Vendredi 27 mai

Le soutien

Miguel Arias Cañete félicite l’initiative bulgare de construction d’un hub gazier

La visite à Sofia de Miguel Arias Cañete, commissaire européen chargé de l’action pour le climat et de l’énergie, figure aujourd’hui dans tous les médias. L’accent principal retenu par les journaux : M. Cañete a félicité la Bulgarie pour son initiative de construire un hub gazier sur son territoire. Selon le commissaire, la Commission européenne va soutenir le projet à condition qu’il soit conforme à la législation européenne. M. Cañete a souligné l’avancement du travail de construction de l’interconnexion gazière avec la Grèce (voir la revue du 11 novembre 2015) et la finalisation des connections avec la Serbie et la Roumanie.

L’idée d’un hub gazier en Bulgarie a été lancée en 2014 par le premier ministre Boïko Borissov après la décision de Moscou de geler la construction du gazoduc South Stream. Le hub figure dans la liste des projets prioritaires d’intérêt commun de la Commission européenne. Son approvisionnement reposera sur le gaz caspien du gazoduc TANAP, sur le gaz liquide des terminaux en Grèce, sur des gisements locaux et, éventuellement, sur des livraisons de gaz russe par un gazoduc sous la mer Noire.

M. Borissov a souligné que la visite en Grèce du président russe sera suivie par une visite du premier ministre grec en Bulgarie le 1er juin. Il a également noté les publications dans les médias russes et grecques selon lesquelles Moscou proposera la construction d’un gazoduc alternatif au South stream qui fournira du gaz russe vers l’Europe du Sud par la Bulgarie. La construction du hub n’est pas dirigée contre les livraisons russes ; au contraire, « le gaz russe est le bienvenu » du moment que les réglementations européennes sont respectées, a précisé M. Borisov.

Le message du commissaire Cañete a été que Bruxelles soutient le projet, mais il n’a pas été précisé comment, commente Mediapool. Le gouvernement bulgare s’attend à ce qu’une partie de la construction soit financée dans le cadre du plan Juncker. Jusqu’à présent l’UE, a octroyé à la Bulgarie 174 millions d’euros pour la modernisation de son infrastructure gazière, mais le prix de la construction du hub est estimé à 2,2 milliards d’euros. Le vice-ministre responsable de la politique économique a annoncé qu’une conférence des investissements sera organisée en automne. Selon Tomislav Dontchev, « des acteurs clés » ont déjà souligné leur intérêt à l’égard du projet.

Cependant Gueorgui Parvanov, président d’ABC et ancien président de la République (2002-2012), a de nouveau souligné que la Bulgarie devrait travailler à la réalisation d’un gazoduc russe passant par son territoire pour ne pas devenir « une périphérie » dans le secteur énergétique. Dans un entretien pour la BNR, M. Parvanov a souligné que des officiels bulgares devraient prochainement se rendre en Russie pour parvenir à un accord. (tous journaux, mediapool.bg, novinite.com, bnr.bg, bta.bg)

La modernisation

Le projet d’acquisition de nouveaux chasseurs et navires pour l’armée bulgare approuvé par les commissions parlementaires de la défense et du budget

Les commissions parlementaires de la défense et du budget ont donné leur feu vert à la modernisation des forces armées en approuvant hier deux projets gouvernementaux déposés en avril dernier à l’initiative du ministre de la défense Nikolaï Nentchev.

Le premier de ces projets porte sur l’acquisition de huit avions de chasse de type nouveau appelés à remplacer les avions russes MiG-29. Le budget alloué à cet effet est de 1,5 milliard de leva. Le deuxième projet portant sur l’acquisition de deux nouveaux bateaux pour les forces navales coûtera près de 820 millions de leva. Un troisième projet gouvernemental d’acquisition de nouveaux blindés pour les forces terrestres reste pour l’instant en suspens, faute, selon Mediapool, d’avoir reçu l’aval du ministère des finances.

