Vendredi 12 juin

LE DEFAUT

A BRUXELLES, LE PRESIDENT PLEVNELIEV S’INQUIETE DE L’IMPACT SUR LA BULGARIE D’UNE FAILLITE DE LA GRECE

Hier à Bruxelles, lors d’une conférence de presse tenue à l’issue du sommet de deux jours réunissant les dirigeants de l’UE, de l’Amérique latine et des Caraïbes (UE-CELAC), le président de la République a averti que la Bulgarie sera le pays le plus touché dans le cas d’un défaut de la Grèce et de l’approfondissement de la crise de sa dette souveraine. Rossen Plevneliev a déclaré fonder ses propos sur un rapport de la Deutsche Bank selon lequel, après la Bulgarie, les pays qui seraient le plus affectés dans un tel scenario seraient l’ARYM, la Serbie et, à un moindre degré, la Roumanie.
Devant un tel sujet de préoccupation, le premier ministre, les ministres des affaires étrangères et des finances, a assuré M. Plevneliev, suivaient attentivement la situation et faisaient entendre la voix de la Bulgarie dans le processus de prise de décision au niveau européen, en dépit de la non-appartenance de Sofia à la zone euro. Lui-même s’était entretenu avec tous les dirigeants européens sur ce sujet, et avec M. Tsipras à deux reprises en deux jours. Le chef de l’Etat a exprimé son espoir de voir la Grèce remplir ses engagements afin d’entreprendre les réformes qu’elle avait promises et d’arriver dans les heures qui suivaient à un accord (ce qui n’a pas été le cas).
En cas d’échec, la Bulgarie avait un « plan B ». Cela étant, les banques grecques établies en Bulgarie étaient suffisamment capitalisées, robustes, et disposaient de la confiance des citoyens. Même si le pire se produisait en Grèce, la Bulgarie, selon le président, était si stable que même un effet inverse, à savoir un afflux de capitaux, pouvait se produire. « Toutefois, nous voulons que nos amis grecs soient robustes, ne fassent pas faillite mais connaissent les réformes et le développement », a-t-il conclu.
D’autre part, le président de la République a indiqué qu’il avait défendu lors de ce sommet la question de l’adhésion de la Bulgarie à l’espace Schengen auprès de plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement européens, notamment Mme Merkel, M. Hollande, M. Tsipras et le premier ministre néerlandais Mark Rutte. Il avait également rencontré le premier ministre roumain Victor Ponta, qui partage la même ambition pour son pays.
Selon M. Plevneliev, la Bulgarie était complètement prête à l’adhésion et le pays ne devait pas subir un nouveau report, mais au contraire recevoir un signal de reconnaissance des efforts qu’elle avait fournis et des capacités qu’elle avait démontrées pour surveiller la frontière extérieure de l’UE. Plusieurs déclarations de la Commission et du Parlement européen en faveur de l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à l’espace Schengen plaidaient d’ailleurs en ce sens. Il a annoncé que cette question figurerait, avec les réformes en cours dans le pays, parmi les thèmes principaux de sa visite en Allemagne, qui a lieu aujourd’hui. M. Plevneliev a indiqué que la Bulgarie agirait à haut niveau lors du second semestre de cette année pour obtenir une décision positive sur son adhésion à Schengen. (novinite.com, dnevnik.bg)

LE NOMBRE

EN QUATORZE ANS, 116 222 RESSORTISSANTS ETRANGERS ONT OBTENU LA NATIONALITE BULGARE

Entre 2001 et mai 2015, 116 222 ressortissants étrangers au total ont accédé à la nationalité bulgare à en juger des statistiques fournies par le ministère de la justice à la demande de l’agence en ligne BGNES.
Dans 113 647 des cas, la nationalité bulgare a été attribuée par filiation et, dans 2 575 des cas, par naturalisation. Pendant la même période, les demandes de nationalité bulgare, déposées par des étrangers, étaient 185 447 au total.
Si l’on analyse ces chiffres en fonction de la nationalité de départ, on voit que plus de la moitié des nouveaux bénéficiaires de titres d’identité bulgares sont originaires de l’ARYM. 59 968 citoyens de ce pays ont pu prouver des origines bulgares. Suivent les citoyens moldaves (29 218), les Ukrainiens (5 930), les Serbes (5 374), les Russes (5194). La nationalité bulgare a été également demandée par 3 840 ressortissants israéliens, 2 192 Albanais, 5 Kosovars, 622 citoyens turcs.
Au sein du groupe des Bulgares par décret de naturalisation, on rencontre 206 Arméniens, 150 Afghans, 108 Libanais, 84 Syriens et 74 Iraquiens, ainsi que 289 apatrides, 233 personnes bénéficiant du statut de réfugiés et 54 personnes bénéficiant d’un statut humanitaire.
Par ailleurs, depuis 2001 jusqu’à maintenant, 6 837 personnes ont perdu leur nationalité bulgare par décret présidentiel et 58 autres leur naturalisation.
Du point de vue de la répartition dans le temps, on constate que les décrets portant attribution de la nationalité bulgare ont connu un pic en 2011 (18 473). C’est en 2001, que ce nombre a été le plus bas (1 214).
Les chiffres fournis par le ministère de la justice montrent également que l’adhésion de la Bulgarie à l’Union européenne (1er janvier 2007) a fait nettement monter l’intérêt des ressortissants étrangers à l’égard de la nationalité bulgare, souligne BGNES. (bgnes.bg, Douma)

