Vendredi 16 décembre

Les déclarations

Boïko Borissov conditionne à une réforme du mode de scrutin la constitution d’un nouveau gouvernement dans le cadre de la législature actuelle

Le premier ministre bulgare s’est exprimé à l’issue du Conseil européen. A Bruxelles, Boïko Borissov a commenté le mécanisme de coopération et de vérification (MCV) et le progrès de la Bulgarie, les relations européennes avec la Turquie et la Russie, ainsi que l’éventuelle possibilité de constituer un nouveau gouvernement dans le cadre de la législature actuelle et du mandat donné par le chef de l’Etat au Bloc réformateur (voir la revue du 13 décembre).

Standart, 24 tchassa et Mediapool mettent l’accent sur les propos de M. Borissov concernant le nouveau gouvernement : les trois médias voient dans les propos du premier ministre une éventuelle possibilité que le GERB accorde son soutien au Bloc réformateur pour former un gouvernement. M. Borissov a souligné devant des journalistes la bonne coopération avec le Bloc dans beaucoup de domaines. « De ce fait et dans le cadre d’éventuelles futures coalitions », le GERB « doit au Bloc un entretien ». Le premier ministre a tout de même souligné que le prix d’un éventuel soutien serait l’amendement du Code électoral. Le code doit être amendé afin de respecter le résultat du référendum, sinon les élections « seront illégitimes ». « Nous trouverons une formule pour leur donner du temps [au Parlement] et amender le Code électoral », a expliqué M. Borissov. Mediapool précise que le premier ministre a exprimé ses réserves à l’égard d’un scrutin majoritaire à deux tours à la majorité absolue et a soutenu « l’adoption du système français » (sic).

M. Borissov a souligné que, lors de son entretien avec le vice-président de la Commission européenne, ce dernier a apprécié les réformes entreprises par le gouvernement et la lutte contre la contrebande. M. Borissov a exprimé l’espoir que le MCV soit levé dès l’année prochaine et remplacé par « le modèle de coopération appliqué à l’égard de tous les Etats membres, comprenant des vérifications des juges, des instructeurs, des procureurs ou des cas concrets ». La BNR souligne que Frans Timmermans a jugé très positifs les résultats de la Bulgarie dans la lutte contre la contrebande, mais a souhaité que les actions contre la corruption et la réforme du système judiciaire soient encore plus énergiques.

Lors du Conseil à Bruxelles, le premier ministre a plaidé pour que des consultations entre l’UE et les Etats-Unis soient engagées avant de prolonger les sanctions contre la Russie. M. Borissov a souligné que Bruxelles et Washington doivent « synchroniser leurs démarches ».

Concernant la crise migratoire et les relations avec la Turquie, le premier ministre a de nouveau soutenu l’accord européen avec Ankara. « Grâce aux mécanismes et aux instruments d’influence sur la Turquie dans cette période de préadhésion, la frontière bulgaro-turque est calme », a tranché M. Borissov. Il a plaidé pour le cessez-le-feu en Syrie et l’ouverture d’un corridor humanitaire. Pour autant, il a prévenu que « cela représente un risque supplémentaire pour la Bulgarie, car la route par laquelle ces gens fuient la terreur passe par la Bulgarie et la Grèce ». (government.bg, mediapool.bg, bnr.bg, Standart, 24 tchassa)

La surveillance

L’Assemblée nationale étend la possibilité de recourir aux écoutes au nom de la lutte contre le terrorisme

Le projet de loi d’amendement à la loi de lutte contre le terrorisme a été adopté hier en deuxième lecture. Ces amendements renforcent les pouvoirs des militaires lorsqu’ils soupçonnent qu’un acte terroriste peut être commis. Leurs nouvelles attributions permettront de procéder au contrôle d’identité de personnes suspectes, de procéder à leur fouille et à leur arrestation ainsi qu’à la perquisition de leurs domiciles et véhicules en leur absence et sans leur autorisation afin de prévenir la commission d’un acte terroriste. Dans ce même objectif, ils seront autorisés à recourir à l’usage de la force et à l’utilisation des armes à feu « en cas de nécessité absolue » lorsqu’une personne refusera de se soumettre à un ordre, résistera, tentera de s’enfuir ou s’attaquera à des citoyens. Les agents de l’Agence d’Etat de sécurité nationale (DANS) se sont fait attribuer les mêmes pouvoirs de police.

