Vendredi 13 février

LE RETOUR
BOÏKO BORISSOV ET SON EX-CHALLENGER SOCIALISTE FONT CAUSE COMMUNE POUR L’ADHESION A SCHENGEN

Le Premier ministre Boïko Borissov et le président du Parti des socialistes européens (PSE), ancien dirigeant du PSB et député européen, Sergueï Stanichev, se sont alliés au nom de l’entrée de la Bulgarie dans Schengen. Ils se sont entretenus à huis clos, hier, en marge de la réunion du Conseil européen. L’objectif de cette rencontre tenue à l’initiative de M. Stanichev portait sur la coordination des actions communes devant aboutir à l’examen immédiat par les partenaires européens de la candidature de la Bulgarie à l’espace Schengen. A l’issue de cet entretien, M. Borissov a déclaré que la « Bulgarie a rempli tous les critères requis pour adhérer » mais n’est pas en mesure de s’unir au lieu d’exploiter le sujet pour des luttes internes et de laisser ainsi l’impression qu’elle n’est pas prête. C’est pourquoi, le Premier ministre et le leader du PSE ont adopté une nouvelle pratique européenne consistant à coordonner leurs positions afin que chacun puisse sensibiliser les membres du PPE et du PSE qui se réunissent par tradition dans le cadre de réunions préparatoires avant le Conseil européen. Si la Bulgarie pouvait bénéficier du soutien des deux grands partis européens, il serait plus facile d’inclure la demande d’adhésion à l’ordre du jour du Conseil européen. Il a souligné que « le fait qu’un Bulgare soit à la tête du PSE est une chance rare que nous avons ».
Pour sa part, M. Stanichev a indiqué qu’ « il est grand temps que la Bulgarie participe au dialogue politique relatif à la sécurité en Europe. Tant que le mur de Berlin existe au sein de l’Union européenne, il n’y aurait pas de sécurité commune efficace. La Bulgarie doit adhérer cette année à l’espace Schengen. » Selon lui cette adhésion doit être étudiée dans le contexte du thème de la sécurité et des mesures antiterroristes qui sera au cœur des préoccupations des chefs d’Etats et de gouvernements européens. « Les résultats de la réunion à Minsk constitue un succès pour la politique européenne. Nous les socialistes et les sociaux-démocrates, avons toujours défendu la paix, le dialogue et la solution politique des conflits. Il est possible qu’il y ait des provocations afin que les accords ne puissent pas être mises en œuvre. Par conséquent, il est important que défendions tous ensemble la paix et la sécurité en Ukraine. Je le dis en ma qualité de président du PSE mais également en tant que Bulgare préoccupé du sort de mes compatriotes dont le nombre en Ukraine s’élève à environ un demi-million » (sic).
Plus tard dans la journée, M. Stanichev a indiqué avoir obtenu, lors de la réunion préparatoire des leaders des partis du PSE, l’assurance de la part des premiers ministres socialistes italien, tchèque et maltais de donner un coup de main à leur homologue bulgare lors du Conseil européen. Le président du Parlement européen, Martin Schulz, aurait également promis de soutenir la candidature bulgare à l’espace Schengen. (24 Tchassa, Douma)

