Lundi 22 - Vendredi 26 août

La diplomatie

La Bulgarie dans l’étau géopolitique de la Turquie et de la Russie

« Le premier ministre turc a insisté pour rencontrer Boïko Borissov et la chancelière Merkel a dû repousser les négociations de Berlin » (sic), titre 24 tchassa. Binali Yıldırım s’est conformé au programme de son homologue bulgare afin qu’il puisse le rencontrer le 26 dans la matinée avant que M. Borissov ne parte en Allemagne pour participer à une rencontres des premiers ministres des Pays-Bas, du Danemark, de la Finlande, de la Suède, de la Slovénie, de la Croatie et de l’Autriche avec la chancelière Merkel. Ainsi, M. Borissov ne pourra pas assister à l’inauguration du nouveau pont sur le Bosphore à laquelle l’avait invité le président turc Erdoğan en juillet dernier.

Il est prévu que l’entretien entre les deux homologues turc et bulgare porte sur les mesures devant permettre à la Turquie de maîtriser la vague de réfugiés ainsi que sur l’accord bilatéral de réadmission de migrants proposé par M. Yıldırım (voir notre rubrique du 19 août). Selon la presse, la Bulgarie exigera que cet accord bilatéral soit conforme aux dispositifs déjà prévus dans l’accord entre l’UE et la Turquie. En outre, la Turquie demandera à M. Borissov de transmettre à ses homologues européens sa demande d’une levée plus rapide des visas pour l’UE afin qu’elle commence à respecter l’accord. M. Borissov espère se faire communiquer des détails des négociations entre les présidents Erdoğan et Poutine dans le domaine de l’énergie lors de leur rencontre au début du mois. Il est attendu que M. Borissov assume le rôle d’intermédiaire entre la Turquie et les Etats membres de l’UE lors de ses deux rencontres que certains observateurs bulgares qualifient de « guerre entre l’UE, le quatuor de Visegrád, la Turquie et même la Russe », conclut 24 tchassa.

L’intention du premier ministre Borissov de se rendre en Turquie déclarée par lui-même il y a un mois dans une interview à la chaîne Nova a suscité des commentaires dans la presse. Capital qui, se référant à deux sources gouvernementales indépendantes, a été le premier média à informer de la tenue de cette visite la semaine dernière, tire la sonnette d’alarme et avertit que M. Borissov sera ainsi le premier leader européen à s’être rendu à Ankara après « la tentative de coup d’état qui a ouvert un abîme entre l’Union européenne et le régime de Recep Tayyip Erdoğan ».

« Que fera-t-il en Turquie, le premier ministre ? », titre ce média dans son dernier numéro et livre l’analyse de Svetlomira Giourova qui défend la thèse que la politique de la Bulgarie à l’égard tant de la Turquie et que de la Russie n’est pas clairement formulée et que ses tentatives de jouer cavalier seul avec les présidents de ces deux Etats peuvent être dangereuses. La nouvelle donne du mariage entre la Russie et la Turquie provoque des essoufflements chez M. Borissov tentant de s’incliner à la fois à l’est et au sud. Cette situation succède à ses préoccupations récentes visant à éviter que Sofia se transforme en un terrain de collision entre Ankara et Moscou.

Dans ce contexte, Sofia oublie son adhésion à l’UE et à l’OTAN et se comporte comme un Etat seul et vulnérable dont le choix fait en son temps d’adhérer à ces deux organisations est susceptible d’être sacrifié au nom des objectifs à court terme.

Selon Dimitar Betchev, chercheur au Centre d’études universitaires à Harvard, ancien directeur de l’Institut de politiques européennes, l’incohérence de la politique bulgare à l’égard de la Turquie et de la Russie est conditionnée par deux facteurs. D’abord, l’opinion publique surtout concernant la Russie est très polarisée. Les relations avec Moscou et Ankara sont exploitées sur le plan de la politique intérieure. Mais le facteur le plus important est lié aux changements incessants de la position de ces deux Etats à l’égard de l’Occident auxquels la Bulgarie tente de s’adapter.

