Vendredi 21 septembre

Politique

Tension entre le premier ministre et le président de la République

Le président de la République a refusé de faire des commentaires sur les nouvelles nominations de ministres. Il a cependant exprimé sa surprise quant à la nomination du secrétaire général du ministère de l’intérieur, Mladen Marinov, au poste de ministre de l’intérieur. Il a rappelé que « le travail bâclé de la police » reproché par le premier ministre au ministre de l’intérieur démis, Valentin Radev, relève, conformément à la loi, de la compétence du secrétaire général. Le président Radev avait également considéré lors de la signature du décret de démission de Mladen Marinov que la nomination de ce dernier au poste de ministre de l’intérieur est mal perçue par la société. (tous media, page Facebook du président de la République).

En réponses à ses propos critiques, le premier ministre Borissov a conseillé au président Radev de créer son propre parti, ou de devenir président du PSB, afin de se présenter aux élections, de les remporter et de nommer le bon ministre. (tous media)

Analysant le comportement du président de la République dans sa revue hebdomadaire, Capital considère que le président Radev est à la recherche de sa propre image politique, qui s’opposerait au GuERB sans se rallier au PSB.(Capital)

Nécessité d’ériger en infraction la fabrication illégale de cigarettes

Le procureur général Sotir Tsatsarov, qui a participé à une réunion de la commission parlementaire de lutte contre l’économie souterraine et la contrebande, a recommandé aux députés de proposer des amendements du Code pénal, afin d’y inclure la fabrication et la distribution illégales de cigarettes. Selon M. Tsatsarov c’est du fait de cette lacune que ce fléau a pris de l’ampleur et rapporte beaucoup plus que les stupéfiants, ce qui explique son attrait pour les organisations criminelles. (tous media)

Est-on tous dans la magouille ? Réponse de Kornelia Ninova

A Veliko Tarnovo, où elle était en déplacement pour présenter le nouveau programme socialiste Vision pour la Bulgarie, la présidente du PSB Kornelia Ninova a dû répondre à la question d’une socialiste : pourquoi le parti ne décolle-t-il pas dans les sondages d’opinion ? « Aujourd’hui encore, il existe au sein du parti un lobby fort qui travaille jour après jour pour une grande coalition avec le GERB. La lutte contre ce lobby est beaucoup plus difficile qu’avec le GERB », a répondu Mme Ninova, visiblement en colère d’après 24 Heures. Avant d’ajouter que c’est justement cela qui raffermit chez les gens la perception qu’il n’y a pas de différence entre les partis et que tout le monde veut faire de la politique pour la magouille. « Cela me fait mal de voir que malgré tous nos efforts et les coups encaissés, nous restons incompris », a-t-elle lâché. (24 Heures)

Media

Débat public sur le projet Peevski

La commission parlementaire des media a organisé, au parlement, un débat sur le projet d’amendement de la loi sur le dépôt obligatoire, s’agissant des ressources imprimées. Connu comme le « projet Peevski sur les media » du nom d’un de ses auteurs, le député Delian Peevski (MDL), le texte a été adopté en première lecture, malgré les nombreuses critiques qu’il suscite. Il y a quelques semaines, la direction de la Bibliothèque nationale avait exprimé à son tour son avis, dans une lettre adressée au parlement et au ministère de la Culture. Selon cet avis, les amendements proposés (déclaration obligatoire des propriétaires et des financements des media, sous peine d’une amende importante, etc.) n’ont rien à voir avec l’objet de la loi régissant le dépôt légal de livres et périodiques. Hier, des représentants de différents media ont avancées de nouvelles propositions visant la déclaration des propriétaires réels des media immatriculés dans des zones offshore, la fermeture par l’Agence d’Etat pour la sécurité nationale de sites diffusant de fausses informations, la diminution des amendes pour non-respect des obligations déclaratives, etc. Une des principales critiques était que les amendements proposés dans le projet Peevski, ne changeraient en rien la situation dans les media. Maria Gabriel, commissaire européenne au numérique, a également pris part au débat. Saluant les organisateurs de leur initiative et les auteurs du projet de leur volonté d’œuvrer pour une meilleure législation, elle a demandé des efforts concrets pour endiguer la propagation de désinformations et de fausses nouvelles dans les media. (24 Heures, dnevnik.bg)