L’EMPRUNT
DEUX COMMISSIONS PARLEMENTAIRES APPROUVENT L’EXTENSION DE LA DETTE EXTERIEURE

Le gouvernement a réactualisé son programme de refinancement de la dette publique et de couverture des déficits budgétaires pour la période 2015-2017. Le nouveau plan de trois ans témoigne d’un changement dans la politique du ministère des finances, estime Capital Daily. Alors que les gouvernements précédents comptaient avant tout sur le marché intérieur pour le placement des émissions obligataires, le plus souvent à moyen terme, cette fois-ci le ministère des finances envisage d’emprunter sur les marchés internationaux pour refinancer la dette, avec une échéance repoussée dans le temps.
Le 6 février dernier, le ministère des finances a conclu une convention de courtage avec quatre établissements financiers internationaux, Citigroup Global Markets, HSBC Bank, Société générale et Unicredit. Selon le ministre, ces quatre banques ont été retenues parce qu’elles avaient déjà secouru le gouvernement, à la fin de l’année dernière, en lui consentant un crédit-relais en vue du remboursement des dépôts garantis de la KTB (voir notre revue du 26 novembre dernier).
Cette convention, qui doit être ratifiée par le parlement, prévoit un volume maximal de 8 milliards d’euros pour les nouvelles émissions, une maturité maximale de 30 ans et un taux d’intérêt admissible plafonné à 10%. Le volume annuel des tranches doit s’inscrire dans les limites prévues par les lois de finances. Le montant du financement prévu pour 2015 est de 6,9 milliard de leva.
A la commission parlementaire de la politique étrangère, le texte a passé difficilement : 9 voix « pour », 3 voix « contre » et 5 abstentions. Mais c’est au sein de la commission du budget et des finances qu’il a soulevé une vive polémique. Finalement, la convention n’a été approuvée qu’avec 9 voix « pour » et 8 voix « contre ». Le député Roumen Guetchev (PSB) s’est opposé en menaçant de saisir la Cour constitutionnelle. La Constitution ne permet pas d’approuver des émissions de dette pour des périodes à venir (2016 et 2017) pour lesquelles les lois de finances n’ont pas été adoptées encore, a-t-il argué.
Campant fermement sur ses positions, le ministre des finances Vladislav Goranov a souligné que les déficits s’accumulent et un tel « programme offre de la prédictibilité, permet au gouvernement, même en cas d’instabilité politique, de faire face à ses obligations votées dans la loi de finances ». (Capital Daily, Sega, Pressa)

L’INTERDICTION
LA MARCHE LOUKOV N’AURA PAS LIEU, MAIS…

Le défilé nationaliste prévu pour demain, 14 février, sous le nom de marche Loukov, n’aura pas lieu. Au moins pas sous la forme prévue par ses organisateurs puisque la mairie de Sofia a décidé d’interdire le défilé tout en autorisant le dépôt de fleurs devant la plaque commémorative du général Loukov.
La marche Loukov, un défilé aux flambeaux organisé depuis 2003 à Sofia à la mémoire du général Khristo Loukov [Ndr : figure de la Ie guerre mondiale, ministre de la guerre de 1935 à 1938 et leader d’une organisation politique de l’entre-deux-guerres fortement influencée par le national-socialisme et le fascisme, l’Union des légions nationales bulgares], suscite régulièrement des protestations de la part de la communauté juive, d’associations, de partis politiques qui y voient une manifestation néonazie.
Cette année, trois partis politiques, le PSB, ABC et le MDL, ont demandé l’interdiction d’une manifestation qui « voue un culte à des figures liées à l’idéologie fasciste ». Les ambassades de Russie et d’Israël avaient également fait connaître leur mécontentement.
La mairie de Sofia a reçu des mises en garde de la part du ministère de l’intérieur, de la DANS et du Parquet selon lesquelles il y avait un vrai risque de troubles de l’ordre public si cette manifestation se déroulait, a déclaré la maire Yordanka Fandakova. Ainsi la marche sera interdite pour la deuxième année de suite. L’année dernière, toutefois, elle avait eu lieu malgré l’interdiction.
Et qui sont les organisateurs ? Le site en ligne spécialement conçu pour populariser la marche ne le mentionne pas. Mais l’Union nationale bulgare, un parti politique d’extrême droite, se présente comme son principal inspirateur. Pendant les années, d’autres formations politiques s’y sont associées, le plus souvent nationalistes et d’extrême droite, certaines ayant été représentées au parlement ou l’étant actuellement. L’année dernière, un de ses défenseurs les plus véhéments dans les médias était Anguel Djambazki, actuellement député européen [Ndr : ORIM, élu avec Nikolaï Barekov sur la liste conduite par ce dernier]. (Pressa, Troud, Douma, Standard)

Word - 186 ko
(Word - 186 ko)

Dernière modification : 13/02/2015

Haut de page