Cependant, les exemples de ces derniers jours démontrent qu’elle a du mal à le faire. Concernant, la Russie, Boïko Borissov se voit obligé d’expliquer que Poutine ne semblait pas fâché lorsqu’il l’avait appelé au sujet de South Stream et de la centrale nucléaire à Béléné. Temenoujka Petkova, ministre de l’énergie, en visite à Moscou, n’a pas été reçue par son homologue Alexander Novak sous prétexte que celui-ci n’était pas préparée à discuter de l’équipement de la centrale de Béléné pour lequel la Bulgarie a été condamnée à payer des taux d’intérêts qui s’élèvent à 167 000 euros par jour.

Pour ce qui est de la Turquie, l’expulsion d’ Abdullah Büyük au mépris du respect des lois bulgares et des conventions internationales et la remise à Ankara sans trop de bruit des deux membres présumés du PKK dont seuls quelques médias turcs ont rendu compte, ne peuvent pas non plus être justifiées que par la complexité de la situation internationale. La position désespérée de Sofia ne peut être excusée ni par l’étau géopolitique des deux empires dans lequel elle se trouve ni par la considération que « tant que les grands maîtres du monde ne s’entendent pas au sujet de la solution des crises en Syrie et en Ukraine, il ne nous reste plus que de se baisser et de se limiter à des négociations occultes avec les régimes autoritaires d’Ankara et de Moscou. Ainsi, la Bulgarie devient un partenaire imprévisible sur qui on ne peut pas compter et qu’on ne peut pas par conséquent respecter », conclut Dimitar Betchev.

En outre, le premier ministre Borissov s’expose au risque (beaucoup plus important que les profits d’un dispositif bilatéral turco-bulgare vague de coopération dans le cadre de la crise migratoire) d’être brandi par le président Erdoğan comme une preuve que la Turquie n’est pas isolée.

La Bulgarie se doit d’avoir à l’égard de la Russie et de la Turquie une politique à distance égale qui fasse preuve de dignité et de respect mais qui ait une échine solide, préconise Ilian Vassilev, ancien ambassadeur de Bulgarie et Russie. "Les complexes de minorité consistant à dire que la Bulgarie est petite et vulnérable que les milieux pro-turcs et prorusses essaient de lui inculquer ne reposent pas sur les capacités réelles de réaction et défense des valeurs d’une Bulgarie, membre de l’UE et de l’OTAN. C’est grâce aux dispositifs collectifs de défense que la Bulgarie est capable de riposter et de neutraliser des menaces beaucoup plus importantes que celles auxquelles elle pourra faire face seule et isolée. Les intérêts à long terme de la Bulgarie à l’égard de ses deux voisins puissants doivent s’articuler autour des principes du développement, de la sécurité et du bon voisinage. Cependant, ces objectifs ne seront pas atteints tant que les gouvernants bulgares ont peur de déclarer ouvertement leur désaccord avec Poutine et d’Erdoğan et qu’ils font preuve de comportement servile en critiquant l’UE et l’OTAN d’être injustes à l’égard de Moscou (concernant les sanctions) et d’Ankara (concernant les visas). La Bulgarie doit faire comprendre à ces deux voisins qu’elle est capable de faire preuve de comportement décisif et qu’elle compte sur le soutien de ses alliés. Sinon, la Bulgarie sera voué au sort de l’herbe écrasée laquelle, selon le dicton africain, souffre indépendamment du fait si les éléphants s’y sont battus ou y ont fait l’amour", conclut M. Vassilev. (24 tchassa, Capital, idvassilev.blogspot.com)

La crise

Des médias accusent la police de soutenir les réseaux de trafic de migrants

Après que le secrétaire général de la police Gueorgui Kostov avait signalé la semaine dernière une hausse de la pression migratoire (le nombre des tentatives de migrants de traverser la frontière aurait doublé, voir notre revue du 19 août), la police aux frontières à Elhovo a précisé qu’il s’agissait d’une comparaison faite par rapport aux mois précédents. La PAF d’Elhovo a souligné pour la BNT que la pression migratoire à la frontière avec la Turquie lors de ces 2 premières semaines du mois d’août marque une baisse de 56% par rapport à la même période de 2015. En 2016, 2 250 migrants essayant de traverser la frontière avec la Turquie ont été repoussés par les policiers bulgares. Pour la même période de 2015 leur nombre a été de 5 204, précise la direction régionale de la PAF à Elhovo.