LE COMMENTAIRE

DELIAN PEEVSKI : UN POLITICIEN EN SURSIS ?

Les propos récents du premier ministre Boïko Borissov selon lesquels le MDL deviendrait un parti acceptable pour les autres forces politiques si Delian Peevski cessait d’être député (voir notre revue du 8 juin dernier) suscitent de plus en plus de commentaires. Le fait que M. Borissov a osé parler de Delian Peevski comme d’un problème génère des questions sur la fin de sa carrière politique et lève peut-être le rideau sur le processus de son « gommage de la façade de la machine politique MDL », déclare Polina Paounova dans une analyse pour Deutsche Welle (reprise par Capital Daily).
« En dépit de tous les déballages sur l’indépendance du gouvernement actuel, le député Naïden Zelenogorski (BR) a récemment expliqué avec des mots très simples qu’il y a au parlement une majorité officielle ne dépendant pas du MDL et une majorité occulte dépendante du MDL. Tout est dit. Les gouvernants se démarquent du MDL dans leurs messages de communication politique mais ne dédaignent pas profiter des voix du mouvement dès qu’ils en ont besoin », observe Mme Paounova.
Au sein du MDL, un parti qui contrôle d’une main de fer ses députés et ses électeurs, il n’y a pas d’actes en solo. Le député Peevski n’y est qu’un des rouages mettant en branle la machine. Mais c’est un autre qui répartit les « rations » [Ndr : selon la fameuse expression du fondateur du MDL, Ahmed Dogan : « Je suis l’outil au pouvoir qui répartit les rations aux entreprises dans l’Etat. Je veux que vous soyez très au clair sur cette question », 18 juin 2009, campagne électorale à Kotchan, région de Blagoevgrad]. Dès que Peevski deviendra inutile (et cette éventualité paraît de plus en plus proche), il sera remplacé par un autre rouage.
Donc, il n’est pas possible que le MDL soit un « partenaire acceptable » et que Delian Peevski ne le soit pas. Le « démontage » éventuel du député ne changera en rien le parti et son orientation. Mais après cette fausse catharsis la collaboration avec les cercles autour du MDL sera plus facilement justifiable. Et les coulisses qui distribuent les rations fabriqueront les héritiers de Peevski, conclut Mme Paounova.
Dans les colonnes de Sega, l’expert en marketing politique Arman Babikian se penche également sur la récente interview multifacette du premier ministre bulgare (voir notre revue du 8 juin dernier). C’est pour la première fois depuis le scandale déclenché en juin 2013 par la nomination du député Peevski à la tête de la DANS que M. Borissov parle de lui comme d’un problème. Un problème l’empêchant de négocier avec le MDL parce que Peevski n’avait nullement entravé sa rencontre démonstrative avec le leader du MDL, Lioutvi Mestan, dans une cafétéria à Kardjali l’année dernière. Evidemment, nul n’est dupe de la spontanéité du soutien parlementaire du MDL aux initiatives du GERB. L’interview de M. Borissov montre brillamment son incroyable capacité de survivre pour le compte de tous et de tout. On peut parler de flexibilité politique ou de manque de caractère, voire de ruse balkanique. Mais la grande question qui pèse sur la Bulgarie est de savoir en quoi cela profite à la Bulgarie et vers où s’achemine le pays. N’a-t-on pas abouti à ce point mort au-dessus duquel il est écrit en très grandes lettres visibles même pour les aveugles : « Borissov ne fera pas de réformes » ?, se demande M. Babikian. (Capital Daily, Sega)

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Dernière modification : 12/06/2015

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