toute fonction divine, meneur des rangs, administrateur des équipes, porte parole de tout Pé, préposé aux affaires confidentielles de la maison du matin, directeur des scribes, administrateur des supérieurs des forces magiques dans la maison de vie, prêtre kherep-houout et prêtre lecteur en chef, Nakhthorheb, qu’a conçu Taïesnakht (trad. O. Perdu).

Nakhthorheb a été choisi pour être le centre de l’exposition présentée aujourd’hui en Bulgarie : sa statue en grès silicifié incarne parfaitement les caractéristiques et le génie de l’art égyptien, très tôt élaborés et consacrés par trois millénaires d’histoire. L’exposition a été voulue comme une introduction à quelques-uns des traits marquants de la civilisation égyptienne, tels qu’ils sont illustrés par les œuvres présentées, et il est conçu comme une suite de fenêtres sur ce que nous savons et ce que nous comprenons des anciens Égyptiens.

Les titres de ce haut fonctionnaire ont fourni les thèmes qui accompagnent la présentation de la statue. Le dieu Thot, ses incarnations dans l’ibis comme dans le babouin, son rôle dans l’invention de l’écriture et dans le jugement des morts, le métier de scribe fondateur de l’administration égyptienne, le savoir des prêtres et l’essentiel du rituel avec l’offrande de l’encens et la musique qui apaise les déesses, les couronnes enfin et la puissance magique de protection qu’elles incarnent…

Au moment où vécut Nakhthorheb, voilà déjà plus de 2500 ans que le pays déroule son histoire, lisse en apparence, souvent troublée dans la réalité, et voilà plus deux millénaires qu’est fixé le même ordre du monde, le même panthéon de dieux et de déesses et la même société hiérarchisée, tout entière concentrée sur la gestion de la crue du Nil.

Les anciens Égyptiens nous fascinent par l’habitude qu’ils ont, non seulement de donner des formes animales à leurs dieux, mais également par cette façon qu’ils ont de représenter ces derniers mi-humains, mi-animaux, généralement avec un corps humain et la tête de l’animal correspondant, réussissant le tour de force de nous faire paraître habituel un si étrange appariement. Ainsi Horus est-il le faucon, Khnoum, le bélier, Hathor, la vache, etc. Dans le cas de Thot, il ne s’agit pas d’un seul animal mais bien de deux : l’ibis et le babouin. Les différentes formes de Thot sont largement illustrées dans l’exposition.

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E 3610
Deuxième Période intermédiaire (vers 1710-1540 av. J.-C.)
Faïence siliceuse dite « égyptienne »
H. 15,5 cm ; D. 11,9 cm
Achat en 1860, collection Louis Fould
©Musée du Louvre, dist. RMN-GP/Christian Décamps (Numéro d’inventaire : E 3610)

C’est par l’archéologie que commencèrent les relations culturelles entre la France et la Bulgarie, qui venait tout juste de recouvrer un statut d’État autonome, à la fin du XIXe siècle. Il est donc logique, et ce n’est que justice, que la première exposition au Louvre d’œuvres venues de Bulgarie ait été consacrée à l’archéologie, particulièrement à l’archéologie thrace.

La Bulgarie a été présentée au Louvre pour la première fois. Mais la coopération entre les musées bulgares, le ministère bulgare de la Culture et le Louvre n’en est qu’à ses prémices : la convention bilatérale signée en janvier 2012 entre le ministère de la culture bulgare et le musée du Louvre s’est aussi concrétisée par un séminaire organisé en commun en mars sur la muséologie et les fouilles d’Apollonia du Pont (Sozopol) sont depuis l’année dernière codirigées par le Louvre et l’Institut national d’archéologie de Sofia. Et d’autres projets sont à suivre.

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N 4031 B
Basse Époque (664 -332 av. J.-C.)
Bronze, yeux incrustés en verre
H. 13,5 cm ; La. 14,9 cm
Achat en 1826, collection Henry Salt
©Musée du Louvre, dist. RMN-GP/Christian Décamps (Numéro d’inventaire : N 4031 B)
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E 11154
Nouvel Empire, 18e dynastie, règne d’Amenhotep III (1391-1353 av. J. –C.).
Grauwacke.
H. maximale : 19,5 cm ; La. du socle : 20,5 cm ; Pr. du socle : 8,5 cm.
Rondes bosses encastrées dans un socle commun.
Achat en 1908
Provenance indéterminée.
©Musée du Louvre, dist. RMN-GP/Georges Poncet (Numéro d’inventaire : E 11154)

Dernière modification : 22/07/2015

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