Une fois les projets approuvés en séance plénière, le ministère de la défense pourra entamer des négociations avec des fournisseurs potentiels. Selon des sources de la radio nationale (BNR), les pourparlers pour les chasseurs seraient très probablement menés avec trois candidats. Mediapool informe que le marché sera conclu par un accord intergouvernemental et non selon les modalités de la loi sur les marchés publics et qu’à l’étape actuelle, le ministère de la défense examine trois variantes : des avions neufs Gripen ou Eurofighter, ou bien des avions d’occasion F-16. L’exploitation des Eurofighter étant exceptionnellement coûteuse de l’avis de militaires bulgares de haut rang, le choix se réduira très probablement entre les avions suédois Gripen et les F-16 portugais.

Dnevnik informe que l’acquisition de nouveaux navires (deux bateaux patrouilleurs polyvalents) ira parallèlement avec la modernisation des frégates en service Drazki et Verni en vue de prolonger leur durée de vie de quinze ans. Selon Mitko Petev, commandant des forces navales, trois autres bateaux (sur les six en service), datant des années 1970-1980 et de fabrication soviétique, ne sont pas interopérables avec les forces de l’OTAN et ne peuvent participer aux missions de défense collective. « Ce serait excellent si l’on pouvait faire construire les nouveaux bateaux en Bulgarie ! », dit-il. Cela permettrait la création de quelque 400 à 500 nouveaux emplois et l’entretien d’un navire construit en Bulgarie serait beaucoup facile du point de vue logistique.

Interrogé par Dnevnik sur les rumeurs attribuant la future commande de construction des deux nouveaux navires à l’entreprise varniote MTG Dolphin, le commandant Petev a qualifié de « spéculatifs » ce type de propos en précisant que la commande serait passée aux termes de la loi sur les marchés publics.

En ce qui concerne l’armement des nouveaux navires, un cahier des charges a été élaboré par une commission de cinquante experts militaires conformément aux normes en vigueur. Il a été approuvé par le Conseil de l’armement relevant du ministre de la défense.

Mediapool cite le député Krassimir Karakatchanov (Front patriotique) qui se dit sûr et certain que le nom du constructeur naval est connu d’avance. D’après cette agence en ligne, il s’agit de l’unique constructeur naval bulgare, MTG Dolphin. Troud et Standard annoncent la signature hier à Plovdiv, dans le cadre du salon international de l’armement Hemus, d’accords de coopération entre le chantier naval bulgare et trois grands équipementiers européens dans le domaine militaire : Diehl Defence (Allemagne), Leonardo/Finmeccanica (Italie) et Thales Nederland (Pays-Bas).
Toujours selon Mediapool, les deux projets gouvernementaux de modernisation des forces aériennes et des forces navales seront soutenus en séance plénière par le GERB, le MDL et le Centre démocratique bulgare. Les députés du PSB resteraient plutôt divisés sur la question, alors que le Front patriotique semblerait réservé sur le projet d’acquisition des navires. (tous journaux mediapool.bg, www.bnr.bg)

