Vendredi 20 avril

Politique

Le conseil consultatif pour la sécurité nationale (CCSN), convoqué par le président de la République, s’est réuni hier pour examiner les menaces et les risques pesant sur la sécurité bulgare, ainsi que l’état des forces armées et les mesures nécessaires à son amélioration. Y ont pris part les chefs de l’Etat et du gouvernement, un vice-président de l’Assemblée nationale, les présidents des groupes parlementaires (vice-président pour les Patriotes unis), les ministres des affaires étrangères, de la défense et de l’intérieur, le chef de la défense. Après cinq heures de débats, le président Roumen Radev a présenté en cinq points la position officielle du Conseil : actualiser d’ici octobre 2018 le budget prévisionnel pour la période 2019-2021 en vue de respecter l’engagement assumé d’augmenter à 2% du PIB, d’ici 2024, les dépenses pour la défense ; réexamen par le ministère de la défense, d’ici septembre 2018, des plans de mesures visant à résoudre la pénurie d’effectifs dans l’armée ; accélérer le processus d’introduction des projets de modernisation et de réarmement de l’armée au Conseil des ministres et au parlement : délai juin 2018 ; élaborer d’ici septembre 2018 un plan de rénovation du matériel et de l’équipement en service dans l’armée pour la durée complète de leur vie, avec indication des ressources financières mobilisables ; amender, d’ici septembre 2018, la loi sur les cultes en vue d’un engagement clair de l’Etat susceptible de garantir la protection des cultes traditionnels dans le pays et empêcher toute radicalisation fondée sur la religion. Les débats au sein du CCNS ayant un caractère consultatif, les décisions prises n’ont pas de force contraignante pour le gouvernement, ni pour le parlement. (president.bg, tous media)

Des déclarations faites par des participants à l’issue du CCSN – dont les réunions se déroulent à huis clos, ont de nouveau démontré la tonalité extrêmement tendue et le sérieux antagonisme politique existant entre le GERB et le président de la République. Ainsi, le président du groupe parlementaire du GERB, Tsvetan Tsvetanov, a reproché au président Radev d’avoir distribué au début de la réunion un projet d’avis du CCSN dont le contenu, si adopté, aurait exclu la Bulgarie de l’UE et de l’OTAN. « Aucun paragraphe ne correspondait à la position de l’OTAN ou à celle de l’UE [concernant la Syrie]. On n’y voyait que le point de vue de la Russie. Alors que nous devons être solidaires avec tout acte visant à limiter la capacité de tels régimes à employer des armes chimiques », a précisé aujourd’hui M. Tsvetanov. La présidente du PSB a tout de suite accusé ce dernier de manipuler l’opinion et d’insinuer que la présidence de la République et le PSB sont au service d’intérêts étrangers. Après la publication dès hier soir du projet d’avis sur le site de la présidence de la République, ce matin le président Radev a répondu aux critiques en soulignant qu’il cherche toujours la coopération et que le projet ne contenait rien qui ne soit pas vrai : « Ce n’est pas par hasard que j’insiste sur le besoin d’une meilleure éducation. Il est évident que M. Tsvetanov a des difficultés à appréhender un texte lu. La façon la plus facile de caricaturer l’idée européenne est de l’associer à des gens qui ne savent que pérorer du matin au soir sur les valeurs européennes sans rien y comprendre ». (tous media)

La lecture comparée du projet de position et de l’avis retenu comme étant celui de la présidence de la République, du gouvernement et des forces parlementaires montre que le paragraphe incriminé par M. Tsvetanov (« Les frappes portées contre des sites sur le territoire de la Syrie par la coalition ad hoc créée /les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France/, en absence d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, augmentent le risque d’escalade de la tension dans la région »…) a disparu, ainsi que toute mention nominative d’autres Etats. Au lieu de cela, on déclare : « Les membres du CCSN se sont réunis autour de la position que les changements importants dans l’environnement géopolitique, se caractérisant par une dynamique particulière ces derniers temps, met la sécurité nationale de la République de Bulgarie devant de nouveaux défis. […] Les crises non résolues à importance géopolitique, les processus de déstabilisation de la région de la mer Noire, la concurrence dans la région des Balkans occidentaux, le terrorisme international, la pression migratoire, les conflits au Proche-Orient, continuent à exposer à des risques notre sécurité nationale, celle de la région, mais aussi celle de la zone euro-atlantique dans son ensemble. Des processus parallèles de rivalité et de coopération sont en cours ». (president.bg)

