Vendredi 21 mars 2014

L’EVENEMENT

LE PRESIDENT ET L’ASSEMBLEE NATIONALE NOMMENT LA COMMISSION ELECTORALE CETRALE

Le président Rossen Plevneliev a publié le décret portant nomination des 15 membres de la Commission électorale centrale (CEC), proposés par l’Assemblée nationale.
Les membres ordinaires de la Commission étaient proposés par les forces politiques : 6 par le GERB, 5 par le PSB, 2 par le MDL et 1 par Ataka, ainsi que 2 au total par le Mouvement national pour la stabilité et l’essor et la Coalition bleue qui ont des députés au Parlement européen.
Compte tenu de l’incapacité de la majorité et du GERB d’arriver à un consensus sur la répartition des sièges (voir notre revue du 14 mars) et en raison de lectures différentes du Code électoral [notamment, comment calculer les quotas des partis : sur la composition totale de la CEC moins les deux sièges réservés aux partis non parlementaires (17) ou après en avoir déduit les membres de la direction (13)], le Président a opté pour l’interprétation faite par le GERB. Ainsi, il a retenu les propositions du GERB, du PSB et d’Ataka, mais a privé le MDL d’un siège.
Un communiqué présidentiel a indiqué à ce sujet : « La décision du Président est conforme aux résultats des élections législatives de mai 2013. Les citoyens bulgares ont déterminé, avec leur voix, le rapport entre les partis au Parlement. Il est inadmissible d’essayer de fausser la volonté des électeurs avec des astuces procédurières ou des spéculations mathématiques ».
La riposte n’a pas tardé. Le Parlement devait procéder hier à la nomination des quatre membres dirigeants de la CEC : les députés de la majorité, avec le soutien de trois non-inscrits, ont rejeté la candidature GERB à un des postes de vice-président. Ainsi, la CEC sera composée de 18 membres et non de 19 comme le veut le Code électoral.
Ivilina Alexieva, proposée par une ONG et soutenue par le PSB, a été nommée présidente de la Commission. Maria Moussorlieva, proposée par Ataka, sera vice-présidente. Au poste de secrétaire a été élue Sevintch Solakova (MDL).
Comme la CEC prendra ses décisions à une majorité des deux tiers, dans la configuration actuelle de 18 membres le GERB ne pourrait pas peser avec ses 6 voix, souligne Capital Daily.
Sega prédit que la composition incomplète de la CEC se reproduira très probablement au niveau des circonscriptions parce que les commissions locales sont habituellement calquées sur l’autorité centrale.
Les deux partis lésés, le MDL et le GERB, ont menacé de saisir la Cour constitutionnelle. (tous journaux)

LA POLEMIQUE

COMMENT S’EST CREUSE LE TROU DANS LE BUDGET DE L’ENERGIE

En écho de la décision de la Commission d’Etat de régulation de l’énergie et de l’eau d’ouvrir une procédure de retrait des licences de distribution d’énergie électrique, CEZ, EVN et Energo pro (voir notre revue du 18 mars), Troud tend de reconstituer, dans son numéro d’hier essaie de remonter l’histoire de la lente dérive financière de la Compagnie nationale d’électricité (NEK).
En cinq ans (2007-2013), écrit ce journal, la NEK a réussi à accumuler une dette énorme due aux emprunts souscrits par la société et au décalage entre tarifs de l’électricité et coûts de production. Les déboires financiers de la NEK sont signalés pour la première fois en 2009 par le commissaire aux comptes Grant Thornton qui avait constaté un déficit de presque 300 millions de leva. Mais les écueils datent d’avant.
En 2001, la NEK signe un contrat de quinze ans sur l’achat à prix préférentiels de l’électricité produite par les centrales thermiques AES Galabovo et Enel Maritsa Iztok 3. Les clauses préférentielles doivent entrer en vigueur à partir de la mise en service de ces installations qui interviendra, respectivement, en 2009 et 2011.
En 2007, pour couvrir des dépenses de l’Etat liées au projet de construction de la centrale nucléaire de Belene, la NEK souscrit un emprunt de 250 millions de leva, payables à la banque BNP-Paribas. La société termine l’année avec un déficit de 596,6 millions de leva. A la même époque laquelle la NEK commence à faire face aux énormes dépenses liées à la construction du barrage avec centrale hydro-électrique de Tsankov Kamak. Commencé en 2004 et terminé en 2010, ce projet faramineux a coûté 450 millions d’euros.
Après l’adoption par le gouvernement Stanichev de dispositions législatives en faveur du développement de l’énergie verte, la NEK se voit contrainte de commencer à compenser l’écart entre prix préférentiels et coûts réels.
Fin 2010, la NEK voit son déficit augmenter à 823 millions de leva. La société continue à accumuler des dettes en raison du refus du régulateur de lui compenser les prix préférentiels d’achat de l’électricité. Fin 2012, ses dettes envers fournisseurs, producteurs et banques atteignent 1,2 milliards de leva. Un an plus tard, en octobre 2013, ce chiffre grimpe à 2,15 milliards de leva.
En février 2014, d’après les données citées par le ministre de l’Economie et de l’Energie, le déficit de la NEK se chiffre à 2,5 milliards de leva. (Troud)

LA PERSPECTIVE

LE POTENTIEL GAZIER DE LA MER NOIRE

Le potentiel d’extraction de gaz naturel du bloc Khan Asparoukh, un des blocs bulgares les plus prometteurs en mer Noire, serait considérable. Des forages vont permettre les ressources d’évaluer la ressource. Les gisements se trouveraient très probablement dans les eaux les plus profondes, informe Capital Daily en se référant à un représentant du groupe autrichien OMV.
Au milieu de 2012, un consortium formé entre le groupe français Total (40%), OMV (30%) et le groupe espagnol Repsol (30%) a signé un contrat de cinq ans pour effectuer des forages d’exploration de gaz naturel et de pétrole en mer Noire.
Le consortium a versé à l’Etat bulgare une prime de 40 millions d’euros au titre des prospections. En cas de succès de celles-ci, la Bulgarie pourrait réduire sa dépendance vis-à-vis des importations. D’après les données du fournisseur public Bulgargaz, le gaz de provenance locale compte pour 6 à 10% de la consommation nationale.
Le bloc Khan Asparoukh est situé au large, à quelque 80 km de la côte bulgare, et s’étend sur 14 220 km2. La profondeur varie entre 100 et 2 200 m.
Il y a deux mois, OMV a terminé une étude sismique 3D à une profondeur de 8 à 10 km au-dessous de la surface, l’évaluation la plus approfondie du fond marin jamais effectuée en mer Noire. Les premiers résultats seront annoncés d’ici le milieu de 2014. Les premiers forages dans le bloc, prévus pour 2015-2017, seront réalisés par Total. On s’attend à découvrir des gisements de l’ordre de 40 à 80 milliards de m3, comme ceux récemment mis au jour plus au nord, dans les eaux territoriales roumaines. (Capital Daily)

Word - 158.4 ko
(Word - 158.4 ko)

Dernière modification : 21/03/2014

Haut de page