Les députés ont saisi l’occasion de l’adoption de cette loi pour adopter, au titre des dispositions définitives et transitoires de celle-ci, des amendements à la loi sur l’utilisation des techniques spéciales d’enquête. Ainsi, sous prétexte de prévenir d’éventuelles tentatives d’actes terroristes, les députés ont largement ouvert la porte à l’utilisation des écoutes sur la seule base de la suspicion. Les délais de mise en œuvre de cette dernière mesure ont été augmentés de six mois à deux ans avec possibilité de prorogation d’un an. Dorénavant, le procureur général pourra demander au président du tribunal pénal spécialisé d’autoriser l’utilisation de techniques spéciales d’enquête sur la base d’un soupçon (relatif à l’incitation, au financement ou à la réalisation d’un acte terroriste, à la création d’une organisation terroriste ou à la contrefaçon de documents en vue de la commission d’un acte terroriste) en dehors même du cadre d’une procédure pénale. C’est un nouveau pouvoir légal qui vient encore renforcer la toute-puissance du procureur général. Ce même pouvoir est accordé aux chefs de l’Agence d’Etat de sécurité nationale (DANS), de l’Agence nationale de renseignements ou à leurs adjoints à qui ils l’auraient délégué, ainsi qu’au secrétaire général du ministère de l’Intérieur.

Atanas Atanassov, du Bloc réformateur, s’est opposé à ce que le Parquet puisse avoir accès à des informations permettant de supposer la préparation d’un acte terroriste que les services de sécurité sont seuls susceptibles de recueillir. « Nous avons transformé ainsi le Parquet en un service de sécurité », a-t-il asséné en avertissant que « cette symbiose entre votre chef, chers collègues du GERB, et le procureur général » est dangereuse. « Nous avons transformé l’Etat en une puissante machine d’écoute pour revenir ainsi à l’époque du culte des écoutes », a souligné Ivan Ivanov du PSB. (tous journaux)

La consolidation

Redistribution des cartes en vue dans le secteur bancaire bulgare

Annoncée en 2015 par Kalin Hristov, sous-gouverneur de la Banque nationale de Bulgarie (BNB), la consolidation dans le secteur bancaire, même si elle prend son temps pour se concrétiser, devient de plus en plus tangible. Depuis 2014 deux banques ont disparu du marché bancaire bulgare : la KTB, à l’issue d’une faillite retentissante, et Alfa Bank, absorbée par la Post Bank. La banque Victoria aura bientôt un nouveau propriétaire (la Bulgarian American Credit Bank ou la Commercial DBank). Bien qu’inaboutie à cause d’une interdiction de la BNB, la tentative de l’acquisition de la banque Tokuda par les hommes d’affaires Ognian Donev et Spas Roussev vient en appui de cette tendance.

D’ici la fin de l’année, la National Bank of Greece (NBG Group), propriétaire de l’United Bulgarian Bank (UBB), qui est la quatrième banque de Bulgarie avec une part de marché d’environ 10%, se prépare également à se séparer de sa filiale bulgare. Briguée initialement par la CIBANK, détenue par le groupe belge KBC Group, l’UBB a également intéressé la DSK, filiale du groupe hongrois OTP et deuxième banque de Bulgarie, qui a déposé une offre la semaine dernière.

Selon trois sources d’Ikonomist et les sources de Capital, il est attendu que le marché revienne à la CIBANK, bien qu’elle soit deux fois plus petite que l’UBB qu’elle s’apprête à acquérir et beaucoup plus petite que le deuxième candidat, la DSK. Son offre s’approcherait le plus de ce que souhaiterait obtenir de cette transaction la NBG Group. Le vendeur aspire à trouver un accord sur cette transaction d’ici la fin de l’année avant de la finaliser en 2017 afin de pouvoir travailler avec les bailleurs de fonds de l’aide octroyée à la Grèce. En outre, cette banque grecque souhaiterait, en accélérant les ventes, se débarrasser le plus rapidement possible du contrôle dont elle fait l’objet de la part du Fonds de sauvetage grec.

D’autre part, la forte capitalisation de l’UBB et le potentiel de croissance ainsi garanti motiverait également le belge KBC Group. Son capital propre s’élève, après répartition des dividendes, à un peu plus d’un milliard de leva. Ce matelas permettrait au groupe grec NBG de vendre l’UBB à un prix bien supérieur (selon la règle de l’acquisition d’une banque au prix de 50% de son capital propre) aux 240 millions d’euros auquel il l’avait acquis à 90% il y a seize ans.

Selon Ikonomist, on s’attend à ce que deux autres banques bulgares changent également de propriétaire l’an prochain. Un autre établissement de crédit grec serait à la recherche d’un nouveau propriétaire pour sa filiale bulgare. (Ikonomist, Capital)

Rubrique France

24 tchassa publie une brève sur l’entretien de l’Ambassadeur de France, M. Eric Lebédel avec le ministre de la culture Vejdi Rachidov. « L’Ambassadeur français a salué les entreprises courageuses du ministre Rachidov », titre le journal.

Cette revue de presse, qui ne prétend pas à l’exhaustivité, se limite à présenter des éléments publiés dans les médias bulgares. Elle ne reflète en aucun cas la position de l’ambassade ou du gouvernement français.
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Dernière modification : 16/12/2016

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