Vendredi 15 février

Politique

Amendements controversés du Code électoral

Trois mois avant les élections européennes, l’Assemblée nationale a amendé le Code électoral, à l’issue de 20 heures de débats acharnées. Selon les amendements adoptés,
i) les suffrages préférentiels, valides pour un candidat précis au sein de la liste d’un parti politique, seront pris en compte, seulement si le nombre de voix obtenues par le candidat au sein de la liste est au moins égal au quota national - aux élections européennes, au quota de circonscription – aux élections législatives et au quota municipal aux élections locales. Ainsi, selon les spécialistes, pour qu’un candidat puisse devenir député européen, il aura besoin d’obtenir plus de 115 000 suffrages préférentiels, et de 17 000 suffrages préférentiels pour devenir député national. Cet amendement a été soutenu par tous les groupes parlementaires à l’exception de celui des socialistes.
ii) la commission électorale centrale (CIC) et les commissions électorales au niveau des circonscriptions (RIC) et des bureaux de vote (SIC) ne décideront plus à la majorité qualifiée (2/3) mais à la majorité simple, ce qui favorisera la coalition au pouvoir, selon le PSB et la presse.
iii) les signalements et les requêtes de la part des RIC ne relèveront plus de la compétence de la Cour administrative suprême mais des tribunaux locaux, dont les magistrats, selon Sega, sont plus exposés à la pression.
iv) les électeurs pourront exercer leur droit de vote par le biais de machines de vote dans 3 000 bureaux de vote aux élections européennes, dans 6 000 bureaux aux élections locales en automne, cette technique de vote devant se généraliser et mettre fin du bulletin sur support papier ultérieurement, selon le plan d’action prévu par ses amendements.
v) il n’y aura plus de double exemplaire du procès-verbal de vote, conservé auparavant par les SIC et permettant de faire appel en cas de décalage entre les résultats saisis par la CIC et ceux qui figurent sur le PV conservé au sein de la SIC.
vi) le vote en ligne a été reporté au 31 mars 2020, la CIC s’engageant à élaborer une feuille de route en vue de l’expérimentation de cette technique de vote.

Le président de la République Roumen Radev a souligné « l’inquiétude que suscitent ces amendements qui portent atteinte à la transparence du processus électoral et le rendent moins démocratique ». Pour sa part, la présidente du PSB Kornelia Ninova y a vu une tentative de fraude électorale de la part des gouvernants et a fait état de son intention de saisir la Commission de Venise auprès du Conseil de l’Europe et les ambassadeurs des Etats membres de l’UE en Bulgarie. (tous media)

L’Affaire Emilian Guebrev : empoisonnement au Novitchok ? (suite)

L’hebdomadaire Capital consacre son dossier de la semaine à l’empoisonnement de l’homme d’affaires Emilian Guebrev en établissant au moins deux rapprochements avec l’affaire Skripal en Grande-Bretagne : la substance utilisée et les personnes soupçonnées. (Capital)

En reproduisant largement les éléments de l’investigation menée par des journalistes des sites Bellingcat (Grande-Bretagne), The Insider (Russie) et Respekt (République tchèque), Dnevnik révèle la véritable identité du ressortissant russe Fedotov, impliqué à la fois dans l’affaire Skripal et l’empoisonnement de M. Guebrev. Il s’agit de Denis Sergueev, officier de haut rang dans les renseignements militaires russes, qui a visité la Bulgarie à trois reprises en 2015 : avant et après l’opération contre Guebrev et le jour de l’opération. (dnevnik.bg, capital.bg)

International

L’Investbank nie avoir eu des relations de correspondance directes avec des banques vénézuéliennes

Au lendemain de l’inspection lancée par les services de sécurité au sein de l’Investbank sur les transferts d’argent depuis le Venezuela, la presse relaye un communiqué de l’établissement qui affirme travailler dans la légalité. La banque explique que les fonds ont été reçus « en conformité avec toutes les exigences réglementaires » de la législation bulgare et des sanctions internationales, y compris celles de l’Union européenne et de l’OFAC étatsunien. Selon la banque, les transferts entrants sont passés au préalable par au moins deux banques correspondantes, faute de « relations de correspondance directes » avec des banques vénézuéliennes. (tous media)

Le financier Émile Harsev sur l’affaire des fonds pétroliers du Venezuela

Dans une interview pour 24 Heures, le financier Émile Harsev indique que les services bulgares de renseignement financier étaient au courant de ces transferts d’argent, bien avant que ceux-ci ne soient publiquement révélés, mais qu’ils n’avaient pas de raisons d’avoir des soupçons quant à l’origine des fonds. Selon lui, les autorités bulgares ne peuvent pas savoir s’il s’agit de blanchiment d’argent sauf à en être informés par les organes compétents d’autres pays où le crime aurait été commis. Émile Harsev a également fait part de son évaluation positive du système banquier bulgare, en mettant en avant sa stabilité et son respect de la loi. (24 Heures)

Cette revue de presse, qui ne prétend pas à l’exhaustivité, se limite à présenter des éléments publiés dans les médias bulgares. Elle ne reflète en aucun cas la position de l’ambassade ou du gouvernement français.
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Dernière modification : 19/02/2019

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