Vendredi 23 février

Politique

Amnesty International a présenté hier son rapport annuel sur la situation des droits humains dans le monde en 2017. Le document couvre 159 pays dont la Bulgarie. Concernant le pays, l’ONG dénonce les placements en détention de migrants « hors de toute procédure régulière, les renvois forcés illégaux (push-backs) et les pratiques abusives aux frontières » qui se seraient poursuivis. « Les migrants et les réfugiés, en particulier les mineurs isolés, ne bénéficiaient pas des services dont ils avaient besoin. Le climat ambiant de xénophobie et d’intolérance s’est fortement aggravé. Les Roms étaient toujours exposés à des discriminations dans tous les aspects de leur vie », ajoute dans son rapport Amnesty. Le rapport exprime également une inquiétude concernant les media en Bulgarie et souligne : « les journalistes ont régulièrement fait l’objet de menaces, de pressions politiques et d’attaques ; une partie importante des médias était toujours étroitement contrôlée par des partis politiques et des oligarques locaux ». (Sega, amnesty.org)

« Valeri Simeonov : Je suis pour peu de temps en politique ». Portrait de la « seule personne au gouvernement qui se permet d’adresser ouvertement des reproches au premier ministre Borissov ». (Capital)

Une table ronde sur le vote électronique a réuni des représentants de la Commission électorale centrale (CEC) et d’ONGs entrant dans le conseil citoyen formé auprès de celle-ci. La CEC a réitéré sa position qu’à l’étape actuelle il est irréaliste de penser que les échéances de mise en place du vote électronique pourraient être respectées (les élections européennes et les élections municipales en 2019) et a proposé une introduction par étapes du vote en ligne. Le plus grand obstacle reste l’absence d’identification électronique des citoyens. Une autre exigence de la loi, l’utilisation de machines à voter, ne pourrait pas non plus être respectée, semble-t-il, puisque des fonds n’y ont pas été prévus dans le budget 2018. (Sega, Ikonomist)

Vesselin Stoynev analyse dans Ikonomist l’interview accordée par le premier ministre à la bTV et les échanges acerbes entre M. Borissov et M. Ravev auxquels celle-ci a donné lieu. Cette interview témoigne, d’une part, de la nature de Boïko Borissov qui n’aspire pas à résoudre les problèmes en profondeur et à mettre en œuvre des politiques de long terme, mais à gagner des batailles politiques afin de se maintenir au pouvoir. Pour ce faire, il a donc besoin d’un adversaire qui serait, dans un contexte d’absence réelle d’opposition, le président Radev à qui il aurait exprès tendu la patate chaude « Peevski ». L’ayant saisie, le président Radev ne peut plus se limiter aux questions posées publiquement comme d’ailleurs Borissov aurait du mal à se débarrasser du fardeau de Peevski sans prendre le risque de perdre le pouvoir. (Ikonomist)

L’assemblée nationale a amendé la loi relative au médiateur de la République de Bulgarie afin d’élargir les compétences de ce défenseur des droits qui pourra dorénavant connaître des requêtes introduites par des citoyens contre l’action ou l’inaction de la part du secteur privé. En outre, la presse bulgare rend largement compte des initiatives législatives de la médiatrice Maya Manolova en faveur « des personnes humiliées et vexées ». Sega lui consacre une analyse critique qui défend la thèse que cette « hyperactivité » ne donne cependant pas lieu à une amélioration de la situation de ces groupes de personnes. (tous media)

Dans une interview accordée à 24 tchassa, Mariana Kotseva, nouvelle directrice générale d’Eurostat, évoque les grands défis qu’elle aura à relever à son nouveau poste, notamment fournir rapidement des statistiques fiables et lisibles afin qu’elles puissent permettre à la fois la prise de décisions renseignées et l’information des gens ordinaires. (24 tchassa)

Justice

L’ancien ministre des finances (1992-1994) Stoyan Alexandrov, actuellement enseignant universitaire et conseiller municipal à Sofia, élu sur la liste du parti Mouvement 21 de Tatiana Dontcheva, a été mis en examen pour activité bancaire illicite. Il lui est reproché d’avoir prêté de l’argent en leva, dollars, et euros contre rémunération, de 2002 à 2015, à des personnes physiques et morales, pour un montant total de plus de 15 millions d’euros. « Je n’ai jamais caché que je prête de l’argent. Je le fais sur mes propres fonds dont les origines sont connues et pour lesquels j’ai payé des impôts. Je donne des prêts soit en tant que personne physique, soit à travers mes sociétés qui disposent d’une autorisation à cette fin et qui sont régulièrement contrôlées », a déclaré l’intéressé. (tous media)

Économie

L’opérateur d’énergie électrique ČEZ a vendu hier ses actifs en Bulgarie à la société de droit bulgare Inercom Group. Le prix offert par celle-ci dépasse sensiblement la valeur de marché estimée des actifs et le montant de l’investissement initial (281 millions d’euros, en 2004). Selon la presse tchèque, Intracom va payer entre 300 et 320 millions d’euros pour un paquet de sept sociétés, dont un parc photovoltaïque. La vente doit être approuvée par la Commission pour la protection de la concurrence, la Commission pour le contrôle financier et la Commission pour la régulation de l’énergie et de l’eau. Selon 24 Tchassa, l’acquéreur Inercom est une société neuve, immatriculée en septembre 2017 avec un capital de 50 000 leva, détenue par la famille Varbakov possédant des parcs d’énergie solaire. (tous media)