Volen Siderov, président du groupe des Patriotes unis, n’a pas pu participer à la réunion du CCSN en raison d’un déplacement en Crimée. Dans le cadre du forum « L’avenir mondial. L’avenir de la Russie », il a pris position en faveur du maintien de « relations normales » avec la Russie. « Les prochaines élections européennes, qui permettront l’entrée au Parlement européen de partis politiques comme Ataka, qui souhaitent de la coopération et des liens économiques avec la Russie, présagent des changements. Le temps est proche où l’UE s’émancipera vis-à-vis des Etats-Unis. Ce sera une chance pour la Bulgarie qui est très dépendante de Bruxelles et de Washington », a-t-il indiqué. (Sega)

Kornelia Ninova, présidente du PSB et de son groupe parlementaire, demande une réduction de 500 à 700 leva des rémunérations des députés (actuellement de l’ordre de 3500 leva) et leur non-indexation au taux d’inflation. Ses arguments : pour des gens qui travaillent cinq heures par jour et se reposent pendant 75-80 jours par an, c’est trop. « C’est une question d’équité et de chances égales. Ce n’est pas du populisme », déclare Mme Ninova. Réponse de Tsvetan Tsvetanov (GERB) : « Il vaut mieux que l’Etat paye les rémunérations des parlementaires au lieu de les voir vivre aux dépens de certains cercles économiques ». (tous media)

Dans une interview accordée au journal suisse Neuen Zürcher Zeitung, Boïko Borissov précise qu’il n’est pas question que la Bulgarie doive choisir entre la Russie et l’Occident, « l’histoire, la culture, les traditions et le business étant une chose et l’orientation occidentale de la Bulgarie en étant une autre ». (tous media)

Sotir Tsatsarov, procureur général, en visite à Rome, a reproché à la vice-première ministre chargée de la réforme judiciaire et ministre des affaires étrangère, Ekaterina Zaharieva, d’avoir observé lors d’un point de presse à l’issue de la réunion du Conseil des ministres que « les limites ont été franchies » dans le cadre de l’arrestation de Dessislava Ivantcheva, maire de l’arrondissement de Mladost. Il a souhaité savoir si c’était la position de tout le gouvernement et quel est le message à l’endroit du Parquet spécialisé et surtout de la nouvelle commission de répression de la corruption dans la mesure où il s’agit de leur première enquête conjointe. Dans une interview accordée à la chaîne Nova, Mme Zaharieva a précisé n’avoir pas peur de réaffirmer ses propos selon lesquels « les limites ont légèrement étaient franchies mais il est louable de montrer que la nouvelle autorité fonctionne ». (tous media)

Tsetska Tsatcheva, ministre de la Justice, a déclaré n’avoir pas de compétences ni de prérogatives lui permettant de commenter les actes du Parquet et de la commission de répression de la corruption lors de l’arrestation de Mme Dessislava Ivantcheva. Pour sa part, Tsvetan Tsvetanov, président du groupe parlementaire du GuERB, tout en saluant les actes du parquet et de la nouvelle commission, a estimé qu’ « il aurait fallu préserver » la dignité de Mme Ivantcheva. (tous media)

Capital consacre un dossier au projet expérimental « Mladost » dont l’échec avait été ressenti avant même l’arrestation de la maire de cet arrondissement Dessislava Ivancheva, porteur de l’énergie de la société civile, qui s’est avérée un responsable incapable et une mauvaise femme politique n’étant pas en mesure d’arrêter le bétonnage des espaces de cet arrondissement de manière durable et légale. Et l’éventuel aboutissement de l’enquête du Parquet démontrerait qu’elle n’avait même pas eu cette intention et que ce sont ceux dont les qualités morales ne sont pas irréprochables qui restent sur la scène politique. Cependant, cet échec ne devrait pas dissuader la société civile de revendiquer des changements. (Capital)

Sous l’intitulé « Borissov est le meilleur marchand d’âmes dans la politique bulgare », Capital publie une interview accordée par Hristo Ivanov et Atanas Atanassov, co-présidents de la Bulgarie démocratique qui analysent leur échec aux dernières législatives et présentent leur nouveau projet politique visant à permettre la représentation au Parlement de leurs électeurs. (Capital)

