Vendredi 12 octobre

Politique

Assassinat de Victoria Marinova

La presse bulgare rend compte d’une déclaration du responsable du parquet de la ville allemande de Celle, Bernd Kolkmeier, selon laquelle le parquet allemand attend que les autorités bulgares confirment que les conditions de vie dans les prisons bulgares correspondent aux normes européennes avant de se prononcer sur l’extradition de Severin Krassimirov, assassin présumé de Victoria Marinova. (tous media)

Interviewée par la chaîne Nova, la mère de Severin Krassimirov qui habite la ville de Stade a souhaité que son fils soit jugé en Allemagne, de peur qu’il soit tué, de retour à Roussé. Elle affirme que son fils lui avait dit avoir commis ces infractions sous l’influence de l’alcool et de la drogue. (tous média)

Interrogé au sujet de l’assassinat de Victoria Marinova, le vice-premier ministre Valery Simeonov a considéré que la police allemande a retardé son intervention car elle a eu peur des représentants dangereux de plusieurs ethnies habitant la résidence où se cachait Severin Krassimirov, alors que « tout ghetto en Bulgarie est maîtrisé par la police ». En outre, il a salué le premier ministre pour avoir réuni les ambassadeurs à Sofia à l’occasion de l’assassinat à Roussé « car en fin de compte, il a fallu que quelqu’un dise à ces « connaisseurs de tout » d’agir avec précaution à l’égard de la Bulgarie qu’ils ne connaissent pas ». Selon M. Simeonov, le journalisme en Bulgarie n’est dépendant que du propriétaire des media et ne l’est en aucun cas du gouvernement. « La Bulgarie est le royaume de la liberté d’expression, voire de la débauche verbale dans la mesure où tout est permis chez nous et l’image de tout un chacun peut être impunément salie », a-t-il conclu. (tous media)

L’hebdomadaire Capital consacre son dossier à l’assassinat de Victoria Marinova. Ce media publie également le commentaire de la journaliste Vesselina Sedlarska selon qui « des media qui, pour la plupart, appartiennent à un seul homme ne peuvent pas être indépendants ». La politique rédactionnelle des media qui détiennent 70% du marché, exclut toute critique à l’égard des gouvernants (indépendamment de leur couleur politique), ainsi que des publications contraires aux intérêts économiques liés à ceux-ci, précise Capital. (Capital)

Sous l’intitulé « Borissov est tombé dans le piège de la politisation radicale », Sega publie l’analyse du politologue Daniel Smilov, selon qui le problème de la Bulgarie, c’est la politisation du pouvoir judiciaire, des structures qui luttent contre la corruption et des media et la dépolitisation des partis au Parlement qui « se patriotisent » et parlent d’une seule et même voix sur la plupart des thèmes importants ». (Sega)

Rénovation du centre de la ville de Sofia

Lors de la dernière réunion du Conseil municipal de Sofia, Yordanka Fandakova, maire de la commune de Sofia-capitale, a annoncé que dans le cadre du projet de rénovation du centre-ville « la société GP Group n’a reçu qu’une avance de 4,8 millions de leva, dans la mesure où aucun site n’est achevé ». Ce projet qui bloque la ville depuis plusieurs mois est contesté et suscite beaucoup de critiques. Le groupe politique 5 [qui réunit les représentants des partis Voix du peuple, les Verts et Mouvement 21] au sein du conseil municipal de Sofia demande la démission du maire adjoint chargé des transports Evgueni Kroussev. (Sega)

Religion

Le financement des cultes à l’ordre du jour du parlement

Après avoir réuni deux projets de loi sur les cultes, déposés respectivement par Tsvetan Tsvetanov (GERB), Kornelia Ninova (PSB) et Moustafa Karadaya (MDL), et, pour le second, par les Patriotes unis (au nom de l’ORIM), le parlement a adopté en première lecture plusieurs amendements concernant le financement des religions en Bulgarie. D’après les dispositions retenues, l’Etat paierait jusqu’à 15 millions de leva par an, à raison de 10 leva par croyant, aux cultes qui recensent au moins 1% de la population (d’après le dernier recensement national). Les autres religions continueraient à recevoir les subventions inscrites dans le budget national et devraient les utiliser uniquement pour la rémunération des prêtres et les objectifs définis par la loi. Les cultes seraient tenus de rendre compte uniquement des fonds octroyés par l’Etat. La question très controversée des financements venant de l’étranger et des dons en général, ainsi que celle de la définition à donner à la notion de « radicalisme religieux », figurant dans le projet de loi de l’ORIM, seraient précisées ultérieurement. Les députés se sont donné un délai de vingt-et-un jours pour rapprocher les différentes positions et prendre en compte notamment celles de l’Eglise orthodoxe bulgare et du Grand muftiat. Pour rappel, la décision d’amender la législation relative aux cultes a été prise en avril dernier lors du Conseil consultatif pour la sécurité nationale, dirigé par le président de la République, l’idée étant de protéger les cultes traditionnels d’influences extérieures et d’éliminer les préalables de radicalisation religieuse dans le pays. (tous media)