Europe

Sommet informel de Salzbourg

A l’issue du sommet informel des chefs d’Etat et de gouvernement à Salzbourg, le premier ministre Borissov a expliqué que les deux principaux sujets du sommet ont été la création d’un corps de réaction rapide pour faire face aux catastrophes naturelles et aux flux de migrants clandestins. A ce titre, il a souligné l’importance des accords avec des Etats tiers et a réitéré la position de la Bulgarie sur les mesures à mettre en place pour arrêter le flux de migrants clandestins à destination de l’Europe. « Nous soutenons la coopération avec l’Afrique à ce sujet et sommes content du bon fonctionnement de l’Accord avec la Turquie. Il est cependant important que les autres pays, notamment l’Italie, le Portugal et la Grèce bénéficient de soutien », a-t-il précisé. Le premier ministre a aussi relevé qu’ « un Brexit dur » serait au détriment des Bulgares qui travaillent et font des études au Royaume-Uni. (tous media, government.bg)

Sanctions à l’encontre de la Hongrie

Au sujet des sanctions à l’encontre de la Hongrie, le premier ministre Borissov a déclaré que « le GuERB a été le seul à apporter un soutien explicite à la Hongrie tant par le vote de ses députés européens que par sa position prise à la réunion opérationnelle, consistant à s’opposer aux sanctions le moment venu. Au sujet des déclarations du président de la République selon lesquelles la position du GuERB aux Conseils européens diverge souvent de celle à Sofia, Boïko Borissov a précisé que « si c’était le cas, Orban ne m’aurait pas embrassé ». (tous media)

Dans une analyse, suscitée par le soutien apporté à la Hongrie par plusieurs membres bulgares du Parlement européen, le journaliste Svetoslav Terziev se demande pourquoi l’UE s’attaque à la Hongrie et à la Pologne et pas à la Bulgarie, qui viole, au même titre que ces deux pays, l’Etat de droit. Les dernières arrestations de journalistes ayant signalé des cas de corruption grave, le rejet par l’Assemblée nationale de la proposition de signalements anonymes de cas de corruption, et la 111e place de la Bulgarie dans le classement de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse (58e et 73e pour la Pologne et la Hongrie) constituent des preuves à cet égard, souligne le journaliste (Sega).

Ognian Mintchev : la Bulgarie n’a pas intérêt à choisir son camp dans le débat « avec ou contre Orban »

« L’intérêt national ne suppose pas que la Bulgarie se positionne de façon nette, soit du côté du premier ministre hongrois Viktor Orban et des nouveaux conservateurs en Europe, soit en soutien de Macron, Merkel et des forces du statu quo libéral », indique le politologue Ognian Mintchev dans un commentaire sur la polémique née de la procédure récemment ouverte par le Parlement européen contre la Hongrie au titre de l’article 7 du Traité de l’UE. L’opinion prédominante en Bulgarie étant hostile à l’accueil de grands groupes de migrants, il serait mieux pour le pays de se tenir solidaire de la Hongrie et des pays du groupe de Višegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie). Dans le même temps, la Bulgarie, étant un pays pauvre, corrompu et situé à l’extrême périphérie de l’UE, à la différence des pays de l’Europe centrale, serait menacée de marginalisation au sein d’une Union à plusieurs vitesses. D’où le besoin de coopérer avec les grands pays européens, afin de rester plus ou moins un membre à part entière, souligne M. Mintchev. (24 Heures)

Dernière modification : 25/09/2018

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