Le vide

Une élection présidentielle en manque de candidats

Plus l’échéance électorale approche plus le nombre de candidats potentiels diminue. A la différence d’autres pays où pendant les deux ou trois derniers mois avant le vote, les candidats entrent dans la dernière étape de leur campagne électorale, on ne peut à ce stade que spéculer en Bulgarie concernant leurs noms.
« Ce n’est pas le moment de parler élection [présidentielle]. Ce n’est que quand le président aura fixé la date et que le moment sera venu, probablement en août ou en septembre, que nous aurons à prendre cette décision », répond Boïko Borissov, interrogé dans le bloc matinal de la chaîne Nova au sujet de la candidature du GERB à la présidentielle. « Il suffit que tu te lances dans la campagne électorale pour qu’un chat noir croise ton chemin », jette-t-il. « Il n’a jamais été question que Tsvetanov (le vice-président du GERB) se présente ni beaucoup d’autres [dont les noms circulent] d’ailleurs. Quant à Plevneliev, je l’ai invité juste avant la conférence de presse [lors de laquelle celui-ci a annoncé sa décision de ne pas se présenter pour un deuxième mandat à la présidence de la République] pour lui demander s’il se présente ou non afin qu’on [le GERB] voit ce qu’on fait. J’étais bien évidemment prêt à le soutenir et si un jour il décidait de se présenter lors d’une autre échéance, on en reparlerait ».
« Comment pouvez-vous imaginer qu’on puisse avoir un candidat commun avec ABC ? », poursuit le premier-ministre. « D’ailleurs, ABC parle d’une candidature commune de la gauche et tente en même temps d’imposer la candidature de Gueorgui Parvanov sans se rendre compte qu’il met ainsi Mme Ninova dans une situation difficile. En tant que nouveau leader du parti, elle se doit de gagner l’élection. Or, soutenir Parvanov signifierait de partir [démissionner] ». Interrogé au sujet de l’inconstitutionnalité d’un troisième mandat de Gueorgui Parvanov, il lui souhaite de la chance car « cela m’aide beaucoup dans la mesure où il devient clair que ce n’est pas à cause de nous qu’ABC a décidé de se retirer du gouvernement et que le seul objectif de cette opération était qu’il [se présente] à la présidentielle ».
Selon une analyse de Dian Boyadjiev que Sega publie sous le titre « Borissov est fort mais pas tout-puissant », ces propos témoignent du fait que le premier ministre craint une candidature commune du PSB et d’ABC à la présidentielle. Cela ne lui plaît pas et il sait qu’il doit tout faire pour les diviser. Il n’aime pas être acculé. On joue sur ses nerfs et il les perd : « je ne deviendrai pas président mais je peux finalement le devenir.. » ; « la stabilité m’est chère, mais finalement elle ne l’est pas… » ; « des élections anticipées … c’est l’apocalypse mais elles ne seraient tout de même pas apocalyptiques ». Il est fort ou plutôt il l’a été jusqu’à récemment. Lui proposer de devenir le partenaire de quelqu’un au pouvoir sonne comme une indécence car jusqu’il y a peu de temps, il était le seul à pouvoir faire de telles propositions. Mais l’éventualité que le GERB soutienne une candidature extérieure au parti ou même celle d’un autre parti ne semble plus absurde dans la mesure où la pénurie d’effectifs paraît réelle. Evoquer le nom de sa « réserviste éternelle », Kristalina Gueorguieva, signifie que le GERB rencontre des problèmes, estime pour sa part Kaloian Metodiev, politologue, dans une analyse que publie Ikonomist.
La prochaine élection présidentielle s’annonce plus particulière que celle de 2006 qui ressemblait à une course hippique d’un seul cheval ou à celle de 2011 qui pouvait être vue comme le fruit d’un travail d’ingénierie. Aujourd’hui, l’enjeu est beaucoup plus important car il relève de la restructuration de l’espace politique.
La question consiste à savoir qui pourra secouer le système. « La réforme judiciaire ne pourra pas le faire », selon Borislav Anguelov, politologue. Ce genre de bouleversements n’est de la taille que d’une personnalité. C’est notamment le rôle d’un président de la République de changer la donne de la mauvaise santé politique de la Bulgarie dont le symptôme le plus parlant est la pénurie de candidats à la veille d’une échéance électorale.
Comment admettre qu’il n’y a personne en Bulgarie de disposé à servir l’Etat de manière désintéressée et dévouée ? De même, il est difficile d’imaginer que la peur des médias et des cercles occultes règne à ce point qu’elle semble dissuader toute candidature. Le système a donc besoin d’un leadership puissant qui soit en mesure de le bouleverser par une vision claire relative à la voie à suivre par une société confuse et apathique. (Tous journaux, Ikonomist)

Dernière modification : 27/05/2016

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