Trois métropolites bulgares appellent au règlement de la question de l’Eglise ukrainienne par la convocation d’un concile panorthodoxe

Au lendemain de l’acte d’indépendance de l’Eglise d’Ukraine par le Patriarcat œcuménique de Constantinople, le journal Standart lève le voile sur l’état d’esprit sur cette question en Bulgarie. Une tribune signée par trois membres du Saint-Synode – les métropolites de Lovetch, de Varna et Veliki Preslav et de Vidin – fait état d’une réunion du Saint-Synode, tenue le 4 octobre dernier et consacrée à l’examen d’une lettre envoyée par l’Eglise de Russie. Dans cette dernière, reçue le 3 octobre, le patriarche russe Kirill alarmait Sofia sur la situation préoccupante créée par les démarches du Patriarcat de Constantinople autour de l’Eglise d’Ukraine, autant dire sur le territoire canonique d’un autre patriarcat, notamment celui de Moscou. En indiquant que lors de la discussion, les membres du Saint-Synode avaient exprimé différentes positions, les trois métropolites soulignent le décalage entre « les motifs déclarés par le Patriarcat de Constantinople [en vue de la proclamation de l’autocéphalie de l’Eglise ukrainienne] et les résultats qu’une telle ingérence pourrait entraîner ». Rappelant la division récente au sein de l’Eglise bulgare [existence de deux Saint-Synodes de 1992 à 2004] du fait de l’immixtion de l’Etat bulgare dans les affaires religieuses, les métropolites relèvent que des règles de territorialité, qui ont été respectées pendant des siècles, ne peuvent être ni contestées, ni annulées par la volonté unilatérale d’une seule Eglise. Les signataires évoquent les condamnations par Bartholomée Ier, prononcées en 1995, à l’encontre de tenants d’une autocéphalie ukrainienne. Et les trois métropolites de conclure : « Il nous est impossible de considérer qu’il puisse sortir quelque chose de bon des démarches unilatérales du Patriarcat de Constantinople en Ukraine, s’il s’agit de surmonter la division de l’Eglise dans ce pays. Le Patriarcat de Constantinople n’a pas le droit d’intervenir hors de son territoire canonique ni d’entrer en communion avec les schismatiques ukrainiens. Admettre ou tolérer une telle intervention signifierait créer un précédent dangereux et imprévisible, capable de menacer l’unité de l’Eglise […] Nous sommes convaincus que, dans le cas de l’Ukraine, seule une discussion panorthodoxe et la convocation d’un concile panorthodoxe peuvent apporter une décision qui fera autorité ». (Standart)

Economie

L’endettement croissant des entreprises présagerait de nouvelles faillites

A sa une, Sega attire l’attention sur les niveaux d’endettement élevés et croissants des entreprises bulgares. Se référant à une étude de la compagnie Coface, spécialisée dans la gestion des risques, ce quotidien indique que 19% des sociétés dans le pays sont confrontés à un risque élevé d’insolvabilité. Toutefois, la même étude constate une légère baisse des faillites de sociétés de droit bulgare : 311 en 2017 contre 381 en 2016. (Sega, dnevnik.bg)

Europe

La Bulgarie et fonds européens, mode d’emploi

« 7 000 entreprises et 1 500 écoles bulgares recevront des fonds de l’UE d’ici 2023 » : interview avec la commissaire européenne à la politique régionale, Corina Crețu qui fait le bilan du processus d’absorption de fonds européens par la Bulgarie et des montants à octroyer dans le cadre de la prochaine période de programmation. (24 Heures)

Zone euro

La banque centrale européenne procèdera à l’évaluation des actifs de six des plus grandes banques bulgares dans le cadre de la procédure d’adhésion de la Bulgarie au MCE II dit « antichambre de la zone euro ». (Mediapool, Capital)

Dernière modification : 12/10/2018

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