1 350 migrants arrêtés par la PAF sont installés dans les centres de type fermé, gérés par la direction Migration auprès du Ministère de l’Intérieur. 3 000 personnes sont accueillies dans les centres de l’Agence pour les réfugiés, ce qui signifie que 60% des capacités d’accueil du pays sont remplies, annonce de son côté le président adjoint de l’agence dans une interview pour l’Agence Focus. Selon Daniel Indjiev, il y a encore des places dans le centre de Harmanli, mais « certains des centres à Sofia sont déjà remplis ». Depuis le début de l’année, 10 900 personnes ont demandé un statut de réfugié en Bulgarie (en 2015 leur nombre était 20 391). M. Indjiev considère qu’environ 90% des migrants qui entrent dans le pays sollicitent la protection internationale. Après la décision de Belgrade de renforcer la protection de sa frontière avec la Bulgarie, plus de migrants restent bloqués en Bulgarie. Malgré cela, une grande partie d’eux veulent continuer leur trajet vers l’Europe occidentale. La Bulgarie est un pays de transit pour ces gens, souligne M. Indjiev. Plus de 5 000 procédures en cours ont été arrêtées car les demandeurs ne se sont pas présentés pour les entretiens prévus, ce qui est la preuve que ces personnes ont quitté le pays.
Lors de son entretien avec Angela Merkel à Berlin, prévu pour ce samedi dans le cadre de la série d’entretiens de la chancelière allemande avant le Sommet européen de septembre, le Premier ministre bulgare va de nouveau demander de l’aide pour gérer la crise migratoire. Selon la presse, M. Borissov va également de nouveau essayer de lier la crise à l’adhésion du pays à l’espace Schengen et de négocier une éventuelle adhésion dès janvier 2017.

Le profil des migrants change, écrit l’hebdomadaire Capital. En 2015, 50% des demandeurs d’asile étaient des Syriens. En 2016, la moitié des demandes sont faites par des Afghans, suivis par les ressortissants Irakiens. Les Syriens viennent en troisième position avec 1 300 demandes déposées jusqu’à présent. Dans un communiqué, le secrétaire général de la police a également souligné le changement du profil des migrants, en précisant qu’il ne s’agissait pas uniquement de l’âge et de la nationalité des migrants, mais également de leur comportement. « On observe un comportement plus agressif, des actes d’agression aussi bien dans les centres de type fermé que dans les centres de l’Agence pour les réfugiés ont été commis ». Il a ajouté que la majorité des migrants « ne sont pas originaires des zones de conflits militaires potentiels ».

Selon le président du Tribunal de Tsaribrod (Serbie), le trafic de migrants est organisé à un niveau international. La plupart des migrants payent leur trajet vers l’Allemagne ou l’Autriche dès qu’ils traversent la frontière de la Turquie avec la Syrie. Les trafiquants touchent entre 7 000 et 12 000 € par personne, dont, selon Sega, entre 800 et 1 500 € sont versés aux trafiquants bulgares. Le journal cite un représentant d’Europol en Serbie, selon lequel les réseaux internationaux de trafic de migrants ont gagné entre 5 et 6 milliards d’euros en 2015. Les prévisions sont que leurs revenus seront encore plus importants cette année vu la hausse des prix des trajets à cause de la fermeture de beaucoup des frontières européennes, ce qui rend les passages plus compliqués.

En Bulgarie, avec la construction de la clôture, le trafic s’est réorienté des régions de Haskovo et Yambol vers celle de Bourgas. Cette réorientation est aussi liée à une restructuration des réseaux de trafiquants dans le pays, écrit l’hebdomadaire Capital. Selon le journal, les réseaux qui opéraient précédemment sont plutôt décentralisés, tandis que ceux de Bourgas sont liés à des réseaux internationaux et à « élites criminelles structurées ayant des contacts à Sofia ».

« Le trafic des réfugiés est devenu le principal business criminel [en Bulgarie] », titre Sega. Le journal cite le vice-ministre de l’intérieur, Filip Gounev, qui explique qu’auparavant le trafic était organisé par des petits criminels et qu’à présent il est géré à niveau plus élevé dans la hiérarchie de la criminalité organisée. Selon la police, 25% des groupes criminels (environ 400 en Bulgarie) sont engagés dans le trafic. Malgré l’activité dynamique des trafiquants, la police et la DANS ne rencontrent pas de succès remarquable, ironise Sega. Le journal souligne que jusqu’à présent, seuls 4 complices de la police ont été arrêtés, bien qu’il soit impossible d’exercer une telle activité criminelle sans protection, commente Sega.
Cette thèse est également soutenue par le député du Bloc réformateur, Atanas Atanassov (membre des Démocrates pour une Bulgarie forte qui ont retiré leur soutien au gouvernement). Dans une interview pour la BTV, il a déclaré que de très hauts fonctionnaires du ministère de l’intérieur protégeaient le trafic de migrants. Le fait que le nombre de migrants repoussés soit deux fois moins important en 2016 par rapport à 2015 dans un contexte d’une augmentation de la pression migratoire en est la preuve, a souligné M. Atanassov.