Dans Capital, Svetlomira Guiourova analyse l’intervention militaire des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la France en Syrie et conclut que les paramètres limités de cette opération, qui n’a pas contribué à se rapprocher de la fin de la guerre en Syrie, ont démontré l’absence de volonté de ces Etats d’être impliqués dans un conflit plus large dans ce pays. Dans Sega, Svetoslav Terziev se demande pourquoi Boïko Borissov n’a pas été informé des frappes en Syrie, alors que cela n’a pas été le cas de Moscou. (Capital)

Justice

Le chef du commissariat de police de la ville de Rakovski et deux de ses subordonnés ont été arrêtés en raison de leur implication dans un schéma permettant de faire du chantage auprès de personnes faisant l’objet d’enquêtes. (tous media)

Energie

« La Bulgarie partage la vision d’une économie à faibles émissions de carbone. Nous sommes parmi les premiers pays qui ont atteint leurs objectifs au niveau de l’énergie renouvelable », a relevé la ministre de l’énergie Temenoujka Petkova lors de la rencontre informelle des ministres européens de l’énergie, organisée à Sofia dans le cadre de la présidence bulgare. Dans son intervention, Mme Petkova a indiqué également que la Bulgarie prévoit de demander une dérogation aux directives européennes en matière d’énergie pour ses centrales thermiques qui assurent 40% de l’énergie consommée et sont liées à la sécurité énergétique du pays. (Standart)

« Un déjeuner gratuit pour MM. Kovatchki et Papazov » : commentaire dans Capital à propos d’une décision de la Cour administrative suprême qui a permis à la Commission pour la régulation de l’énergie et de l’eau d’inclure ses deux propriétaires de centrales thermiques dans la liste des fournisseurs d’énergie pour le marché régulé d’électricité. Et cela malgré leurs prix sensiblement plus élevés qui ne manqueraient pas d’entraîner une hausse des tarifs à partir du 1er juillet prochain, estime ce magazine. (Capital)

Migration

Selon Eurostat, le nombre de demandeurs d’asile ayant obtenu une protection dans l’Union européenne a été de 538 000 en 2017, soit près de 25% de moins que l’année précédente. Le plus de réponses positives, 325 400, ont été enregistrées en Allemagne, soit plus de 60% du total dans l’UE. Les trois pays qui suivent en termes de réponses positives sont la France (40 600), l’Italie (35 100) et l’Autriche (34 000). La Bulgarie a octroyé un statut à 1 705 migrants, principalement des ressortissants syriens. (Sega)

Europe

Lors d’une conférence sur l’avenir numérique de l’Europe, qui s’est tenue hier à Sofia, Maria Gabriel a annoncé que 17 pays, dont la Bulgarie, se lanceront dans l’initiative de création d’un « super-ordinateur » européen. La commissaire européenne en charge du marché numérique a souligné l’importance de l’initiative EuroHPC qui permet d’unir les forces de la Commission européenne à celles des États membres pour soutenir le développement d’une infrastructure paneuropéenne de calcul à haute performance et de données. Le financement prévu pour EuroHPC est de 1 Mrds €. (tous media)

La vice-présidente de la République a souligné hier dans une interview pour la BTV la bonne exécution de la présidence bulgare du Conseil de l’UE. Iliana Yotova a mis l’accent sur l’importance de la priorité concernant la perspective européenne des Balkans occidentaux. (24 tchassa, BTV)

Andreï Novakov, eurodéputé GERB/PPE, a été nommé par le Parlement européen négociateur principal sur le Règlements pour les Fonds structurels et d’investissement européens 2020-2027. (Standart, 24 tchassa)

Balkans

Capital publie un article sur la perspective européenne des pays des Balkans occidentaux dans le cadre de la proposition de la Commission européenne faite le 17 avril dernier aux Etats membres d’ouvrir les négociations pour l’adhésion de l’Albanie et de l’ARYM. Dans ce contexte, l’hebdomadaire revient sur le Sommet UE-Balkans qui aura lieu le 17 mai à Sofia et commente que la décision de la partie bulgare d’inviter le Kosovo à cette réunion ne pourrait pas être critiquée car sans une résolution du problème avec Pristina, la stabilité des Balkans occidentaux ne serait pas envisageable. Selon Capital, ce n’est pas la position sur le Kosovo mais plutôt la réticence des leaders européens de s’engager avec des promesses concrètes, qui représente le véritable problème se posant devant le Sommet. (Capital)

Dernière modification : 20/04/2018

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