Santé

Le ministre des finances Vladislav Goranov a envoyé une lettre au directeur de la Caisse nationale d’assurance-maladie, Kamen Plotchev, l’informant d’un trou de 193 millions de leva trouvé dans les comptes de la Caisse. En attente d’explications et de vérifications, la signature de la convention-cadre nationale entre la Caisse et les organisations professionnelles des médecins et des chirurgiens-dentistes sera ajournée. Celles-ci ont tout de suite accusé M. Plotchev pour ses actes qui « mènent sûrement vers un échec du processus de négociations sur la convention-cadre 2018, sont susceptibles de déclencher une crise au sein de la santé publique et des manifestations de protestation et priveront les citoyens de leur droit à des soins accessibles et de qualité ». (tous media)

« La caisse noire de l’Etat » : analyse dans Capital des relations entre le gouvernement et la direction de la Caisse nationale d’assurance-maladie. (Capital)

Europe

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, accompagné par la haute représentante des Affaires étrangères et des questions de sécurité de l’UE, Federica Mogherini et du commissaire européen à l’élargissement Johannes Hahn, effectueront une tournée balkanique du 25 février au 1e mars. Ils visiteront l’ARYM, l’Albanie, la Serbie, le Monténégro, la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo. Le 1e mars MM. Juncker et Hahn, Mme Mogherini et les premiers ministres des pays des Balkans occidentaux se réuniront à Sofia pour un déjeuner officiel, organisé par le premier ministre bulgare Boïko Borissov. (BNR, 24 tchassa, Standart)

Les chefs d’Etat et de gouvernement discuteront aujourd’hui à Bruxelles le budget à long terme de l’UE après 2020 et le Brexit. La répartition des sièges au Parlement européen après les élections de 2019 et les listes transnationales figurent également parmi les thèmes de la réunion. (Dnevnik)

Le nouveau budget européen devrait être adopté avant les élections de 2019, prévient dans un article pour 24 tchassa la commissaire européenne à la politique régionale Corina Cretu. Un retard empêcherait le lancement de plus de 100 000 projets à niveau européen, estime Mme Cretu. (24 tchassa)

Le président serbe se rend aujourd’hui en visite à Sofia à l’invitation de son homologue bulgare. Les entretiens porteront sur l’intégration européenne de la Serbie, les perspectives euro-atlantiques des Balkans occidentaux et les relations bilatérales. Est prévue la signature d’accords bilatéraux dans les domaines du transport, du travail et de la politique sociale. (BNR)

Dans une interview accordée à Dessislava Apostolova, correspondante de la télévision nationale (BNT) à Bruxelles, Manfred Weber, président du groupe parlementaire au PPE, a considéré que « Sofia a fait des progrès exceptionnels, alors qu’il y a à Bucarest des cas d’affaiblissement de la lutte contre la corruption ; et cela rend difficile l’adhésion des deux Etats à l’espace Schengen dans la mesure où nous avons besoin de progrès de la part aussi de la Roumanie. Séparer la Bulgarie (en vue d’une adhésion plus rapide) de la Roumanie impliquerait d’ériger une frontière entre les deux pays, ce qui coûtera cher. Ce serait plus raisonnable de procéder d’abord à une adhésion des deux pays par voie aérienne ». (bnt.bg)

« L’adhésion de la Bulgarie à l’espace Schengen d’abord par voie aérienne et maritime et ensuite par voie terrestre serait un énième précédent dans le blocage de la Bulgarie dans sa voie vers le noyau de l’Europe », a déclaré Sergueï Stanichev, président du PSE dans le cadre d’une conférence sur le thème de l’avenir de l’espace Schengen qui s’est tenue hier au Parlement européen à Bruxelles. Il a appelé à ne pas permettre que l’absence de consensus au Conseil sur des politiques comme la migration et la sécurité menace l’acquis le plus important de l’Europe uni, notamment la libre circulation et la suppression du contrôle aux frontières. (24 tchassa)

Ikonomist considère que les ministres des affaires étrangères des Etats membres de l’UE ne sont pas unanimes au sujet de l’intégration des pays des Balkans occidentaux à la suite de la proposition de la CE d’une adhésion de la Serbie et du Monténégro d’ici 2025. Lors de leur rencontre informelle la semaine dernière, Peter Szijjarto, ministre hongrois des affaires étrangères, soutenu par son homologue autrichienne, Karin Kneissl, s’est dit déçu de ce délai très lointain et a suggéré l’adhésion de ces deux pays d’ici 2022. Cependant, leur homologue slovène Karl Erjavec, a précisé que la Slovénie a mené un dialogue de 20 ans avec la Croatie pour résoudre le problème frontalier et que par conséquent même l’horizon 2025 n’est pas réaliste. Lors de ce même forum, leur collègue serbe, Ivica Dacic, a reproché au ministre allemand des affaires étrangères, Sigmar Gabriel, selon qui la Serbie doit reconnaître l’indépendance du Kosovo afin d’adhérer à l’UE, de ne penser que maintenant à ce problème qui est resté ignoré lors de l’adhésion de la Slovénie et de la Croatie et que par conséquent ces deux pays font actuellement face à un grand problème frontalier. (Ikonomist)

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Dernière modification : 23/02/2018

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