« L’Etat, par certains de ces agents, participe au trafic de migrants. Il est impossible que des milliers de gens passent inaperçus par la Bulgarie », commente Svetoslav Terziev dans Sega. Selon le journaliste, la seule explication serait que « les autorités ferment les yeux ou, pire encore, qu’ils laissent en cachette ces gens traverser le pays ». « Ce business sérieux est pour les professionnels, il n’y a pas de place pour des amateurs » et ce sont les personnes qui ne font pas partie de la criminalité organisée qui sont arrêtées par la police et « montrées aux médias », commente M. Terziev. (tous journaux, www.aref.government.bg, mvr.bg, dnevnik.bg, focus-news.net, btv.bg, bnr.bg, mediapool.bg)

La pression

Y a-t-il une pression sur les disciples de Gülen en Bulgarie ?

Quelle est l’influence de Gülen en Bulgarie ? Telle est la question qui préoccupe les médias bulgares depuis l’expulsion d’Abdullah Büyük, homme d’affaires turc, considéré comme membre du réseau de Fethullah Gülen par les autorités turques. Cette expulsion n’a été que le signe visible de la pression de la Turquie sur les autorités bulgares et les disciples du prédicateur en Bulgarie. Une pression qui se faisait déjà sentir bien avant la tentative de coup d’état du 15 juillet dans les trois domaines d’influence des disciples de Gülen : les médias, l’éducation et les milieux d’affaires.

Ahmed Ahmedov, secrétaire général du muftiyat et quelques personnels qu’il avait recommandés de nommer ont dû démissionner il y a trois mois. Le muftiyat et M. Ahmedov ont refusé de commenter les raisons de ces démissions. Selon les sources de l’hebdomadaire Capital, la raison principale en serait que M. Ahmedov a travaillé pendant quelques années pour Zaman, journal considéré comme véhiculant les thèses de Gülen.

L’équipe de cet hebdomadaire qui est enregistré selon la législation bulgare et paraît en Bulgarie depuis 1992, en 6000 exemplaires, en langues bulgare et turque (les pages en turc ne reprennent pas les informations en bulgare) affirme sentir une pression indirecte sur le journal, avec le retrait de leurs annonceurs turcs et la diminution des abonnements.

Selon les sources de Capital, les milieux d’affaires turcs n’osent plus confier la publicité de leurs affaires à Zaman afin d’éviter une pression exercée le plus souvent par l’intermédiaire de l’ambassade de Turquie. Capital rappelle qu’en mars dernier, à la suite d’une intervention de la police dans la rédaction de Zaman à Istanbul, le journal a dû abandonner sa position critique à l’égard du président turc et sa parution a été interdite après la tentative de coup d’Etat du 15 juillet.

Début août, 17 journalistes de ce média déjà interdit ont été arrêtés. Ses archives ont été détruites. Les pages en langue turque ont été interdites dans certains des 13 Etats où il paraît. Le 23 août, Zaman-Bulgarie a également cessé de paraître. La raison évoquée sur le site de ce média est « la décision de son éditeur d’investir dans un nouveau projet, intitulé La revue hebdomadaire/Hafta bakış, plus moderne, d’un design innovant et riche en contenus ». « Ce changement ne résulte pas d’une pression de l’Etat bulgare », a précisé Taifur Husseinov, rédacteur en chef adjoint du journal. La semaine dernière, M. Husseinov avait déclaré que « la remise de M.Büyük aux autorités turques en violation des lois a ouvert les portes de l’enfer dans la mesure où la Turquie est actuellement un Etat non démocratique ». Il avait déclaré craindre des tentatives d’influence sur les abonnés du journal afin qu’ils renoncent à leurs abonnements.

Les écoles « Droujba » (une école secondaire, un lycée bilingue, un centre de préparation aux examens d’admission aux lycées et aux universités) à Sofia et à Plovdiv qui ont été identifiées par les médias comme liées à Gülen après que l’ambassadeur de Turquie à Sofia a annoncé l’existence d’écoles gülennistes en Bulgarie, ressentent déjà les effets d’une pression. Selon des sources de Capital qui ont souhaité rester anonymes, des parents ont été contraints de désinscrire leurs enfants et ceux qui avaient choisi d’y inscrire les leurs en première année ont dû renoncer. Ouvertes d’abord à Sofia en 1999, ces écoles sont très appréciées par des familles mixtes turco-bulgares, ainsi que par des représentants de l’élite bulgare pour la qualité des études qu’elles dispensent.

« Y a-t-il des hommes politiques bulgare formés dans les écoles de Gülen ? » est une question qui s’est également posée après les interpellations des enseignants dans les établissements liés au prédicateur et surtout après les publications dans certains médias turcs qui se sont attaqués au MDL après avoir salué le premier ministre Borissov pour l’expulsion d’Abdullah Büyük en Turquie. Ainsi dans son numéro du 12 août, Bursa Şehir publiait un article intitulé « FETÖ (Fetullahçı Terör Örgütü) est sorti du MDL », où il défend la thèse que le parti entretient des liens avec Gülen. Selon la chaîne Nova cet article citait des adhérents du FETÖ qui auraient exprimé sur Facebook leur soutien à la tentative de coup d’Etat en Turquie et affirmait que Zaman entretenait des liens avec des maires du MDL. Un jour plus tôt une agence d’Anatolie a publié un pareil article affirmant que « les liens du MDL avec Gülen sont sous surveillance ». Le MDL a refusé de commenter officiellement ces affirmations tout en considérant informellement ces publications comme des menaces. En outre, la recherche sur les sites de Zaman n’a pas révélé de liens avec des maires bulgares. Une seule publication de 2015 concernant le maire de la commune d’Ardino ayant intégré ultérieurement DOST et un entretien avec le gouverneur de Kardjali, Ilia Iliev, ont été identifiés. « Nous n’entretenons pas de liens avec des maires », a déclaré Zaman.

Cependant, Osman Oktaï, exclu du MDL il y a dix ans, a affirmé devant le média électronique Factor que des liens étroits existent entre le MDL avec les organisations de Gülen. Selon lui, le programme bilatéral, qui depuis les années 1990 permet à de jeunes Bulgares turcophones de faire des études dans des universités turques, est mis en place par Gülen. M. Oktaï a même cité en exemple les noms d’hommes politiques bulgares ayant bénéficié de ce genre d’études comme Korman Ismaïlov, leader du parti national Liberté et dignité (Bloc réformateur), qui a déclaré son soutien à l’expulsion de M. Büyük, et Rouchen Riza, député MDL. Interrogé à ce sujet, M. Ismaïlov a affirmé avoir fait des études à l’université de Konya, en Turquie mais a nié tout lien avec Gülen comme d’ailleurs d’éventuels liens entre le prédicateur et l’université où avait étudié M. Riza du MDL. Le MDL a affirmé avoir bénéficié du droit exclusif de désigner les jeunes à envoyer dans les universités publiques turques dans le cadre de ce programme. Depuis quelques années, cette prérogative ne leur revient plus et c’est l’ambassade de Turquie qui choisit les boursiers bulgares du programme.

Enfin, les médias bulgares considèrent unanimement qu’il serait exagéré de prétendre que l’influence du prédicateur turc en exil aux Etats-Unis serait importante en Bulgarie. Par ailleurs, ses livres traduits en bulgare et présentés en 2006 à l’Université de Sofia par des arabisants émérites apportent la preuve que sa philosophie n’a rien d’extrémiste. En 2015, des intellectuels bulgares comme les journalistes Velislava Dareva et Boïko Vassilev, ou le politologue Ognian Mintchev, ont répondu à l’invitation de Zaman de s’exprimer sur les idées de Fethullah Gülen. (Capital, Capital Daily, Ikonomist)

Cette revue de presse, qui ne prétend pas à l’exhaustivité, se limite à présenter des éléments publiés dans les médias bulgares. Elle ne reflète en aucun cas la position de l’ambassade ou du gouvernement français.
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Dernière modification : 25/11/2016

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